Entreprise, économie & droit

  • Manon Delatre travaille dans un cinéma d'art et essai. Au début, son travail la passionne. Elle s'implique, prend des responsabilités. Mais un jour surgit le trop plein, l'épuisement. Elle a besoin de changer d'air. Sa direction ne l'entend pas ainsi. Refus de rupture conventionnelle. Les relations se compliquent.

    Une spirale infernale qui la pousse alors à tout faire pour se faire virer. Se faire virer est un court et poignant récit qui décrit avec précision certains des mécanismes qui peuvent mener au burn-out.

    Ce texte est suivi d'un autre récit de la même autrice, Camera obscura, sur le travail dans une équipe régie sur les plateaux de cinéma décrivant l'envers du décor du septième art.

  • L'éducation aux médias et à l'information s'est largement développée depuis 2015 et les attentats de Charlie Hebdo. Présentée comme un outil majeur de lutte contre la radicalisation et les fausses informations, l'EMI est devenue un élément central de nombreux discours institutionnels. Elle ne peut pourtant se résumer à ces objectifs. Le collectif La Friche, composé de quatre journalistes indépendants, et l'association Édumédia proposent de la rapprocher de l'un de ses lieux fondateurs : l'éducation populaire. A travers des entretiens, des retours d'expériences et des analyses plus théoriques c'est une lecture critique de la société et de ses représentations médiatiques qui se dessine, pour repenser la fabrique même de l'information.

  • Consentement.

    En droit, ce mot utilisé pour valider un mariage, un contrat, une opération médicale, sert aussi à juger la qualité des relations intimes : le défaut de consentement est ce qui permet de distinguer un rapport sexuel d'un viol, une caresse d'une agression, les « avances » du harcèlement. Or cette approche renforce l'asymétrie des rapports hommes-femmes en reconnaissant aux premiers un rôle actif de proposition, de demande, voire d'exigence, et aux secondes la seule possibilité de « consentir » ou non. Elle n'interroge qu'à la marge la coercition portée par l'hétéro-normalité, sans voir que l'intériorisation de la domination peut paradoxalement s'exprimer par un « consentement » à la violence.

  • Démantèlement du droit du travail et des CHSCT, incohérences dans la gestion de la pandémie Covid-19, accidents industriels comme Lubrizol... Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé et du travail, éclaire le lien entre ces catastrophes : la mise en danger généralisée des travailleurs.euses par le patronat et l'État.

    Ces entretiens reviennent sur ses recherches sur les maladies professionnelles, expliquent ce que la pandémie révèle de la destruction des droits à la santé en France, racontent les luttes en cours et analyse le lien entre leurs dimensions sociale et environnementale. Ils tracent ainsi le chemin d'une possible démocratisation du travail, pour le mettre au service de la santé et de la vie.

  • Comme il y a une « affaire Dreyfus » ou une « affaire Audin », il existe une « affaire Abdallah ».

    Arrêté le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah est non seulement le plus ancien prisonnier politique d'Europe mais également le plus ancien de l'histoire de France depuis la révolution française. L'auteur nous offre à travers cette étude un retour détaillé sur l'homme et son combat, la longue chronique judiciaire qui conduira à sa condamnation, une grille d'analyse de la justice française et de la fabrique médiatique de l'opinion, et enfin un pamphlet aussi implacable que nécessaire en faveur de sa libération.

  • Comme le roi Midas transformant tout ce qu'il touche en or, l'économie transforme tout ce qui s'approche d'elle en marchandise. La nature ne fait pas exception.
    En donnant un prix à l'air, à l'eau, aux espèces et à l'ensemble de l'environnement, l'économie achève dans un même mouvement de saccager en protégeant.
    Les entretiens réunis dans ce livre documentent ce nouvel eldorado du capitalisme.

  • Si les travailleurs·ses produisent toutes les richesses, qui produit les travailleurs·ses ? Quest-ce qui les pousse à aller chaque jour au travail ? Cest ce à quoi répond la théorie de la reproduction sociale par une approche féministe-marxiste des angles morts du capitalisme : travail domestique, care, loisir, sexualité, mais aussi procréation, éducation, retraite, colonialisme, migration... Avant 8 heures, après 17 heures est un ouvrage collectif (Nancy Fraser, Cinzia Arruzza...) permettant de saisir la façon dont est régénérée la force de travail et combien la reproduction sociale, sur laquelle sappuie le capitalisme et quil détruit pourtant, est au coeur de nos quotidiens et de nos luttes.

  • Les années 1950 et 1960 ont connu une période de large expansion du capitalisme, appelée en France les "Trente Glorieuses" . Dans tous les pays industrialisés, la production industrielle fut multipliée par trois, quatre ou cinq en deux décennies, le chômage de masse fut considérablement réduit, le niveau de vie de la classe ouvrière s'éleva, l'espérance de vie augmenta. Les partisans du mode de production capitaliste y virent la preuve que leur système pouvait dépasser les crises.
    Hélas pour eux, cet "âge d'or" n'était en fait qu'une parenthèse qui se termina dans les années 1970, par une crise à rebonds dont nous connaissons aujourd'hui, près de 50 ans plus tard, les soubresauts continuels.

  • Le livre inscrit la « Blitzkrieg » de Macron dans le temps long de « la réforme » telle que Rocard l'a mise à l'agenda de tous les gouvernements depuis la fin des années 1980. Il sort la réforme du qualificatif vague de « néolibérale » pour la poser comme une contre-révolution. C'est l'objet du second chapitre qui explique tous les éléments dispersés des réformes du salaire, du droit du travail, de la protection sociale, du marché du travail, du travail indépendant, depuis trente ans, pour montrer que l'enjeu est d'instituer le travail selon des modalités capitalistes, en réponse au début de son institution selon des modalités communistes.
    Pour commencer, un premier chapitre présente donc cette institution communiste du travail, telle qu'elle se construit dans la révolution du salaire au cours du 20 e siècle, avec l'affirmation du salaire universel, à la fois pour tous dans le salaire à vie - qui concerne plus du tiers des personnes majeures -, et pour tous dans sa socialisation pour subventionner l'investissement et rendre ainsi possibles des prémices de copropriété d'usage de l'outil de travail, sans propriété lucrative.
    Le troisième chapitre analyse l'entreprise Macron comme la tentative d'une classe dirigeante rassemblée (mais avançant sous le masque de la « société civile »), de renouer avec la systématisation de la contre-révolution initiée par Rocard. Ce qui est perçu, aujourd'hui, par le gouvernement, le Medef et la Cfdt comme l'origine des insuffisances des réformes qui se sont succédé depuis Rocard, c'est seulement leur manque de systématicité ; ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est l'achèvement de ce mouvement réactionnaire et contre-révolutionnaire.
    Le quatrième chapitre est une adresse aux militants qui se battent dans les entreprises et dans les services publics, ainsi qu'à ceux qui explorent ici et maintenant des formes de travail alternatives.
    Sortir de la défaite ou de la marginalité suppose une mobilisation en permanence aimantée à la boussole de la copropriété d'usage de l'outil de travail, du salaire à vie et de la subvention de l'investissement, lesquels supposent une large socialisation de la valeur dans des caisses de salaire et d'investissement, gérées par les travailleurs en vue d'une tout autre production que la production capitaliste. Pour finir, l'auteur, dans le prolongement de L'enjeu du salaire et d'Emanciper le travail, explorera les voies concrètes que pourraient prendre une mobilisation se donnant pour objectif la révolution du travail.

  • Dès les années 1970, le mouvement féministe québécois s'est largement mobilisé pour obtenir la reconnaissance sociale et économique du travail ménager. Toutefois, à partir des années 1980, cette lutte a été écartée, tant du mouvement des femmes que de son histoire.

    Combat abandonné, mais non gagné, son fardeau continue de peser aujourd'hui sur les femmes. Si la conciliation travail-famille ou la répartition des tâches dans le couple sont des thématiques présentes dans l'espace public, ce sont encore largement les femmes qui en assument la responsabilité.

    Ce livre propose une analyse historique des discours féministes sur le travail ménager et des débats entourant sa reconnaissance.

  • L'idéologie sécuritaire a rarement été aussi prégnante dans l'espace public. Pourtant, ce n'est pas une demande de répression qui émane de celles et ceux dont on prétend restaurer la sécurité, mais plutôt une demande de protection effective de la loi, que nourrit leur exposition croissante à l'arbitraire, non seulement de la rue, mais encore et surtout des administrations et des puissances économiques.
    Cet ouvrage présente les différents dispositifs juridiques existants destinés à garantir notre liberté de tous les abus de pouvoir et, ainsi, les conditions à partir desquelles nous pouvons véritablement nous dire en sûreté. Il révèle les leviers qui nous permettent, dès à présent, de renforcer la garantie du droit au quotidien et d'opposer ainsi à la dérive autoritaire contemporaine une réponse fondée sur l'approfondissement de la démocratie. C'est en rendant l'État de droit palpable pour la majorité des citoyens qu'ils cesseront définitivement de donner crédit à la rhétorique sécuritaire.

  • Par une collection de textes basés sur des cas précis d'informatisation (l'apiculture, la vocation d'informaticien, la commande vocale dans les entrepôts de la grande distribution), cet ouvrage montre que la numérisation détruit ce qui peut être encore sauvé dans les différents métiers, intensifie le travail, isole les individu et robotise les rapports sociaux.

    Loin d'être un processus neutre, ou une solution aux problèmes sociaux de notre époque, l'informatique répond à des intérêts bien précis. Cela peut et doit être stoppé: c'est ce que nous enseigne notamment l'opposition aux compteurs Linky.

  • À Paris, au début de l'année 1844, paraît la revue des Annales franco-allemandes. Cet unique numéro, dirigé par Karl Marx et Arnold Ruge, contient certains des textes les plus connus des jeunes Marx et Engels. Il cristallise aussi un projet politique et théorique collectif singulier, celui d'une partie des Jeunes hégéliens. Ces intellectuels allemands, disciples critiques de Hegel, cherchent à faire de la philosophie de ce dernier un instrument au service des luttes progressistes dans l'espace intellectuel et politique germanique.
    Cette première édition et traduction française intégrale des Annales franco-allemande donne à lire dans des traductions et appareils critiques nouveaux les articles de Marx et d'Engels (« Esquisse d'une critique de l'économie politique », « Sur la question juive », l'Introduction de la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel) ainsi que de tous les contributeurs du numéro (Mikhaïl Bakounine, Ferdinand Cölestin Bernays, Ludwig Feuerbach, Heinrich Heine, Georg Herwegh, Moses Hess, Johann Jacoby, Arnold Ruge).
    Introduit par Pauline Clochec, ce volume présente dans toute leur complexité le tournant socialiste et communiste que Marx réalise à Paris ainsi qu'un moment historique décisif de l'histoire politique allemande et européenne.

  • Chez Marx, l'abolition de la valeur consiste en la suppression de l'échange par la planification. Sa théorie de la valeur est imprégnée de cet objectif. Le but du livre est de revisiter cette théorie à partir des conditions actuelles du capitalisme. À la différence du temps de Marx, il est devenu impossible d'envisager le communisme comme simplement un nouveau mode production. Il s'agit de mettre au concret la théorie de la valeur en s'appuyant sur les caractéristiques pratiques du travail producteur de marchandises. Cela a des conséquences sur la façon d'envisager l'abolition de la valeur et la communisation. Il faut dès maintenant réfléchir à ce que pourrait être une société sans travail..

  • C'est une affaire entendue depuis des dizaines d'années : dans les bistrots, les ateliers, les salles d'attente ou les chaumières ; à Grenoble ou ailleurs, on appelle Le Dauphiné Libéré le « Daubé ».
    Ce surnom lui va si bien, résonne tellement comme une évidence que personne ne se donne la peine de l'expliquer. D'où vient-il ? Un hasard, un mauvais jeu de mots ? On ne sait pas. Le Dauphiné Libéré est daubé, voilà tout. Pourquoi perdre son temps à le démontrer ? Mais à trop se reposer sur cet acquis, on en ignore les enseignements. Car chercher à comprendre pourquoi Le Dauphiné Libéré est daubé permet de faire un voyage au coeur de l'histoire de la Presse Quotidienne Régionale, de la presse en général et de la vie politique grenobloise et d'en ramener des éléments de compréhension et du critique du monde dans lequel on vit.
    Tel est le but de ce livre qui se penche sur l'histoire, le développement et le fonctionnement actuel du Daubé.

  • L'autoréduction, c'est se réapproprier soi-même et collectivement des biens de consommation ou des services.
    C'est réduire les factures des loyers ou des impôts. C'est remettre en question les mécanismes de fixation des prix, cette machine de guerre contre les salariés. C'est l'action directe des usagers qui peut déboucher sur l'occupation d'un quartier entier et former un tout avec les grèves violentes. Voilà une nouvelle forme de lutte au coeur des centres urbains capitalistes.

  • Crises

    Léon de Mattis

    En octobre 2008, le système financier mondial a failli s'écrouler.
    Depuis, la crise financière s'est muée en une crise de la dette publique qui s'aggrave de mois en mois. Le fonctionnement de l'économie, à l'heure actuelle, repose sur la croyance en la capacité des États à maintenir la valeur de la valeur. Que cette croyance s'effondre et le système périt. Crises saisit cette occasion pour poser une question que les économistes évitent toujours : pourquoi l'argent vaut-il quelque chose plutôt que rien ? Répondre à cette question c'est s'interroger sur les fondements de la valeur dans le capitalisme.
    À l'heure où beaucoup s'indignent de la situation actuelle en croyant naïvement que l'on pourrait revenir à l'économie "régulée" des lendemains de la seconde guerre mondiale, il faut rappeler que le rapport social capitaliste ne peut être combattu qu'en l'attaquant à la racine. Tant qu'il y aura de l'argent, il n'y en aura pas assez pour tout le monde.

  • Les événements de l'automne 2014 autour du chantier de barrage dans la forêt de Sivens (Tarn) marquent le franchissement d'un nouveau seuil dans le conflit qui oppose l'État français à des fractions de sa population, sur les questions d'aménagement des territoires.

    Les éditions La Lenteur font paraitre à chaud un recueil de documents sur ces évènements. Tracts, articles, échanges épistolaires, tribunes de presse et témoignages : 150 pages qui retracent la montée en puissance de la mobilisation et donnent une idée de la diversité des tendances en son sein. 150 pages qui proposent aussi une perspective politique : le rejet du développement économique.

  • Le Capital, c'est à la fois un livre publié par Marx en 1867, il y a 150 ans, puis trois éditions en allemand, une en français, deux livres publiés par Engels, des milliers de pages de manuscrits, de projets et d'essais. Comment se repérer dans ce massif immense?? L'ensemble est maintenant accessible dans l'édition réalisée par la MEGA, publication intégrale des oeuvres de Marx et d'Engels dans leur langue d'écriture.
    Michael Heinrich présente les acquis essentiels de cette MEGA qui, en fixant les textes, permettent, si ce n'est de trancher, du moins d'éclairer la plupart des débats touchant à l'interprétation du projet marxien. Heinrich offre ici un instrument de travail sans précédent à tous les lecteurs de Marx.

    Alix Bouffard, Alexandre Feron et Guillaume Fondu, qui préparent actuellement pour la Geme une anthologie des trois livres du Capital à paraître en 2018 - année du bicentenaire de la naissance de Marx -, reviennent sur l'histoire des différentes éditions et traductions de l'ouvrage de Marx en France. On pourra enfin se repérer dans les enjeux éditoriaux des différentes versions et traductions françaises.

    Le texte de Michael Heinrich est traduit de l'allemand par Jean Quétier.

  • Bien des philanthropes, depuis la création de la prison, luttent pour une amélioration du sort des détenus.
    C'est d'ailleurs la moindre des choses. On peut indéfiniment réformer et reformer ainsi la prison. On peut aussi vouloir son abolition, sa suppression pure et simple. Comme on a supprimé les tortures de l'arsenal pénal. Elle est un supplice, au même titre que la goutte d'eau sur le crâne et tous les supplices du même genre qui visent l'énervement. Elle repose sur l'idée qu'elle doit être dégradante et humiliante: au sens le plus littéral du terme, elle se veut une peine infamante.
    Les modernes, malgré les concessions au populisme d'aujourd'hui sur le "tout sécuritaire ", s'accordent à la trouver archaïque. Mais on peut s'attendre à ce qu'elle soit remplacée par quelque chose de pire. C'est pourquoi la question essentielle n'est pas celle du comment, mais du pourquoi. Pourquoi punir ? Pourquoi faudrait-il punir ?

  • Karl Polanyi (1886-1964), penseur des marchés et du marché depuis l'antiquité mésopotamienne jusqu'au grand marché mondial du vingtième siècle, reste aujourd'hui méconnu en France vingt ans après la publication dans notre langue de son ouvrage de référence. " La Grande Transformation ". Ses interprétations des sources de la civilisation de marché. du fascisme ou du New Deal. son anthropologie intriquant économie et société. sa critique du libéralisme, ses proximités et ses distances avec le marxisme et avec la religion... tout pourrait intéresser un large public à l'oeuvre multiple et considérable de Polanyi, cet austro-hongrois né dans une famille juive convertie au protestantisme, émigré en Angleterre, parti aux Etats-Unis, obligé par la chasse aux sorcières de vivre au Canada. Le livre de Jérôme Maucourant, maître de conférences de sciences économiques à l'université de Saint-Etienne (IUT) et membre de Triangle (ENS-LSH, CNRS. Lyon 2), présente le parcours intellectuel de Karl Polanyi, les principales articulations de son travail et donne à voir l'ensemble de son oeuvre dans une perspective résolument actuelle. Certes, comme le pensait Polanyi, la société de marché paralyse notre imagination, les modèles libéraux d'organisation de la société, qui prennent un caractère souvent naturel, nous empêchent de dépasser nos propres idées. Mais ne serait-il pas temps de lire cette introduction à la lecture de Polanyi ?

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