Non Lieu

  • Le Lundi existentiel et le dimanche de l'Histoire est considéré comme le testament philosophique de Benjamin Fondane, d'abord parce que c'est le dernier texte qu'il a écrit et qu'il a envoyé à Gallimard la veille de son arrestation et de sa déportation, ensuite parce qu'il trace une ligne de démarcation très nette entre la philosophie existentialiste de Heidegger et Sartre, et la philosophie existentielle, le courant dans lequel il se situe après Kierkegaard et Chestov. Selon Fondane, ce dernier seul laisse une possibilité de liberté à l'être humain en engageant, en son nom, un procès contre la raison.
    Cet essai est suivi par l'ensemble des textes philosophiques qu'il a publié dans la grande revue marseillaise Les Cahiers du Sud, entre particulier dans sa chronique : « La philosophie vivante ». On retrouve là les grands thèmes de la philosophie existentielle, plusieurs débats autour de Kierkegaard et ses coups de coeur pour les penseurs alors les plus novateurs comme Lupasco, Lévy-Bruhl, Jankélévitch et Bachelard.

  • Sa fréquentation des milieux les plus pauvres de la Russie de son temps a conduit Léon Tolstoï à s'interroger sur les racines profondes de l'inégalité sociale et de l'esclavage moderne, et à mettre en pratique dans sa propre existence cette simplicité de vie, par laquelle le renoncement au superflu, outre qu'il est libérateur, est restitu- tion de ce que l'on a volé à d'autres.
    Sa critique sociale a bouleversé le monde russe et bien au-delà. Alors qu'elle était considérée comme dépassée par nombre de marxistes, elle réapparaît aujourd'hui portée par une pensée active de l'émancipation : refus ra- dical de la condition ouvrière ; image d'une communauté agraire, alors vivante aux yeux de tous. Et Marx, dans une lettre de mars 1881, ne disait-il pas de la commune rurale qu'elle pouvait être « le point d'appui de la régé- nération sociale en Russie ». Notre temps est-il si loin d'une telle convergence ?.
    Les trois essais de Tolstoï réunis dans ce livre, L'Esclavage moderne, Où est l'issue ?, La Racine du mal, traitent de cette émancipation plus actuelle que jamais. Une préface de Louis Janover s'efforce de mettre cette idée en ré- sonance avec d'autres voix comme celle de Rosa Luxemburg qui porte jusqu'à nous la révolte de Tolstoï. Sont publiés en annexe une lettre de Tolstoï à Romain Rolland et l'article de Rosa Rosa Luxemburg : « Tolstoï, pen- seur social » (1908).

  • En octobre 1951, un jeune instituteur de vingt-quatre ans, Marceau Gast, arrive au Sahara chez les Touareg Kel Ahaggar, dans le Sud algérien. Pendant trois ans, il sera instituteur nomade, changeant de groupement à chaque rentrée scolaire. Au gré des saisons et des parcours, Marceau Gast photographie les différentes facettes de la vie nomade oscillant entre les ressources rares des monts escarpés de l'Ahaggar et l'abondance des pâturages salés, à six cents kilomètres plus au sud, dans les plaines de la Tamesna. Pour ses hôtes, habiter le désert rime avec nomadisme. Mais, en ce milieu du XXe siècle, la gestion coloniale du vaste territoire des Kel Ahaggar relève de deux administrations distinctes - l'Algérie et le Soudan français - et porte en germe la menace qui s'abattra sur la salutaire mobilité nomade entre montagne et plaine. Les photographies de Marceau Gast témoignent d'un mode de vie qui en quelques décennies s'est profondément transformé. L'instituteur devenu ethnologue en 1960 poursuivra les questionnements nés au cours de son premier séjour. Il constituera un important corpus photographique pour illustrer ses recherches sur l'alimentation en milieu aride et les stratégies mises en oeuvre pour échapper à la famine.

  • Depuis le 22 février 2020, le mouvement populaire algérien (hirak), entame sa seconde année de manifestations pacifiques. Après avoir obtenu la fin du règne d'Abdelaziz Bouteflika, et après l'élection d'un nouveau Président, il exige désormais la fin du système rentier et l'avènement d'un système démocratique. Cette exigence n'est pas nouvelle. Elle trouve ses origines dans les événements d'octobre 1988 et les réformes démocratiques qui s'en suivirent. Cependant, celles-ci furent violemment interrompues. La tragédie des années 1990 étouffa la transition vers un système démocratique, mit fin au projet islamiste de transition vers un système théocratique, et assura la résurrection du système rentier. Héritant de ce système, Bouteflika l'étendit à sa guise, grâce à une embellie pétrolière exceptionnelle. Jusqu'à ce 22 février 2019 qui vit des millions d'Algériennes et d'Algériens descendre dans la rue pour reprendre, pacifiquement et durablement, le flambeau de la lutte : après avoir libéré le pays, il s'agissait désormais de libérer les Algériennes et les Algériens. Tout au long de cet essai, l'auteur analyse, en profondeur, ce cheminement transitionnel, long, chaotique, violent et toujours incertain qu'a suivi l'Algérie depuis 30 ans.

  • Les débats partisans autour de la « crise migratoire » tendent à masquer l'accroissement, la modification et la diversification des phé- nomènes de traite des êtres humains au Moyen-Orient, en Afrique et en Europe. Ceux-ci sont pourtant révélateurs de changements sociétaux profonds. Mettant en lumière les fonctionnements et mécanismes actuels de la migration irrégulière, les constats de terrain relatifs à la massification de l'exploitation sexuelle ou à l'utilisation croissante d'enfants pour commettre des délits en Europe, illustrent combien le développement de rapports d'exploitation est le signe d'une modification de l'ordre social. Ils interrogent sur les conséquences sociales de la sécurisation des frontières et de ses effets sur l'essor du crime organisé.

    C'est grâce à un important travail de terrain de plus de 5 ans en Afrique, au Moyen Orient, dans les Balkans et en Europe occidentale que ce livre rend compte de ces situations d'exploitation contemporaines. Les nombreux témoignages recueillis à Calais, en Grèce, au Niger, au Mali, au Liban, sur la route des Balkans, donnent un éclairage inédit aux migrations contemporaines et à leurs enjeux sociétaux.

  • La naissance du fascisme

    Ivo Andric

    • Non lieu
    • 13 Juillet 2012

    Andric est âgé de 28 ans lorsqu'il est nommé à l'ambassade du royaume des S. C. S. auprès du Vatican. Cette nomination qui intervient en 1920 va lui permettre de vivre de l'intérieur, en temoin " privilégié ", l'atmosphère insurrectionnelle et le chaos qui règnent en Italie, puis la montée inexorable et violente de la réaction. Ce dont il rend parfaitement compte dans La Révolution fasciste qui paraît à Zagreb dès 1923. Deux séjours ultérieurs en Italie le conforteront dans son appréhension (dans les deux sens du terme, perception et crainte) du fascisme, et ses affectations à des postes plus ou moins éloignés de la péninsule italienne ne l'empêcheront pas de suivre pas à pas l'extension, l'expansion de la dictature mussolinienne et à nouveau de les présenter au public dans six textes (dont certains signés du pseudonyme " Res ") qui paraîtront entre décembre 1923 et mai 1926, le dernier délaissant l'Italie du Duce pour la Bulgarie qui, alors, paraît s'engager lentement mais sûrement sur une voie qui non officiellement proclamée fasciste y ressemble à maints égards.
    A la lecture de ces textes, le lecteur est frappé par la finesse et la justesse de l'analyse proposée par Ivo Andric. Quoique contemporains de la montée du fascisme, ces écrits semblent aujourd'hui nettement postérieurs, comme rédigés par un historien qui aurait bénéficié d'un net recul dans le temps pour se pencher sur l'avènement de ce monstre que fut le fascisme.
    Complètent le présent recueil deux textes légèrement antérieurs puisque datés de 1921 et 1922 Le Dernier Roman de F.F. Marinetti et Un livre de guerre de Gabriele d'Annunzio. Ils sont en quelque sorte le contrepoint des écrits plus politiques présentés ici et illustrent l'autre domaine d'activité du Ivo Andric trentenaire : la critique littéraire qu'il mène en parallèle avec ses propres essais de création.
    Ces neuf textes d'Ivo Andric sont inédits en français.

  • La revue Front noir (1963-1968) fut créée par Louis Janover, avec un groupe d'amis, après qu'il a quitté le groupe surréaliste. Cette revue fait entendre une note différente de celle des autres avant-gardes de ce temps (lettrisme, situationnisme) en cherchant à concilier les prises de position politiques radicales et une expression poétique et artistique sans concession.
    - Le positionnement politique est celui du socialisme de conseils, théorisé en France par Maximilien Rubel, qui s'appuie sur la pensée de Marx pour critiquer tous les marxismes.
    - L'expression poétique entend répondre aux exigences qui furent celles des surréalistes aux débuts de leur mouvement (indépendance, spontanéité).
    L'ouvrage comprend :
    - une étude de Maxime Morel présentant l'histoire et les orientations de la revue.
    /> - un choix de textes de la revue et des brochures qui ont suivi. Sont reprises aussi les illustrations de Gaétan Langlais et Le Maréchal.
    - une postface de Louis Janover, qui fut au coeur de cette expérience.

  • Ce recueil de l'essayiste et sociologue Albert Memmi, auteur du Portrait du colonisé (ouvrage publié en 1957 avec une préface de Jean-Paul Sartre) rassemble une quarantaine de textes courts, de diverses sources (articles parus dans la presse, en revue, communications lors de congrès, entretiens, textes inédits...).
    Sa finalité est double : rendre à nouveau disponibles à qui s'intéresse à cette oeuvre des textes difficiles d'accès. Il s'avère donc être un complément indispensable aux différents ouvrages, puisqu'il couvre les différentes problématiques abordées par Memmi durant sa vie intellectuelle : colonisation/décolonisation, judaïsme et judéité, identité culturelle, dépendance, racisme, laïcité. D'autre part, cet ensemble démontre à quel point cette pensée n'a rien perdu de sa pertinence, ni de son actualité. Un entretien entre Hervé Sanson et Albert Memmi en préambule permet de tracer des parallèles entre les textes et ce que pense Memmi aujourd'hui.

  • Les Cahiers du Courrier des Balkans explorent l'actualité balkanique à partir des articles publiés en ligne par les réseaux du Courrier des Balkans depuis une quinzaine d'années. Chaque cahier est thématique. Le n°1 était consacré aux Rroms, le n°2 à l'islam dans les Balkans, cette troisième livraison reprend les articles publiés par Nicolas Trifon sur la Roumanie contemporaine.

    L'organisation thématique de l'ouvrage (culture, politique, minorités, écologie, religion, histoire) permet au lecteur de se faire une idée juste, précise, sans fard, de ce qu'est la Roumanie aujourd'hui, parent pauvre de l'Union européenne mal compris par les Français.

    Aux articles publiés en ligne sur le site du Courrier des Balkans, s'ajoutent quelques articles inédits et une préface de Jérôme Carassou.
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  • Quelle est la situation des Balkans occidentaux aujourd'hui ? Statut du Kosovo, avenir de la Bosnie-Herzégovine, intégration européenne... Quinze ans après la dislocation de la Yougoslavie, les Balkans font moins la une de l'actualité mais ils demeurent pourtant un enjeu de taille pour l'Europe en construction.
    Conflits permanents, revendications territoriales, poudrière nationaliste, « mosaïque ethnique »... Les Balkans seraient-il condamnés à d'endémiques violences ? Serait-il impossible de comprendre cette région « si compliquée » ? Carrefour de langues, de peuples, de religions, mais aussi théâtre de l'affrontement des « grandes puissances », les Balkans ont connu une évolution historique singulière qui permet de comprendre les enjeux du présent.

  • Qu'en reste-t-il des Printemps arabes de 2011 ? Un e´chec ge´ne´ral des re´volutions arabes et le relatif succe`s d'un seul pays, la Tunisie. Pourquoi la Tunisie ? Pour re´pondre a` cette interrogation, apre`s avoir remis en perspective historique la question d'une « exception autoritaire arabe », une comparaison s'imposedes trajectoires des insurrections tunisienne et arabes .
    Dans les Printemps arabes, le temps insurrectionnel tunisien occupe une place a` part : il les pre´ce´da tous et servit aux autres peuples de moteur et de mode`le. Il fut particulie`rement complexe dans son de´roulement et son issue, la chute du pre´sident Ben Ali, re´sulta d'une exceptionnelle, voire ale´atoire, combinatoire de facteurs qui est ici reconstitue´e. Aux portes d'une Libye chaotique et au terme de quatre anne´es de combats et de´bats souvent durs, la Tunisie est entre´e dans une phase post-re´volutionnaire et be´ne´ficie depuis et jusqu'ici d'un re´gime de´mocratique d'une « solide fragilite´ ».

    S'agissant des autres pays du front des Printemps arabes, voire de l'ensemble du monde arabe, qui peut se´rieusement dire, au regard d'un retour dans ces re´gions du se´culaire « Grand Jeu » international, que les apparents e´checs et impasses actuelles sont imputables a` un de´ficit de´mocratique des peuples arabes, qui peut assurer que, la` ou` elles semblent en panne actuellement, la page des re´volutions lance´es en 2011 est de´finitivement tourne´e ? Les « temps insurrectionnels » tunisien et arabes sont a` coup su^ r porteurs pour aujourd'hui de re´flexions et d'enseignements particulie`rement forts.

  • Grande figure de la Résistance, Germaine Tillion est entrée au Panthéon en mai 2015 en même temps que Geneviève de Gaulle-Anthonioz (avec laquelle elle se lia à Ravensbrück), Pierre Brossolette et Jean Zay.

    Décédée en avril 2008 à l'âge de cent un ans, Germaine Tillion a connu un destin exceptionnel. Ethnologue et historienne, elle a commencé ses recherches en Algérie auprès des populations Chaouias des Aurès. Revenue en France à la veille de la guerre, elle fut l'une des premières résistantes en liaison avec le réseau du Musée de l'Homme, avant d'être arrêtée, emprisonnée à Fresnes puis déportée à Ravensbrück.
    Après avoir travaillé sur la déportation, elle retourna en Algérie pendant la guerre d'indépendance pour diverses missions, officielles ou officieuses, d'information et de conciliation, cherchant à empêcher l'horreur qui s'installait dans les deux pays.

    Les textes et documents réunis dans ce volume s'attachent aux multiples actions de l'ethnologue, particulièrement en Algérie, ce qui lui valut d'être souvent désignée comme Tillion l'Algérienne.

  • À la fin de la présidence de B. Caid Essebsi, nombre d'observateurs manifestaient leur pessimisme, quelques-uns craignant même une restauration autoritaire. Kaïs Saïed, le vainqueur de la seconde élection présidentielle (13 octobre 2019), l'emporta en mobilisant à son profit particulièrement un électorat jeune sensible à l'invocation des mânes de la révolution de 2011 et en réactualisant ainsi une espérance populaire. Ce que, sans préju- ger de sa suite, révèle ce dernier épisode, c'est à coup sûr que le Printemps de 2011 n'est pas une utopie obsolète.
    Pour ne céder ni au scepticisme ni au lyrisme sauvage, il faut revenir sur cette année d'une lutte obstinée entre un peuple insurgé et de nouvelles forces plus ou moins infor- melles veillant à la réalisation des objectifs de leur mouvement et des élites résilientes issues des rangs et des oppositions de la République autoritaire et tentant d'orienter le cours des événements aux fins de leurs idéologies et de leurs intérêts. Ce sont les rudes combats et débats de cette année 2011 qui sont ici analysés et restitués.

  • « Pourquoi êtes-vous resté en Algérie à la proclamation de son indépendance ?
    - Mais madame, réfléchissez à l'inverse. Pourquoi partir ? » « Européenne » du monde arabe, Hélène Bracco entreprend de rendre compte d'une partie occultée de l'Histoire - l'autre face - en s'appuyant principalement sur des témoignages.
    « Pour comprendre, j'ai interrogé des gens, acteurs de l'Histoire, qui se sont souvenus pour moi. En entrant dans leur mémoire, j'ai pris pied dans mon histoire. » Quête de soi ? Certes, mais surtout, pour le lecteur, travail d'historienne, car le chemin rigoureux qu'Hélène Bracco nous livre témoigne de la complexité des liens qui unissent toujours la France et l'Algérie.
    Pourquoi ces Européens, certes peu nombeux, sont-ils restés en Algérie, alors que tout les poussait à partir ? C'est à cette question que tente de répondre cette enquête.
    Ce livre est la ré-édition, revue et augmentée de nouveaux témoignages, de l'édition parue en 1999 chez Paris-Méditerranée (2 000 exemplaires vendus).

  • Population parlant une langue issue du latin, qui évolue au carrefour des mondes grec, albanais et slave, et qui fut longtemps marquée par le nomadisme pastoral, les Aroumains représentent de nos jours un véritable casse-tête identitaire qui court-circuite la logique des États nations balkaniques. Leur histoire et un éclairage anthropologique, géographique et linguistique de leur particularisme.
    « Barbares de l'intérieur » aux yeux des Byzantins puis interlocuteurs respectés des Ottomans, les Aroumains se sont retrouvés en bien mauvaise posture dans la compétition nationale initiée au milieu du xixe siècle. L'aventure nationale que certains ont tentée avec l'appui de la lointaine Roumanie à partir de 1864 fera long feu. Entrés tard dans l'histoire, puisque leur présence est attestée pour la première fois en 984, ils en sortiront brusquement en 1913, lors de la partition de la Turquie européenne.
    Mais leur histoire ne s'arrête pas là. En effet, cette vieille population balkanique revient à la fin des années 1980 sur le devant de la scène à travers des revendications culturelles et linguistiques. Les résultats obtenus depuis sont cependant trop modestes pour être concluants. Plutôt que de dresser la chronique d'une défaite annoncée, le livre consacré par N. Trifon au parcours des Aroumains dans l'histoire commune des Balkans cherchent à établir la généalogie d'un défi. Ces communautés, qui se sont singularisées dans la région par leur langue et leur profil socio-économique, leur mobilité et leur dynamisme, n'ont pourtant guère cherché à se fondre dans une nation à part. Plus étrange encore dans le contexte balkanique, leurs membres n'ont pas hésité à investir les nations des autres sans pour autant renoncer à cultiver leur différence. Et, de nos jours encore, cette différence dérange en raison du casse-tête identitaire qu'elle alimente.
    Cet ouvrage est une réédition revue et augmentée de celui paru en 2005 aux Éditions Acratie.

  • L'aventure

    Grégory Lassalle

    • Non lieu
    • 1 Novembre 2014

    L'aventure est le nom donné par les Africains au voyage qu'ils entreprennent pour migrer en Europe.
    Fin 2011, trois jeunes Ivoiriens (Loss, Madess et Grand Moussa) rentrent clandestinement en Europe par la frontière gréco-turque. Grégory Lassalle les a suivis caméra à l'épaule pendant un an. Ce livre complète et précise le documentaire tourné en 2012 [extrait : https://www.youtube.com/watch?v=SmQHAHeL46Y].
    De Nea Vyssa (poste frontière grec) à Paris, ce livre retrace l'itinéraire et les errances des trois migrants à travers l'Europe. La première partie explore les conditions de vie des migrants à Athènes, dans le quartier d'Omonia : leurs combines pour survivre dans l'attente de pouvoir poursuivre leur route ; leurs relations tendues avec la population grecque excitée par les militants xénophobes d'Aube dorée ; les conflits entre groupes de migrants... Puis nous suivons Loss, Madess et Grand Moussa dans leurs différentes tentatives de quitter la Grèce (par avion ou en train) et leur pérégrination à travers l'Europe (Macédoine, Serbie, Hongrie). Enfin, le livre se clôt sur l'arrivée de l'un en Allemagne et des deux autres en France, sur leurs espérances et leurs désillusions.
    Au-delà du portrait singulier de ces trois migrants ivoiriens, le livre décrit, sans jamais porter de jugement, une réalité contemporaine, celle des migrations liées aux écarts de développement et montre que la route principale de l'immigration sub-saharienne vers la citadelle Europe passe par les Balkans.

  • L'ouvrage que nous rééditons a paru en 1864 sous le titre Souvenirs d'Orient. La Bulgarie orientale. Il était alors courant de désigner sous le nom de Bulgarie les territoires situés entre le Danube au nord et la Stara Planina (le Balkan) au sud, en y incluant la Dobroudja toute entière.
    Cet ouvrage, dans son édition d'aujourd'hui, reprend, en supprimant les répétions, la série d'articles que Camille Allard écrivit sur la Dobroudja (nord-est de la Roumanie et sud-ouest de la Bulgarie actuelles) au cours des voyages qu'il y fit en 1854 et 1855 avec l'armée de Crimée. À l'époque, en effet, le commandement militaire attendait un débarquement russe à cet endroit. C'est donc en tant que médecin militaire que Camille Allard accompagne les hommes du Génie chargés de construire une route entre Constanta et Rasova.
    Le livre, en plus des conditions de vie de l'armée de Crimée, présente les paysages, les populations et les structures économiques de la région au milieu du xixe siècle et, chose rare pour l'époque mais compréhensible dans le contexte, l'auteur y décrit sans préjugé, parfois même avec bienveillance, la culture et la politique ottomanes.
    En plus d'être écrit d'une plume alerte, ces voyages sont une mine d'informations pour l'histoire des Balkans orientaux aux xixe siècle.

  • Ce livre porte sur la politique des nationalités menée par les Bolcheviks dans leur orient. il veut en éclairer les fondements et le développement à partir d'un point de vue particulier qui se focalise sur une population, les tatars, et un territoire, la Crimée, presqu'île du sud de l'ukraine à laquelle elle est aujourd'hui rattachée après avoir longtemps appartenu à la russie. Cette ambition explique le choix de la longue durée qui doit permettre de proposer une lecture de la construction de l'union soviétique à l'aune des expériences héritées de la période impériale.

    À l'aide d'archives, de documents et de témoignages publiés, ce livre rend compte de la façon dont les Bolcheviks ont cherché, à partir de l'automne 1920, à asseoir leur autorité dans la péninsule, un territoire disputé au cours de la guerre civile russe. quel rôle revint à la politique nationale dans l'imposition de l'ordre soviétique ? Pourquoi les tatars se virent-ils officiellement accorder une place centrale au sein de la république socialiste autonome (rssa) de Crimée, proclamée à l'automne 1921 ? La reconnaissance de cette minorité a-t-elle influé sur la construction identitaire tatare ? quel sens donner à la déportation des tatars en 1944, à la fin de la grande guerre patriotique, le nom donné à la seconde guerre mondiale en russie ?

    Pour répondre à ces questions, ce travail suit plusieurs fils. Le premier concerne la régulation des tensions et la manière dont les acteurs et les institutions envisagaient le maintien de l'ordre dans la république. Le deuxième porte sur les usages politiques et sociaux qu'y suscitèrent les différents aspects de la politique nationale. Le dernier fil se rapporte à l'identité collective des tatars de Crimée et aux processus d'invention nationale. Ces trois fils tissent la trame d'un récit qui, construit à partir d'une démarche empirique, vise à révéler et à restituer toute la complexité des rapports de domination, en se référant le plus souvent possible à la situation d'ensemble de l'urss (surtout les autres territoires orientaux) et en se défiant des schémas explicatifs fondés sur une opposition trop simpliste entre centre et périphérie.

  • C'est dans cet ancien Parc des expositions de Belgrade que furent internés, entre décembre 1941 et mai 1942, 42,5% des Juifs de Serbie, pour la plupart des femmes, des enfants et des vieillards. Leur exécution dans un camion à gaz a été l'un des tout premiers chapitres de la destruction des Juifs d'Europe. Or, jusqu'à aujourd'hui, malgré les commémorations officielles, Staro Sajmiste n'a jamais été reconnu en tant que lieu de la Shoah. L'infirmerie du camp est une boîte de nuit. La morgue, un restaurant... Deux questions sous-tendent l'ouvrage : comment la Shoah a-t-elle été mise en oeuvre en Serbie ? Pourquoi son histoire est-elle quasiment effacée de la mémoire collective ? À travers l'étude d'un lieu, 70 ans d'histoire sont également passés en revue : du Royaume de Yougoslavie des années 1930 à la Serbie nationaliste des années 1990, en passant par l'occupation allemande et la Yougoslavie de Tito. Staro sajmiste, un camp de concentration en Serbie apporte ainsi aux lecteurs francophones un éclairage inédit sur la Serbie actuelle.
    Ce livre est un outil pour qui s'intéresse à la Shoah dans les Balkans, de la prise de décision à la mise en oeuvre de ce processus jusqu'à sa commémoration en passant par sa longue occultation. Il rassemble les principales études consacrées à l'ancien Parc des expositions de Belgrade en un seul ouvrage publié en français. À ce jour, aucun livre de ce type sur ce sujet n'existe, que ce soit en français ou dans une autre langue.
    Le principal objectif est de diffuser les recherches récentes sur la Shoah dans les Balkans. À ce titre, cet ouvrage pourra être un support pédagogique intéressant pour les enseignants de même qu'une référence essentielle dans les bibliothèques. Toutefois, Staro sajmiste, un camp de concentration en Serbie s'adresse aussi bien à un public large intéressé par la problématique de la Shoah et de sa mémoire dans les Balkans, qu'à un public plus spécialisé de chercheurs et d'historiens.

  • La République de Moldavie. Certainement l'un des pays d'Europe les moins connus des Français. Qui se souvient de la guerre civile qui fit rage au début des années 1990 sur ce territoire grand comme la Belgique ? Quant est-il aujourd'hui du conflit en Transnistrie ? Où va la société moldave ? Les peuples de Moldavie formeront-ils un jour une nation commune au sein d'un Etat unifié ? C'est pour répondre à ces questions que deux des meilleurs connaisseurs de la région ont écrit ce livre, retraçant l'histoire, souvent agitée, de ce qu'on nommait au XIXe siècle la Bessarabie. Décortiquant les discours nationalistes, cet essai s'attache à éclairer la réalité moldave. Une large part est faite à la compréhension des processus identitaires moldaves, au travers notamment l'élément qui cristallise toutes leshaines : la langue.

  • Pendant ce long printemps arabe qui a commencé en Tunisie en décembre, les manifestants de Damas ou de Sanaa après ceux de Tunis et du Caire crient : « les peuples veulent le chute des régimes » dictatoriaux, exigent la liberté d'expression, la démocratie, la fin de la corruption.
    Va-t-on, dans chacun des pays arabes, vers la construction d'une démocratie ou le renouvellement de régimes oligarchiques, voire le maintien dans le sang de dictatures ? Alors que la démocratie se construit en Tunisie et en Égypte, à Bahrein, le « monument de la perle » est abattu, on tire sur la foule et la protestation est baillonnée; silence complice des USA. La guerre fait toujours rage dans la Lybie du colonel Kadhafi. Les chars sont dans les rues des villes syriennes. La rue gronde au Maroc.
    Révolte sociale, soulèvement d'une génération ? D'ou viennent ces manifestants qui se battent autant que possible sans voilence à travers le monde arabe ? Que sont ces mouvements sociaux ? Qui sont ces jeunes, ces femmes, ces forces politiques, islamistes, libérales, de gauche, qui écrivent l'histoire ?
    L'auteur, grâce à une connaissance forgée par de nombreuses années d'expérience sur le terrain, propose aux lecteurs français, pour qui cette région semble, à tort, bien connue, de multiples clés pour se familiariser avec les enjeux du Maghreb et du Moyen-Orient. Il aborde les soulèvements populaires récents de manière thématique, afin de saisir toutes les facettes du prisme révolutionnaire arabe : néo-colonialisme, islamisme, démocratie, extrême-gauche, matières premières, droits des femmes... sans oubliés les enjeux que représentent ces changements radicaux pour une Europe pusillanime, ni les conséquences de l'avènement de démocraties arabes pour Israël ou l'Iran.
    Cheminant sans cesse entre enjeux locaux et globaux, l'auteur garde toujours en perspective le droit des peuples de la région à disposer d'eux-mêmes, réaffirmant avec force notre devoir de solidarité envers des hommes et des femmes géographiquement très proches, qui nous ont donné, et continueront à nous donner les mois à venir, des leçons d'humanité.
    Un ouvrage précieux, pour ne plus dire, comme Sarkozy & consort à propos de tyran Ben Ali : « nous ne savions pas ! »

  • Cette étude inédite porte sur la réalité de la traite des enfants originaires de l'Est en France du point de vue, largement délaissé par nos institutions, de la protection des mineurs.
    Qui sont ces enfants ? Sont-ils exploités ? Si oui, qui se cachent derrière eux, leurs parents, des réseaux mafieux ? Ces stratagèmes relèvent-t-ils de la criminalité organisée ou d'une forme de débrouille économique initiée par des familles dans le besoin ? Pourquoi les forces de l'ordre, la protection de l'enfance ou les associations se montrent-elles si impuissantes à agir ?
    Malgré la multitude de reportages ces questions restent sans réponse. L'une des difficultés réside dans les nombreux fantasmes qu'elles suscitent et l'écho important qu'elles provoquent dans le discours politique, où leur traitement est ambigu car porté par des intérêts partisans et électoraux. Le débat sur les mineurs utilisés pour vol, mendicité ou prostitution dévie régulièrement sur « la question de la délinquance », « la question de l'immigration », « la question rom », au détriment de l'adaptation de la protection de l'enfance à ces nouvelles réalités mal perçues. En effet, il existe peu de données sur le phénomène. Les mineurs reconnus par les autorités comme victimes de traite se comptent chaque année sur les doigts d'une main.
    S'appuyant sur son expérience de terrain auprès des enfants exploités, l'auteur tort le cou à un certain nombre de clichés : même si les chiffres sur la prétendue « délinquance des mineurs roumains » demeurent difficiles à vérifier, le nombre d'enfants roms délinquants ne représenterait pas plus de 10% des interpellations de mineurs de l'Est ; ces enfants exploités sont presque tous citoyens européens, beaucoup sont citoyens français ; tous les mineurs, même roms, pris en charge par la protection de l'enfance (mais en France, comparé à l'Italie, c'est quantité négligeable) ont réussi à sortir de la délinquance, trouver un travail légal et s'intégrer dans la société française... Ce faisant il recentre le débat sur son seul enjeu véritable : comment protéger ces enfants victimes de la traite ?

  • Sur le " Mont du Temple ", au nord de la " cité de David ", furent successivement édifiés plusieurs lieux de culte consacrés à Yahweh : le Temple de Salomon construit entre 960 et 953 avant J.
    -C. , le Temple du retour d'exil. bâti entre 520 et 515, enfin le Temple d'Hérode, qui date de la période romaine. Lors de la prise de contrôle de Jérusalem par Bar-Kokhba au début de la Seconde Révolte juive (132-135 de notre ère), celui-ci n'édifia-t-il pas, au même endroit, les rudiments d'un quatrième Temple consacré à Yahweh. Deux autres édifices sont demeurés à l'état de projet : le Temple d'Ezéchiel et le Temple des Esséniens.
    A la lumière des sources bibliques et des résultats des fouilles les plus récentes, Ernest-Marie Laperrousaz dresse un bilan de tout ce que l'on peut réellement savoir aujourd'hui sur l'histoire et l'architecture des Temples de Jérusalem. Notre connaissance demeure certes lacunaire, mais l'idéal du Temple de Jérusalem continue de s'imposer à l'esprit et au coeur de nombre de nos contemporains, qu'ils soient juifs, chrétiens, adeptes de diverses sectes ou francs-maçons.

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