Langue française

  • L'energetique psychique

    Carl Gustav Jung

    • Georg
    • 16 Juillet 1997

    C. G. Jung L'Energétique psychique Dans ces essais publiés à différentes périodes de sa vie, le grand psychanalyste suisse, auteur de Métamorphoses de l'âme et ses symboles, convaincu que la théorie de Freud ne rend pas compte de toute la richesse des phénomènes psychiques, explore quelques-unes des pistes de recherches les plus fécondes de son oeuvre.
    La notion d'énergie, qu'il est assez tôt amené à substituer à la libido freudienne, fait l'objet de la première partie. Liée à l'instinct, à la volonté, à l'émotion, etc., elle apparaît comme un potentiel dans lequel nous puisons sans cesse et qui pourtant se conserve durant toute notre existence, dans ses prolongements conscients ou inconscients.
    Dans la seconde partie, C. G. Jung aborde diverses manifestations psychiques universelles telles que la symbolique du rêve, les phénomènes dits occultes, la croyance à l'immortalité de l'âme ou aux esprits. Elles font l'objet d'une investigation appuyée sur l'observation, sans jamais inciter le lecteur à adopter une quelconque croyance, « ce que moi-même, précise-t-il, je n'ai jamais pu faire ».

  • Mettre en lumière l'importance exceptionnelle de l'oeuvre d'Hergé dans l'histoire artistique et culturelle du XXe siècle, et mesurer, à l'aune d'approches inédites, le caractère mythique et universel des Aventures de Tintin et leurs prolongements dans l'imaginaire contemporain : tel est l'objectif de cet ouvrage, issu du colloque international « Tintin au XXIe siècle », ayant réuni scientifiques et tintinophiles en Belgique, 110 ans après la naissance Georges Rémi.
    Les 27 contributions qui composent ce volume envisagent la traversée du siècle du voyageur-reporter sous l'angle des territoires et des temporalités. Elles démontrent que l'oeuvre fondatrice d'Hergé a irrigué toutes les disciplines et épousé pléthore de formats, de médias. La fortune critique qui s'est greffée sur Les Aventures de Tintin émerge en effet à de nombreux domaines. Tintin aujourd'hui illustre ou déconstruit leurs métamorphoses et interroge la pérennité d'une oeuvre qui permet toujours aujourd'hui de penser et de dire le monde.

  • « La première fois qu'un homme ashaninca m'a dit que les propriétés médicinales des plantes s'apprenaient en absorbant une mixture hallucinogène, j'ai cru qu'il s'agissait d'une plaisanterie. » Un anthropologue étudiant l'écologie d'un peuple indigène de l'Amazonie péruvienne se trouve confronté à une énigme : les Indiens, dont les connaissances botaniques sont admirées par les scientifiques, lui expliquent invariablement que leur savoir provient des hallucinations induites par certaines plantes.

    Dans une enquête qui s'étale sur dix ans, de la forêt amazonienne aux bibliothèques d'Europe, il réunit suffisamment d'indices pour être convaincu que la réponse à l'énigme se trouve dans l'ADN. Son hypothèse ouvre de nouvelles perspectives sur la biologie, le savoir des peuples indigènes, l'anthropologie et les limites du rationalisme.

    Ce livre, déjà traduit en onze langues et vendu à près de 50'000 exemplaires, n'a cessé depuis sa parution d'intriguer le monde scientifique.

  • Le journalisme dessiné a longtemps été borgne. Réduit à sa forme reine qu'est le dessin de presse, cet art du KO en deux traits et trois mots, taillé pour répondre à chaud à l'actualité, avait en contrepartie délaissé le terrain et le temps long de l'enquête journalistique. La BD-reportage, en comblant ce vide, a permis au journalisme dessiné de reconquérir le champ du réel dans toute sa complexité.
    Cette double articulation spatiale et temporelle du journalisme graphique constitue le coeur de cet ouvrage collectif. Revenant d'un côté sur quelques-unes des figures les plus emblématiques du dessin de presse, de Charlie Hebdo à Cabu en passant par Boligán, il cherche aussi à mieux cerner les nouvelles frontières ouvertes par la BD-reportage. A travers l'examen des causes et des conséquences de l'émergence de ce nouveau genre, considéré parfois comme un nouveau médium, ce ne sont pas que les outils, les pratiques ou les supports qui sont analysés mais, finalement, l'ensemble de l'écosystème médiatique et de la sphère bédéique.

  • Types psychologiques

    Carl Gustav Jung

    • Georg
    • 12 Février 2021

    En publiant Types psychologiques e 1921, C.G. Jung affirme son besoin de se différencier de Freud et développe une nouvelle théorie de la personnalité qui prolonge la classification traditionnelle. Dans cet ouvrage fondateur, Jung présente une structure schématique de la personnalité fondée sur « quatre fonctions psychiques » que chaque être humain possède, à des degrés variables : le type Pensée, le type Intuition, le type Sentiment et le type Sensation. À ces quatre types, Jung ajoute deux « attitudes » : l'extraversion, qui est le mouvement de la libido vers l'extérieur, qui se réfère à l'objet ; et l'introversion qui est le mouvement de la libido vers l'intérieur et qui se réfère au sujet. Sur la base de ces quatre fonctions et de ces deux attitudes, Jung explique les variantes de types psychologiques, à l'origine de nos passions ou de nos jugements personnels. Paru pour la première fois en français en 1950 aux éditions Georg, Types psychologiques est l'une des plus grandes contributions de la psychologie analytique aux sciences humaines et n'a cessé depuis d'influencer d'autres domaines de la psychologie, comme les théories managériales (notamment le modèle de Myers Brigg), le développement personnel, la graphologie ou encore l'astrologie.

  • Le livre du lézard

    Collectif

    • Georg
    • 6 Mars 2013

    Le livre de Lezard est un recueil de poèmes écrits par Aimée Degallier-Martin (totem Lézard), une éclaireuse genevoise née à Moscou, de mère russe et père suisse. Ses textes, qui ont accompagné le parcours de nombreuses autres éclaireuses, reflètent une vie passée à contempler et à admirer le monde :

    «Nous étions perpétuellement en face des choses de la nature ; et la nature a été une seconde mère pour nous. Elle nous a beaucoup appris. Si doucement, presque à notre insu, elle nous a enseigné les choses naturelles : l'histoire des toutes petites vies : la fragilité de la vie ; sa dureté aussi ; la méchanceté de certaines créatures ; la beauté de certaines autres ; l'inégalité partout. Et puis les grandes lois de la croissance, de la reproduction, de la conservation, de la mort ; ces forces en face desquelles l'homme est petit. » Les poèmes de Lézard ont à ce jour été traduits dans plusieurs langues.

  • Cet ouvrage offre une plongée encore inédite dans la richesse de la vie médicale et scientifique qui se déploie autour des questions hygiéniques, orthopédiques et gymnastiques dans la première moitié du XIXe siècle. En effet, à ce moment, une nouvelle modernité médicale voit le jour et nous nous trouvons dans un véritable « moment orthopédique » au regard de l'engagement des médecins autour de l'élaboration d'une gymnastique médicale. Dans ce cadre, les luttes sont alors au moins aussi nombreuses que les accords thérapeutiques. Réalisé dans le cadre d'une consultation exhaustive de la production discursive des médecins francophones, ce livre est également une introduction à une histoire sociale de la médecine et une invitation à des réflexions plus large sur les liens entre exercices du corps et santé.

  • Dans Désarroi de notre temps et autres fragments sur la guerre, la philosophe humaniste Simone Weil (1903-1943), ressent les prémices du cataclysme mondial dans le désarroi social et moral des années 1930 avec la défaite des régimes démocratiques dans le marasme économico-social. Serions-nous à l'orée sombre d'une génération du désarroi dans les termes de Simone Weil ? À l'aube du XXIe siècle, entres peurs sociales, politiques, économiques, climatiques et épidémiques, dans l'héritage révoltant du terrorisme aveugle, le désarroi est tenace. Est-il une réponse indignée et présentiste aux périls les plus divers qui éprouvent notre modernité démocratique ? Or, le « désarroi n'est pas simplement une indignation, un choc ou un chagrin » ajoute Antoine Volodine, car la « parole littéraire » et le « rêve », en dispositif de survie intellectuelle, contournent l'abîme du désarroi.

  • Lausanne, janvier 1986 : connu pour arpenter la ville au volant de charrettes transformées en trolleybus, l'Homme-bus est interné de force à l'hôpital psychiatrique. D'emblée, la presse s'interroge : pourquoi ce jeune homme qu'un court-métrage avait peu auparavant mis à l'honneur est-il soumis à une privation de liberté à des fins d'assistance ? Journalistes, psychiatres, juristes, hommes de lettres, voisins et quidams : une constellation d'acteurs s'émeut, s'interroge, s'affronte, au point de constituer un portrait choral de l'Homme-bus.
    Droits de l'homme et lois d'internement, psychiatrie punitive en URSS, fermeture des asiles en Italie, activisme des associations militantes en Suisse romande : ce livre éclaire l'événement à la lumière de l'histoire politique des controverses psychiatriques. L'analyse est irriguée par une histoire culturelle foisonnante : antipsychiatrie, Art brut, journalisme militant, films, dessins et graffitis.

  • Comment expliquer les affinités électives entre le cinéma et le monde de l'au-delà ? Pourquoi insister sur le caractère spectral des images filmiques ? En vertu de quels critères le cinéma devient-il un vecteur de fantasmes liés à la communication avec les esprits ? Le Médium (au) cinéma entend répondre à ces questions en prenant comme point de départ, non pas tant la figure du fantôme que celle du médium spirite.
    Défini habituellement comme un intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, le médium spirite présente la particularité d'opérer à la fois en tant qu'être humain ultrasensible et « technologie » captant l'invisible et l'inaudible.
    À partir d'une réflexion sur la polysémie du terme « médium », cet ouvrage entend analyser la manière dont le spiritisme fait l'objet de représentations filmiques filtrées par des discours (implicites ou explicites) sur les technologies d'enregistrement et de reproduction, et en particulier sur le cinéma qui devient, sous cet angle, une machine à fantômes particulièrement efficace.

  • À l'orée des années 1990, l'historiographie s'empare de la figure du résistant. À la faveur de l'ouverture des archives, les chercheurs reconstituent les réseaux, interrogent les actions et les modalités de la vie en clandestinité. En dépit de l'intérêt certain de ces travaux et d'une scientificité tout aussi attestée, il s'avère que cette production contribue à prolonger le mythe façonné dans et par le contexte particulier de la France d'après Seconde Guerre mondiale.
    Depuis quelques années, des études particulièrement novatrices reviennent néanmoins sur cette question fascinante. Elles se permettent souvent d'égratigner les certitudes, en exposant l'incroyable variété des causes d'engagement.
    Dans cet élan de cette désacralisation, de (trop) rares auteurs se sont penchés sur le sort des étrangers qui ont participé aux efforts consentis pour débarrasser la France de la tutelle allemande.

  • Alliés indispensables des professionnels de la santé, les proches aidant·e·s représentent une ressource extrêmement précieuse pour assurer des soins de qualité. Considérant le nombre restreint de professionnels pour répondre à l'augmentation de la demande de soins et de soutien auprès de la population, le domaine Santé de la Haute Ecole Spécialisée de Suisse Occidentale (HES-SO) a mené durant quatre ans un programme de recherche « Pénurie de main-d'oeuvre qualifiée dans les professions de la santé : place, intégration et soutien des proches aidants » (PePA).
    Cet ouvrage présente les résultats de ce programme. Les différentes études y soulignent le rôle crucial qu'occupent les proches aidant·e·s et documentent leur situation de vie et leurs besoins.
    Illustrant l'engagement de la HES-SO en faveur de la reconnaissance de la valeur stratégique des proches aidant·e·s pour faire face aux défis à venir, ce livre présente des pistes pour les intégrer dans les soins formels et différentes mesures de soutien. Des politiques publiques ambitieuses sont essentielles pour permettre aux proches aidant·e·s d'exercer aux côtés des professionnels, tout en préservant leur santé.

  • Exils et refuges

    Collectif

    • Georg
    • 18 Octobre 2019

    Aujourd'hui, environ 68,8 millions d'humains sont recensés comme déplacés contre leur gré (HCR). Ce qui équivaut à la population française - ou à 7,7 fois la population helvétique. Nombre inouï de l'exil forcé pour 20 personnes chaque minute ! Parmi eux, 22,5 millions de réfugiés ont gagné l'étranger. Entre le tombeau abyssal de la Méditerranée, les circuits maffieux du trafic d'êtres humains et le durcissement policier des lois nationales contre les étrangers, la « nation des exilés » constitue le 21e pays du monde - avant le Royaume-Uni ou l'Afrique du Sud.
    Comment repenser les réalités anthropologiques, culturelles, démographiques et sociales du « nomadisme forcé » et de la misère migratoire ? Entre traditions juridiques et démocratiques de la solidarité et de la fraternité issues du cosmopolitisme des Lumières, l'« hospitalité » bienveillante sous l'État de droit et la protection des vulnérables doivent constituer l'avenir des refuges et des exils pour en prévenir politiquement les causes. Dans la mondialisation catastrophique des déracinements humains, tout autour des routes croisées de l'exil, s'enracine le désarroi humanitaire.

  • 100elles*

    Collectif

    • Georg
    • 2 Décembre 2020

    À travers cent biographies illustrées de femmes* ayant marqué l'histore, le recueil 100Elles* ancre dans la mémoire collective autant de figures féminines, du 6e au 20e siècle.
    Prolongeant l'installation de cent noms de femmes* dans les rues de Genève, cet ouvrage d'art et de vulgarisation scientifique est le fruit d'un travail collaboratif, local et inclusif. Un recueil écrit par des historiennes de l'Université de Genève et illustré par dix jeunes artistes genevoises, sous la coordination de l'association féministe l'Escouade, en partenariat avec la Haute École d'Art et de Design (HEAD) de Genève.
    Un ensemble de phénomènes sociaux et culturels, notamment liés au patriarcat et au sexisme, ont contribué à l'invisibilisation des femmes* dans l'histoire et dans l'espace public. Des mécanismes participent encore aujourd'hui à renforcer les inégalités de genre. Ce livre est une contribution à la féminisation de la mémoire collective.

  • Ce Dictionnaire tend à faire le point de manière critique sur les grandes thématiques de l'imaginaire utopique dans les cultures littéraires, philosophique, politique et esthétique des Lumières.
    Rédigé par une cinquantaine de chercheuses et chercheurs actifs dans plusieurs pays de l'Europe et des Amériques, le Dictionnaire critique de l'utopie au temps des Lumières n'est pas un compendium d'informations, mais un instrument de réflexion et de travail.
    Il intéressera les spécialistes et le grand public désireux de revenir sur la façon dont l'utopie a mis en scène des thématiques aussi diverses que l'Etat, la justice, la famille, les beaux-arts, le langage, la communication, les lois, le jeu, les relations entre les femmes et les hommes, la sexualité, les bibliothèques, les voyages, la Révolution, la guerre et la paix ou encore la police, les mathématiques ou la piraterie.

  • En août 1867, aux assises de la Seine-et-Marne, Mathilde Frigard, l'épouse d'un négociant failli, est accusée d'avoir assassiné, trois mois plus tôt, en forêt de Fontainebleau, son amante, Sidonie Mertens, dont elle était à la fois la magnétiseuse et la proxénète. À l'issue du verdict, l'accusée, qui n'avait cessé pendant son procès de se dire innocente, réclame la visite du procureur dans sa cellule. Là, elle lui révèle être enceinte et lui avoue sa culpabilité.
    Cette ténébreuse affaire, à laquelle Verlaine consacra immédiatement une complainte, n'est pas devenue, contrairement aux prédictions des chroniqueurs judiciaires, une « cause célèbre ». Pour comprendre cet étrange silence, il faut rendre à cette criminelle atypique son histoire et retoucher le portrait caricatural qu'ont dessiné d'elle les hommes qui se sont succédés sur son dossier, du commissaire de police aux journalistes, des magistrats aux médecins légistes. L'enquête historique révèle une femme déterminée à ne pas céder sur sa volonté d'apprendre et d'entreprendre, au risque de devenir une figure tragique d'émancipation dans un monde dominé par l'autre sexe.

  • Dans l'héritage naturaliste et expérimental des Lumières, à la croisée des romans philosophique, épistolaire, gothique, noir et d'épouvante, au carrefour du romantisme littéraire et de la « fiction scientifique », ce livre collectif évoque les thématiques et les questions religieuses, philosophiques, politiques, littéraires, esthétiques, épistémologiques et éthiques sur la connaissance, la science, le savant, le corps, l'identité, le genre, l'expérimentation, la loi, la création et la transmission de la vie, la post-humanité, le mal et la mort que pose en 1818 l'oeuvre de Mary Shelley.
    Autour du bricolage cadavérique de la créature, dont la bonté innée se brise sur le monde social qui la réprouve en sa difformité corporelle, comme incarnation du mal moral, l'ouvrage balise le périmètre culturel des sens, des usages et des représentations qu'induisent les lectures critiques, les déclinaisons et les réappropriations culturelles de Frankenstein.

  • Comme un dialogue dans la fraternité intellectuelle, le livre évoque les pouvoirs de l'imagination et de la réalité de la littérature en temps de crise fictive ou réelle. La littérature mène à tutoyer la sagesse qui nous est impartie et permet de sentir, lorsque cela est impératif, que Dieu même n'est pas irréprochable.

  • Bousbir fut la plus grande maison close à ciel ouvert du monde : le quartier réservé de Casablanca. Construit en 1924 sur ordre de l'administration française, dans un spectaculaire style oriental, le quartier visait à répondre aux « besoins » des troupes coloniales, mais était aussi visité par les touristes de passage. Jusqu'à sa fermeture, c'est au total douze milles très jeunes femmes « indigènes » qui y ont vécu et officié, dans des conditions proches du travail forcé. En 1955, elles sont expulsées du quartier, où on loge des soldats marocains de retour de la guerre d'Indochine. Aujourd'hui, Bousbir est un quartier populaire, très aimé de ses habitants mais où on ne parle guère du passé. Richement illustré, ce livre donne à voir le passé et le présent de Bousbir au moyen de documents historiques, de photographies prises par Denise Bellon en 1936 et par Melita Vangelatou à la fin des années 2010. Il présente le quartier, analyse les logiques qui ont conduit à son édification, et ouvre des pistes pour concilier le devoir de mémoire et le respect des sensibilités actuelles..

  • La bande dessinée, à l'instar des autres arts, s'imprègne en permanence des secousses qui bouleversent la marche du temps. En tant qu'événements majeurs de l'histoire des nations et des peuples, les guerres et les totalitarismes, deux phénomènes souvent liés par des relations de cause à effet, se trouvent naturellement présents dans l'univers bédéistique. Il convenait donc d'interroger ce médium qui a toujours fait la part belle aux aventures guerrières en le considérant pour ce qu'il est vraiment : un témoin privilégié de son temps qui, en dépit d'avoir nourri l'imaginaire de millions d'enfants de 7 à 77 ans, reste trop souvent un objet d'étude à la marge de l'Histoire.

  • La guerre d'indépendance des Tchétchènes, qui a tenu le monde entier en haleine, n'est ni une copie de celle d'Afghanistan, ni une nouveauté.
    Elle s'inscrit, en effet, dans un combat qui dure depuis plus de deux siècles entre la puissance impériale russe et les montagnards imbus de liberté du Caucase. Les récits de voyage du capitaine anglais Edmund Spencer, qui a consacré plusieurs ouvrages au Caucase entre 1836 et 1854, représentent un des plus sérieux et captivants témoignages sur la résistance des montagnards caucasiens sous la conduite de leur héros légendaire, l'Imam Chamil, qui s'opposa aux armées russes pendant vingt-cinq ans, de 1834 à 1859.
    Spencer, certainement un agent d'influence britannique dans le cadre du "Grand jeu", dont la guerre de Crimée qui éclatera peu après son dernier voyage est un épisode, nous emmène tout d'abord dans l'Empire Ottoman en déliquescence. Puis, en compagnie d'officiers russes, nous voyagerons en sa compagnie sur la Mer Noire, devenue un lac russe, faisant escale et découvrant avec lui la colonisation et l'énorme effort de préparation à la guerre des Russes.
    Des incursions en Crimée permettront à l'Anglais de faire revivre le passé grec et génois de ces terres. Une croisière le long de la côte orientale nous amènera dans le vif du sujet, la guerre de conquête faite aux peuples caucasiens par l'Empire des Tsars dans sa volonté d'expansion vers les mers chaudes. A l'aide d'autres témoignages de l'époque et par son introduction, Mateï Cazacu nous permet de mieux comprendre pourquoi ce petit peuple, après avoir mené une résistance acharnée longtemps victorieuse (1785-1859) et qui faillit ensuite être exterminé par Staline en 1944, trouve encore la force en cette fin de siècle de mener une guerre acharnée contre le géant russe.

  • Trois reves freudiens

    Mario Cifali

    • Georg
    • 20 Octobre 1999

    Les résistances auxquelles Freud se heurte dans l'interprétation de trois rêves, conduisent l'auteur de ce livre sur la voie d'une mise en lumière nouvelle de l'Oedipe, - le conflit inconscient -, qui dramatise le désir d'amour.
    Entre la fiction investie d'affect et la vérité refoulée de l'inceste premier, une question surgit de l'analyse originelle de Freud : "Ne vois-tu pas le cauchemar le la chose bien étrange ?" La réponse à cette question, l'auteur la découvre dans l'arrière-pays de la vie psychique.

  • Quadratura americana

    Desveaux/E

    • Georg
    • 16 Août 2001

    Quadratura Americana : titre en clin d'oeil pour un livre qui traite avant tout de l'Amérique et dont l'argument, dans ses aspects formels, fait volontiers appel à des quadrants : groupes de Klein et formule canonique des mythes.
    Essai d'anthropologie lévi-straussienne : le titre alterne renvoie à un parcours.
    A l'origine du propos, une relecture très attentive des Mythologiques, le maître ouvrage de Lévi-Strauss. Mais l'auteur franchit l'horizon de la mythologie. Il montre que la notion de transformation s'applique au-delà, pulvérisant ainsi les limites communément admises entre mythes, rites et organisation sociales. Il en arrive alors à remettre en cause l'enseignement du premier Lévi-Strauss, celui des Structures élémentaires de la parenté et de l'instauration de l'échange des femmes comme instant fondateur de l'ordre social, au nom du deuxième Lévi-Strauss, celui précisément des Mythologiques et d'un primat absolu du sémantique dont la dynamique transformationnelle dessine en Amérique les contours d'une humanité résolument autre.
    Il s'agit donc de défendre l'idée d'une singularité radicale de l'humanité américaine précolombienne, laquelle réside, comble du paradoxe, dans une négation de l'altérité telle que l'entend la doxa des sciences sociales contemporaines.
    Pour les Amérindiens, la seule altérité qui vaille est celle des sexes et de la mort.

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