BD généralités

  • Mettre en lumière l'importance exceptionnelle de l'oeuvre d'Hergé dans l'histoire artistique et culturelle du XXe siècle, et mesurer, à l'aune d'approches inédites, le caractère mythique et universel des Aventures de Tintin et leurs prolongements dans l'imaginaire contemporain : tel est l'objectif de cet ouvrage, issu du colloque international « Tintin au XXIe siècle », ayant réuni scientifiques et tintinophiles en Belgique, 110 ans après la naissance Georges Rémi.
    Les 27 contributions qui composent ce volume envisagent la traversée du siècle du voyageur-reporter sous l'angle des territoires et des temporalités. Elles démontrent que l'oeuvre fondatrice d'Hergé a irrigué toutes les disciplines et épousé pléthore de formats, de médias. La fortune critique qui s'est greffée sur Les Aventures de Tintin émerge en effet à de nombreux domaines. Tintin aujourd'hui illustre ou déconstruit leurs métamorphoses et interroge la pérennité d'une oeuvre qui permet toujours aujourd'hui de penser et de dire le monde.

  • L'expression de « rapport texte-image », si courante, recouvre une multitude de sens et de non-dits. Ce livre cherche à gratter la surface de ce terme pour nourrir une pratique d'auteur mariant les mots et les images, qu'il s'agisse du domaine du graphisme, du dessin de caractères, de l'illustration, de la bande dessinée...
    Le phylactère - la « bulle » de la bande dessinée - est justement la porte d'entrée idéale pour explorer les rapports ente le texte et l'image. Centrée sur la bande dessinée, cette étude se veut néanmoins un inventaire vaste et éclectique des rapports entre le pictural et le verbal. Des vases antiques aux lettrages des comics, de l'alphabet phénicien à la bande dessinée américaine, sans oublier les enluminures, ce livre dresse un inventaire foisonnant de possibilités graphiques, tant dans les dispositifs d'intégration du texte à l'image que dans les choix de typographie et de lettrage.
    Un ouvrage qui se révèle être une véritable source d'inspiration, de questionnements et de renouvellement, en accord avec l'idée du dessinateur Art Spiegelman, pour qui « le futur de la bande dessinée se trouve dans le passé ».

  • Tintin ou l'accès à soi

    Philippe Ratte

    • Ginkgo
    • 22 Octobre 2015

    Les aventures de Tintin (1929-1983) sont datées.
    La refonte des premiers albums ne les fait pas échapper à ce demi-siècle-là, aujourd'hui si révolu. Pourtant, on les sait intemporelles, et leur succès mondial le prouve depuis lors.
    Leur statut de classiques du genre y est pour quelque chose, ainsi que la qualité intrinsèque de chaque histoire, qui fait leur force. Mais l'universalité de cette réussite suggère qu'elle tient à une valeur plus profonde encore.
    Pour tout individu se pose la question des origines.
    Lorsqu'elle n'est pas résolue par un roman familial dénué d'ombres, elle peut devenir la croix intime du sujet ;
    Interrogation non résolue : d'où, de qui viens-je ?
    C'est cette question que développe, traite et résout le corpus des aventures de Tintin.
    Elle se ramène à deux termes : il doit y avoir eu de la femme dans cette affaire, et alors qu'en dire ? Et quelle a été la part d'un homme dans cette affaire de femme ? Tout être naît avec en lui cette alarme de se demander comment il est venu au monde. Usuellement, pour une majorité, le cadre familial propose une réponse censée aller de soi, qui étanche la curiosité en la gavant d'une évidence supposée Mais si l'on commence par faire élision de cette matrice familiale (avec papa et maman allant de soi en tant que réponse à l'énigme de l'origine) celle-ci devient lancinante, et exige pour vivre qu'on lui construise une réponse situant une génitrice et un géniteur assumant la nécessité de leur interaction Or, lorsque prévaut cette situation, c'est que la mère, ou le père, ou les deux, ont refusé de jouer ce rôle, introduisant dans le panorama de l'origine un déni en lieu et place d'une apparente évidence naturelle. Ce déni pèse lourdement sur la capacité de l'individu à remonter vers l'amont de lui-même et construire son être au monde en se définissant une origine, car pour ce faire il lui faut combattre le déni qui a été posé sur ce point précis par la femme et/ou l'homme qui l'ont engendré.
    En pareil cas, l'individu ne peut réussir cette fondation de soi par rétablissement d'une origine qu'à partir de l'accès préalable à soi, c'est à dire en lui-même à l'être profond, authentique, distinct subsumé par le moi dont il lui est reconnu l'usage par tout le monde sous les espèces de son nom. Il lui faut trouver sa vérité intime, la force de son propre droit à exister indépendamment de quelque origine ou identité externe que ce soit.
    Les aventures de Tintin exposent exactement cela, à travers l'ensemble des personnages qu'elles mettent en scène. Elles montrent à travers les 20 albums comment Tintin construit l'accès à son Soi et accède à la résolution de cette crise des origines à travers trois accomplissements décisifs :
    D'abord l'identification et le rapatriement vers soi d'un personnage en qualité de père, à savoir Tournesol ; puis le combat pour accéder à soi sous les espèces initiatiques du sauvetage de Tchang disparu au Tibet, et qui se révèle retenu dans une cavité utérine par un monstre femelle (à la fois neige silencieuse et yéti abominable) dont il s'agit de se purger; enfin l'acceptation au moins par prétérition du fait qu'il y ait forcément eu de la femme dans tout cela, à travers toute la métaphore des Bijoux de la Castafiore.
    Les autres personnages principaux sont là pour contreforter par antiphrase cette accession de soi à Soi par Tintin : les Dupondt, piégés dans leur quasi-gemellité, sont incurablement incapables d'accéder à soi : Haddock de même, et à l'inverse, de qui l'unique double est le mythe d'un ancêtre, est lui aussi inapte à accéder à soi, et en manifeste la rage permanente par sa violence au moins verbale. Abdallah reste enfermé dans l'enfance irresponsable, Milou découvre qu'il n'est pas l'Autre de Tintin mais une simple dépendance de son maître.
    Advenu d'emblée sans famille, Tintin incarne le problème de l'être-au-monde de tout individu privé d'origine.
    Si une minorité d'individus grandissent en situation d'enfant sans ascendance avérée, la situation psychique qu'ils affrontent de ce fait à son paroxysme est aussi celle de tout un chacun, à qui l'aura douceâtre d'un roman familial aura assuré une protection opiacée contre cette énigme de sphinx que chacun porte en soi, de savoir d'où il provient pour oser commencer à être qui il sera, enfin à l'image de Dieu, seul à être par construction exempt de cette angoisse liminaire.
    L'épopée de Tintin nous dit ce qu'il y faut de droiture et de courage, et combien c'est difficile, puisque tous autres s'en montrent incapables.
    Lus dans cette optique, les vingt albums se révèlent être la plus formidable leçon de fondation de soi qu'on puisse lire, et de ce fait un viatique magistral pour tout être humain - Une sorte de psychanalyse « homéopathique ».

  • Pourquoi les cauchemars de Tintin, puis ceux de Haddock, nous semblent aussi étranges que secrètement familiers ? Quels sont les enjeux de narration de ces séquences oniriques, et que racontent-elles ?
    Il suffit à Hergé de quelques cases délirantes pour nous dire ce qui « se trame » sur un mode déplacé et allégorique. Son art de conter, qui repose sur un habile équilibre entre les moments de suspens et d'humour, se caractérise aussi par cette manière incomparable d'articuler soudainement ses métaphores en d'inoubliables métamorphoses.
    Dans cette étude, Pierre Fresnault Deruelle emmène le lecteur dans une exploration des rêves de Tintin, ponctuée de quelques vignettes du maître de Bruxelles mais également de dessins d'héritiers de la ligne claire, dans lesquelles le fantastique, à tout le moins le fantasque, fait système avec les cauchemars du héros à la mèche blonde.

  • Les îles noires d'Hergé Nouv.

    Les îles noires d'Hergé

    Ludwig Schuurman

    • Georg
    • 14 Décembre 2021

    L'Ile Noire d'Hergé est sans nul doute la seule bande dessinée au monde dont il existe trois versions différentes : la première en noir et blanc parue en 1938, la deuxième en couleur et dans une forme resserrée, parue en 1943 en pleine Occupation, et la troisième également en couleur, parue en 1966 à la grande époque des Studios Hergé. Corollaires d'un perfectionnisme graphique et d'une ambition littéraire, ces retours permanents sur l'oeuvre, cristallisés par le double auto-remake de L'Ile Noire, trahissent aussi les paradoxes et les limites d'un créateur qui s'échine à refaire (et à faire refaire, en fin de carrière) un album déjà fait.
    A travers la question du style, de la récriture, de la narration et de la réception, la comparaison des trois versions permet ainsi d'apprécier les trois étapes fondamentales de l'évolution technique et artistique d'Hergé.

  • Tout ce que vous devez savoir sur Tintin dans un petit guide indispensable.
    Chaque album de Tintin est analysé en détail avec des notes sur les personnages, l'intrigue, les influences, les anecdotes, le contexte historique...
    Dans cet ouvrage, l'auteur nous offre une critique globale et des clés de compréhension de la série des albums de Tintin.
    Les auteurs, tintinophiles reconnus, évoquent également toute l'industrie culturelle et marchande née de ce personnage mythique, des films aux séries télé, des anecdotes aux jeux, et de tout l'univers que chacun d'entre nous connaît.
    Les premiers chapitres de ce guide offrent des portraits succincts d'Hergé et de Tintin, personnage qu'ils qualifient de « symbole parfait du XXe siècle, un véritable témoin du siècle dernier ».

  • Oui ! La bande dessinée africaine existe bel et bien. Et en la matière, les Camerounais comptent parmi les plus prolifiques. Des années 40 à nos jours, l'auteur fait un tour d'horizon complet de la situation de l'édition de Bande dessinée au Cameroun avec quelques ramifications en Afrique subsaharienne.
    Qui sont les premiers dessinateurs ? Sur quels thèmes travaillaient-ils avant et aujourd'hui ? Dans quel contexte économique et politique se développe le 9e art ? L'Europe comme Eldorado pour de nombreux dessinateurs. Quelles perspectives d'avenir ? C'est autant de sujet que Christophe Cassiau-Haurie analyse et présente avec clarté (documentée) dans ce livre.

empty