Institut National D'etudes Demographiques

  • Les acteurs de cet ouvrage sont les habitants de Marrakech, leur mode et lieux de vie, leurs conditions de travail. Orienté sur une approche démographique et géographique de la ville, il a pour objet d'étudier leurs comportements sociaux au sein d'un contexte urbain en très forte évolution, marqué architecturalement par son histoire. Le contraste entre une ville européenne, issue du protectorat et une ville musulmane ancestrale resurgit aujourd'hui avec l'essor récent des riads transformés en maisons d'hôtes et en résidences secondaires.
    Cet ouvrage s'articule autour de trois parties :
    - la première, Maghreb, Maroc, Marrakech, évolutions historiques et démographiques, offre un aperçu de l'évolution historique de la population du Maghreb depuis le XIe siècle avant de se pencher plus précisément sur la transition démographique du Maroc assez récente, et sur l'étude de la population de Marrakech, dont l'augmentation semble moins forte que ce que l'on perçoit d'une ville grouillante qui semble surpeuplée.
    - la deuxième partie, Emploi, métiers et lieux d'activité dans Marrakech, quelle insertion économique ?, s'intéresse à l'évolution de la population active de Marrakech, en forte augmentation, et à une caractéristique propre à la cité qui est l'emploi informel. La présence d'un marché parallèle de l'emploi, tradition séculaire due à la production artisanale du souk et au commerce ambulant, particulièrement visible place Jemâa El-Fna, s'est accrue avec l'essor du tourisme et le réaménagement des riads de la médina.
    - la troisième partie, Structuration, déstructuration et nouvelles configurations de l'habitat à Marrakech apporte un angle original en présentant la configuration urbaine de la ville, liée aux modes de vie traditionnels - espaces clos des dars (maisons), murs hauts et aveugles des derbs (ruelles) de la médina - et à son passé colonial. Elle analyse enfin un phénomène récent et très médiatisé qui est le rachat des riads par des célébrités et des investisseurs privés et la délicate cohabitation entre des populations qui ont des perceptions de la ville très différentes.
    Patrick Festy et Youssef Courbage sont chercheurs-démographes à l'Ined, le premier travaille sur la pauvreté et le second est spécialiste du monde arabe. Mohamed Sebti est géographe à l'université de Marrakech et étudie l'habitat populaire de Marrakech. Anne-Claire Kurzac-Souali enseigne la géographie au lycée français de Rabat et analyse les tissus urbains anciens, type médinas. Tous quatre, marrakchis d'origine ou de coeur, font partager leur passion pour la ville Rouge.

  • La mucoviscidose, due à une mutation du gène CFTR, affecte 1 naissance sur 4?500 en France et 1 naissance sur 3?000 en Bretagne. Le Finistère est l'une des régions où la fréquence de la maladie est la plus importante au monde. Malgré d'importants progrès médicaux, la mucoviscidose reste une souffrance pour les familles et une affaire de santé publique.
    En partant du principe que nos gènes parlent de nous, de nos parents et de nos ancêtres, l'auteur remonte la trace des porteurs par le biais des généalogies ascendantes, pour en isoler « l'effet fondateur ». En fouillant dans le passé, en remontant les lignées, elle aborde de manière novatrice la lecture d'une transmission génétique. Cette mise en perspective historique permet une approche collective et non plus individuelle. La maladie n'est plus l'affaire du seul malade, mais l'histoire de toute une famille, voire d'une région entière.
    Grâce à un méticuleux travail d'analyse démographique, et à partir d'une base de données généalogiques qui fonde son analyse, Nadine Pellen retrace les comportements démographiques : mariages, naissances, décès des populations atteintes, étudie l'incidence du cousinage, de l'homogamie, de l'endogamie et surtout, des mouvements de populations, pour établir une histoire spatiale et humaine qui se décline en une riche cartographie particulièrement révélatrice.
    Nadine Pellen est sociodémographe, spécialiste en sociologie de la santé et de la famille et en anthropologie génétique. Pour cette étude, elle a travaillé en étroite collaboration avec le Centre de Perharidy à Roscoff, spécialisé dans le traitement de la mucoviscidose.

  • Dès l'avant-propos de ses Éléments, Guillard précise l'objet de la science de la population qu'il conçoit d'une manière très large. Il en circonscrit en détail le domaine, qui est de " s'occuper des hommes, de leur état encore précaire, de leurs progrès encore contestés, des lois physiologiques qui les régissent, des lois sociales qui les doivent régir, de l'économie des forces humaines qui est de théorie, et de leur dissipation qui est de fait, de la liberté et de la servitude, du travail obligatoire et du repos mérité, du bien-être par hérédité, de la misère par ignorance, de la naissance et de la mort, de l'argent et du sang, de l'agriculture, du commerce, du gouvernement, de l'industrie, et de quelques autres géhennes ".
    Il établit également un lien particulier entre la démographie et la géographie, en intégrant explicitement la dimension spatiale de la science de la population.
    Guillard propose donc une définition large de cette discipline, incluant notamment la considération de phénomènes d'ordre culturel comme le niveau intellectuel ou moral des individus. S'interrogeant sur la place de la démographie par rapport à la science, il soutient " qu'elle en doit être le tronc " ou " le réservoir commun où doivent confluer tous les courants de la statistique ".

  • Après un chapitre introductif expliquant les choix retenus replacés dans leur contexte, l'ouvrage s'articule autour de trois grandes parties :
    La première partie : Origines et causes des migrations, se consacre aux textes qui ont établi des théories explicatives sur les causes des migrations, qu'elles soient de nature individuelle (le choix de partir) ou structurelle (le contexte économique et social).
    La deuxième partie : Les effets et les conséquences des migrations, s'intéresse aux effets des migrations tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. Quels sont les effets des courants migratoires sur l'emploi, sur les classes sociales, sur le niveau des salaires ? De façon plus profonde quels sont, à plus long terme, les impacts sociétaux et culturels ?
    La troisième partie : Les politiques migratoires, ouvre la discussion sur la dimension éminemment politique du phénomène migratoire en termes de gouvernance, de citoyenneté et d'intégration et soulève celle plus délicate de l'immigration clandestine.

  • Alain bideau et guy brunet présentent dans cet ouvrage une recherche pluridisciplinaire, initiée en 1977, sur la population de la vallée de lavalserine (jura méridional), et dont une partie est touchée par une maladie héréditaire rare, la maladie de rendu-osier.
    Un premier travail de grande ampleur a permis de rassembler dans une base de données l'ensemble des informations recueillies dans des documents de différentes natures, et datant du xviie siècle à nos jours. ii s'agit notamment de registres paroissiaux et d'état civil, de recensements, d'actes notariés, d'enquêtes agricoles, etc.
    à partir de la base de données informatisée, il a ainsi été possible de reconstruire les réseaux généalogiques de la population de la vallée sur trois siècles.
    Le fichier de population, élaboré en collaboration avec le programme de recherche en démographie historique de l'université de montréal a permis de prendre en considération l'ensemble des objectifs d'une recherche pluridisciplinaire relevant à la fois de la démographie historique et de la génétique des populations. s'il n'a pas été possible de remonter jusqu'au premier porteur de la maladie de rendu-osier, de nouvelles questions se sont posé et de nouvelles hypothèses ont pu être élaborées sur les régimes démographiques qui se sont succédés, sur la structure de la population ou sur les questions de ressemblance familiale et de déterminisme génétique, notamment en matière de longévité aussi, à travers cet ouvrage, le lecteur trouvera les principaux résultats de 30 ans de recherche, mais il comprendra également que cette recherche lui offre bien plus.
    En effet, en tirant profit de la qualité et de la précision de la base de données, les auteurs ont contribué à l'évolution des méthodes et des concepts de la démographie-historique et obtenu une renommée internationale.

  • Maîtriser sa fécondité a de tout temps été une préoccupation humaine mais les comportements ont beaucoup évolué.
    Par le passé, les couples devaient rendre chacun de leurs rapports intimes non féconds afin de limiter leur descendance. aujourd'hui, la protection contraceptive est presque totale et le nombre de naissances non désirées a chuté. qu'il s'agisse de la pilule ou du stérilet, ces méthodes protègent du risque de grossesse de manière continue. ainsi, le souhait de faire un enfant nécessite un geste volontaire : arrêter toute contraception.
    Dès lors, quand les couples se décident-ils à faire un enfantoe quelles conditions préalables se fixent-ilsoe attendent-ils d'être mariés, d'avoir un emploi stable, d'avoir profité de leur vie de couple sans enfantoe dans la mesure où peu de couples n'ont qu'un enfant, quelles stratégies opèrent dans l'intervalle entre deux naissancesoe pourquoi souhaiter avoir des enfants plus ou moins proches en âgeoe puisque la durée d'une grossesse est connue, on peut imaginer que certains planifient le mois de naissance : désirs ou réalités, quelles sont leurs motivations?

  • Toute population humaine est soumise à un processus de renouvellement continu et plus ou moins complexe, selon qu'elle entretient ou non des échanges migratoires avec d'autres populations.

    Chaque année, une génération en moyenne s'éteint, tandis que les générations subsistantes voient leurs effectifs respectifs peu ou prou affectés par la mortalité et, le cas échéant, par la migration, tandis qu'une nouvelle génération apparaît.

    Pour son Quatrième Colloque, l'Association Internationale des Démographes de Langue Française a choisi de privilégier, parmi les multiples aspects du processus de renouvellement des populations, ceux qui sont plus directement liés à la reproduction des individus.

    Par quelle(s) voie(s), à l'aide de quelle(s) mesure(s), les sociétés tentent-elles de réguler le comportement procréateur des couples ?
    />
    Quelles sont les diverses techniques de régulation mises en oeuvre ?

    Ces techniques ont-elles une incidence sur le niveau de la fécondité ?

    Sur la santé des femmes et des enfants ?

    Quelles difficultés de collecte de données, de mesure, de définition, l'analyse des modes de régulation de la reproduction humaine soulève-t-elle ?

    Plus de soixante auteurs, d'une vingtaine de pays et d'horizons professionnels variés, abordent ces différentes questions dans le présent volume, structuré en six chapitres.

  • Toute réflexion sur le devenir d'une société humaine passe par une analyse de ses capacités à se reproduire et à assurer le maintien ou la croissance de sa population. Ces questions ont longtemps été le propre des philosophes ou relevaient de la morale, de la religion ou de la politique. À partir du XIXe siècle, on voit apparaître une théorisation de la fécondité, notamment à travers Malthus et son Essai sur le principe de population. La transition démographique des pays européens et les transformations sociales et économiques qui l'accompagnent, induisent de nouveaux comportements démographiques qui appellent de nouvelles formulations théoriques.
    Le développement des données statistiques a permis de rationaliser l'analyse de ces comportements et de les mesurer à travers différents indicateurs, pour tenter d'expliquer la baisse de la fécondité, tant au niveau individuel que général. Mais les indicateurs ne suffisent pas : il faut les resituer dans leur contexte. Historiens, anthropologues, sociologues, économistes ont, par leurs différents apports, amélioré l'édifice théorique en cherchant à expliquer les comportements familiaux : structures sociales et culturelles, choix économiques, évolutions historiques et adaptations des populations ont influencé les décisions en matière de fécondité. Autant d'aspects théoriques qui sont ici mis en lumière à travers une sélection de textes dont les analyses ont été déterminantes pour l'évolution et la connaissance de la discipline.
    Henri Leridon est directeur de recherche émérite à l'Ined. Spécialiste des questions de fécondité, il travaille sur tous les sujets touchant à la reproduction humaine, l'infertilité, la contraception, la sexualité, en relation avec la dynamique des populations.

empty