Nouveau Monde

  • Kamala Harris est le phénomène qui bouscule les États-Unis : elle est la première femme à accéder à la vice-présidence du pays. Comme Barack Obama, à qui elle est souvent comparée, elle n'a toutefois pas l'habitude de rester en retrait et ne se contentera pas d'un second rôle.
    D'origine indienne par sa mère et jamaïcaine par son père, bercée dans sa jeunesse par le mouvement des droits civiques, la nouvelle vice-présidente semble incarner l'Amérique du futur. Mais elle est aussi une politicienne à poigne, parfois difficile à situer. La gauche du Parti démocrate lui reproche d'être trop à droite ; Donald Trump la qualifiait de gauchiste radicale. Ses détracteurs concluent qu'elle est opportuniste. Toutefois tous s'accordent sur un point : elle ne flanche jamais - une réputation qu'elle a acquise durant ses années en tant que procureure en Californie.
    Cette première biographie intime nous fait découvrir les racines et la vie privée de Kamala Harris. Une femme pour qui la famille a toujours été fondamentale et dont les valeurs reçues enfant ont guidé toute sa carrière. Quelle sera son action dans une Amérique post-Trump, post-#MeToo, post-George Floyd ? Spécialiste de la vie politique des États-Unis, Jean-Éric Branaa trace des pistes en brossant un portrait fouillé et inédit de celle qui sera peut-être la prochaine présidente de la première puissance mondiale.

  • Commando Delta : confessions d'un soldat de l'OAS Nouv.

    Pour la première fois, un ancien membre du sinistre commando Delta raconte de l'intérieur. Ce commando terroriste, bras armé de l'OAS en 1961-1962, aurait à son actif plus de 1600 assassinats, parmi lesquels 1400 musulmans. Des attentats à la bombe, des fusillades, l'exécution d'Européens considérés comme « traîtres » à l'Algérie française. Le chef du commando, Roger Degueldre, a été condamné à mort en 1962.
    Edmond Fraysse dit tout de ce combat clandestin désespéré, de ces forces qui l'ont poussé, très jeune, à rejoindre les rangs de ceux qui voulaient que l'Algérie reste française.
    À l'heure où le gouvernement français juge urgent d'ouvrir les archives aux chercheurs, ce livre apporte un témoignage inédit sur cette campagne meurtrière. L'auteur ne raconte pas seulement par le menu les actions qu'il a conclues. Il dévoile dans le détail les complicités dont il a bénéficié jusqu'au sein de l'appareil d'État.
    Une vérité utile à l'heure où les plus sages prônent une forme d'apaisement mémoriel au sujet de la guerre d'Algérie. Parce qu'il est temps de tout dire.

    Edmond Fraysse (pseudonyme) raconte comment il a basculé dans le conflit et pris les armes pour combattre les nationalistes algériens.

  • Le Saint-Siège a toujours été la cible de services secrets étrangers. Persuadés que le Vatican dispose d'un réseau de renseignement sans équivalent au monde, ils veulent en percer les secrets ou s'en faire un allié.
    Pendant la Seconde Guerre mondiale et la guerre froide, Rome a été un véritable nid d'espions de toutes nationalités. Sous couverture de diverses institutions, certains monsignori ou simples prêtres se sont impliqués dans des missions secrètes allant de la chasse aux « taupes » à la diplomatie secrète, en passant par des enquêtes sur les assassinats de prêtres ou des scandales susceptibles d'éclabousser l'Église.
    Les Espions du Vatican raconte, pour la première fois, 80 ans de guerres secrètes et de coups tordus. L'ouverture des archives de nombreux services ayant travaillé contre ou avec le Vatican permet de lever le voile sur des affaires longtemps ignorées et de présenter de nombreuses révélations.
    L'infiltration clandestine de prêtres russophones en URSS sous Staline, presque tous démasqués par le KGB, les négociations secrètes menées par Jean XXIII avec Khrouchtchev, les relations étroites du cardinal Montini, futur Paul VI, avec la CIA, l'infiltration du Vatican par les différents services secrets du bloc de l'Est.
    Ces épisodes et bien d'autres dessinent une autre histoire de la papauté contemporaine. L'ouvrage aborde également les affrontements souterrains qui ont opposé certains groupes au sein de l'Église et revient sur les affaires financières controversées de l'Église dans les années 1970-1980. Il décrypte enfin les « barbouzeries » et coups tordus qui ont marqué le pontificat de Benoît XVI et sont encore en cours sous François.

  • Mai 1943. Sur une plage espagnole, on découvre le cadavre d'un officier britannique porteur de documents confidentiels. La police espagnole a tôt fait d'informer les services secrets allemands. Une des plus incroyables opérations d'intoxication de la Seconde Guerre mondiale vient de commencer.

    Il s'agit de convaincre les Allemands qu'ils ont intercepté les plans d'invasion alliés des Balkans et de la Sardaigne, afin d'éloigner de la Sicile - véritable objectif des Alliés - les troupes allemandes. La Wehrmacht transférera ailleurs ses divisions, ce qui permettra de réussir le débarquement et sauvera des milliers de vies.

    Ce projet rocambolesque, préparé pendant des mois, est ici raconté par Ewen Montagu, l'officier du renseignement naval britannique qui l'a coordonné, a imaginé la « légende » de l'officier décédé et conçu les papiers personnels retrouvés sur lui (y compris les photos et lettres d'une petite amie imaginaire).

    Cette opération, parmi les plus grandes réussites de la Seconde Guerre mondiale, est encore enseignée comme un cas d'école : elle est ici racontée de l'intérieur.

  • Fils de barbouze : les archives secrètes de la lutte contre l'OAS Nouv.

    Voici enfin révélés les moyens officieux mis en oeuvre par le pouvoir gaulliste pour lutter contre l'OAS. À partir du putsch de 1961, les « barbouzes » entrent en piste en Algérie. Beaucoup sont issus de la résistance, toutes tendances confondues. Ils intègrent 3 organisations clandestines : La mission C (comme Choc), l'organisation clandestine du contingent et le Mouvement pour la Communauté, vitrine politique qui défend l'amitié franco-arabe.Ce livre éclaire l'organisation de l'intérieur. C'est aussi l'histoire d'un homme-clé, Marcel Hongrois, instituteur, ancien résistant, et en même temps celle d'une quête, puisque la vie secrète du père a été reconstituée par le fils, Christian Hongrois, ethnologue. Enfant de l'assistance publique, Marcel a habité le coeur des services secrets depuis 1945, suivi par des syndicalistes, des socialistes, des communistes, des gaullistes, des catholiques, des protestants, des musulmans et des francs-maçons.
    L'histoire violente des dernier mois de la guerre d'Algérie est rapportée dans ces pages à partir de nombreuses sources inédites : manuscrits personnels mais aussi archives nationales, civiles et militaires. Né en 1958, Christian Hongrois a grandi à Alger dans une famille sous protection policière, au milieu des mitraillages et plastiquages.
    Ethnologue, enseignant, il mène depuis plusieurs décennies une enquête sur son père, resté énigmatique jusqu'à la mort. Cette enquête historique élargie à l'ensemble de la lutte anti-OAS est aussi une thérapie, qui vise à surmonter un passé encore douloureux, qui ne passe toujours pas.

  • Maquis, histoire des guérillas anti-franquistes Nouv.

    Une fois la guerre civile espagnole (1936-1939) terminée, des milliers d'hommes et de femmes républicains furent contraints de fuir et de se cacher dans les zones les plus inhospitalières d'Espagne. Au sein des montagnes se forgea une authentique organisation de résistance antifasciste : le maquis, qui fut le mouvement d'opposition le plus conséquent au régime de Franco.
    Considérés comme des héros en France, ces guérilleros furent traités en délinquants, assassins, criminels et bandits de grand chemin dans leur pays. Ils formèrent des foyers qui ont fait vaciller le régime. Ce dernier s'est chargé de les effacer de l'histoire officielle. Face à l'impossibilité d'en parler librement, la mémoire de ce mouvement a survécu grâce aux témoignages que ces protagonistes et leurs proches ont transmis à leurs enfants.
    Maquis reconstitue cette épopée en détail, assemblant pour la première fois tous les morceaux du puzzle. On y suit les premières guérillas autonomes, le rôle des services secrets anglais et américains durant la Seconde Guerre mondiale, les conséquences de la guerre froide, le retour de l'état de guerre dans plusieurs régions, la fabrication de faux maquis par le régime, les nouveaux massacres qu'il va déclencher et l'incompétence criminelle des partis républicains en exil. L'auteur évoque aussi les guérillas urbaines, dont certaines perdureront jusqu'aux années 1960.
    Secundino Serrano est l'un des meilleurs spécialistes en études anti-franquistes. Il s'est basé sur une documentation exhaustive pour recueillir ce legs, le nettoyant du mythe et des légendes. Il tire ainsi de l'oubli l'un des chapitres les plus méconnus de l'histoire espagnole : la guerre de « Ceux des montagnes » pour la liberté.

  • Le 10 juin 1945, un corps calciné est découvert à proximité de Madrid. L'homme est identifié sous le nom de Mendel Szkolnikoff, un Juif d'origine russe, curieusement détenteur d'un passeport allemand. Il s'agit sans doute du plus gros trafiquant de l'Occupation, plus important que le célèbre Joanovici. Arrêté avant-guerre pour diverses escroqueries, il est, depuis 1941, un agent financier des Allemands, notamment de la SS.
    Mais l'affaire Szkolnikoff, c'est surtout le plus grand séquestre de la Libération : 2 milliards de francs de l'époque accompagnés de 2 autres milliards d'amende. Car Szkolnikoff a bâti en très peu de temps, pour le compte de l'occupant, un immense empire immobilier et hôtelier : il détient des rues entières de l'Ouest parisien et des dizaines de « palaces », essentiellement sur la Côte d'Azur. Tous ces biens étant mis sous séquestre à la Libération, l'affaire Szkolnikoff se prolonge jusqu'à nos jours. Cet ouvrage révèle que les autorités françaises poursuivent en effet les descendants de l'affairiste au nom d'une condamnation prononcée après sa mort, ce qui est illégal ! L'hôtel Martinez à Cannes, dont les procédures sont encore en cours, soixante-dix ans après les faits, est au coeur de ce rocambolesque dossier qui n'a pas livré tous ses secrets.
    Pour qui Szkolnikoff travaillait-il vraiment et d'où tirait-il ses protections ? De Himmler, de Goering l'affairiste, ou de plusieurs dignitaires nazis à la fois ? Quelles sommes, apparemment énormes, a-t-il mis à l'abri dans les banques monégasques, espagnoles ou suisses avant de mourir, et que sont-elles devenues ? D'où venait le mystérieux commando qui a capturé et tué Szkolnikoff en Espagne en 1945, après l'avoir délesté des 600 millions de francs en bijoux qu'il emportait dans sa fuite ? Szkolnikoff est-il même mort en 1945 ?

  • Le journaliste marocain Omar Brouksy est une des cibles majeures du logiciel Pegasus utilisé par les services secrets de son pays pour museler toute enquête ou voix critique, en traquant les sources des journalistes. À l'origine de cette surveillance, ses deux livres-enquêtes qui ont fortement irrité le Palais Royal. Interdits de vente au Maroc, ils restent incontournables pour comprendre comment le royaume chérifien a basculé dans l'espionnage de masse, jusqu'à cibler les dirigeants de l'État français.  Mohammed VI derrière ses masques dévoile la face cachée d'un monarque ambigu. Nourrie d'entretiens dans les coulisses du palais royal, cette enquête fouillée aborde tous les aspects d'une monarchie qui peine à mettre ses actes en conformité avec ses discours, se laisse déborder par les emportements du roi, éclabousser par les bévues de son entourage. Le Palais Royal et les grandes entreprises du pays sont livrés aux mains de quelques proches, fustigés par l'opinion publique sous l'expression de « monarchie des potes ».  La République de sa Majesté explore les liaisons dangereuses entre élites françaises et pouvoir marocain, entretenues par des hommes et des femmes de l'ombre recrutés pour « protéger » l'image de la monarchie. La romance publique entre présidents français et souverain marocain n'échappe pas aux petits à-côtés matériels, chaque partie soignant l'autre par de juteux renvois d'ascenseurs, sans égard pour l'intérêt général. Appuyée sur de nombreux témoignages de première main, cette enquête en dit long sur le régime marocain comme sur les dérives de la République, toute acquise à « Sa Majesté ».
    Ces deux textes, essentiels pour comprendre ce qui se joue dans le scandale actuel, sont complétés par une postface inédite de l'auteur, récit de son expérience personnelle de « l'affaire ».

  • Assassinats de dirigeants étrangers, coups d'État, trafic d'armes et de drogues, soutien à des groupes terroristes ou à d'anciens nazis, détentions abusives et tortures, expérimentations d'armes chimiques... Depuis sa création, la CIA n'a cessé de multiplier les infractions à la loi. Elle déclassifie une partie de ses archives arguant que les dérapages de la guerre froide sont aujourd'hui révolus. Ce livre montre qu'il n'en est rien. Pour la première fois, cet ouvrage dresse un bilan aussi exhaustif que possible des méthodes douteuses de l'Agence, des origines à nos jours. Il reproduit les archives permettant d'approcher la vérité : témoignages d'acteurs directs, mémos confidentiels, rapports de commissions d'enquête.
    On trouve ici de nombreuses anecdotes inédites sur des épisodes que l'on croit connaître (comme l'assassinat d'Allende au Chili ou les tentatives de meurtre contre Fidel Castro), mais aussi des révélations sur les activités plus ou moins adroites de la CIA en France. On apprendra enfin le rôle exact de l'Agence dans les trafics de drogue, la finance internationale, l'essor d'Al-Qaïda ou la lutte contre Daech.

  • Les historiens ignorent souvent le rôle des espions dans l'histoire contemporaine. Certains ont pourtant joué un rôle clé dans des événements que nous croyons connaître. Voici donc réunis les témoignages de quelques grands espions qui ont contribué à façonner notre époque. Cette anthologie sans équivalent propose au lecteur une histoire du XXe siècle clandestin, celui qu'on ne raconte pas dans les manuels scolaires.
    Des décombres du second conflit mondial à la fin de la guerre froide, en passant par la décolonisation et les nouvelles menaces terroristes, d'anciens chefs et agents de terrain des services du monde entier dévoilent ici les épisodes les plus marquants de leur carrière.
    On croisera dans ce volume des noms connus des spécialistes du renseignement, comme Markus Wolf, le maître espion est-allemand qui a infiltré le cabinet du chancelier Willy Brandt, ou Kim Philby, la « taupe » soviétique au coeur de l'espionnage britannique. Mais on découvrira surtout nombre de personnages jusqu'ici méconnus dont nous publions les témoignages explosifs.

  • Ancien officier de marine, Reinhard Heydrich fut distingué par Himmler et mis à la tête du SD, le service de sécurité de la SS. Ayant ainsi autorité sur les services secrets et la Gestapo, il eut entre les mains une puissance qui n'était guère dépassée que par celle de Hitler lui-même. Il fut avec Himmler l'un des concepteurs de la « solution finale de la question juive ». Nommé protecteur de Bohême-Moravie, le « bourreau de Prague » fut abattu en 1942, à trente-huit ans, par des résistants tchèques. Son voeu ultime fut que la destruction des Juifs soit menée à bien.
    L'apport essentiel d'Édouard Calic est de dévoiler dans cet ouvrage le rôle joué dans l'ombre par Heydrich dans toutes les provocations et attentats orchestrés par les nazis : l'incendie du Reichstag, qui permit leur prise de pouvoir, la Nuit des longs couteaux, l'assassinat du roi de Yougoslavie à Marseille, la Nuit de cristal, l'affaire de Gleiwitz, prétexte au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le faux attentat contre Hitler en novembre 1939, etc. Sur tous ces dossiers, Édouard Calic met en lumière ce que fut l'action réelle d'Heydrich.

  • Le conflit qui a opposé Israël et l'Égypte en 1956 a pour toile de fond la crise de Suez, faisant suite à la décision du président Nasser de privatiser le canal et de fermer aux transports israéliens l'accès à la mer Rouge. Au cours d'une campagne qui durera huit jours, l'opération « Kadesh », menée par les troupes israéliennes sous le commandement de Moshe Dayan, lance une offensive contre les forces égyptiennes le 29 octobre. Au même moment, les troupes franco-britanniques entrent en guerre contre l'Égypte dans le but de contraindre Nasser à revenir sur sa décision.
    Dans ce journal de campagne, Moshe Dayan, alors chef des opérations, décrit le contexte politique qui mène au conflit, il dévoile les tractations politiques secrètes (notamment les achats d'armes à la France lors d'une visite à Paris), les offensives au jour le jour, les décisions d'intervention, les objectifs qui motivent sa stratégie, ses plans d'action, ses succès, ses erreurs.

  • Connue depuis l'Antiquité, réapparue en 1346 en Occident où elle fait disparaître environ la moitié de la population, la peste a été la grande maladie de « l'Ancien Régime », et a sévi régulièrement jusqu'en 1722. La seule grande explication qui lui était apportée était d'ordre religieux : un fléau envoyé par Dieu aux pécheurs dont les meilleurs recours sont la prière et la pénitence. L'ignorance où l'on était alors avait abouti à une réaction empirique unanime: « l'exclusion sanitaire » (isolement, quarantaines et barrières sanitaires) pour protéger la société en séparant sa partie saine de sa partie contaminée ou susceptible de l'être. Les villes avaient ainsi développé une politique de contrôle généralisé dont la direction a peu à peu été prise par l'État. À partir du XVIIIe siècle la science apporte des explications et des solutions qui échappent à l'emprise de la religion. Le retrait de la peste permet alors à la monarchie bienfaisante et bureaucratique de déployer à travers tout le royaume une médecine des épidémies ordinaires.
    En dépit d'apparentes similitudes, l'histoire de la peste et de sa gestion ne peut servir de modèle à l'épidémie de covid, mais il est possible d'en revisiter certains aspects à la lumière de questions soulevées par l'actuelle pandémie : la rivalité sanitaire qui oppose Paris et Marseille, le confinement opéré à titre de moyen de lutte ordinaire, les procédures bureaucratiques... Une perspective historique éclairante et accessible à tous.
    Archiviste et historienne, Françoise Hildesheimer est l'une des meilleures spécialistes de Richelieu et de l'Ancien Régime, mais aussi de l'histoire des maladies et des épidémies. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages.

  • Pendant près de deux siècles en France, des juridictions ont été saisies pour juger de crimes et de délits dont l'horreur a parfois dépassé l'entendement. Certaines affaires n'ont jamais été élucidées et ont gardé depuis leur part d'ombre et de mystère. La démence parfois, la passion amoureuse, ou encore la cupidité et le chantage expliquent les agissements des criminels devenus, le temps d'un procès ou d'une enquête, des vedettes médiatiques de grandes affaires. Un collectif d'auteurs spécialistes a été réuni autour de trente-huit affaires criminelles qui ont marqué l'histoire de France. Avocats, professeurs et historiens nous révèlent la face cachée des enquêtes menées alors : le cas Landru, la bande à Bonnot, l'affaire Stavisky, le clan Dominici, Spaggiari, la mort de Mesrine dans les rues de Paris... Éric Alary a publié de nombreux ouvrages, parmi lesquels La Ligne de démarcation (Perrin, 2003), le Dictionnaire de la France sous l'occupation (Larousse, 2011), L'Exode. Un drame oublié (Perrin, 2010), Histoire de la gendarmerie (Perrin, coll. Tempus, 2011).

  • La papauté suscite de nombreux fantasmes quant à sa secrète influence dans l'histoire occidentale. On lui attribue souvent un rôle occulte et déterminant. Cet ouvrage rigoureux permet de rétablir la vérité des faits. Peuplée de têtes couronnées et de chefs d'État, de diplomates espions, de prêtres déchus et de mercenaires, cette fresque dévoile les ressorts peu connus de l'histoire diplomatique des XIXe et XXe siècles. De Pie VII, farouche adversaire de Napoléon, à Pie XII, accusé de complaisance envers le nazisme, l'auteur brosse une histoire de l'espionnage au service du Vatican. On apprend que, pendant la Grande Guerre, l'assistant personnel du pape Benoît XV était un espion allemand et que, pendant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ne reculèrent devant rien pour faire pression sur Pie XII et infiltrer le Vatican de faux prêtres. On y découvre par ailleurs que le Saint-Siège a parfois succombé à la tentation d'opérations clandestines, tantôt contre des catholiques jugés trop libéraux, tantôt contre le régime communiste d'URSS.
    Enfin, l'ouvrage fait la lumière sur ce que savait le Vatican de la Shoah. Un sujet très sensible depuis la volonté de Benoît XVI de rapprocher les religions juive et catholique.

  • En novembre 1832, Vidocq, ancien chef emblématique de la Sûreté, crée le « Bureau de renseignements universels dans l'intérêt du commerce ». Ses agents ont pour mission de traquer dans le Paris de la monarchie de Juillet les escrocs en tout genre qui nuisent à la bonne marche des affaires. La police privée est alors une activité en plein essor. Peu à peu, les praticiens de ce nouveau métier passent de la surveillance des escrocs à la chasse aux criminels. Le détective devient une figure populaire incontournable, mais sa réputation sulfureuse le condamne très vite à la marginalité. Loin de l'image prestigieuse associée aux figures de Sherlock Holmes en Angleterre ou de véritables détectives comme Allan Pinkerton aux États-Unis, le détective français ne s'est pas imposé sans peine dans le monde judiciaire hexagonal.
    Peut-être parce que comme nous le dit l'historien, cet homme de l'ombre, « qui détient l'explication du monde social, qui ouvre et qui referme les portes comme il l'entend », a très vite représenté aux yeux de l'institution policière, une concurrence difficile à tolérer.

  • Paru en 1716, oet ouvrage est un classique de l'art de négocier à l'origine de théories contemporaines sur la diplomatie et la négociation. Callières y propose sa conception sur le désordre du monde et le remède que la négociation peut lui apporter.

  • Comme Jean Bart ou Abraham Duquesne, René Trouin, sieur du Guay, dit Duguay-Trouin (1673-1736), appartient à cette catégorie d'officiers généraux de la Marine sans origine noble et issus de la course. Cadet de famille, il était destiné à entrer dans les ordres, mais après ses études chez les Jésuites de Rennes, il part à l'université de Caen où il brille surtout par son esprit batailleur et ses frasques. Les rendez-vous galants dans les confessionnaux choqueront plus tard le cardinal de Fleury quand il lira le manuscrit des Mémoires en 1725... Duguay pratique les cartes et les dés, jeux d'argent alors interdits dans la Marine. C'est « un vrai libertin », comme il l'écrira plus tard. Volontaire dans la marine marchande corsaire, il devient très vite un expert dans l'abordage. Il monte en grade et commande des navires de plus en plus importants. Il attaque tout ce qui est anglais, mais aussi les flottilles de pêche ; il saisit poisson, sucre, tabac. Le pouvoir royal et les armateurs apprécient cette Marine qui rapporte. Duguay fera 300 prises avant d'entrer dans la Marine royale. En 1693, il participe à des armements en course financés par le Roi, mais il est fait prisonnier par les Anglais et se retrouve à Plymouth, d'où il réussit à s'enfuir. La paix de Ryswick en 1697 le réduit très provisoirement au chômage, car la guerre de Succession d'Espagne s'annonce. Le Roi le récompense d'une « épée d'honneur », prélude à l'anoblissement qui lui sera accordé en 1709. On lui pardonne ses écarts et sa vie libertine, qu'il qualifie lui-même de « vie si honteuse ». En 1711 il fait le coup d'éclat qui sera sa gloire la plus durable : une descente à Rio de Janeiro pour libérer 500 Français retenus en otage. Il en profite pour piller la ville et en rapporte un butin considérable. En 1715, Louis XIV le fait « chef d'escadre de l'Amérique », en souvenir de l'affaire de Rio. Les Mémoires sont une suite de combats navals entrecoupés des aventures personnelles de Duguay, mort à Paris en 1736, célibataire...

  • 1981. Deux articles scientifiques décrivent 5 cas de malades à Los Angeles et 26 à New York : les premiers cas recensés d'une nouvelle maladie qu'on appellera bientôt le sida. Une maladie qui se transformera en véritable pandémie, touchant encore 38 millions de personnes.
    Ce livre ne raconte pas le sida. Il retrace certaines des luttes qu'il a engendrées en France, au plus près des personnes touchées, depuis l'effroi des premières années jusqu'à aujourd'hui. Les auteurs nous font entendre les voix des disparus, des survivants, des proches, des soignants, des militants, des chercheurs. Mêlant leurs témoignages à une riche documentation scientifique, cet ouvrage offre pour la première fois un panorama complet sur les différents fronts de la lutte contre le sida en France : l'urgence, le vécu de la maladie, le mouvement associatif, la santé publique, le soin et l'accompagnement, la recherche, la prévention. Une mobilisation extraordinaire qui a bouleversé de nombreuses vies, et plus largement la société.
    Ces regards croisés et les enseignements de cette lutte, toujours d'actualité, viennent éclairer notre époque troublée et nous aident à repenser une société en mal d'elle-même.

  • Créé à la fin 1940 par l'Intelligence Service britannique, Jade est l'un des rares réseaux de résistance à n'avoir pas fait jusqu'à présent l'objet d'une étude systématique. Exclusivement déployé en France, il a pourtant maintenu son activité jusqu'à la capitulation de l'Allemagne. La liste de ses succès est impressionnante, de l'infiltration du service d'espionnage allemand à la transmission à l'IS de renseignements sur les plus importants dispositifs militaires de l'ennemi. Et le prix payé a été lourd en victimes, tant hommes que femmes - internés, fusillés, déportés, pendus à Buchenwald.
    Parmi les renseignements transmis à Londres, plusieurs étaient d'une importance stratégique considérable, y compris au moment où l'état-major des forces alliées après le débarquement en Normandie choisit de lancer le général Leclerc à l'assaut de Paris. Le réseau disposa d'une équipe chargée d'organiser l'atterrissage nocturne d'avions légers de la RAF afin d'assurer clandestinement le transport vers l'Angleterre de certaines personnalités éminentes de la Résistance française.
    Le présent ouvrage est l'aboutissement d'une enquête menée depuis les années 1990 auprès d'anciens membres du réseau et du dépouillement de plusieurs dépôts d'archives en France, Angleterre et Allemagne.

  • Il n'y a pas si longtemps un président français affirmait que » l'homme africain n'était pas assez entré dans l'histoire « . En partant des traces des ancêtres de Lucy il y a 7 millions d'années, des vestiges néolithiques ou encore des » Bushmen « , les auteurs de cet ouvrage nous dévoilent la partie subsaharienne du continent à travers ses multiples identités et les hommes qui l'ont façonnée.
    Ils nous plongent au coeur des royaumes et des empires, en Éthiopie, au Sahel, au Zimbabwe, au Soudan, ou au Mali, où s'épanouit un Moyen Âge relaté notamment par le célèbre voyageur Ibn Battûta.
    Longtemps contournée par les explorateurs, l'Afrique sera colonisée, exploitée. Une période qui marque les débuts de la traite des Noirs, de l'esclavage et de la déportation vers l'Amérique - autant de sujets abordés ici sous des angles parfois méconnus. Enfin, de la colonisation européenne aux combats et révoltes menant aux indépendances, on comprendra les forces à l'oeuvre dans différents pays du continent après la Seconde Guerre mondiale et jusqu'à aujourd'hui, où l'ingérence occidentale se développe sur de nouveaux terrains.
    Une introduction indispensable à l'histoire de l'Afrique subsaharienne, qui invitera le lecteur à une exploration plus profonde.

  • De About à Zigomar, des premiers romanciers apparus après la Révolution de 1789 aux auteurs du XXIe siècle, voici un panorama complet du roman populaire francophone (France, Belgique, Québec). Souvent condamné pour son caractère mercantile, pour ses personnages sans vraisemblance à travers des intrigues et un style stéréotypés, dévalorisé sous les appellations de « romans à quatre sous », ou « littérature de gare », ce domaine constitue cependant la majeure partie de la production littéraire.
    J. Moselli, G. Simenon, H. Musnik, R. Barjavel, A. Héléna, B. Werber, D. Pennac, etc. Mais aussi les grands personnages de notre patrimoine (Rocambole, Fantômas, Angélique, Monte-Cristo, Maigret, Arsène Lupin, Bob Morane), les principaux éditeurs et leurs collections, les principaux illustrateurs, les grands genres (roman judiciaire, fantastique, historique, d'aventures, policier, science-fiction, récit sentimental, western, etc.). Deux aspects originaux complètent ce panorama. Des articles présentent les conditions d'édition de cette littérature. Et des écrivains d'aujourd'hui interviennent çà et là pour situer leur propre création littéraire par rapport aux romans populaires.
    Daniel Compère est professeur émérite en littérature française du XIXe siècle. Il a publié de nombreux ouvrages sur le sujet, dont Les Maîtres du fantastique en littérature. Il est également directeur de la revue Le Rocambole, consacrée au roman populaire.

  • Somme sans précédent, lieu de débat, de critique et de confrontation sans concession, ce livre du journaliste et écrivain américain Ron Rosenbaum est le seul à poser dans toutes ses dimensions » l'énigme Hitler « . Selon lui, toutes les interprétations - historiques, psychologiques, philosophiques, religieuses - « valent la peine d'être examinées, moins pour les vérités qu'elles sont susceptibles d'apporter sur lui que pour les vérités qu'elles révèlent sur les auteurs de ces théories, ainsi que sur les besoins auxquels répondent leurs explications ».
    L'auteur a passé dix ans à exhumer des archives inédites, à examiner toute la littérature sur le sujet, à investiguer tous les terrains du savoir, à visiter les lieux de mémoire, à rencontrer les témoins, à questionner les plus éminents spécialistes de ce domaine (Alan Bullock, Daniel Goldhagen, Georges Steiner, Emil Fackenheim, Claude Lanzmann...).
    Nombre d'historiens ont sacrifié à la tentation de diaboliser Hitler afin de se rassurer. Rosenbaum, lui, a choisi d'explorer l'historiographie et de critiquer de manière systématique les interprétations pour tenter de comprendre comment un banal enfant a pu se transformer en ce criminel le plus sanglant de l'histoire.

  • Les Français croient tout connaître de la vie et de l'oeuvre de Charles de Gaulle. Cet ouvrage montre qu'il reste encore beaucoup à découvrir dans les archives qui s'ouvrent progressivement. Nombre d'épisodes et anecdotes inédits sont ici dévoilés pour la première fois, qui éclairent d'un jour nouveau le fonctionnement du couple Charles/Yvonne, le rapport à Pétain et à la France libre, la traversée du désert, la gestion du dossier algérien, les relations avec divers chefs d'État, et une correspondance bien plus libre qu'on ne l'imaginait avec des personnalités comme l'abbé Pierre, Paul Claudel ou encore Alain Delon...

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