Ethnologie

  • La différence des sexes structure la pensée humaine puisqu'elle en commande les deux concepts primordiaux : l'identique et le différent. La manière dont chaque culture construit cette différence met en branle toute sa conception du monde, sa sociologie et sa biologie, comme sa cosmologie. Changer le rapport du masculin et du féminin, c'est bouleverser nos ressorts intellectuels les plus profonds, élaborés au fil des millénaires. En démontant les mécanismes de la différence, ce livre offre des solutions pour parvenir à l'égalité.

  • ?Ce livre qui fait suite à Masculin/féminin I, La pensée de la différence, pose deux questions : pourquoi la hiérarchie s'est-elle greffée sur la simple différence des sexes ? Est-il envisageable de la dissoudre ? À cette double question, Françoise Héritier répond en termes anthropologiques aussi bien que politiques. Comment les hommes se sont-ils assuré le contrôle de la fécondité des femmes, ce pouvoir exorbitant d'enfanter du différent, des fils, aussi bien que de l'identique, des filles ? Comment les hommes ont-ils exploité le corps des femmes dans la prostitution et l'entretien domestique ? Comment, en retour, les femmes n'ont-elles pu commencer à se libérer que du jour où, et seulement là, les moyens de contraception leur ont permis de reprendre le contrôle de leur fécondité ? Françoise Héritier examine la possibilité de changements, certains illusoires, d'autres bien réels, et cerne les obstacles qui leur font toujours implicitement barrage. Et pourtant, ces changements ne sont-ils pas la promesse d'une société où la différence et l'asymétrie seraient le fondement, non d'une hiérarchie, mais d'une véritable harmonie ? Françoise Héritier est professeur honoraire au Collège de France. Elle a publié Les Deux Soeurs et leur Mère et Masculin/féminin?I, aux Éditions Odile Jacob.

  • Bourlingueuse des années folles, Titaÿna parcourt le monde en avion à la recherche d'expériences extrêmes. Au fin fond de la jungle indonésienne, elle se rend dans une tribu de cannibales, les Toradjas, aussi surnommés «les chasseurs de têtes». Elle se retrouve face au mystère des rituels sacrés : un mort ligoté se décompose dans la case du chef, des crânes humains ornent les habitations et la place des sacrifices reste tachée de sang.
    Ses autres grands reportages décrivent la pérégrination d'une caravane funèbre à dos de chameau de la Perse à La Mecque et le contournement de la prohibition aux États-Unis par les transports aériens. Pour compléter ce triptyque, les Mémoires de l'auteur, publiés pour la première fois, révèlent les coulisses de sa carrière de reporter au long-cours.

  • Ce livre retrace à partir d'entretiens la carrière de celle qui a succédé à Claude Lévi-Strauss au Collège de France et a poursuivi et développé sa théorie et ses recherches sur la parenté. Françoise Héritier est une scientifique de premier plan ; c'est aussi une intellectuelle engagée, entre autres pour la cause des femmes et pour les droits des plus faibles. Elle nous livre ici ses réflexions sur les problèmes politiques, sociaux et culturels d'aujourd'hui, qu'elle illumine de sa belle intelligence.

  • Une mère et sa fille, ou encore deux soeurs, peuvent-elles partager le même homme ? À côté des relations entre père et fille, entre mère et fils, entre frères et soeurs, il existe un inceste "du deuxième type" qui concerne en particulier les consanguins de même sexe partageant un même partenaire. Pourquoi ce type de relations est-il considéré comme tabou ? L'analyse des raisons qui expliquent cet interdit conduit à une théorie nouvelle de l'inceste en général. En fait, même lorsqu'il n'implique pas d'abus sexuel, il bouscule la représentation que nous avons et de nous-même et du monde qui nous entoure. C'est donc à une véritable plongée dans les catégories les plus fondamentales de notre pensée que nous convie Françoise Héritier. Anthropologue africaniste, Françoise Héritier est professeur au Collège de France et directeur du Laboratoire d'anthropologie sociale. Elle est l'auteur notamment de L'Exercice de la parenté.

  • Metamorphoses de la parente

    Maurice Godelier

    • Fayard
    • 22 Septembre 2004

    Vers quoi nous mènent les bouleversements en cours au sein de la famille oe


    Le contexte de cette interrogation est bien connu : on se marie de moins en moins, le taux de divorce augmente, les familles éclatent et se recomposent. Et si la filiation résiste lorsque les alliances se défont, puisque les parents gardent autorité et responsabilité sur leurs enfants quand bien même ceux-ci vivent au sein d'une famille recomposée, la revendication du mariage gay (et lesbien) et du droit à l'adoption par les couples homosexuels modifie complètement la donne.


    Pour comprendre ce qui nous arrive et nous attend, Maurice Godelier a décidé de rouvrir l'ensemble du dossier de la parenté, en brassant une matière qui engage l'ensemble des sociétés connues, à travers l'étude de l'expérience accumulée par l'humanité en matières d'alliance, d'organisation de la descendance, de sexualité et d'interdits sexuels.


    Mais parallèlement, il revisite l'histoire de l'étude de la parenté, depuis le XIXe siècle jusqu'à nos jours, pour en recueillir le savoir établi, nécessaire à la construction de ses propres hypothèses.


    Que retenir de ce tour de force ? D'abord ceci : nulle part un homme et une femme ne suffisent à faire un enfant. Et puis ceci : nulle part les rapports de parenté ou la famille ne constituent le fondement de la société.


    Qu'annoncent les mutations en cours ? Si nulle part non plus l'homosexualité n'avait jusqu'à présent été revendiquée comme fondement de la famille, et, de ce point de vue, le bouleversement auquel sont soumises les sociétés occidentales est inédit, ce à quoi nous assistons depuis trente ans, ce n'est pas à la disparition ou à l'agonie de la parenté, mais à une formidable métamorphose qui, paradoxalement, nous a rapprochés des sociétés « traditionnelles », le terrain privilégié des ethnologues.


    Trois index (des concepts, des auteurs, des sociétés étudiées), un glossaire, plusieurs cartes et une bibliographie de 250 titres viennent compléter le dossier.

  •  Quoi de plus familier que le métro ? Comment le regard ethnologique, accoutumé à nous rapporter les pratiques lointaines pourrait-il éclairer ce qui s'y joue ? Tel a pourtant été le pari de Marc Augé dans cet ouvrage qui révèle tout ce que le métro recèle de conventions, de rites et d'institutions.  Mais c'est aussi l'occasion d'une présentation buissonnière des principaux thèmes classiques de l'anthropologie, depuis le « fait social total » de Marcel Mauss, jusqu'à la question du symbolique, en passant par le problème de l'« individu moyen ». Le livre inaugural d'une « ethnologie du proche », devenu un classique.  Remise en vente avec nouvelle couverture. Ce livre a été publié dans la collection « bibliothèque du XXe siècle » chez Hachette Littératures en 1986 et en Pluriel en 2002.

  • La naissance du sens

    Boris Cyrulnik

    • Pluriel
    • 3 Décembre 2010

    La question de l'animalité de l'homme, qui préoccupe les sciences humaines et sociales depuis longtemps, est ici abordée dans une perspective qui récuse les réductionnismes, aussi bien sociologiques que biologiques, mais aussi le dualisme âme-corps hérité de la philosophie classique.
    Boris Cyrulnik expose son point de vue original sur la psychologie de l'enfant, qui permet de reformuler complètement le rapport entre l'inné et l'acquis, et donne une contribution nouvelle à la question de l'inceste, débattue tant dans le domaine anthropologique que dans les écoles psychanalytiques.

  • Après les deux volumes d'evolution et techniques (l'homme et la matière et milieu et techniques) qui donnaient le cadre systématique d'une étude générale des techniques, de la préhistoire au début de la période industrielle, andré leroi-gourhan, dans le geste et la parole, dont technique et langage est le premier volume, offre une synthèse sur le comportement matériel de l'homme.
    Partant des observations de la neuro-physiologie, il montre que l'emploi simultané de la main et de la face mûrit dans le comportement d'un nombre important d'espèces depuis les origines. l'évolution du corps et du cerveau et celle des manifestations techniques et esthétiques permettent de dégager une véritable " paléontologie du langage ". la notion zoologique du territoire est ensuite exploitée pour définir l'économie des sociétés de chasseurs-ramasseurs, les modalités de l'apparition de l'élevage et de l'agriculture, puis l'enchaînement des conséquences techno-économiques qui conduit aux techniques du feu (céramique, métallurgie), à la formation des classes sociales et au développement du dispositif urbain.
    Technique, économie, langage se coordonnent ici depuis le plus lointain passé jusqu'à l'examen des chances biologiques de l'homme futur, dans la recherche d'une image totale du développement humain.

  • À l'aube de sa carrière, Charles Darwin accomplit le périple qui lui permit de prendre la mesure de l'extraordinaire richesse du monde naturel. Pour lui, pas de vie sans évolution, et pas d'évolution sans diversité !
    Un siècle plus tard, celui qui deviendra le grand anthropologue Claude Lévi-Strauss, parti tout jeune à la découverte des peuples amazoniens, comprit que la diversité culturelle est tout aussi cruciale pour l'évolution de l'homme.
    Pascal Picq imagine les deux savants partant à la redécouverte du nouveau monde. Ils seraient bien en peine de le reconnaître de nos jours, tant la diversité naturelle et culturelle a été atteinte. À mesure que des espèces disparaissent, que des cultures et des langues meurent, c'est notre avenir et celui de la Terre qui sont compromis.
    Darwin et Lévi-Strauss nous avaient pourtant avertis.
    Un appel passionné à une prise de conscience urgente et salutaire.

  • Le préhistorien et ethnologue que fut andré leroi-gourhan livre ici les premières synthèses de sa recherche qui devait déboucher sur l'ouvrage désormais classique : le geste et la parole.
    Théoricien, andré leroi-gourhan retrouvant la tradition des artistes-ingénieurs de la renaissance savait aussi tailler un silex, manier d'anciens métiers à tisser et utiliser toutes les autres techniques qu'il a passé sa vie à décrire, classer, suivre dans leurs lentes évolutions historiques. c'est l'incroyable aventure de l'esprit humain et de sa capacité à transformer la nature sous les contraintes de la matière que leroi-gourhan explore ici.
    Et la grande héroïne de cette histoire, c'est la main.

  • L'ethnologie et l'anthropologie constituent deux formes d'une même démarche. L'ethnologie devient pleinement autonome au XXe siècle grâce à l'enquête de terrain, à l'observation participante et à des théories à visée comparatiste (culturalisme, fonctionnalisme, structuralisme).  L'anthropologie finit par en universaliser la portée en intégrant à son approche aussi bien le changement social que les cultures modernes et occidentales. Ces disciplines analysent l'ensemble des activités sociales et culturelles (dont les nôtres).

  • Les Hommes, contrairement aux autres animaux sociaux, ne se contentent pas de vivre en société, ils produisent de la société pour vivre. Ils fabriquent de l'histoire, l'Histoire, et ce, parce qu'ils ont dans leur nature propre la capacité de s'approprier la nature et de la transformer. S'approprier la nature, c'est, pour l'homme, inventer des moyens matériels et idéels pour disjoindre certains éléments des écosystèmes qu'il exploite et les faire servir à ses besoins. Cette action implique la mise en oeuvre de rapports sociaux qui lui servent de cadre et de support et qui, quelle que soit l'instance où ils se situent, fonctionnent comme des rapports sociaux de production, ou, selon un parler plus commun, comme des rapports économiques.
    Quel est le poids des réalités matérielles, celles de la nature extérieure à l'homme et celles qu'il a créées, et quel est le rôle de la pensée dans la production des rapports sociaux ? Tout le mouvement du livre est là : de l'analyse des rapports sociaux de production à celle de la production des rapports sociaux. Le point d'appui de ce mouvement est dans la constatation que la part idéelle de tout rapport social n'est pas seulement le reflet plus ou moins déformé de ce rapport dans la pensée, mais l'une des conditions mêmes de sa naissance, condition qui devient un élément de son armature interne.

    L'auteur montre et son analyse constitue un défi aux schémas reçus que des deux forces qui composent celle d'un pouvoir de domination et d'exploitation, la plus forte n'est pas la violence exercée par les ordres, les castes ou les classes qui dominent une société, mais le consentement des dominés à leur domination. La « boîte noire » à l'intérieur de laquelle la pensée doit pénétrer, si elle veut peser sur l'évolution de nos sociétés, est bien le mécanisme de production de ces représentations partagées par des ordres, des castes, des classes opposés et c'est vrai aussi des rapports entre les sexes. L'un des grands problèmes des sciences sociales, dont les enjeux scientifiques et politiques sont énormes, est là.


    Né en 1934, Maurice Godelier, après avoir travaillé auprès de Fernand Braudel à la VIe section de l'EPHE, puis de Claude Lévi-Strauss, professeur au Collège de France, est, depuis 1975, directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales. En 1982, il a été nommé directeur scientifique au CNRS, chef du département des Sciences de l'homme et de la société.

  • Tziganes, Gitans ou Roms : quel que soit le terme pour les désigner, ils comptent parmi les peuples les plus incompris de la planète.
    Tantôt crainte, décriée, idéalisée ou méprisée, cette diaspora de douze millions de personnes reste encore largement méconnue. Le livre d'Isabel Fonseca lui rend hommage, s'imposant comme un document et un témoignage exceptionnels.
    À travers une formidable galerie de portraits, l'auteur, qui a sillonné les routes d'Albanie, de Slovaquie et de Roumanie, nous fait partager leur diversité, leurs traditions, leur langue, leur vitalité et leurs peurs. Elle retrace l'exode de ce peuple depuis l'Inde, il y a mille ans, et la terrible persécution dont il a toujours été victimes : réduit à l'esclavage par les souverains de la Roumanie médiévale, massacré par les Nazis, assimilé de force par les régimes communistes, chassé de leurs territoires par les nationalistes en Europe de l'Est et, plus récemment, de l'Ouest.
    Boucs émissaires ou figures de l'imaginaire romantique, les Tziganes font partie intégrante de notre univers, mais aucun livre ne les avait approchés de manière aussi vivante et humaine. Traduit dans le monde entier, aujourd'hui enrichi d'une postface inédite, Enterrez-moi debout est un classique indispensable.
    « Ce livre fascinant dévoile un monde à la fois ignoré et secret, persécuté et inconnu . » Salman Rushdie « Un ouvrage passionnant qui tient autant du récit de voyage que de l'enquête ethnographique . » Libération « Ni larmoyant ni prosélyte, un formidable témoignage sur la condition des Tziganes au lendemain de l'effondrement du bloc communiste. » L'Express

  • S'il y a une approche primordiale sacralisée de la mythologie du Diné, les Navajos, c'est bien celle qui procède des rituels de guérison. Au-delà des symptômes et des soins apportés au corps physique, ces rituels cherchent toujours à replacer la psyché de l'individu en harmonie avec l'ensemble des forces naturelles et surnaturelles qui l'entourent. Le livre expose les processus symboliques de guérison développés par les rites ancestraux qui mettent en application des principes redécouverts par la psychanalyse jungienne. Le principal support physique, comme artistique, de ces processus se traduit par la réalisation de peintures de sable créées uniquement dans un contexte rituel et religieux. Elles représentent les formes symboliques issues du mythe du Diné de la Création. L'auteur, psychanalyste jungien, évalue et compare son savoir à la tradition navajo ; en cela, il s'est souvent entretenu avec plusieurs hommes-médecine. Nous découvrons ainsi la Voie de la Beauté, de la Bénédiction, du Grand Dieu, du Vent, de l'Ennemi, du Projectile, de la Grande Étoile mais aussi le Chant de la Nuit comme celui de la Voie Malfaisante, le Chemin du Pollen, les fumigations sacrées à base d'armoise. Ultimement, nous pouvons aussi considérer ces rituels ancestraux de guérison comme une forme de réflexion sur notre héritage et nos anciennes médecines holistiques.

  • Prolongeant Technique et langage, premier volume du Geste et la Parole, dans une perspective sociologique et esthétique, André Leroi-Gourhan continue d'explorer sa vision biologique du phénomène social sous deux aspects, l'un consacré à la mémoire et au geste technique, l'autre au symbolisme des rythmes et des formes.
    Dans une première partie, geste et mémoire sont considérés dans leur évolution, du silex taillé à la machine automatique, des recettes orales à la programmation électronique. La seconde partie débute par une "introduction à une paléontologie des symboles", où sont définis les rapports du comportement esthétique avec les attitudes de l'espèce et la personnalisation du groupe ethnique. L'auteur donne ici les éléments d'une analyse esthétique qui se développe progressivement des perceptions viscérales à l'art figuratif. D'une esthétique physiologique sans symbolisation, le lecteur passe à l'esthétique des formes fonctionnelles, puis aux "symboles de la société" où l'évolution spatio-temporelle du groupe aboutit à la domestication urbaine de l'espace et du temps.
    Revenant sur le langage des formes dans lequel l'art figuratif est pris comme témoin d'une expression abstraite du langage, antécédente puis parallèle à l'écriture, l'auteur tire le bilan des libérations successives de l'espèce humaine, pour poser le problème de l'évolution technique comme substitut et prolongement de l'évolution biologique.

  • La grande aventure du repos des hommes présentée ici, non sans humour, est une odyssée dont le navire a nom "matelas" et dont le panthéon multi-spire abrite des dieux tels silvanus, picumnus et autres sopha. l'auteur évoque le "tiers endormi" de l'histoire de l'humanité : il met en scène les empereurs romains élucubrant au fond de leur lit, réhabilite les rois fainéants, surprend l'eglise dans le mitan du lit et conte l'invention de la chambre conjugale. au chevet du monde, il nous apprend aussi que dormir est une technique, la chambre un lieu de culture, et il nous fait pénétrer dans les chambres-villages d'amazonie, les dortoirs d'enfants en inde, les lits de romance et les lits de douleur.

  • Devenu référence incontournable de l'entrée dans la discipline, ce manuel d'initiation à l'ethnologie présente ses méthodes et concepts fondamentaux ainsi que ses principaux paradigmes de l'évolutionnisme au structuralisme et ses grands domaines de recherche parenté, économie, politique, religion... Chacune de ces contributions est présentée de manière synthétique et illustrée d'extraits de l'oeuvre des auteurs les plus marquants de l'anthropologie française, britannique, américaine ou allemande, depuis les pères fondateurs (Morgan, Tylor, Boas ou Mauss) jusqu'aux contemporains (Lévi-Strauss, Balandier, Sahlins ou Geertz).
    Véritable instrument pédagogique, cet ouvrage, réactualisé dans cette quatrième édition, prépare l'étudiant à une lecture critique des oeuvres, tout en laissant entrevoir la complexité des débats et des controverses qui ont alimenté l'histoire de cette discipline.

  • En octobre 1946 - après un cruel congé guerrier -, jean rouch embarque avec deux amis, comme lui jeunes ingénieurs des ponts et chaussées, sur un radeau fabriqué par leurs soins à la source du niger. les trois hommes seront les premiers à réussir l'exploit, tenté avant eux par mungo park, de descendre les 4 200 kilomètres du grand fleuve de sa source jusqu'à son embouchure. la « belle promenade » de huit mois scelle le destin de jean rouch : le cours du fleuve lui dévoile tout un monde qu'il n'aura de cesse ensuite, devenu ethnologue et cinéaste, d'explorer. dès les années suivantes, il met sur pied deux autres missions pour pénétrer les «mystères et la poésie des hommes du niger ». au pays des mages noirs, des songhay, des pêcheurs sorko et des danseurs possédés par les dieux, l'aventure est avant tout humaine. il ne sera jamais un « savant aux yeux secs ». il a trouvé sa méthode : indépendant, il mène ses études d'«homme à homme», tel un étranger venu « le plus humblement possible, c'est-à-dire le plus amicalement possible ». et ses compagnons africains seront ses meilleurs alliés dans son travail scientifique.
    Alors le noir et le blanc seront amis est le récit des trois premières missions de jean rouch, de 1946 à 1951, publié en 1951 dans le journal franc-tireur, jamais repris en volume.
    Jean rouch (1917-2004) est l'un des grands ethnologues du xxe siècle. arrivé en 1941 à niamey (niger) comme ingénieur pour construire des routes, il publie en 1943 dans notes africaines un « aperçu sur l'animisme songhay ». au lendemain de la guerre, il fait sa thèse avec marcel griaule et entre au cnrs en 1953. son oeuvre cinématographique, fondée sur ses recherches, est très vite reconnue dans le monde entier : initiation à la danse des possédés (1949), les maîtres fous (1957), la chasse au lion à l'arc (1965) sont primés à biarritz et à venise. jean rouch a disparu le 18 février 2004 dans un accident de voiture au niger. après des funérailles nationales et rituelles, il repose au bord du fleuve.

  • Dans nos sociétés de la mobilité et de la mondialisation, comment rendre compte de la dimension culturelle des territoires et de la complexité des espaces ? Les déterminants anthropologiques sont souvent oubliés, mais ils n'ont pas disparu : nos espaces quotidiens restent empreints de règles, obéissent à des conventions et répondent à des valeurs, le plus souvent implicites. D'où l'intérêt de cette synthèse et réflexion sur les formes et les usages de l'espace. Si toutes les sociétés ont en commun de fonder, habiter, classer, distribuer, transformer et reformuler, elles le font toutefois de diverses manières. Selon quelles logiques et avec quels enjeux ? Cette 2e édition, enrichie de nouvelles illustrations, développe plus largement la question de la représentation de l'espace. Les étudiants, chercheurs et professionnels trouveront ici une ressource privilégiée pour appréhender de façon globale tous les défis de la spatialité.

  • De l'égalité des races humaines : anthropologie positive / par A. Firmin,...
    Date de l'édition originale : 1885 Sujet de l'ouvrage : Race Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale des ouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF.
    HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimant à la demande.
    Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leur époque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables.
    Ils n'en appartiennent pas moins à l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique.
    Le sens de notre démarche éditoriale consiste ainsi à permettre l'accès à ces oeuvres sans pour autant que nous en cautionnions en aucune façon le contenu.

    Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr

  • - Nous vieillissons, nous mangeons mal, nous nous déchirons entre clans et communautés. Et de ces problèmes et d'une foule d'autres qui sont notre lot contemporain, nous débattons comme si l'homme avait toujours été le même, comme s'il échappait à la nature, comme s'il n'était pas né d'une longue, très longue et très chaotique évolution.
    - Fondé sur les développements les plus récents de la paléoanthropologie, ce livre est une surprenante tentative pour jeter un regard original sur nos questionnements d'aujourd'hui, à propos du vieillissement, de l'alimentation, du sort fait aux animaux, de la morale ou encore du développement durable.
    - Car cette science en pleine explosion ne nous instruit pas seulement sur nos origines et notre histoire passée.
    Elle nous force à nous interroger sur nous-mêmes et peut éclairer les débats de notre temps.

  • L'appel de la transe est un livre magnifique qui nous conduit aux frontières de l'inavouable, de l'insaisissable et de l'indicible : ces états de transe ou d'éclipse hors-la-vie que cherche, à un moment de sa vie, tout être humain en quête de sens. De la danse rituelle à la crise d'hystérie, de la tentative de suicide au ravissement de l'extase, Catherine Clément explore avec érudition et simplicité ce que les civilisations ont proposé comme réponse à cette recherche. La règle sociale, voire religieuse, cherche à interpréter et parfois à persécuter ces êtres dont l'état limite inquiète. Des possédées de Loudun aux chamans de Sibérie, des danseuses du Sénégal aux inspirés indiens, l'auteur questionne les multiples facettes de ce désir de repousser les limites de l'expérience sensible et spirituelle.
    Elle montre comment du Moyen-Âge à nos jours, du coup de foudre amoureux à l'anorexie, de la sorcière brûlée aux vampires des lecteurs de Stephenie Meyer, cette petite mort de la transe, et l'érotisme qu'elle dévoile, sont, de nos jours encore, le lieu d'une attente non révolue.

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