Ecole Normale Superieure De Lyon

  • Il n'est point de liberté dès lors que les lois permettent que dans certaines occasions l'homme cesse d'être une personne et devienne une chose : nous verrez alors l'industrie du puissant tout employée à faire sortir de la foule des combinaisons civiles celles que la loi tourne en sa faveur.
    Cesare beccaria, des délits et des peines, 1764-1766. qu'est-ce qu'une peine juste, qui a le droit de punir et comment punir avec justice? beccaria répond que les principes et les lois du droit pénal doivent pouvoir se déduire d'un contrat social lui-même fondé sur le plus grand bonheur du plus grand nombre. cette réponse le conduit au coeur des dilemmes de la modernité juridique : droit naturel ou utilitarisme, principes de justice ou calcul des conséquences.
    Le présent volume se compose de trois ensembles : une introduction retrace d'abord la genèse et le destin d'un livre resté célèbre pour avoir, le tout premier dans l'histoire, combattu la peine de mort; une nouvelle traduction française, accompagnée d'un texte original lui-même nouvellement établi par gianni francioni, invite à le lire ou le relire au plus près de sa forme d'origine; un appareil de notes, enfin, propose des instruments pour interpréter le texte et s'aventurer dans les sentiers qui bifurquent de ses significations.

  • Alors que plus de la moitié des ménages français sont propriétaires de leur logement et que les thématiques immobilières prennent une ampleur toujours croissante, on sait encore peu de choses sur la façon dont se construisent les choix des acteurs sur les marchés immobiliers. Ceux-ci ne relèvent pas uniquement de déterminants économiques mais sont également le fruit d'un processus de négociation, menée bien souvent avec un intermédiaire qui peut y tenir une place prépondérante. Les agents immobiliers, qui comptent parmi les principaux acteurs sur les marchés du logement, restent toutefois méconnus et peu étudiés.

    Cet ouvrage montre comment les agents immobiliers élaborent le cadre de la transaction immobilière, à la fois par le biais de techniques commerciales qui tendent à favoriser une certaine proximité sociale avec la clientèle, et au travers des dimensions de service et de conseil qui orientent les décisions patrimoniales et les choix résidentiels des acheteurs. Sur la base d'une enquête sociologique approfondie attentive à la contextualisation des pratiques des acteurs, le présent ouvrage apporte une contribution neuve et originale à la sociologie des marchés du logement.

  • En 1987, dans la nuit du 3 au 4 juillet, la cour d'assises du Rhône prononçait pour la première fois en France, une condamnation pour crimes contre l'humanité contre Klaus Barbie, pour des faits commis entre février 1943 et août 1944. Cette décision, en ce qu'elle retenait une qualification ignorée lors des procès ayant suivi la Libération, avait connu en France un grand retentissement, mettant durablement en mémoire ce qu'avaient été le génocide et les crimes contre l'humanité perpétrés par le régime nazi.
    Revenant sur cet événement juridique et historique majeur qu'a été le procès Barbie, cet ouvrage dresse un état des lieux mémoriel de la France de 1987 pour mieux appréhender les enjeux de ce procès et en mesurer les conséquences tant au niveau de la justice que de l'histoire et de la mémoire. Cet ouvrage est issu d'un colloque organisé à l'Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines les 10, 11 et 12 octobre 2007 à Lyon et qui a réuni principalement des universitaires et des magistrats : Jean-Marc Baïssus (magistrat et directeur général de la fondation pour le droit continental) William Bourdon (avocat à la cour, fondateur de l'association Sherpa) Elisabeth Claverie (anthropologue, directrice de recherche au CNRS, elle a travaillé sur la mémoire des victimes de Bosnie) - Laurent Douzou (historien, professeur à l'université Lumière Lyon II) Antoine Garapon (magistrat et secrétaire général de l'Institut des hautes études sur la justice) Daniel Gonin (expert psychiatre au procès Barbie) Joël Hubrecht (chercheur à l'Institut des hautes études sur la justice, il a publié Crimes de masse et responsabilité individuelle : la place du droit et ses alternatives) Jean-Paul Jean (avocat général près la cour d'appel de Paris, professeur associé à l'Université de Poitiers) Claude Jorda (juge français, ancien président du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, juge à la Cour pénale internationale) Marcel Lemonde (président de chambre à la cour d'appel de Paris et co-juge d'instruction au Tribunal spécial Khmers rouges) Andréa Lollini (professeur de droit constitutionnel à l'université de Bologne) Rafaëlle Maison (professeur de droit international public à l'université de Picardie) Michel Massé (professeur à l'université de Poitiers spécialiste de droit pénal international) Denis Salas (magistrat, enseignant à l'École nationale de la magistrature et secrétaire général de l'Association française pour l'histoire de la justice) Johannes Schwartz (historien, doctorant au Centre de recherches de l'anthropologie historique à l'Université d'Erfurt) Françoise Sironi (psychologue-psychothérapeute, maître de conférences à l'université Paris 8 et à l'Institut d'études politiques de Paris, expert près la Cour d'appel de Paris, auteur de Psychopathologie des violences collectives) Bernard Thomann (maître de conférences à l'Institut national des langues et civilisations orientales) Pierre Truche (procureur général au procès Barbie, Premier Président honoraire de la cour de cassation et président de l'Association française pour l'histoire de la justice).

  • Si les pratiques enseignantes quotidiennes reposent sur des savoirs et sur des normes, la nature de ceux-ci telle qu'ils sont redéfinis par les enseignants eux-mêmes, leurs écarts avec les savoirs savants et avec les normes institutionnelles, la manière dont ils se constituent et se pérennisent, en lien avec des valeurs, avec la perception de ce qui est possible et de ce qui peut faciliter l'exercice du métier, méritent d'être analysés. Les recherches rassemblées dans ce numéro proposent de telles analyses à partir de différentes approches méthodologiques, à différents niveaux de la scolarité, dans les systèmes éducatifs de plusieurs pays francophones. Elles prennent notamment pour objets la représentation du public et des contraintes qu'il implique, le rôle des cadres intermédiaires dans la transmission et l'adaptation des normes, la pluralité des normes et leur évolution. Elles traitent aussi de la mobilisation de la notion de norme dans des situations de formation et des transformations de normes qui peuvent s'y opérer.

  • La sociologie économique s'est constituée assez rapidement en Chine, comme précipitée par les grandes transformations économiques, sociales et historiques. Elle y constitue comme en France un champ dominant où des questions théoriques et épistémologiques centrales sont posées.
    Dans cet ouvrage, sociologues français et chinois partagent des intérêts spécifiques et croisent pour la première fois leurs regards sur différents objets de recherche : institutions économiques et ordres productifs ; gouvernements locaux, réseaux sociaux et régulations intermédiaires ; dominations et résistances sur les marchés du travail ; genre et travail ; marchés, valeurs et conventions ; confiance, échanges économiques et interactions sociales ; innovation et réseaux productifs. Si, dans un premier temps, les influences de la sociologie américaine ont largement joué sur la construction des nouvelles sociologies économiques française et chinoise, ces dernières se sont progressivement autonomisées et des savoirs situés se sont élaborés. Les frontières des sociologies économiques en Chine et en France se dessinent à partir de trajectoires scientifiques spécifiques, d'une diversité de postures et des sciences de terrain ; elles définissent des espaces théoriques et méthodologiques « propres » et « partagés ».
    Fruit d'un travail académique pionnier, cet ouvrage propose une approche croisée inédite des sociologies économiques française et chinoise.

  • Migration chinoise et competitions urbaines a dakar Nouv.

    Cette recherche, au croisement de la sociologie urbaine et de la sociologie économique, se focalise sur la compétition dans l'espace urbain dakarois entre différentes catégories d'acteurs en situation de coprésence: des groupes de Chinois déterritorialisés évoluant dans l'activité commerciale et des jeunes acteurs locaux; cordonniers et commerçants de rue.Cette recherche les appréhende comme les acteurs d'une mondialisation « par le bas » qui, travaillant discrètement dans l'espace public, bousculent l'ordre des hiérarchies imposées par la société salariale en participant à la constitution de nouvelles hiérarchies économiques, sociales, et en établissent de nouvelles relations de pouvoir.Au-delà de la démonstration du jeu de cette pluralité d'acteurs économiques locaux, l'ouvrage invite également au dépassement des poncifs habituels sur ces derniers - désignés par les expressions péjoratives « baol-baol », « kaw-kaw » - à travers l'intérêt accordé à la variété de leurs compétences, à la diversité des parcours, aux identités sociales et professionnelles.L'ouvrage s'adresse notamment aux chercheurs en sciences sociales intéressés par les formes prises par la « mondialisation non hégémonique » dans le contexte africain, et par la petite production marchande urbaine et ses évolutions récentes.

  • Le présent dossier rassemble des contributions consacrées aux mots du travail. Issus de la science politique, de la sociologie, de l'anthropologie ou des sciences de l'information et de la communication, les auteurs et autrices s'interrogent sur la façon dont le discours néo-managérial est porté par les cadres du privé et du public comme sur la manière dont les salariés y répondent. Ils en révèlent la force de pénétration, essentiellement due à sa malléabilité, qui permet à des acteurs de divers horizons de se l'approprier, et soulignent ses contradictions, entre libération du travail et imposition de nouvelles normes, réenchantement du travail et durcissement des conditions faites aux travailleurs. La résistance et la contestation s'en nourrissent, qu'elles passent par la mise à distance de la communication d'entreprise ou par le réinvestissement de certains aspects du discours médiatique. Comme le soulignent certains des articles du dossier, le langage des luttes n'est d'ailleurs pas lui-même exempt de contradictions.

  • En 1983, paraît dans le très sérieux Journal of Economic Literature un article au ton pour le moins iconoclaste. Signé par un auteur jusqu´alors reconnu pour ses travaux classiques dans le domaine de l´histoire économique quantitative, ce papier traite de la rhétorique des économistes. D. N. McCloskey y assène, entre autres, que l´étude des textes économiques relève avant tout de la critique littéraire ; que les modèles mathématiques, tant prisés par les économistes, sont essentiellement métaphoriques et composent un véritable domaine poétique original ; que l´économiste de profession est, au minimum, en retard d´une révolution épistémologique par rapport à ses contemporains lorsqu´il prétend assurer son autorité scientifique sur sa capacité réelle à faire des prédictions.Un fort courant de réflexion sur la rhétorique des sciences économiques va prendre sa source dans cette bravade contre le positivisme et le scientisme ambiants. En précisant le point de départ de McCloskey, en consolidant les intuitions fécondes contenues dans son attaque en règle contre le « modernisme », en prenant parfois leurs distances vis-à-vis des aspects trop clinquants de son manifeste de 1983, quelques auteurs - dont notamment RoyWeintraub, Robert Heilbroner, Albert Hirschman - vont explorer alors plus avant les conséquences de la révolution rhétoricienne en économie. « La Rhétorique des sciences économiques » est proposé ici pour la première fois en traduction française.

  • Cet ouvrage porte sur l'évolution méthodologique de l'économiste suédois Gunnar Myrdal, des années vingt à la fin des années 70. Gunnar Myrdal et son épouse Ava (Prix Nobel de la paix) furent des figures intellectuelles et politiques marquantes de la social-démocratie suédoise au 20e siècle.
    Dans cet intervalle de 50 ans, Myrdall se rapproche progressivement de la méthodologie institutionnaliste américaine, très fortement marquée par le pragmatisme. Cette méthodologie est également le fruit d'un travail de terrain chez Myrdal qui culmine dans son oeuvre principale, à la croisée de l'économie politique et de la sociologie, An American Dilemna. The Negro Problem and Modern Democracy.

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