Xavier Barral

  • « J'aime les détails, les petites choses qui nous entourent. Le quotidien me fascine. Dans mon travail, je cherche à découvrir la richesse du monde », énonce Rinko Kawauchi. Pour la collection Des oiseaux, la photographe japonaise - figure de sa génération et qui a déjà publié aux Éditions Xavier Barral/Atelier EXB Halo et Illuminance - a porté son regard sur le printemps des hirondelles au Japon, saison des naissances. À l'abri des curieux, dans l'embrasure des fenêtres ou dans les sous-pentes des toits, ces minuscules oiseaux construisent des nids composés de terre, d'argile, d'eau et d'herbes sèches afin d'y protéger leurs couvées. Avec la poésie et le sens du détail qui la caractérisent, Rinko Kawauchi fait surgir la beauté éphémère d'instants suspendus : la fulgurance d'un vol, l'avidité d'une becquée, l'agilité des postures. Petites créatures fragiles faites de quelques grammes de plumes, les hirondelles, grâce à leurs ailes aiguës, se perchent partout avec aisance et grâce. Immergées dans la lumière de ciels opalescents, en équilibre sur des fils électriques, perdues parmi la densité des feuillages, les hirondelles s'envolent avec fulgurance toutes ailes déployées, filant tel l'éclair pour nourrir leurs oisillons : leur vie se dévoile sous nos yeux émerveillés. Les cadrages décentrés, les trajectoires de vol semblant filer hors champ, les vues en plongés et contre plongés, les effets de lumière surexposée, les associations visuelles, l'immersion dans la nature, l'infiniment petit, la perception des textures - plumes, brins d'herbe, becs lustrés... - donnent à voir le merveilleux du monde.

  • Anglais Sasuke

    Masahisa Fukase

    In 1977, photographer Masahisa Fukase turned his lens toward a new companion: his cat, Sasuke. «That year I took a lot of pictures crawling on my stomach to be at eye level with a cat and, in a way, that made me a cat. It was a job full of joy, taking these photos playing with what I liked, in accordance with the changes of nature.» A year later, he acquired a second cat, named Momoe. «I didn't want to photograph the most beautiful cats in the world but rather capture their charm in my lens, while reflecting me in their pupils,» he wrote of these images. «You could rightly say that this collection is actually a 'self-portrait' for which I took the form of Sasuke and Momoe.» Featuring tipped-on cover images, this gorgeously made book is arranged in four chapters, organized around the chronology of Fukase's life with his cats. As so often in his work, these tender images also express the photographer's subjectivity and his connection to his subject.

  • Cet ouvrage présente les 143 plus belles pierres de la collection de minéraux que Roger Caillois a léguée au Muséum national d'histoire naturelle de Paris, ainsi que la réédition des célèbres textes Pierres, L'Écriture des pierres et Agates paradoxales. Homme de lettres et compagnon du mouvement surréaliste, Roger Caillois s'intéresse très tôt au monde minéral dont les formes évoquent pour lui des figures de l'imaginaire. Dès les années 1950, il commence à collectionner des minéraux du monde entier, des « pierres curieuses, qui attirent l'attention par quelque anomalie de leur forme ou par quelque bizarrerie significative de dessin ou de couleur ». Toutes possèdent « une ressemblance inattendue, improbable et pourtant naturelle, qui provoque la fascination ». Agates, pyrites, quartz, jaspe... elles sont autant de fragments de l'univers, d'un monde où rêve et poésie dessinent des analogies avec le monde végétal et animal mais aussi avec celui des hommes.

  • C'est en 1965, sept ans après un séjour de quatre mois à Londres, qu'il écrivait dans une brève introduction à son livre El rectangulo en la mano : « c'est au fond de moi que je cherche les photographies, lorsque, l'appareil à la main, je jette un oeil au dehors ; je peux consolider ce monde de fantômes lorsque je rencontre quelque chose qui résonne en moi. » Ce nouvel ouvrage en est la preuve tangible. Il fait suite au premier publié en 1999 par Hazan qui tenu lieu de « premier jet » avant que Sergio Larrain n'y fasse quelques retouches, alors que nous lui avions suggéré de nombreuses photos oubliées, qu'il n'avait d'abord pas considérées.

    Le photographe chilien a été retenu dans l'histoire du médium essentiellement pour son oeil acéré et brillant certes, mais surtout pour les images de Valparaiso. Le corpus photographique réalisé pendant les quatre mois de cette résidence à Londres durant l'hiver 1958-1959 constitue le premier essai d'importance du photographe, qui devait ainsi faire ses preuves, en partie sur les traces de Bill Brandt qu'il appréciait. Curieusement, les photographies que Larrain a prises à Londres, sur le mode de la flânerie, ont été peu reproduites dans la presse, ce qui aurait pu être possible grâce à Magnum Photos, sa nouvelle agence. Car c'est à la faveur de ce voyage vers l'Angleterre que l'aspirant photographe fit un stop à Paris pour rencontrer son mentor Henri Cartier-Bresson et intégrer Magnum.

  • Le temps, la mémoire, la beauté sont des thèmes qui traversent toute l'oeuvre des photographes. « Nous cherchons à expérimenter la beauté de la découverte », précisent-ils. Entre réel et illusion, l'image interroge notre rapport au monde tangible. « La photographie nous aide à comprendre la réalité, les images sont comme des notes visuelles dans un carnet. » Chaque image est comme une histoire arrêtée. Ses nuances chromatiques, nous immergent dans la couleur. Cabrera et Albarrán utilisent de nombreux procédés : tirage platine, au palladium, cyanotype, gélatine argentique, impression pigmentée... L'image se fait vibration sensible. Pour la collection Des oiseaux, le duo a réalisé des photographies spécialement pour le livre. La beauté de l'éphémère, une certaine mélancolie mais aussi la fragilité de l'instant saisi par l'objectif se révèlent au fil d'images en couleurs mordorées ou en monochrome. Les oiseaux semblent tout droit sortis de contes fantastiques ; ils prennent leur envol sur des surfaces miroitantes, se dispersent parmi de sombres frondaisons. Les cadrages serrés soulignent leur présence physique. Les oiseaux deviennent presque abstraits. Cou souple bicolore d'un couple de cygnes, bec immaculé d'une poule d'eau d'un noir lustré, ailes de palombes déployées aux pennes argentées, plumes de paon au somptueux tombé : le jeu formel des formes sert de contrepoint à la saturation des couleurs. Cabrera et Albarrán laissent l'interprétation de leurs images à la mémoire du spectateur, s'inscrivant dans la démarche de Joan Miró, qui dans son tableau Bird in Space, donne une représentation minimale de l'oiseau, à travers des points ou des ombres, pour laisser voler notre imagination.

  • Le plissement velouté de l'eau, le vol lent d'un oiseau, une ligne d'horizon ponctuée d'oiseaux marins aux ailes ourlées de gris : le photographe capte une réalité qui fourmille de détails. Les métamorphoses de la nature le fascinent. Travaillant exclusivement en noir et blanc, Byunghun Min rend abstrait un moment éphémère. Brouillards sur lesquels se détache une mouette, variations de la lumière sur un rivage où se baignent des oiseaux migrateurs, ciels chargés de nuages et traversés par des nuées dansantes, sa perception de l'espace entraîne le regardeur dans les profondeurs de l'image, l'instant fugace se dérobe sous nos yeux.
    Les oiseaux de Min habitent un espace impalpable. Ils semblent enveloppés dans un voile blanc, dans une lumière argentée. La quasi monochromie de l'image, l'uniformité des tons oscillant entre blancs et gris, l'absence de perspectives et de contrastes, la simplicité de la construction et le minimalisme des formes restituent un réel devenu fantastique. Le long travail lors du tirage du négatif permet au photographe de rendre non seulement ce qu'il a vu mais aussi perçu. Les oiseaux de Min invitent à la contemplation.

  • Ces scènes parfois anodines - photographiées en Italie, en France, au Danemark, en Finlande ou encore au Népal -, sont souvent teintées de mélancolie et révèlent l'univers poétique du photographe.
    Ses images en noir et blanc témoignent d'une attention particulière accordée aux détails, à la lumière qui modèle les espaces, aux étendues silencieuses dans lesquelles surgit soudain une présence humaine ou animale. La forte présence de la nature, le mimétisme entre le vol des oiseaux, le mouvement des arbres dans le vent, le poids de la neige, l'étendue des nuages... confèrent à ses images la puissance évocatrice de contes visuels. La contemplation du monde à travers l'objectif de Pentti Sammallahti donne à voir une nature sensible, parfois même lyrique.
    L'expérience de l'image est double : au-delà de sa virtuosité narrative, son usage de la bichromie, avec des blancs immaculés, tel le plumage de ses cygnes ou de ses flamands roses, confrontés à des noirs profonds, crée un jeu sur les textures et restitue avec force un monde où les oiseaux tiennent une place singulière.

    Pour cet ouvrage, Guilhem Lesaffre met en lumière la relation aux saisons qui est un aspect fondamental de la vie des oiseaux. Là où il existe, l'hiver est une contrainte importante avec laquelle les oiseaux doivent composer et qui induit notamment des stratégies de recherche de nourriture et d'économie d'énergie, ou encore le grégarisme. L'auteur associe ici la vie des oiseaux en hiver avec les photographies de Pentti Sammallahti.

  • A master of landscape photography, Michael Kenna's images reveal a world that is almost evanescent. One where diaphanous light enshrouds nature in mystery, with islands, rivers, and even summits standing out in the distance. «In all of my work there is a certain prevailing theme which has something to do with memory, with time, with change.» Birds soar overhead, tracing aerial figures in fleecy skies, come to rest on a branch, or fly gracefully over hazy expanses of water. Suspended flight, halted moments in time-one that is frozen, immutable.

    Shades of gray and depth of field give Michael Kenna's photographs a somewhat melancholic feel. All is silence.

  • A major figure of Latin-American photography, Graciela Iturbide's approach combines the documentary and the lyrical. Off-center compositions, graphic effects, and heavy shadows create a poetic universe where a feeling of strangeness is combined with one of harsh reality. The powerful equilibrium of her compositions produces skies filled with birds, comical, unexpected situations where chickens are pictured sitting wisely on market stalls, while elsewhere chirping flocks appear to invade the scene in agile, flowing movements. For Iturbide, living birds represent freedom. But death is never far away in her work, nor indeed is a certain sense of the surreal.

  • En 2008, elle commence à réaliser des portraits photographiques d'oiseaux en travaillant aux côtés d'ornithologues dans des réserves naturelles. Sujets particulièrement difficiles à saisir en raison de leur grande mobilité et de leur furtive attention, les oiseaux requièrent un art de l'attente que Leila a développé depuis des années passées dans les forêts et jungles tropicales. « J'ai toujours remarqué que beaucoup d'oiseaux avaient des expressions particulières. Pour les capter, il m'a fallu trouver comment les photographier de manière à faire surgir leur caractère propre, souligne-t-elle. Ma façon préférée de les photographier est d'installer un studio de portrait dans un endroit qui leur est familier. Je leur parle pendant que je travaille afin qu'ils interagissent avec moi. » Les temps de pose sont extrêmement longs de même que le travail en post-prod - nécessaire pour séparer ces merveilleuses créatures de leur environnement naturel. Cacatoès noirs, perruches sauvages, hiboux fauves, pigeons roses ou pinsons jaunes, tous semblent parés de leurs plus beaux atours. Tour à tour, gracieux, espiègle, farouche, fier, timide, poseur : chaque oiseau photographié laisse transparaître sa personnalité. Galerie de portraits à la fois fantaisistes et hyperréalistes, les images de Leila Jeffreys invitent à la rencontre d'espèces exotiques ou plus connues qui toutes semblent vouloir dialoguer avec le regardeur. Les somptueuses couleurs des plumes, du rose poudré au jaune citron, du vert émeraude au bleu cyan, confèrent à ces graciles personnages un chic pop et élégant.

  • Profondément imprégné de la tradition picturale japonaise, le photographe explore la vie quotidienne tokyoïte et capture des scènes aux confins du fantastique. Ses cadrages et ses couleurs acidulées confèrent à ses images une certaine étrangeté. Formes, textures, nuances colorées, profondeur de champ élaborent un vocabulaire visuel à la fois poétique et pop. « Ce sont les interprétations variées qu'a un spectateur d'une image qui rendent la photographie intéressante », précise le photographe. Yoshinori Mizutani observe avec minutie l'espace urbain et ses excentricités. Sa série Parrots présentait les perroquets sauvages aux couleurs acidulées qui peuplent désormais la ville de Tokyo. Ici, corbeaux, hirondelles, moineaux et autres passereaux des villes saturent l'environnement urbain, ciel, arbres, poteaux électriques, lignes téléphoniques sont envahis, réinvestis. Ils deviennent alors autres, et le passant les perçoit différemment. Parfaitement posés et alignés en rangs serrés sur les fils électriques qui sillonnent le ciel de toute capitale, les oiseaux se font armées, colonies ordonnées. Les lignes graphiques qu'ils forment redessinent l'espace urbain. Visions de rêve ou de cauchemars, les oiseaux de Yoshinori Mizutani saturent par leur présence le monde de la ville et lui restitue son mystère.

  • Réalisées dans l'espace de son jardin personnel, elles révèlent la vie cachée des mésanges, moineaux et autres passereaux qui nichent dans les jardins urbains. Oscillant entre fantastique et réel, ses images semblent prises à la dérobée. Elles montrent des instants volés : vols suspendus, oiseaux dissimulés dans les feuillages, solitaire crânement posé sur une branche, mais aussi ballets aériens de linottes et courses poursuites entre geais et grives. Prises le plus souvent au ras du sol, le nez dans l'herbe, l'objectif de l'appareil perdu dans les fleurs, ses photographies semblent se substituer à l'oeil de l'ornithologue, celui qui observe, fasciné, un monde autre : celui des oiseaux.
    Les saisons se succèdent, les couleurs du jardin varient, passant des orangés, aux bleus et verts vifs de l'été au blanc immaculé de l'hiver. Lumières et couleurs saturées, jeux entre flou et ultra netteté du détail, arrêts sur image dessinent une « supra réalité ». Terri Weifenbach nous immerge dans l'infiniment petit, nous transportent dans un monde particulièrement animé où les oiseaux filent à toute allure, dansent, ou se posent, se figent et tiennent des conciliabules. Elle révèle le merveilleux de leur monde.

  • Connu pour The Solitude of Ravens, où des corbeaux menaçants en nuée ou solitaires noircissent des pages d'un bout à l'autre de ce livre mythique paru en 1986, le photographe japonais Masahisa Fukase, parmi les plus radicaux et les plus originaux de sa génération, possède en réalité une oeuvre protéiforme : recherches formelles, surimpressions, collages, autoportraits, photographies retravaillées au dessin, tirages noir & blanc, polaroids...
    Ses deux commissaires, Simon Baker, directeur du département photographique de la Tate Modern, à Londres, et Tomo Kosuga, directeur des archives Masahisa Fukase, à Tokyo, seront les auteurs de ce livre-somme qui présentera 26 séries de l'oeuvre de Fukase, notamment celles consacrées à son père (Memories of Father), sans oublier celle sur les chats, y compris le sien, Sasuke, et ses fameux autoportraits pris dans une baignoire, avec un appareil étanche (« Bukubuku ») ou en duos (« Berobero ») qui se touchent la langue et qu'ils coloriera par la suite. Fukase aura tout expérimenté au cours de sa vie professionnelle et ce travail longtemps resté dans l'ombre, où la dramaturgie côtoie autant l'ironie que la provocation, méritait un ouvrage complet, d'autant que la plupart de ses parutions se limitaient jusqu'alors à son pays natal.

  • Le 14 janvier 1958, le corps défiguré et amputé d'un homme est découvert près du lac Sembako au Japon. Deux enquêteurs de Tokyo viennent prêter main forte à la police locale pour résoudre ce qui semble à première vue une affaire banale. Ce ne sera pas le cas.

  • Anglais Rachel, Monique

    Sophie Calle

    Sophie Calle raconte Monique à travers des extraits de carnets intimes et de photographies issues d'albums de famille et présente son installation créée au Palais de Tokyo en hommage à sa mère décédée en 2007. Mais ce livre est avant tout un véritable objet conçu avec l'artiste.
    Le texte de la couverture est brodé pour en faire un objet précieux et l'ensemble des textes liés à l'installation sont gaufrés afin de retrouver la matière de certaines oeuvres de Sophie Calle. Il s'agit d'un ouvrage très personnel et émouvant et en même temps d'une réflexion sur la mort qui touche chacun d'entre nous.

  • Pour la première fois, Sergio Larrain réfléchit à son travail d'un point de vue théorique. «La photographie : ce (le sujet) qui est donné par la géométrie». Cette définition, conçue comme un syllogisme, et à laquelle se mêle un avant-goût de haïku, traduit l'esprit qui l'animait alors, et qu'il reprendra plus tard dans ses livres de réflexion philosophique.
    Rééditée en un fac-similé fidèle à l'édition originale, cette version d'El rectángulo en la mano, proposée sous coffret et avec un texte critique d'Agnès Sire, est un hommage à l'ouvrage emblématique du photographe chilien.

  • Anglais Martine Franck

    Martine Franck

    Saluer l'inattendu, c'est ce qu'entreprend de faire Martine Franck tout au long de son oeuvre. En témoigne sa pratique photographique, caractérisée par son attrait pour l'instantané, malgré le soin apporté à la composition et au cadrage. Cette monographie, la plus exhaustive à ce jour, est dirigée par Agnès Sire. Le choix des images résulte d'une collaboration avec Martine Franck, avant son décès. La construction chronologique met en lumière l'approche singulière de la photographe, dont les images en noir et blanc sont marquées par la géométrie, les courbes et les lignes. Parmi ses portraits de personnalités et d'artistes, ses photographies des manifestations de Mai 1968 et de carnavals, son étude sur la vieillesse ou encore ses nombreux voyages aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Irlande ou en Asie, on retrouve ses photos emblématiques et d'autres moins connues. Relatant son engagement, ses rencontres, ses idées et cette élégance qui la caractérise si bien.

  • Anglais Cas Oorthuys

    Cas Oorthuys

    De l'entre-deux-guerres aux années 1970, ses images laissent entrevoir les récentes mutations sociales et géographiques à travers l'industrie, les mondes ouvrier et paysan, l'urbanisation des grandes villes comme New York ou Paris, la fin des colonies en Asie du Sud-Est ou encore les petits villages de l'Europe centrale et méditerranéenne.
    Photographiant le plus souvent en 6 x 6, Oorthuys pose un regard à la fois libre, politique et bienveillant sur ses sujets. Portraits de paysannes aux coiffes traditionnelles évoquant l'âge d'or de la peinture hollandaise, scènes du quotidien saisies comme autant de saynètes cinématographiques, images de rues, d'usines, de campagne : les photos de Cas Oorthuys donnent à voir le temps qui passe, la variété du monde. Elles abolissent toute distance entre réflexion historique et création contemporaine à travers leurs cadrages d'une extrême maîtrise. Gérées par le Nederlands Fotomuseum de Rotterdam, les archives de Cas Oorthuys sont présentées dans cet ouvrage pour la première fois dans un corpus aussi important. Composées de planches contact réalisées par l'artiste, ces archives sont à la fois un témoignage exceptionnel et un instantané de ces dernières années qui ont vu l'émergence de la société moderne.

  • Fragiles, éphémères, ornementales, précieuses, les fleurs émerveillent. Depuis les premières observations des philosophes grecs, artistes, savants, explorateurs et collectionneurs les regardent, les célèbrent et tentent d'en percer les mystères. Quelle est leur vie secrète ? Objets d'étude, les fleurs suscitent dès l'Antiquité de nombreuses questions sur les origines du vivant et témoignent de notre relation à la nature.

    Indigènes ou venues de lointains horizons, espèces rares ou domestiques, les fleurs ont conquis le monde, se jouant des acclimatations, des métamorphoses et des hybridations. Apprivoisées dans des jardins de monastères ou princiers, les variétés voyagent depuis des siècles d'un continent à l'autre : la pivoine arrive de Chine, le chrysanthème du Japon, la capucine du Pérou, la tulipe de l'empire Ottoman.... À la Renaissance, la découverte de nouvelles terres et civilisations fait affluer, par l'intermédiaire des marins et des explorateurs mandatés par les académies des sciences de toute l'Europe, des plants inédits. La production d'herbiers, d'ouvrages de botaniques et la peinture de fleurs comme genre pictural suscitent l'émulation tant du monde scientifique et qu'artistique.

    Par-delà le va et vient entre culture et nature, les fleurs font le lien entre ce que l'homme crée et ce que produit la nature. Comment les regardons-nous ? Des premiers botanistes grecs aux peintres de l'âge d'or hollandais, des encyclopédistes du siècle des Lumières aux chasseurs de plantes du XIXe siècle, naturalistes, enlumineurs, jardiniers, horticulteurs, amateurs, tous les étudient, les classent dans des herbiers, les cultivent ou encore les dessinent pour tenter d'en saisir les énigmes et d'en fixer la singularité. Au croisement de l'histoire des sciences et de l'art, cet ouvrage invite à une exploration : des pages des plus anciens herbiers conservés au monde, aux enluminures de l'Europe médiévale, des jardins des empereurs de Chine à ceux des sultans de la Porte du Levant, de la fantaisiste horloge florale imaginée par Carl Linné aux célèbres vélins du Museum national d'histoire naturelle...

  • D'après nature

    Jean Gaumy

    À travers ces photos, issues de voyages en solitaire dans les montagnes du
    Piémont occitan, Jean Gaumy nous livre sa vision du paysage avec pour mot
    d'ordre : « Ne photographier que lorsque cela brûle. Ne pas bouger, se refuser
    tant qu'il n'y a aucune évidence, aucune nécessité.» C'est une quarantaine de
    photographies noir et blanc, à la fois extrêmement graphiques, parfois à la
    limite de l'abstraction, mais aussi extrêmement intimes. Avec un texte de
    Gilles A. Tiberghien, Jean Gaumy À ses débuts, Jean Gaumy écrit et photographie
    pour un journal de Rouen tout en poursuivant des études de littérature. En
    1973, il rejoint l'agence Gamma, puis, quatre ans plus tard, Magnum photos. En
    1975, il obtient la permission d'enquêter sur le quotidien des médecins et
    patients dans un hôpital. En 1976, il est le premier photojournaliste autorisé
    à pénétrer dans une prison française. De cette investigation naît un livre ;
    Les Incarcérés, paru en 1983. Dans les années 1980, Jean Gaumy fait de nombreux
    reportages en Afrique, en Amérique centrale et au Moyen-Orient. De 1986 à 1994,
    il se rend fréquemment en Iran. Sa photographie de femmes iraniennes s'exerçant
    à tirer durant la guerre Iran-Irak lui vaut la célébrité. Régulièrement
    cependant Jean Gaumy revient à ses origines maritimes. À plusieurs reprises il
    voyage à bord de bateaux de pêche. Il en tire deux ouvrages : Le livre des
    tempêtes à bord de l'abeille Flandres et Pleine Mer, qui reçoit le prix Nadar
    en 2001. À partir des années 1980, Jean Gaumy écrit et réalise des
    documentaires remarqués et récompensés. Il est le premier cinéaste français à
    être admis dans un sous-marin nucléaire français pour y suivre quatre mois
    durant une mission classée «secret défense». Il rend compte de cette expérience
    dans le film Sous-Marin, sorti en 2006 et diffusé sur les télévisions
    européennes.

  • VERSION ANGLAISE - RUE DES LOMBARDS Photographies et texte Jane Evelyn Atwood Fiche technique Format: 215 x 310 mm 176 pages environ Photos NB Prix : environ 39 € TTC Retrospective Jane Evelyn Atwood à la Maison Européenne de la Photographie, à Paris du 28 juin au 25 septembre 2011 ISBN : 9782915173796 À la fin de l'année 1975, installée depuis peu à Paris, Jane Evelyn Atwood réalise son premier reportage photo, en noir et blanc, dans une écriture à la fois simple, efficace et sensible.
    D'une rencontre avec une prostituée de la rue des Lombards, elle découvre un univers où tout la fascine : personnages extraordinaires, costumes incroyables, regards portés sur les hommes... L'entrée de l'immeuble est miteuse, les murs crasseux, le sol couvert de mégots, une odeur de pisse envahissante, mais l'envie de mieux connaître ces femmes convaincra Jane Evelyn Atwood de partager leur vie.
    Pendant toute une année, elle passe ses soirées et ses nuits à les photographier dans cette maison de passe. À être patiente et à ne pas trop en demander. À être toujours présente, à prendre des photos uniquement quand le moment s'y prête. Empathie avec ses sujets, immersion, refus du superficiel, respect permanent de l'autre, Jane Evelyn Atwood pactise avec le temps et ne lutte pas contre lui.
    Si cette année rue des Lombards a été décisive dans son travail de photographe, elle lui a aussi beaucoup appris, en tant que femme, sur la nature humaine, sur les rapports hommes/ femmes, sur l'argent et le manque d'argent, et sur le pouvoir ou l'absence de pouvoir. De ces rencontres fascinantes, de ce travail exigeant, est née une profonde amitié avec Blondine, une femme extraordinaire qui aujourd'hui encore reste chère à la photographe.
    Plus de trente ans après, les éditions Xavier Barral réunissent pour la première fois l'ensemble de ce travail peu connu de Jane Evelyn Atwood, saluée aujourd'hui pour sa photographie sociale. Un bel hommage à ces femmes, à leur générosité, et à ce Paris la nuit de la fin des années 1970.

    Bibliographie de Jane Evelyn Atwood Jane Evelyn Atwood (Photo poche n°125), Actes Sud, 2010 Haïti, texte de Lyonel Trouillot, Actes Sud, 2008 À contre-coups, Éditions Xavier Barral, 2007 Misère urbaine : la faim cachée, textes de Jean-Christophe Rufin, Roland Castro et Jacques Attali, Au Diable Vauvert, 2006 Sentinelles de l'ombre, Seuil, 2004 Trop de peines : Femmes en prison, Albin Michel, 2000

  • VERSION ANGLAISE Flux, Fabienne Verdier Photographies / Images : Philippe Chancel Fiche technique 173 x 265 mm 120 pages environ Relié toilé sous coffret Photos couleurs Prix : environ 25 € TTC ISBN : 978-2-915173-80-2 De septembre 2009 à juin 2010, Fabienne Verdier s'est consacrée à relever un défi artistique dont elle mesurait l'ampleur.
    Dans son atelier, l'artiste plasticienne s'est attelée au jour le jour à l'exécution de quatre fresques monumentales destinées aux murs du Palazzo Torlonia à Rome.
    Sans doute l'oeuvre que Fabienne Verdier accomplit sous nos yeux présente-t-elle un caractère exceptionnel. Ce fut une aventure à l'issue abstraite mais au travail concret, fait de retenues et de fulgurances, d'attentes et de passages, d'instants de doute et de pure grâce.
    Les flux rouges qui prennent naissance dans la veine immense des pinceaux de Fabienne Verdier se déploient, se sculptent et enfin se cristallisent. Ils prennent vie avec rigueur sur ses fonds bleus comme des parts d'océans aux prises avec les forts courants qu'elle infléchit sur la toile.
    Le photographe Philippe Chancel a posé durant près de dix mois sa caméra pour suivre la genèse de ces fresques et le travail de l'artiste, son atelier, ses gestes, son univers. Sont nés un film et un livre - dont les images sont issues du film - pour témoigner de cette singulière création artistique.

  • Martin Gusinde est l'un des rares occidentaux à avoir vécu parmi les peuples Selk'nam, Yamana et Kawésqar. Le photographe et missionnaire allemand effectue quatre voyages en Terre de Feu entre 1918 et 1924. Il s'immerge en profondeur au sein de ces sociétés jusqu'à parler la langue et être introduit aux rites initiatiques. Les 1200 clichés qu'il rapporte, réalisés à la chambre photographique portable, constituent un témoignage unique sur ces peuples aujourd'hui disparus.

    Les Éditions Xavier Barral ont entrepris la numérisation et la restauration de ce fonds conservé à l'Anthropos Institut à Sankt Augustin en Allemagne. Christine Barthe, responsable scientifique de la photographie au musée du quai Branly, et Xavier Barral ont sélectionné près de 250 photographies publiées dans cet ouvrage, le premier consacré aux photographies de Martin Gusinde.

    Les photographies de Martin Gusinde laissent peu de place aux paysages, encore moins à des séquences de vie quotidienne. En revanche, le corps y apparaît de façon majoritaire, et dans ses manifestations les plus extraordinaires qui sont celles des esprits et des acteurs du rituel du Hain (Selk'nam).

    Afin d'accompagner ce voyage visuel en Terre de Feu, plusieurs textes croisent les études antérieures et plus récentes sur le sujet pour rendre compte d'un état actuel de la recherche :

    « Ouvrir grands les yeux » par Christine Barthe « Sauver ce qu'il en reste » par Marisol Palma Behnke « Mythes et rites initiatiques » par Anne Chapman « Peuplement et dépeuplement de la Terre de Feu » par Dominique Legoupil

  • Cet ouvrage témoigne de l'intervention spectaculaire de Daniel Buren sur le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton et reprend le cheminement de son travail sur la transparence depuis les années 1970. Un important corpus d'oeuvres réunies pour la première fois autour de ce thème.

    L'ouvrage commence par l'oeuvre temporaire qu'il a conçue en dialogue étroit avec l'architecture de Frank Gehry. Elle se déploie sur l'ensemble des verrières, élément emblématique de l'édifice. Les douze voiles, constituées de 3 600 verres, sont recouvertes en quinconce de filtres colorés qui sont à leur tour, ponctués à distances égales les uns des autres par des bandes alternativement blanches et vides, axées perpendiculairement au sol. À travers un jeu de couleurs, de projections, de reflets, de transparences et de contrastes, à la fois intérieur et extérieur, Daniel Buren propose un nouveau regard sur le bâtiment.

    Dans une deuxième partie, l'ouvrage retrace la genèse et l'évolution du travail de l'artiste sur la lumière, la couleur et la transparence à travers un parcours chronologique parmi ses oeuvres depuis les années 1970 jusqu'à aujourd'hui. Un long entretien entre l'artiste et Suzanne Pagé, directeur artistique de la Fondation Louis Vuitton, nous éclaire sur les multiples facettes de cette rencontre avec l'architecture de Frank Gehry en lien avec son travail en général et ses inspirations.

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