Economie mondiale

  • Cet ouvrage retrace l'enchaînement de mécanismes qui ont conduit à l'appauvrissement de l'intermédiation financière et politique au cours des vingt dernières années aux Etats-Unis. L'intermédiation signifie tout à la fois transmission, passage, agence ou représentation. Ainsi, les élus ou les conseillers financiers, au sens large, peuvent être considérés comme des intermédiaires. Le processus d'intermédiation se retrouve naturellement dans le système politique américain car les États-Unis sont une démocratie représentative. Mais ce processus est aussi à l'oeuvre dans la démocratisation des marchés financiers qu'ont connue les États-Unis depuis la fin des années 1960. Cette démocratisation s'est accompagnée d'une financiarisation de l'économie et d'un désengagement de l'État mais la persistance d'une réglementation « sélective » a protégé et nourri la croissance d'institutions financières hybrides, semi-publiques et semi-privées, qui ont joué un rôle dans ce qui apparaît aujourd'hui comme la fragilisation de l'édifice politico-financier américain.

  • La sociologie économique s'est constituée assez rapidement en Chine, comme précipitée par les grandes transformations économiques, sociales et historiques. Elle y constitue comme en France un champ dominant où des questions théoriques et épistémologiques centrales sont posées.
    Dans cet ouvrage, sociologues français et chinois partagent des intérêts spécifiques et croisent pour la première fois leurs regards sur différents objets de recherche : institutions économiques et ordres productifs ; gouvernements locaux, réseaux sociaux et régulations intermédiaires ; dominations et résistances sur les marchés du travail ; genre et travail ; marchés, valeurs et conventions ; confiance, échanges économiques et interactions sociales ; innovation et réseaux productifs. Si, dans un premier temps, les influences de la sociologie américaine ont largement joué sur la construction des nouvelles sociologies économiques française et chinoise, ces dernières se sont progressivement autonomisées et des savoirs situés se sont élaborés. Les frontières des sociologies économiques en Chine et en France se dessinent à partir de trajectoires scientifiques spécifiques, d'une diversité de postures et des sciences de terrain ; elles définissent des espaces théoriques et méthodologiques « propres » et « partagés ».
    Fruit d'un travail académique pionnier, cet ouvrage propose une approche croisée inédite des sociologies économiques française et chinoise.

  • À partir de 1945, alors qu'il s'agit de reconstruire et de moderniser l'économie afin de rattraper les hauts niveaux de vie américains, la notion de productivité s'impose comme le nouveau mètre-étalon de la puissance française. Cette consécration est le fruit d'un long processus qui a associé plusieurs groupes d'acteurs aux préoccupations différentes. Après avoir guidé l'action des ingénieurs et des patrons de l'entre-deux-guerres et fait l'objet de réflexions théoriques de la part de statisticiens et d'économistes pendant l'Occupation, la productivité devient un discours mobilisateur grâce au « Bataillon Sacré de la productivité » animé par Jean Fourastié. Économiste non-conformiste, conseiller de Jean Monnet au Plan, enseignant réputé et écrivain à l'origine d'un genre littéraire nouveau, l'essai économique grand public, Jean Fourastié produit un discours euphorisant qui, avec l'aide des États-Unis, et grâce au « choc psychologique » des missions de productivité, doit convaincre les Français de la nécessité d'importer de nouvelles méthodes de travail et de pacifier les relations sociales. Cet ouvrage intéressera les universitaires et les cadres dirigeants, et plus largement un public désireux de comprendre son temps. Docteur en histoire, Régis Boulat est chargé de recherches à l'Université Paris 12 - Val de Marne et chargé de cours à l'Université de Franche-Comté. Sa thèse Jean Fourastié, la productivité et la modernisation de la France (années trente - années) a été couronnée en 2007 par le Prix Fourastié-Nodal. Ouvrage publié avec le soutien de l'Institut universitaire de France.

  • La crise financière qui a frappé l'économie mondiale avec une intensité croissante à partir de 2007 n'a pas épargné les économies du monde anglophone. Les prémices de cette crise sont apparues selon des modes et à des degrés divers. En examinant les cas des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Commonwealth, les études réunies dans cet ouvrage s'interrogent sur les causes de la crise financière dans ces pays et sur ses premières conséquences économiques et sociales. Elles analysent également les modalités des stratégies de réponse mises en oeuvre par les gouvernements des pays et des territoires étudiés, ainsi que leur adéquation à la situation.

  • Il y aurait donc deux Colombies et sûrement davantage encore : une Colombie qui améliore ses performances et semble en mesure de s'adapter à un monde ouvert, fortement concurrentiel, et une autre qui s'enfonce dans la dérégulation, l'anarchie, le conflit

  • À l'heure où les projets d'intégration régionale se multiplient en Amérique, afin d'adapter les systèmes économiques locaux aux nécessités de la mondialisation, Alena et Mercosur apparaissent comme de véritables laboratoires pour le grand projet de Zone de libre échange des Amériques soutenu par Washington et dont la mise en oeuvre est prévue à l'horizon 2005. Pourtant, les limites internationales héritées de l'époque coloniale et des guerres d'indépendance continuent à jouer un rôle majeur dans l'organisation des territoires. En outre, de nombreux litiges frontaliers empoisonnent toujours les relations entre pays membres d'une même communauté. L'établissement de blocs économiques d'importance variable (en superficie, poids démographique, puissance industrielle et financière...) n'est donc qu'une réponse parmi d'autres au problème latent du mal-développement latino-américain. Or, malgré toutes les déclarations d'intention des gouvernements et des experts de la Banque interaméricaine de développement (BID), qui jonglent avec une série de mots-clefs dont le sens varie d'un pays à l'autre (développement durable, démocratie, progrès social), la fracture Nord-Sud semble loin de s'effacer, bien au contraire, et les tensions restent vives sur les marchés comme dans la rue. C'est pourquoi il apparaît nécessaire de s'interroger sur les enjeux et les limites d'un processus d'intégration présenté comme inéluctable mais dont on ignore encore la forme qu'il pourra prendre, depuis la simple zone de libre échange (type Alena), jusqu'à l'union monétaire (type Union européenne) - à moins que la dollarisation de fait des économies latino -américaines ne mette un terme (provisoire) à toutes les spéculations.

  • Cet ouvrage propose un bilan de la réussite économique de l'Irlande à partir des années quatre-vingt-dix.
    Le Tigre celtique en question se présente sous la forme de regards croisés sur les transformations radicales dont le pays a fait l'expérience au cours des quinze dernières années, et analyse successivement les mutations économiques, l'évolution de la place de l'État dans l'économie et les métamorphoses que la prospérité a induites au sein de la société. Il se conclut par une réflexion sur les représentations que l'Irlande d'aujourd'hui propose d'elle-même, à l'issue d'un processus qui l'a rendue étrangère à ce qu'elle était il y a encore vingt ans.

  • Entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la fin des années 1950, les milieux dirigeants helvétiques parviennent à assurer le retour à un «ordre libéral» mis entre parenthèses par l'essor de l'économie de guerre.
    En contenant rigoureusement le développement de l'intervention de l'État et des assurances sociales, en pratiquant une politique monétaire conservatrice, et en conservant une pression fiscale faible en comparaison internationale - particulièrement pour les hauts revenus et les entreprises - le patronat parvient à faire de la Suisse de l'après-guerre un îlot libéral décalé dans le paysage du keynésianisme triomphant, pour le plus grand bénéfice de la place financière suisse en plein essor.
    Jusqu'alors pratiquement inexplorée pour la période de l'après-guerre, la politique financière est analysée dans cette recherche comme la clé de voûte du modèle helvétique de l'«État svelte», dont les caisses vides ne laissent que peu de moyens à disposition pour le développement de prestations sociales ou pour une politique conjoncturelle digne de ce nom.
    Écrite dans un langage accessible, cette recherche jette également un regard éclairant sur l'influence que différents lobbies, en particulier les associations patronales, exercent sur le système politique suisse des années 1950.

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