Littérature traduite

  • Magellan

    Stefan Zweig

    Portugais de petite noblesse, simple marin, Magellan apprendra sous le commandement de l'amiral Almeira, combattra en mer, aux Indes ; sera plusieurs fois blessé. La mer, la route des épices, il connaît, se passionne pour. «Il ne savait ni sourire, ni plaire, ni se rendre agréable ; il était en outre incapable d'exposer ses idées avec éloquence». Peu loquace, renfermé, retranché dans son isolement, cet éternel solitaire créait autour de lui une glaciale atmosphère de gêne et de méfiance. Il montera pourtant une expédition avec 5 navires et 250 hommes, sous l'égide du roi Carlos 1er (Charles Quint).
    Le récit tant du montage de l'expédition que du périple en lui-même est haut en couleurs, plein de rebondissements, passionnant. On le dévore comme le meilleur des romans d'aventures. On est là, à bord du bateau amiral, déplorant les altercations avec les 3 capitaines Espagnols ; on vibre au rythme des flots, des grains, des tempêtes ; on hurle parfois à l'incompréhension ; on se rebiffe devant l'injustice ; on craint sa rudesse ; on a peur du renoncement...

  • Avec son « histoire du coeur du monde », Peter Frankopan renverse le récit traditionnel de l'histoire, qui gravite autour de la Grèce antique, de Rome, de l'irrésistible ascension de l'Europe, et qui mérite, selon lui, une relecture urgente et approfondie.
    L'auteur s'attache à élargir la perspective du lecteur. Il tourne son regard vers l'Est, vers « une région à mi-chemin entre Orient et Occident, qui va des rives orientales de la Méditerranée jusqu'à la mer Noire et à l'Himalaya ». C'est là qu'il place le curseur de sa lecture de l'histoire.
    S'appuyant sur un éventail prodigieux de sources dans au moins une dizaine de langues (depuis Hérodote jusqu'aux dépêches les plus récentes du Département d'État américain), le récit balaie une période qui va des campagnes d'Alexandre le Grand jusqu'aux luttes géopolitiques du xxie siècle. Au fil de chapitres rondement menés, il nous livre un formidable travail d'investigation historique pour faire revivre avec intensité de merveilleuses histoires.
    Voilà un livre fait pour notre époque de réseaux.
    Classé par la presse internationale de « plus important livre d'histoire depuis des décennies », Les Routes de la Soie est une lecture essentielle pour notre compréhension du monde contemporain.

  • « Depuis la parution des Routes de la Soie en 2015 (pour l'édition originale), le monde a profondément changé. J'écrivais alors que les nouveaux défis à relever par l'Occident non seulement se multipliaient, mais devenaient toujours plus complexes.

    Tout cela semble se confirmer aujourd'hui avec des enjeux aussi fondamentaux que la montée des populismes ou les crises migratoires.
    L'Europe a plus de mal que jamais à penser son propre avenir. Les États- Unis sont lancés sur une nouvelle trajectoire, dont le problème n'est pas tant l'abondance de tweets présidentiels que d'essayer de comprendre la stratégie derrière ce retrait des affaires internationales. Et puis il y a la Russie, la Turquie...

    Et pourtant, à travers l'Asie souffle un vent d'espoir. L'époque y est à l'optimisme, les États coopèrent, développent leurs échanges, scellent des alliances, faisant fi d'antagonismes anciens.

    Il m'a semblé important de présenter dans ces pages un instantané de l'état du monde actuel, observé à travers le large prisme de l'Histoire.
    Ce livre a donc pour objectif d'actualiser Les Routes de la Soie et de tenter de comprendre ce qui s'est passé au cours de ces derniers mois dans notre monde en plein bouleversement.

    Le récit reprend le fil de l'histoire là où Les Routes de la Soie l'a laissé.
    Ces routes, comme je l'ai écrit en 2015, sont en pleine expansion. Cela continue. À nous de faire preuve de vigilance car nous sommes tous concernés. ».

  • L'entraide est un facteur essentiel de la survie des sociétés humaines: le célèbre géographe et anarchiste russe Pierre Kropotkine (1842-1921) décrit ici avec précision les nombreuses associations, formelles et informelles, qui jalonnent l'histoire et la vie des Européens de son époque.

    Extrait d'un ouvrage publié en 1906, ce livre limpide dénonce la supercherie d'une idéologie fondée sur l'individualisme et la concurrence entre tous.

  • L'art de la guerre

    Sun Zi

    La traduction française de ce premier traité de stratégie au monde, écrit il y a plus de 2 500 ans par le sage Sun Tzu, accompagnée de calligraphies en pleine page. Ce traité militaire dépasse la seule application guerrière et apporte des conseils pour régler ses différents du quotidien, apaiser les tensions psychologiques ou les relations professionnelles.

  • Sa fréquentation des milieux les plus pauvres de la Russie de son temps a conduit Léon Tolstoï à s'interroger sur les racines profondes de l'inégalité sociale et de l'esclavage moderne, et à mettre en pratique dans sa propre existence cette simplicité de vie, par laquelle le renoncement au superflu, outre qu'il est libérateur, est restitu- tion de ce que l'on a volé à d'autres.
    Sa critique sociale a bouleversé le monde russe et bien au-delà. Alors qu'elle était considérée comme dépassée par nombre de marxistes, elle réapparaît aujourd'hui portée par une pensée active de l'émancipation : refus ra- dical de la condition ouvrière ; image d'une communauté agraire, alors vivante aux yeux de tous. Et Marx, dans une lettre de mars 1881, ne disait-il pas de la commune rurale qu'elle pouvait être « le point d'appui de la régé- nération sociale en Russie ». Notre temps est-il si loin d'une telle convergence ?.
    Les trois essais de Tolstoï réunis dans ce livre, L'Esclavage moderne, Où est l'issue ?, La Racine du mal, traitent de cette émancipation plus actuelle que jamais. Une préface de Louis Janover s'efforce de mettre cette idée en ré- sonance avec d'autres voix comme celle de Rosa Luxemburg qui porte jusqu'à nous la révolte de Tolstoï. Sont publiés en annexe une lettre de Tolstoï à Romain Rolland et l'article de Rosa Rosa Luxemburg : « Tolstoï, pen- seur social » (1908).

  • Un ouvrage de référence sur la vie et l'oeuvre de Jung, révisé et retraduit par l'une des plus importantes héritières de la psychologie jungienne.

  • Adrienne Rich est aujourd'hui l'une des plus célèbres auteures féministes des Etats-Unis. Elle a reçu de nombreux prix pour ses poèmes et ses essais. Indissociable de son engagement politique, son oeuvre s'étend sur plus de cinquante ans. Dans cette sélection d'essais, vous découvrirez la radiculite et l'acuité de ses analyses critiques du monde contemporain.

  • Le récit débute par la capture de l'auteur, le 8 juillet 1916, au nord de la Somme. Pris sous le feu croisé de troupes françaises et anglaises, il est contraint à la reddition et décide de se livrer aux Français.
    Transféré d'abord à Toulouse, sous les lazzis d'une foule déchaînée, il entreprend une première tentative d'évasion en direction de l'Espagne. Repris avec son compagnon, l'auteur décrit longuement ses nouveaux compagnons de cellule, hauts en couleurs (Annamites, Zouaves, Turcos, « Nègres », tous accusés de désertion, mais aussi des Belges, des Américains, des Serbes et des contrebandiers français). Après des mois d'enquête préalable, il est déféré devant le conseil de guerre pendant lequel ses compagnons et lui sont défendus par un avocat français qui prend fait et cause pour eux. Ils sont condamnés à 4 mois de forteresse à Avignon.
    Puis Kersting tente pour la deuxième fois de s'évader. Lors du transfert dans un autre camp, il fausse compagnie à ses gardiens en sautant du train à hauteur de Lyon. Au bout de quelques jours, il est repris et conduit à Cholet puis à Carcassonne, Barcelonnette, puis Uzès. L'auteur détaille toutes les erreurs qu'un candidat à une évasion ne doit pas commettre et donne des conseils pour contourner les dispositifs mis en place par les autorités françaises. C'est à Annecy qu'il peut les mettre en pratique.
    Le dernier tiers du livre est en effet consacré à cette ultime évasion ; préparatifs, traversée de nuit de la campagne française, arrestation de son compagnon, contournement des habitations, franchissement de ruisseaux glacés, nuits dans des fermes abandonnées, ruses pour échapper à la vigilance des douaniers et gendarmes près de la frontière, passage par la montagne enneigée du Salève, défi que, selon lui, personne n'avait encore relevé, jusqu'à l'arrivée en Suisse. À Genève, il passera une dernière nuit dans un cachot du commissariat de police avant de rejoindre l'ambassade allemande et de regagner son pays.

    Ce récit permet au lecteur français de sortir de son point de vue tricolore en adoptant celui d'un prisonnier allemand, de voir ainsi les geôles françaises de la Grande Guerre et de partager le regard « ennemi » sur la société française et les événements en cours.
    Le livre est à replacer dans son contexte : lorsqu'il parait, des milliers de prisonniers allemands sont encore détenus en France, employés pour certains dans des conditions très difficiles, à des travaux de reconstruction dans le nord de la France.

    Le livre de Carl Kersting est représentatif de toute une littérature publiée en Allemagne dès le début de l'année 1919. Le but de cette quantité assez phénoménale de parutions demeurant le même pour tous les livres : prouver que l'armée allemande s'est bien battue, que ses officiers ont tous été d'excellents combattants et de haute tenue contre des adversaires, piètres soldats immoraux. De l'écrasante majorité de ces livres, ressort le sentiment d'étonnement devant une défaite « inexistante ». Cette littérature se veut dans l'esprit de la fameuse déclaration du maréchal Hindenburg devant la commission parlementaire allemande sur les responsabilités de la guerre : « Die deutsche Armee ist von hinten erdolcht worden » (« L'armée allemande a été poignardée dans le dos »).
    L'historien Didier Dutailly, fin connaisseur, non seulement de la Grande Guerre, mais également de la Savoie où se déroule l'évasion finale, a enrichi le livre de ses notes et commentaires critiques.

  • Né le 9 décembre 1942 à Moscou dans une famille d'aristocrates russes. Pierre Kropotkine est très tôt indigné contre le sort réservé aux serfs. Après ses études dans le prestigieux corps des Pages de Saint Petersbourg, il adhère à l'Association internationale des travailleurs à Zurich en 1871.
    De retour en Russie, il milite au sein de cercles politiques, avant d'être arrêté et emprisonné. Il s'évade et séjourne en Angleterre, en Suisse, en Belgique, en France, régulièrement expulsé pour les idées anarchistes. Il rentre en Russie peu avant la révolution d'octobre 1917, mais déchante rapidement sur la nature autoritaire du régime bolchevik.
    Publiés en anglais en 1899, les Mémoires de Kropokine se lisent comme un grand récit d'aventures, ponctué d'analyses lumineuses sur les grands courants sociaux et politiques de la seconde moitié du 19e siècle, de l'anarchisme au socialisme. Un livre stimulant qui renouvelle, à travers la vie d'un grand personnage, des pistes pour penser et agir autrement dans nos sociétés contemporaines.

  • "Toute personne qui a pensé, ne serait-ce qu'une fois dans sa vie, avoir le droit de protester, et a pris son courage à deux mains pour le faire ; toute personne qui a revendiqué un droit, seule ou avec d'autres, a pratiqué I'action directe".

    Qu'est-ce que l'action directe ? Féministe et anarchiste américaine, Voltairine de Cleyre (1866-1912) démonte avec éloquence le malentendu, diffusé par les pouvoirs politique et médiatique, qui identifie l'action directe à la violence contre la vie et les biens des personnes.

  • Paru en 1909 dans la revue Mother Earth, ce texte est un des écrits les plus connus de Voltairine de Cleyre. S'appuyant sur l'histoire de la naissance des États-Unis, l'auteur souligne les points communs entre les idéaux des Pères fondateurs et ceux de l'anarchisme, mais aussi, plus de cent ans après la déclaration d'Indépendance en 1776, leur déclin.

    Plaidoyer contre les gouvernements, constat lucide sur la nature humaine, ce texte plaide, en pleine industrialisation des grandes villes américaines, pour un anarchisme à retrouver : économie d'auto-subsistance, désintégration des (trop) grandes communautés, utilisation de la terre ; car sont libres ceux qui subviennent eux-mêmes à leurs besoins.

  • Document unique sur les communautés juives d'Asie centrale. Au-delà du récit anecdotique et de la description ethnographique, Davidoff nous a laissé un incomparable témoignage illustrant les bouleversements de la Révolution russe.

    Le journal de Nathan Davidoff est un très riche document sur la communauté juive d'Asie centrale : monde peu connu de l'Occident et disparu aujourd'hui. Communauté aux fortes traditions, dont les membres les plus riches intégraient la société russe à grands pas.
    Davidoff a également laissé un incomparable témoignage sur l'évolution de l'Empire russe et dont la lucidité laisse entrevoir les dramatiques événements. En effet, voyant la Russie se diriger inexorablement vers les bouleversements de la Révolution bolchevique, Nathan Davidoff, monarchiste sincère, tenta à plusieurs reprises de prévenir le Tsar et de le convaincre de fuir, en vain...
    Oublié pendant plusieurs décennies, ce manuscrit fut tardivement retrouvé par son petit-fils, Benjamin Ben David qui, passionné, se lança dans une longue et difficile enquête à la recherche de ses racines. Elle le mènera de Paris en Asie centrale, à Moscou et à Jérusalem.
    Traduit en français, ce journal est accompagné de précieux commentaires et de spectaculaires photographies.

  • Peut-on être à la fois un héros des Services spéciaux de Sa Majesté et l'un des plus grands écrivains du xx e siècle ? Patrick Leigh Fermor nous le prouve ici.
    Dans ce récit inédit récemment paru en anglais, Leigh Fermor nous conte par le menu l'opération qu'il conçut et réalisa en avril 1944 avec un commando de partisans crétois : l'enlèvement du général Heinrich Kreipe, commandant des forces allemandes sur l'île, et son exfiltration vers l'Égypte.
    Une action d'une audace folle (22 points de contrôle franchis, des jours et des nuits de marche forcée, une course-poursuite haletante avec l'ennemi) conduite de manière à éviter toutes représailles contre la population civile.
    Cette évocation de l'un des plus célèbres faits d'armes de la Seconde Guerre mondiale contient en outre les 9 rapports bruts que Leigh Fermor envoya pendant ses diverses missions en Crète au QG des opérations spéciales britanniques, au Caire, de juin 1942 à décembre 1944.

  • À sa parution en 1670, le Traité théologico-politique fut considéré par les autorités publiques et religieuses néerlandaises comme le livre le plus dangereux jamais publié. Des critiques parlèrent d'« abomination » et même d'« un livre forgé en enfer » par le diable en personne. Son auteur, un Juif excommunié d'Amsterdam, avait pour nom Baruch de Spinoza et il est désormais reconnu comme l'un des philosophes européens les plus influents.
    Sa pensée a largement contribué à l'émergence des sociétés laïques et démocratiques occidentales telles que nous les connaissons aujourd'hui.
    Steven Nadler, éminent spécialiste du philosophe et auteur d'une biographie de référence, nous conte ici l'histoire fascinante de ce livre hors du commun, le contexte dans lequel il fut écrit et les réactions enflammées qu'il suscita. Dans son ouvrage, Spinoza osait en effet affirmer, entre autres hérésies, que la Bible est un assemblage de textes écrits à différentes époques par de multiples auteurs et non par Dieu lui-même, il dénonçait l'ingérence des Églises dans les affaires des États et militait pour la plus totale liberté d'expression, condition nécessaire selon lui à une véritable démocratie.
    Au-delà des spécialistes, Un livre forgé en enfer passionnera tous ceux qui s'intéressent à l'évolution de la pensée humaine et à l'histoire des libertés publiques.

  • Charles Doubleday, jeune américain de bonne famille s'engage du côté des Libéraux dans la guerre civile qui ravage le Nicaragua. Il deviendra l'aide de camp d'un des plus fous des aventuriers du XIXe siècle : le flibustier William Walker né en 1824. En butte aux appétits concurrents de l'Angleterre et des Etats-Unis, la jeune république d'Amérique centrale ne pouvait qu'attirer les mercenaires. William Walker commencera par une tentative de s'emparer des terres mexicaines de Basse Californie et du Sonora. L'année suivante, il se tournera vers le Nicaragua, aventure de sa vie, et cause de sa mort.
    C'est ainsi que Walker, à la tête d'une petite troupe devint rapidement l'homme fort du pays, dont il prend la présidence en 1856. Par ses prises de position esclavagistes, Walker se fera de redoutables ennemis qui finiront par le vaincre. Débarqué au Honduras, il est fait prisonnier par les Anglais qui le remettent aux autorités honduriennes. Walker sera fusillé le 12 septembre 1860.

  • Ce livre documentaire abondamment illustré dresse le portrait du soldat britannique de la Grande Guerre à travers son environnement quotidien.
    Progressant chronologiquement avec les années du conflit, il décrit la tenue et l'équipement en suivant leur évolution, mais aussi les nouveaux matériels, le recrutement et le moral des unités, les initiatives pour vivre et survivre sur le champ de bataille, le soutien de l'Arrière.

  • La doctrine de Confucius a un caractère essentiellement pratique : elle impose à l'homme, être perfectible, l'obligation de se perfectionner : tous nous devons nous efforcer d'atteindre la perfection idéale qui s'est trouvée dans Confucius même, le maître, l'instituteur par excellence, perfection qui s'appelle la vertu de l'humanité.
    L'intention, en publiant cet ouvrage, n'est pas de faire connaître au lecteur toutes les croyances religieuses, ni même la religion de la Chine, mais de placer sous ses yeux les quatre livres classiques qui contiennent et exposent la doctrine morale à laquelle la civilisation chinoise est redevable de sa puissance et de sa durée.

  • L'histoire d'un parti politique revient à écrire l'histoire d'un pays, écrivait Gramsci dans ses « Cahiers de prison ». Ici, cette histoire est celle du PT (Parti des Travailleurs) au Brésil, parti de gauche mené au pouvoir en 2002 par une personnalité charismatique, Lula : de sa formation à la fin des années 1970, à sa construction dans la lutte pour la démocratie (1985), son extension progressive à tout le pays grâce notamment à son organisation de militants de base, les années de pouvoir qui durent jusqu'à nos jours, mais aussi la chute avec les scandales de corruption, la collusion entre multinationales et politiques, etc. Un ouvrage qui nous éclaire également sur le cheminement parallèle de certains partis de gauche du monde occidental.

  • Une plongée dans l'univers répressif de Pinochet, au lendemain du coup d'État du 11 septembre 1973. Écrit dans un style très minutieux, à vocation documentaire ce témoignage raconte le quotidien de l'univers concentrationnaire qui suit ce coup d'État.
    Ce récit à la première personne révèle l'acharnement des militaires contre les anciens responsables politiques de l'Unité populaire, trop connus pour être « disparus » par la police politique.
    Si la torture ne constitue pas ici le quotidien de la répression, elle prend d'autres formes qui pour certains des codétenus se révéleront mortelles. Le quotidien vécu sera l'épuisement, la violence, le désespoir... II s'agit en fait de la part de la dictature une volonté de briser irrémédiablement ces hommes.
    Comment et pourquoi s'organise cette relégation/enfermement ? Tout ce qui est factuel est décrit sobrement et scrupuleusement. Comment s'organise la vie ? D'abord envoyés dans l'enfer glacé de l'île-prison de Dawson, en terre de Feu, ils sont ensuite transférés dans d'autres camps militaires, gardés par des militaires et isolés. Parmi les camarades d'enfermement de Sergio Bitar, on retrouve les noms d'hommes politiques bien connus des Chiliens.
    Mais il y a une réelle et tragique « curiosité » à savoir comment tous ces anciens - et futurs ministres - ont supporté l'épreuve. Son récit pour témoigner paraîtra au Chili à son retour d'exil, en 1987, et sera adapté au cinéma en 2009. La préfacière Isabelle Allende se pose cette question : « Que peut bien résonner ou évoquer en chaque Français surtout pour les jeunes générations son nom ? » Cet ouvrage, pour la première fois traduit en France, est là pour y répondre.

  • En juin 2013, des manifestations monstres secouèrent les grandes villes du Brésil, pour la première fois de son histoire. Près de 3 millions des personnes descendirent dans la rue pour s'opposer à l'augmentation des tarifs du transport public, essentiellement des classes moyennes.
    Pourtant le Brésil, pays de 201 millions d'habitants, fait fi gure d'élève modèle du capitalisme globalisé, avec un taux de croissance annuelle du PIB de 7,5% dans les deux dernières décennies.
    Des millions de personnes sont sorties de la pauvreté grâce à la politique volontariste du président Lula. Que s'estil passé ? Ou plutôt que se passetil toujours ? Dans ce livre publié au Brésil en juillet 2013 (14 000 ventes), les contributions sur le vif d'une vingtaine d'universitaires brésiliens (sociologues, architectes, urbanistes, journalistes), et 3 anglophones (David Harvey, Mike Davis, Slavoj Zizek, apportent des réponses éclairantes sur les mouvements de fonds de la société dans les grandes métropoles brésiliennes.

  • Apollonie d'Illyrie est une ancienne cité d'Illyrie dont les ruines ont été mises au jour près de l'actuel village de Pojani, dans le sud de l'Albanie.
    La ville a été fondée en -588 par des colons grecs de Corfou et de Corinthe. Elle tombe dans le giron de la République romaine en -229. Apollonie accrut son opulence pendant la période romaine et fut mentionnée par Cicéron dans ses Philippiques comme magna urbs et gravis, une grande et influente cité. Le déclin de la cité s'amorca au III siècle après J.-C.
    Il fallut attendre l'occupation autrichienne de la région de 1916 à 1918 pour que débute, sommairement, les premières fouilles du site. Elles furent réellement entreprises par une équipe française, dirigée par l'archéologue Léon Rey, entre 1924 et 1938.
    Ce livre présente aux lecteurs français le site d'Apollonie, fort peu connu aujourd'hui encore. Mais il présente ce site antique sous un angle original, à travers la vie de celui qui le mis au jour : l'archéologue français Léon Rey.
    Léon Rey (1887-1954), titulaire d'un doctorat de l'Ecole des Chartes est envoyé à Thessalonique en 1916 pour faire des fouilles en Macédoine par le Général Sarrail, commandant de l'Armée d'Orient, qui avait créé la Section des Fouilles Archéologiques auprès de ses troupes. En 1923, le sénateur Justin Godard engage Léon Rey dans la nouvelle mission archéologique française à Apollonie d'Illyrie. Il y travaillera jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, publiant de nombreuses études sur ses découvertes.
    En 1947, il décide de partir en voyage pour l'Albanie avec l'espoir de pouvoir continuer à faire des fouilles à Apollonie. Mais le nouveau régime n'accepte pas sa demande. Il mourra sans avoir pu retourner à Apollonie. En 1965, la famille de Léon Rey est invitée en Albanie pour l'inauguration d'une rue à Fieri baptisée du nom de Léon Rey et, en 2004, le 15 mai, à la Maison de l'Archéologue d'Apollonie est déposé son buste et une plaque est posée à sa mémoire. Dans la ville antique est ouvert le Bar-Restaurant Léon Rey.

  • La Plateforme Uranus était le chantier de la colossale construction connue sous le nom de Casa Poporului ou Casa Republicii [Maison du Peuple ou de la République], dans le centre de Bucarest, dont Nicolae Ceaucescu avait voulu faire le symbole de la grandeur du communisme et de sa propre gloire. Les esclaves, ce sont les 15000 militaires contraints de travailler sur ce chantier dans des conditions effroyables et jusqu'à 18 heures par jour.
    Affecté au régiment de chars de combat de Pantelimon, et vite entré en conflit avec les politrucs communistes de ce régiment, le lieutenant Popa a été envoyé en 1985 dans un camp militaire de la Plateforme Uranus, où il travailla jusqu'à la chute du régime communiste en tant que commandant de peloton. Fonction guère enviable pour un jeune officier corvéable à merci et harcelé par les gradés.
    Particulièrement brimé et méprisé parce qu'écrivain et poète, en guise de revanche, Popa a brossé un stupéfiant tableau de l'enfer des camps de travail dans la Roumanie communiste.La publication d'une version tronquée de son récit en 1992, trois ans après la chute de Ceaucescu, lui valut des poursuites de la part de l'instituion militaire. La version intégrale est parue seulement en 2012.

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