Les Bons Caracteres

  • L'État et la Révolution a été rédigé par Lénine en août et septembre 1917, alors qu'il se cachait en Finlande, quelques semaines avant la révolution d'Octobre. Dans cet ouvrage, Lénine affirmait la nécessité du renversement révolutionnaire de l'État bourgeois, afin de retirer le pouvoir politique et économique aux classes possédantes, contrairement au réformisme qui voulait obtenir pacifiquement la majorité au Parlement. À partir des travaux historiques de Marx et d'Engels sur le rôle de l'État, Lénine énonçait les tâches de la classe ouvrière : accomplir la révolution, mettre sur pied un État ouvrier dont la tâche fondamentale sera d'oeuvrer à une société communiste, c'est-à-dire sans classes.

  • En septembre 1970, au Chili, Allende, candidat socialiste de l'Unité populaire, emportait l'élection présidentielle. Trois ans plus tard, l'armée, commandée par le général Pinochet qu'Allende venait de nommer chef d'état-major, balaya le gouvernement à coups de canons et se lança dans une répression féroce contre les travailleurs et les militants de gauche.
    Loin d'ouvrir une nouvelle voie vers le socialisme, comme elle le prétendait, l'Unité populaire avait consciemment suivi une voie qui ne pouvait pas changer le sort des classes populaires chiliennes. Un demi-siècle après ces évènements, cet ouvrage rappelle ces espoirs trahis afin d'en tirer les leçons.

  • Publié pour la première fois en 1962, ce livre retrace la lutte d'une communauté noire du sud des États-Unis pour s'armer et se défendre contre le Ku Klux Klan et les racistes. Indignée par la violence tolérée ou encouragée par les autorités locales contre les Noirs, la petite communauté de Monroe, Caroline du Nord, a placé la question de la défense armée au premier plan.

    Sous la direction de Robert F. Williams (1925-1996), la ville de Monroe est devenue le symbole pour les Noirs qui se battaient, et imposaient leur droit à la légitime défense, puisque la loi et la justice étaient bafouées.

    Ce livre a eu une grande influence à la fin des années 1960, en particulier sur Black Panther Party.

  • En 1974, Arlette Laguiller, employée au Crédit Lyonnais, était candidate à l'élection présidentielle. C'était la première fois qu'une femme se présentait. Née en 1940, ayant grandi aux Lilas, Arlette, politisée par ses sympathies pour la lutte du peuple algérien pour son indépendance, était devenue militante communiste et révolutionnaire, membre de la direction du groupe trotskyste Lutte ouvrière. Elle fut candidate à l'élection présidentielle à six reprises, jusqu'en 2007. Elle défendit ses idées dans les assemblées de grévistes et sur les plateaux de la télévision, dans les manifestations de rue et au Parlement européen.
    Ce livre comprend le texte d'un ouvrage paru en 1974 sous le titre Moi, une militante, enrichi d'une postface qui revient sur ses prises de position politiques au cours de la période qui a suivi, du point de vue communiste et révolutionnaire. A 80 ans, Arlette n'a rien perdu de sa combativité.
    Ce livre revient sur les engagements d'une vie.

  • Les années 1950 et 1960 ont connu une période de large expansion du capitalisme, appelée en France les "Trente Glorieuses" . Dans tous les pays industrialisés, la production industrielle fut multipliée par trois, quatre ou cinq en deux décennies, le chômage de masse fut considérablement réduit, le niveau de vie de la classe ouvrière s'éleva, l'espérance de vie augmenta. Les partisans du mode de production capitaliste y virent la preuve que leur système pouvait dépasser les crises.
    Hélas pour eux, cet "âge d'or" n'était en fait qu'une parenthèse qui se termina dans les années 1970, par une crise à rebonds dont nous connaissons aujourd'hui, près de 50 ans plus tard, les soubresauts continuels.

  • Les ennemis les plus irréductibles du stalinisme vinrent notamment des rangs du parti bolchévique qui avait dirigé la révolution d'octobre 1917. Dès 1923, ils formèrent l'Opposition de gauche pour combattre la bureaucratie qui gangrénait le parti et l'appareil d'État de la Russie soviétique. Ces textes et articles écrits, réunis et publiés par Léon Trotsky lui-même en décembre 1923 sous le titre Cours nouveau, témoignent de son combat pour s'opposer à la bureaucratie, tant sur le plan du fonctionnement du parti communiste, que sur celui des problèmes économiques.

  • De la prise de la Bastille à l'édification de la Tour Eiffel, la France devient un pays industriel. Mais ce développement est lent, alors que dans la même période, la bourgeoisie britannique réalise une véritable révolution industrielle, et les USA - et même l'Allemagne - connaissent un développement fulgurant. Pourtant la France compte au XIXe siècle nombre d'inventeurs, d'innovateurs et d'entrepreneurs. Sa population est, au début du siècle, la plus importante du continent, et une masse importante de capitaux est disponible.

    Alors, qu'est-ce qui explique ce retard à l'allumage, cette frilosité d'une partie du capitalisme français, attirée très tôt vers l'esprit rentier et le parasitisme étatique ?

  • De 1917 à 1923, l'horreur de la Première Guerre mondiale provoqua chez les peuples une colère si profonde qu'une vague de révolutions mit en péril l'ordre impérialiste. Après la classe ouvrière russe, en Finlande, en Allemagne, en Hongrie et dans nombre de pays, des millions de prolétaires tentèrent de suivre cet exemple et de renverser la classe gouvernante responsable de la guerre. Mais nulle part hors de Russie, les travailleurs ne parvinrent à prendre et à garder le pouvoir.

    Mais alors, quels éléments font que l'on puisse parler d'une même vague révolutionnaire ? Quel rôle y jouèrent les bolcheviks ? Comment expliquer la défaite de cette vague si profonde ? En répondant à ces questions, cet ouvrage retrace le récit de ces événements, peu connus, qui "ébranlèrent le monde".

  • Pierre Bois (1922-2002), ouvrier et communiste dès l'âge de 15 ans, est devenu militant trotskyste pendant la Seconde Guerre mondiale. À l'âge de 25 ans, il a dirigé la plus grande grève de l'après-guerre (1947) à l'usine Renault de Billancourt, qui a provoqué le départ des ministres communistes du gouvernement. Jusqu'à sa mort, il fut l'un des dirigeants trotskystes (Voix ouvrière, puis Lutte ouvrière) des plus influents.

    Expérience, fierté ouvrière, ténacité, refus des compromis et radicalité le caractérisaient. Pierre Bois débordait d'optimisme et d'aspiration pour une société débarrassée de toute exploitation. Il avait un rôle de passeur : il nous a laissé ses écrits.

  • Tout au long du 19ème siècle, au coeur d'une Angleterre triomphante dont la production envahit la planète, la bourgeoisie accumule des fortunes sans précédent, sur le dos d'une nouvelle classe sociale qui mêle hommes, femmes et enfants. C'est dans cet "atelier du monde" que Marx et Engels forgent leur critique du capitalisme et participent aux premiers pas du mouvement ouvrier. Comment les gentlemen de la City ont-ils réussi à neutraliser les dirigeants syndicaux et politiques du mouvement ouvrier ? Comment les socialistes révolutionnaires ont-ils milité pour tenter d'arracher les prolétaires au piège de la collaboration de classe ? C'est cette histoire, méconnue en France, du mouvement ouvrier britannique qui est ici racontée.

  • Abraham Lincoln signant l'abolition de l'esclavage ; le Ku Klux Klan, les lynchages ; Rosa Parks refusant de céder sa place à un blanc dans un bus à Montgomery ; Martin Luther King devant une foule énorme à Washington ; l'assassinat de militants de la cause noire, comme Malcom X ou Martin Luther King ; les athlètes noirs à Mexico levant leur poing ganté de noir sur le podium olympique, innombrables sont les images évoquant la condition des Noirs aux États-Unis et leurs luttes.

    La présence des Noirs sur le sol américain est quasiment aussi ancienne que celle des premiers colons, et le combat pour leur émancipation fait partie intégrante de l'histoire des États-Unis d'Amérique. La grande démocratie américaine, celle qui proclamait vouloir « assurer les bienfaits de la liberté » à tous, avait refusé d'inscrire dans sa première Constitution, l'abolition de l'esclavage, largement pratiqué dans les Etats du sud.

    Cet ouvrage raconte la longue histoire des dizaines de millions de Noirs pendant plus de trois siècles, de leur exploitation féroce, mais surtout de leurs révoltes, de leurs tentatives pour se défendre, pour s'organiser. C'est un livre d'histoire engagé. Mais c'est également un précieux témoignage de ce qu'étaient encore les conditions de vie de la population noire dans la seconde moitié du XXème siècle, profondément marquées par l'héritage de l'esclavage, la ségrégation légalisée et le racisme.

  • En 1917, la Russie des tsars était un des pays les plus arriérés d'Europe, avec 150 millions d'habitants en très grande majorité analphabètes. Or c'est dans ce pays que, pour la première fois dans l'histoire, un État ouvrier put commencer à bâtir une société libérée de l'exploitation de l'homme par l'homme. Une guerre civile, une douzaine d'armées étrangères épaulant la contre-révolution, une pauvreté générale, une économie ravagée, c'est dans les pires conditions que les bolcheviks s'attelèrent à la tâche. Celle, immense, d'alphabétiser le pays le plus vaste au monde, d'ouvrir à l'éducation et à la culture des millions d'hommes et de femmes. Malgré un dénuement inouï, le pouvoir soviétique sut faire appel à la soif d'apprendre des masses, à l'envie qu'avaient des artistes, des intellectuels de s'adresser à un nouveau et plus large public, et d'aider à l'édification d'un monde nouveau, sur fond de liberté, de confrontation d'idées, aux antipodes de ce que sera, plus tard, la dictature stalinienne sur les hommes et les idées.

  • Alfred Rosmer (1877-1964) fut un militant syndicaliste dès sa jeunesse, internationaliste dès 1914, communiste dès 1917, oppositionnel dès la montée de la bureaucratie en URSS.

    L'ouvrage que nous rééditons est l'oeuvre d'un historien, rigoureuse, appuyée sur des textes et des témoignages. C'est l'oeuvre d'un militant, engagé lui-même dans la lutte contre la guerre, l'Union sacrée, la trahison des dirigeants social- démocrates et syndicalistes. Il retrace les étapes de la faillite brutale, mais explicable, de la social-démocratie européenne, et les efforts courageux de la poignée de militants socialistes, en France et dans le reste de l'Europe qui, sur ses ruines, s'attelèrent aussitôt à reconstruire le mouvement ouvrier internationaliste.

    À un siècle de distance, il reste indispensable pour ceux qui veulent comprendre ces événements et en tirer les leçons.

  • Juin 36

    " Les 2 et 3 juin, ce sont des entreprises appartenant à l'industrie chimique, à l'alimentation, au textile, aux industries graphiques, à l'ameublement qui sont paralysées par la grève et occupées (...) Le 4 juin, les grèves s'étendent encore: les camionneurs, la distribution des journaux, les restaurants et hôtels, le livre, la serrurerie, l'orfèvrerie, la distribution d'essence, les laboratoires pharmaceutiques, l'habillement, le bâtiment, le gaz, l'agriculture (...) Partout où elles éclatent, les grèves s'accompagnent d'occupation, partout elles rassemblent la quasi-totalité du personnel; partout elles sont immédiatement appuyées par la sympathie active de la population (...) Le désordre apparent des mouvements dispersés peut se transformer en une manifestation puissante, en un mouvement général dont les conséquences seront peut-être redoutables.
    ". La réalité de juin 1936 que nous fait découvrir cet ouvrage est bien différente de la version forgée par les dirigeants des partis du Front populaire, et reprise par leurs héritiers politiques. Jacques Danos et Marcel Gibelin montrent que ce ne fut pas le gouvernement du Front populaire de Léon Blum qui accorda à la classe ouvrière les 40 heures, les congés payés, le droit d'élire des délégués, ou les importantes augmentations de salaires.
    Tout cela fut arraché par la grève. Les accords Matignon ne furent pas un cadeau offert à la classe ouvrière pour la récompenser d'avoir bien voté, mais un contre-feu mis en place à la hâte par le patronat et le gouvernement Blum soutenu par la CGT et les partis de gauche, animés par une même préoccupation: tenter de ramener dans son lit le torrent de la grève. Ils y réussirent, mais difficilement. Ce livre a été édité pour la première fois en 1952.
    Son intérêt est d'abord historique. Les auteurs ont su nous faire revivre cette période et le mouvement gréviste de manière enthousiasmante et détaillée. Tous ceux qui sont partie prenante des combats des travailleurs y retrouveront l'atmosphère, l'élan de ce grand moment du mouvement ouvrier. Ils y trouveront aussi des leçons qui éclairent la période actuelle..

  • À l'origine de ce livre, des conversations enregistrées, transcrites et rassemblées en un volume.


    Sam Johnson, militant noir ouvrier nord-américain y fait le récit des événements et de ses impressions depuis l'Alabama au temps de la ségrégation et de Jim Crow, jusqu'à nos jours, en passant par les révoltes sociales des années 1960 à Los Angeles et à Détroit. Conscient du rôle de la classe ouvrière, il a toujours milité en son sein comme un véritable révolutionnaire.

    « J'ai vu le pouvoir dont nous disposons pendant la révolte noire... J'ai appris que ce pouvoir devait être enlevé des mains des capitalistes. Je veux voir les travailleurs se battre pour organiser leur propre pouvoir et mettre en place une économie capable de subvenir aux besoins de chacun. C'est la raison pour laquelle j'ai milité toutes ces années, et que je continue à militer aujourd'hui. »

  • Cet ouvrage, écrit par Felix Morrow, militant trotskyste américain, et publié pour la première fois en 1938, est à la fois un livre historique, un témoignage à chaud et une analyse politique militante du drame majeur qui se jouait en Espagne depuis 1936.


    Très critique envers les autres forces politiques qui luttaient contre Franco - socialistes du PSOE, communistes du PC, anarchistes de la CNT et antistaliniens du POUM -, il attribue aux dirigeants du mouvement ouvrier une grande responsabilité dans la défaite du prolétariat espagnol face au fascisme.


    Aujourd'hui, la plupart des historiens et des politiques voudraient restreindre les événements de 1936-1938 à une lutte contre le futur dictateur Franco. Contrairement à eux, ce livre nous rappelle qu'une grande partie de la classe ouvrière se battaient pour un idéal plus élevé, pour une société débarrassée de la misère et de l'exploitation. Les ouvriers se battaient contre les franquistes parce qu'ils voulaient la révolution.


    En Espagne, comme le rappelle Felix Morrow, se jouait l'avenir de la classe ouvrière et du monde.

  • Les années 1919 et 1920 furent pour l'Italie le biennio rosso, les « deux années rouges ». Mais ces deux années d'agitation sociale profonde, qui se plaçaient dans le contexte de la vague révolutionnaire partie de Russie en 1917, n'aboutirent pas à la révolution sociale que beaucoup espéraient. Au contraire, le mouvement fasciste de Mussolini préparait la contre-offensive.

    Quelle fut la politique des organisations ouvrières pendant cette crise sociale? Comment les organisations fascistes purent-elles passer à l'attaque et les détruire ? Quelles forces s'opposèrent alors à ce qui fut qualifié de « contre-révolution préventive » ?

    Cet ouvrage revient sur cette période méconnue, durant laquelle l'histoire a balancé entre fascisme et révolution.
    ..

  • La catastrophe imminente et les moyens de la conjurer est une brochure que Lénine a publiée en septembre 1917, un mois avant la révolution d'Octobre, alors que la Russie subit une famine généralisée, un chômage de masse, une désorganisation économique et politique totale. Ouvertement, le parti bolchevique proclamait que la classe ouvrière était candidate au pouvoir, à la direction de la société. C'est dans ce contexte que Lénine préconisait toute une série de mesures économiques que le prolétariat devrait immédiatement appliquer. Cette brochure a été écrite il y a un siècle, à la veille d'une révolution et sa valeur n'est pas qu'historique.

  • En remettant en cause le pouvoir de la noblesse, les révolutionnaires de 1789 affirmaient l'ambition de la bourgeoisie de prendre en main le pouvoir politique et de transformer la société à son image. Pourtant, le régime politique républicain mit quasiment un siècle à se constituer et à se stabiliser. D'où vinrent ses difficultés ? Quels furent les obstacles qui expliquent le retour de la monarchie et l'instauration de deux empires ? Quel rôle jouèrent les révolutions qui jalonnent cette période, de la Révolution de 1789 à la Commune de Paris, en passant par celles de 1830 et 1848 ? L'ouvrage cherche à répondre à ces questions en s'intéressant aux conflits qui opposèrent la bourgeoisie à la monarchie à l'intérieur des frontières comme à l'extérieur durant ces années, puis à ceux entre la bourgeoisie et la classe ouvrière naissante.

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