• Le 24 juillet 1967, à Montréal, Charles de Gaulle ébahit le monde entier en lançant quatre mots - Vive le Québec Libre ! - qui font instantanément le tour de la planète et révèlent aux Français, comme aux autres nations, l'existence, au coeur de l'Amérique anglo saxonne, d'un peuple aspirant à la liberté de vivre et de se développer en français.

    Dépassant les préjugés et la caricature, ce livre montre que ce cri audacieux, et resté très largement incompris, s'explique par l'Histoire et les relations particulières que Charles de Gaulle entretenait depuis toujours avec le Canada français.
    Extirpées de diverses sources, une soixantaine de confidences et de déclarations du Général, entre 1940 et 1969, sont ainsi mises en lumière, dans leur contexte, pour en faire ressortir le sens et la portée.

    Cet ouvrage, enrichi de nombreuses photographies et documents, s'intéresse également au bilan et à l'héritage laissé par ce fameux voyage, tant au Québec, qu'en France et au sein de la francophonie.
    Il s'achève, enfin, par une précieuse chronologie comparée de l'Histoire de France et du Québec depuis le 16e siècle.

    Roger Barrette est un vulgarisateur. Formé aux universités de Montréal et d'Ottawa, il a enseigné l'histoire à l'Université du Québec à Trois-Rivières, puis le management à l'Université Laval de Québec ainsi qu'à l'ÉNAP. Il a publié plusieurs ouvrages et des biographies dans le Dictionnaire biographique du Canada. Secrétaire général de la section québécoise de la Commission franco québécoise sur les lieux de mémoire communs (CFQLMC), il est un ancien président national de l'Association.

    Alain Hartog, l'auteur de la préface, réside à Bordeaux et s'intéresse particulièrement au gaullisme et à sa postérité.

  • 12 juillet 1906 : la Cour de cassation proclame solennellement l'innocence du condamné de l'île du Diable. Mais les épreuves d'Alfred Dreyfus ne sont pas terminées. Le gouvernement Clemenceau refuse de reconnaître, dans la carrière de l'officier, les années perdues durant sa détention. Très amer, Dreyfus prend donc une retraite anticipée. Il est encore et toujours victime des agissements de l'extrême-droite antisémite : injures, lettres anonymes, harcèlements à domicile, menaces de mort et même un attentat au cours duquel il est blessé.
    Citoyen désormais libre, il adhère à la Ligue des Droits de l'Homme et se passionne pour les questions politiques et syndicales. Il soutient publiquement des victimes d'injustices. Il fréquente le salon de la marquise républicaine Marie Arconati Visconti où il rencontre des parlementaires et des hommes de lettres. Des journaux, des archives de la police et de l'armée, une abondante correspondance permettent de reconstituer la période biographique (1906-1914) d'un Alfred Dreyfus qui surprendra le lecteur.

  • André Robillard, né le 27 octobre 1931 près de Gien, est un des incontournables représentants de l'art brut, notion définie par le peintre, sculpteur et plasticien Jean Dubuffet (1901-1985) qui désignait par là un art spontané, pratiqué par des malades mentaux ou des autodidactes en dehors des circuits culturels. C'est Dubuffet lui-même qui a reconnu André Robillard comme un artiste d'art brut, lorsque le psychiatre Paul Renard lui a présenté un fusil de son patient, confectionné, en mars 1964, à partir d'objets de récupération. André Robillard était alors ouvrier à l'hôpital psychiatrique de Fleury-les-Aubrais, dans la banlieue d'Orléans, où il avait été soigné. Pour André Robillard, l'art a « tué la misère », selon sa propre expression, puisqu'il lui a permis de surmonter son mal-être et de devenir un homme heureux de créer dans l'enceinte du centre hospitalier qu'il n'a jamais quitté. Ses fusils ont aujourd'hui fait le tour du monde et son activité artistique s'est diversifiée (dessin, musique, théâtre).

  • « ... j'ai constaté maintes fois qu'en affaires il n'était nullement besoin d'être intelligent, il suffit d'avoir de l'audace, un peu d'argent au moment propice, et une conscience élastique ». Le ton est donné.
    En 1904, après avoir « transformé en ancien » un baromètre flambant neuf, André Mailfert s'est pris au jeu. Il est sans doute devenu l'un des plus célèbres faussaires en meubles.
    Dans ce livre de souvenirs émaillé d'anecdotes savoureuses, il raconte comment, avec plus de deux cents ouvriers, menuisiers, ébénistes, peintres, doreurs... il produisit des trumeaux, sièges, armoires, meubles en tous genres et comment il abusa des « experts » en art et en mobilier, allant jusqu'à inventer l'École de la Loire dans la lignée de Jean François Hardy, ébéniste du XVIIIe uniquement sorti de son imagination.
    Au pays des antiquaires, publié en 1935, a été plusieurs fois réédité. L'auteur, André Mailfert (1884-1943), a également écrit Les Aigles (1929), recueil de poèmes sur l'aviation préfacé par Edmond Rostand et Le Verdon, ses mystérieux abîmes, ses gorges, ses portraits (1938).

  • Le naufrage du Titan

    Morgan Robertson

    C¹était la plus grande embarcation voguant sur les flots et la plus prestigieuse création de l¹homme. Toutes les sciences et tous les corps de métiers connus de notre civilisation avaient contribué à sa construction et assuraient sa maintenance.
    Insubmersible, indestructible, il ne transportait que le nombre strict de canots de sauvetage requis par la loi.
    C¹est ce qu¹écrivait en 1898 Morgan Robertson, dans ce roman d¹une extraordinaire intensité, tout d¹abord intitulé Futilité. Quatorze ans avant la plus grande tragédie maritime civile de tous les temps, cette histoire préfigurait étrangement le drame véritable du Titanic.
    Un siècle plus tard, Le Naufrage du Titan, traduit enfin fidèlement en français, n¹a rien perdu de sa puissance de choc. La lecture en est passionnante en soi, mais la question reste posée : s¹agit-il d¹une étrange série de coïncidences, ou faut-il y voir quelque chose d¹infiniment plus mystérieux ?

  • En mars 2014, Serge Grouard obtenait pour la troisième fois, et au premier tour de scrutin, la confiance des Orléanais. Jamais avant lui un maire n'avait connu une telle longévité. Sous son impulsion, la ville a beaucoup changé et s'est considérablement embellie. Les Orléanais lui en ont été reconnaissants et le lui disent aujourd'hui par leurs mots et témoignages d'affection.
    Depuis plus de vingt ans, Serge Grouard est un acteur de la vie politique française. Député, il a travaillé auprès de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy ou encore François Fillon dont il a porté le projet présidentiel.
    Qui est l'homme Serge Grouard dans l'intimité, connaît-on les ressorts de son engagement politique, les passions qui l'animent, les combats qu'il a porté, les regrets qui l'habitent ?
    Dans ce livre d'entretien direct et vif avec le journaliste Anthony Gautier, Serge Grouard se livre pour la première fois et révèle les coulisses de vingt-cinq ans de vie politique.

  • Franck Archemont, ancien photographe de guerre, revient sur la terre de son enfance, en Nouvelle-Calédonie, au décès de son père. Il prend en charge, aux côtés de sa mère, la propriété familiale isolée dans la brousse calédonienne. Ce n'est pas son univers ; l'élevage, le travail du bétail, c'était le travail et la passion de son père et de ses deux frères, tous trois disparus. Mais cette terre du bout du monde finit par vaincre ses résistances, il y retrouve ses marques, se construit une nouvelle vie. C'est dans cette renaissance forcée que les événements vont le précipiter rapidement dans les abîmes insondables du non-dit, des vérités tronquées et des découvertes sur la complexité de l'âme calédonienne. Acteur et témoin, tour à tour pantin d'un quotidien qui lui échappe et enquêteur sur son passé familial, Franck, puis des années plus tard Sarah, sa fille, lèvent à leur manière un voile sur la pudeur d'une société océanienne multi raciale, sur les destins mêlés, enchevêtrés, communs, qui sauront peut-être venir à bout des violences du passé pour inventer une autre histoire à vivre.

  • Les poèmes de Gaston COUTÉ sont régulièrement mis à l'honneur : disques, spectacles et interprètes de marque : Édith Piaf, Patachou, Bernard Lavilliers, mais aussi certains groupes de musique rap, électro, techno et hip-hop.
    Qu'est-ce qui peut bien valoir à Gaston Couté mort en 1911 à l'âge de 31 ans, une audience que bien d'autres poètes ont perdue ?
    Celui qui, selon Victor Méric « flagellait les tartuferies, magnifiait les misères, pleurait sur les réprouvés et sonnait le tocsin des révoltes. » était le chantre des gueux, des damnés de la terre.
    Ce qui explique sans doute que ses complaintes soient éternelles.
    Encore lycéen, Gaston COUTÉ, né à Beaugency en 1880, collabore à la Revue littéraire et sténographique du Loiret et au Progrès du Loiret. À 18 ans, il décide de partir pour Paris. Il se produit avec succès dans les cabarets de Montmartre et écrit pour des revues anarchistes.
    La misère et l'alcool l'emporteront le 28 juin 1911.
    Les principaux textes de Gaston COUTÉ sont suivis d'un glossaire des mots et expressions employés.

  • Bien qu'âgé de 55 ans en 1914, l'officier réserviste Alfred Dreyfus est mobilisé durant toute la Grande Guerre et participe notamment aux dramatiques combats du Chemin des Darnes au printemps 1917, placé alors sous les ordres d'un colonel antisémite et militant de "L'Action Française".
    À la fin des hostilités, il commandera le Parc d'Artillerie de la 5e Région militaire, à Orléans. Si son dossier militaire permet de connaître tous les états de service de Dreyfus en 14-18, son itinéraire personnel peut surtout être reconstitué grâce à des archives familiales, sou-vent inédites : son "Carnet de guerre" tenu presque quotidiennement et quelques lettres à son fils Pierre, lui-même jeune officier mobilisé ; grâce également à une bonne centaine de lettres (conservées à la Sorbonne) adressées à une amie, la marquise Arconati-Visconti qui avait été une grande dreyfusarde.
    Outre le témoignage d'un acteur direct de la Grande Guerre, ces documents révèlent aussi que l'officier, que l'on a souvent présenté durant "L'Affaire" comme introverti et distant, est un homme d'une grande sensibilité qui exprime sans retenue, ses émotions, ses craintes, ses chagrins, ses joies et sa fierté de connaître au Front une seconde réhabilitation.

  • Sueños isleños/Rêves insulaires est la première anthologie poétique bilingue espagnol/français de Basilio Belliard ; elle aspire à ouvrir une nouvelle fenêtre sur la République Dominicaine grâce à cet artiste qui a remporté en 2002 le Prix national de Poésie.
    « Nul n'est plus solitaire qu'un insulaire » écrit ce poète avant d'ajouter : « L'insulaire se nourrit d'espace : il a soif de voyages et d'envols. Il naît avec des ailes et porte en son coeur une barque. » (« Isla al aire » / « Île en l'air »). Ces réflexions peuvent sans nul doute s'appliquer à leur auteur. Ses poèmes sont de petits tableaux dans lesquels s'invite souvent la mer des Caraïbes, silencieuse, déchaînée, lieu de naufrages ou métaphore de la femme désirée.
    Son oeuvre explore l'espace clos de l'île, sa beauté, ses sens, son rythme tout en dépassant constamment ses limites et en construisant des ponts vers d'autres territoires rêvés. Les textes sont simples, humbles, sensuels. Les poèmes en prose placés, sous l'égide de Baudelaire : « Sois toujours poète, même en prose » troublent les frontières des genres. Certains ont de clairs échos autobiographiques. Basilio Belliard y revient sur sa vocation de poète qu'il relie à l'enfance, au rêve, au doute, à l'angoisse, à un labeur peut-être vain mais sans cesse renouvelé, à un métier de sable, selon sa propre expression.

  • Des détails suivront

    Michel Kopp

    Vincent mène une vie rêvée. Une carrière prometteuse de cardiologue à Strasbourg, une épouse amoureuse, une grande maison dans le quartier huppé de l'Orangerie, sans oublier une belle voiture et un compte en banque confortable.
    Cette mécanique bien huilée se dérègle le jour où le brillant jeune homme reçoit une série de lettres inquiétantes qui vont ravager son existence.
    L'auteur nous fait suivre les efforts d'un homme désemparé pour modifier le cours d'un destin que l'on imagine irrévocable. Jusqu'à la culbute finale ...
    Ce polar se déroule à Strasbourg.

  • Né en 1921, fils d'un pasteur anglican, John Bradburne a longtemps cherché la voie qui était la sienne, ne la trouvant ni dans l'enseignement, ni dans l'armée, ni dans le mariage, bien qu'il y ait souvent pensé, ni dans les ordres, bien qu'il fait de nombreuses tentatives dans ce sens. En 1947 il devient catholique. Depuis 1956, disciple laïc de saint François, il entre en 1969, comme directeur et homme à tout faire, à la léproserie de Mtemwa, en Rhodésie du Sud, le futur Zimbabwe. En 1979, lors des conflits pour l'indépendance du pays, il est assassiné par un groupe de rebelles. Il laisse une oeuvre poétique immense, peut-être 200 000 vers.
    On verra, dans le choix ici présenté, que, lyriques ou cocasses, inspirés ou plus terre-à-terre, savants ou naïfs, ces vers témoignent d'abord d'une immense tendresse pour la beauté de la vie.

  • Orléans, mars 1785. Un corps mutilé est retrouvé dans un vivier servant au transport du poisson sur la Loire. Cette découverte macabre est suivie d'autres meurtres de jeunes femmes, ce qui fait converger les soupçons de Toussaint, un chirurgien juré, et du commissaire Cerisier vers la raffinerie de sucre Marotte.

  • Connexions tragiques met aux prises un détective atypique, adepte des interrogatoires au décapeur thermique, et un serial killer fascisant qui pourchasse les femmes seules sur la toile. William Carvault (W.C. ) pensait pouvoir se mettre au vert et soigner son blues à la bière extra-light après ses premières aventures (Choc Berry blues, même éditeur), mais le hasard d'une rencontre avec une jolie allemande va l'obliger à reprendre du sévice...euh du service !

    Le roman multiplie les points de vue, points de vue du tueur, de ses victimes, du détective et même de ceux qui profitent du système, les patrons des sites de rencontre. Au fil du récit et des rencontres de notre enquêteur, se dessine une galerie de portraits distrayants et vitriolés : enseignante nombriliste, ouvrier paumé, bourgeoise oisive, journaliste véreux, le monde d'aujourd'hui en prend pour son grade avec humour et justesse. Une intrigue bien ficelée, des actions qui rebondissent comme un ballon de rugby, le lecteur est captivé par l'histoire et ne peut qu'en ressortir moins bête : « castigat ridendo mores ».

    Aussi désabusé et désopilant que dans Choc Berry blues, William mène une enquête qui rebondit comme un ballon de rugby dans les marais de Bourges et sur « la toile » .

  • Victor Hugo au sénat

    Jean-Pierre Sueur

    • Corsaire
    • 20 Septembre 2018

    C'est aujourd'hui que la grave question des deux Chambres, posée par la Constitution, va être résolue. Deux chambres sont-elles utiles ? Une seule chambre est-elle préférable ? En d'autres termes, faut-il un Sénat ? [...] Messieurs, j'y insiste. Il dépend aujourd'hui du Sénat de pacifier la France ou de troubler le monde. La France est aujourd'hui désarmée en face de toute la coalition du passé. Le Sénat est son bouclier [...] Sénateurs, prouvez que vous êtes nécessaires.
    Le Sénat, en votant la dissolution compromet la tranquillité publique et prouve qu'il est dangereux. Le Sénat, en rejetant la dissolution, rassure la patrie et prouve qu'il est nécessaire [...] Non, le passé ne prévaudra pas. Eût-il la force, nous avons la justice, et la justice est plus forte que la force. Nous sommes la philosophie et la liberté.

  • Unique ! la Loire comme vous ne l'avez jamais vue. Plus de cent peintres, poètes et écrivains ! Plus de 70 reproductions en couleurs, des tableaux inédits, notamment ceux de Maurice Genevoix!
    La Loire et ses affluents ont inspiré d'innombrables artistes, peintres, écrivains et poètes qui ont fréquenté ses rives. Ils ont été séduits par ses aspects pittoresques : villes au bord du fleuve, activités des bords de Loire... Ils ont souvent peint ou écrit sur la Loire. c'est ce que révèle ce beau livre.

    La Loire sous les ragards croisés de Félix Vallotton, Max Ernst, Jean-Jacques Delusse, Nicolas Mecheriki, Henri-Joseph Harpignies, Francis Picabia, Prosper Barbot, Charles Le Roux, Claude Rameau, Louis-Robert Antral, Jean Fouquet, Jean-Albert Gorin, Théodore Rousseau, Léon Eugène Dambeza, Maxime Maufra, Jean Commère, Louis Dupont, Maurice Loirand, Richard Boutin, Félix Vallotton, Max Ernst, Jean-Jacques Delusse, Eugène Delacroix, Prosper Barbot, William Turner, Emmanuel Lansyer, Eugène Prévost-Messemin, Olivier Debré, Roger Toulouse, Paul Fachet, Maxime Maufra, Jacques Lefebvre, Jacqueline Cailliau, Bernard Lorjou, William Turner, Balitran, Jacques Villon, Thomas Aignan Desfriches, Louis Joseph Soulas, Jacques Poirier, Nicolas Chapuy, Jeanne Champillou, Jacques Ousson, Johan Barthold Jongkind, Jean-Pierre Houel, Emmanuel Lansyer, Paul Désiré Trouillebert, Edouard Debat-Ponsan, Stephano Della Bella, Pierre-Antoine Demachy, Justin Ouvrié, Lambert Doomer, Jean Zaccheo, Stephano Della Bella, Denise Bruneau, Ferdinand Perrot, Charles Péguy, Marguerite Cécile Albrecht, Louis Aragon, Germain Audebert, Paul Badin, Honoré de Balzac, René Bazin, Maurice Bedel, Joachim du Bellay, Adam Billaut, Lucien Bodard, Michel Bondu, Roger Bonhomme, Jacques Branger, Marcel Bréchet, Francine Caron, Paul Fort, Hervé Guerlin, Gustave Flaubert, Julien Gracq, Maurice Genevoix, Victor Hugo, Max Jacob, Henry James, Jean-Marie Laclavetine, Jacques Lacarrière, Jean de La Fontaine, Jules Lemaître, Géo Norge, Pierre de Ronsard, Mme de Sévigné, Émile Souvestre, André Spire, Jules Vallès, André Turquet, Hubert Tillay, Francis Viélé-Griffin, Alfred de Vigny, Arthur Young.

  • Jadis, la Loire était un axe commercial majeur. Un monde foisonnant l'animait, sur ses rives et sur ses eaux, où toute une faune d'embarcations transportait les pêcheurs et les riverains, le charbon et le bois du Haut Pays, le vin des coteaux, le sel du littoral, les ardoises d'Anjou et bien d'autres marchandises. Sur le grand fleuve sauvage, la vie était rude pour les mariniers qui s'embarquaient.

    Un jour, sous les coups de boutoir d'une révolution industrielle qui réclamait son dû, les bateaux durent cesser de sillonner les eaux de Loire. C'est leur histoire, plus que millénaire, et celle des hommes qui les menaient, que nous dévoilent les auteurs à travers cet album richement illustré. Celle, aussi, de ces nouveaux bateliers qui, bien des décennies plus tard, ont décidé de redonner vie à ce monde ligérien.

  • C'est entre le mois de juin 1912 et les moissons de 1913 que l'auteur des Cahiers, le publiciste, comme on disait alors, passa le fossé de la ville porte de Guillaume, avant de gravir « exalté la pente ultime ! ». Il aura suffi qu'au début de ce siècle, un poète, penseur, polémiste, qui eut l'audace d'échouer à l'agrégation de philosophie, et le culot de mourir combattant de la « der des der » en pleine maturité, écrive cet hymne à l'Amour, avec un grand « A », pour que l'émotion jaillisse. (Ivan Levaï Figaro magazine, 13 avril 1996) La méditation religieuse de Charles Péguy se déploie avec une forme poétique sans précédent dans la littérature française.
    Des textes pour cheminer vers les lieux de pèlerinage.

  • Au-devant de Genevoix relate une courte et intense rencontre, menée sur les berges d'un étang du Loiret, entre un lecteur passionné et l'écrivain qu'il admire. Cette rencontre est autant fictive, dans son déroulement, que réelle dans son contenu. Fictive, parce qu'elle procède d'un dialogue imaginaire avec un personnage se situant hors du temps. Réelle cependant, parce qu'elle rend compte de cette parenté vivante, éprouvée par chacun de nous, qui s'établit de manière archaïque entre un écrivain et ses lecteurs.

    L'auteur de ce livre, profondément habité par le personnage de Maurice Genevoix pour l'avoir lu et relu, développe un dialogue souvent troublant. Il ne se contente pas d'imaginer ou de rendre plausible une telle conversation : il l'ancre dans la réalité même du personnage et des lieux. Les procédures mimétiques employées, qui renvoient parfois au style même de Genevoix, dont sont reproduits aussi bien le parler du Grand échiquier ou d'Apostrophes, que l'écriture de Raboliot ou de Trente mille jours, participent de ce réalisme.

    Cette rencontre se nourrit aussi, en vis-à-vis de cette très simple conversation déambulatoire autour d'un étang, d'un ensemble d'éclairages sur les convictions profondes de Genevoix. Voir en lui un grand témoin de la Grande guerre, un écrivain régionaliste, ou même un chantre de la nature sauvage, demeure terriblement réducteur. L'homme dont il s'agit procède plutôt d'un enchevêtrement de champs de forces qui le propulsent, à partir de son expérience mutilante du front, dans une célébration aimante et poétique de la vie, en ce qu'elle a de visible ou d'invisible. Un tel élan intérieur, aux accents parfois mystiques, échappe à toute catégorisation littéraire.

    Jacques Tassin reprend le style allégorique de Un Jour, roman testamentaire de Maurice Genevoix, pour nous aider à découvrir la part la plus intime d'un très grand écrivain. En tant qu'écologue et naturaliste, à l'écriture sensible, grand lecteur de Genevoix, fin connaisseur du personnage, à qui il a déjà consacré plusieurs livres, il nous guide sur les berges d'un homme hors du commun qu'il revient à chacun d'entre nous de préserver de l'oubli.

  • Plus ancienne fête de France, traditionnelle et contemporaine, ancrée dans la cité d'Orléans et dans la mémoire vive de ses habitants d'hier et d'aujourd'hui, immuable mais très marquée par les circonstances politiques et sociales de son époque : depuis près de six cents ans, les Fêtes de Jeanne d'Arc mobilisent la population de l'Orléanais et concernent le pays tout entier, dès lors que l'invité du maire saisit sa présidence d'un jour pour parler à tous les Français de leur histoire et de la mémoire nationale.
    Si cette libération nous parle, bien loin des tentatives de détournement de l'héritage de l'Héroïne, c'est que les orateurs du 8 mai saisissent cette occasion, depuis 1920, pour évoquer l'actualité, les enjeux du moment, des lendemains de la Grande Guerre à la Reconstruction sur les ruines de la ville martyrisée par la Seconde Guerre mondiale.
    Cent ans après la venue du maréchal Foch, ces « Voix d'Orléans » rythment des fêtes que seules les guerres ont interrompues et les « malheurs des temps » reportées. Florilège d'une concordance des temps, les grands discours des maires d'Orléans et de leurs invités civils retracent l'histoire d'une ville, de son rapport à son passé et de son rôle dans la vie de la nation. Même exceptionnellement décalées en automne, à Orléans, les Fêtes de Jeanne d'Arc marquent toujours le sacre du printemps, la ferveur d'une renaissance urbaine et patriotique.

  • L'Anthologie grecque est un recueil d'inscriptions rassemblées au cours des siècles par des épigraphistes soucieux du patrimoine. La dernière date du début du Xe siècle de notre ère. Perdue, elle fut découverte par un humaniste français, Claude Saumaise, en 1606, à Heidelberg, dans la bibliothèque du comte Palatin. Elle fut éditée en 13 livres, classés par thèmes. Certains sont connus : poèmes amoureux, épitaphes. Le livre VI l'est moins. Il comporte les inscriptions qui accompagnaient les offrandes faites aux dieux en différentes circonstances de la vie. Des ex-voto. À travers la description de ces offrandes, les sentiments qui les inspirent, les dieux et les déesses auxquels elles s'adressent, on peut entrevoir une vie familiale et professionnelle plus rare dans les grands textes. La qualité littéraire fait de ces épigrammes des poèmes dignes d'entrer dans Passerelles en Poésie.
    Agrégé de lettres classiques, professeur en khâgne, Bernard Plessy fut aussi rédacteur en chef du Bulletin des lettres. Parmi les livres qu'il a publiés, on note trois titres de la collection La Vie quotidienne chez Hachette. Cette même curiosité l'a poussé à rechercher dans l'Anthologie palatine les travaux et les jours du peuple grec pendant un millénaire.

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