Sciences humaines & sociales

  • Des clubs privés londoniens à la Ligue du LOL, de la Sillicon Valley à Wall Street, Martine Delvaux s'intéresse aux regroupements d'hommes qui ensemble se relaient le pouvoir et font en sorte de le conserver. C'est dans les récits et les représentations qui défilent sur nos écrans qu'elle cherche à mieux les voir, à analyser leur mécanique. L'armée, les fraternités, les cabinets d'avocats, les firmes d'architectes, le Bureau ovale, tout y passe.
    Je veux faire surgir le boys club pour ce qu'il est : une organisation des corps, une chorégraphie qui est un rouage du patriarcat, la mécanique qui permet à la domination masculine de s'actualiser chaque minute de chaque jour de notre vie.

  • Le Droit à la paresse

    Paul Lafargue

    Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste.
    Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis des siècles torturent la triste humanité. cette folie est l'amour du travail la passion maori bonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture. au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes, ont sacro-sanctifié le travail.
    Hommes ` aveugles et bornés, ils ont voulu être plus sages ,que leur dieu ; hommes faibles et méprisables, ils ont voulu réhabiliter ce que leur dieu avait maudit. moi, qui ne professe d'être chrétien, économe et moral, j'en appelle de leur jugement à celui de leur dieu ; des prédications de leur morale religieuse, économique, libre penseuse, aux épouvantables conséquences du travail dans la société capitaliste

  • À la fois récit et théorie de la socialisation du salaire, c'est d'abord la première histoire de la protection sociale en France depuis 1920. C'est aussi une description et une analyse comparative des deux modèles de protection sociale qui s'affrontent aujourd'hui autour des débats sur la cotisation sociale, les retraites et l'emploi.
    Cette nouvelle édition comporte trois chapitres inédits qui complètent la première édition de 1998. En quoi le salaire a constitué un progrès et une incontestable réussite ?
    Comment se sont malgré cela imposées des représentations rétrogrades de ce modèle, tant dans le discours académique que dans les pratiques comptables ? Enfin, l'auteur donne les outils pour reprendre la marche vers l'émancipation.

  • En travail : conversations sur le communisme Nouv.

    Ce livre est l'occasion d'une rencontre que beaucoup attendaient. Bernard Friot est militant du Parti communiste et architecte de la théorie du salaire à vie. Frédéric Lordon construit une philosophie spinoziste des institutions. Ces trajectoires ont a priori peu en commun. L'un et l'autre parviennent pourtant au même constat : le communisme est à l'ordre du jour.
    Ces entretiens portent sur les figures que pourraient y revêtir le travail, la valeur, le salaire, l'investissement, l'État, la propriété. Mais déplient également accords et désaccord sur ce qu'il faut entendre par un « déjà-là »,sur la nature et l'existence d'une classe révolutionnaire, sur les processus de la transition.

  • Depuis quand, et comment, et pourquoi le mot « homme » en est-il venu à désigner le genre humain tout entier ? Au fil d'une passionnante analyse sur l'usage historique de ce terme, son étymologie, la plus-value sémantique qu'il a progressivement acquise, Éliane Viennot retrace l'histoire d'un abus de langage qui gonfle « l'Homme » à la dimension de l'humanité. Au pays du Musée de l'Homme, de la Maison des Sciences de l'Homme, des Droits de l'homme et du citoyen, cette histoire-là relève d'une exception française qui sent fort l'imposture masculiniste. Il est temps que « l'homme » se couche, sémantiquement parlant, qu'il regagne son lit de mâle humain et laisse place aux autres individus du genre Homo, aux personnes humaines.

  • Silvia Federici revisite ce moment particulier de l'histoire qu'est la transition entre le féodalisme et le capitalisme, en y introduisant la perspective particulière de l'histoire des femmes.

    Elle nous invite à réfléchir aux rapports d'exploitation et de domination, à la lumière des bouleversements introduits à l'issue du Moyen Âge. Un monde nouveau naissait, privatisant les biens autrefois collectifs, transformant les rapports de travail et les relations de genre. Ce nouveau monde, où des millions d'esclaves ont posé les fondations du capitalisme moderne, est aussi le résultat d'un asservissement systématique des femmes. Par la chasse aux sorcières et l'esclavage, la transition vers le capitalisme faisait de la modernité une affaire de discipline. Discipline des corps féminins dévolus à la reproduction, consumés sur les bûchers comme autant de signaux terrifiants, torturés pour laisser voir leur mécanique intime, anéan­tis socialement. Discipline des corps d'esclaves, servis à la machine sociale dans un formidable mouvement d'accaparement des ressources du Nouveau Monde pour la fortune de l'ancien.

    Le capitalisme contemporain présente des similitudes avec son passé le plus violent. Ce qu'on a décrit comme barbarie et dont aurait su triompher le siècle de la raison est constitutif de ce mode de production : l'esclavage et l'anéantissement des femmes n'étaient pas des processus fortuits, mais des nécessités de l'accumulation de richesse. L'auteur nous invite à par­tager son regard d'historienne et de féministe sur la situation actuelle et sur ses mécanismes.

  • Des mobilisations féministes massives éclosent sur tous les continents bouleversant les moeurs et les législations. Verónica Gago, figure majeure du féminisme latino-américain, observe avec un regard original l'émergence de cette internationale féministe. Mêlant analyse et manifeste politique, La Puissance féministe revient sur les débats féministes actuels et sur les controverses autour du modèle de développement néo-extractiviste.

    Riche de son expérience au sein des mouvements radicaux, l'autrice questionne le lien étroit entre le genre et la race. Gago se demande à quoi pourrait ressembler une nouvelle théorie du pouvoir, fondée sur notre désir de tout changer.

  • Si le bourdon fait partie du système reproducteur du trèfle, pourquoi ne ferions-nous pas partie du processus de croissance d'artefacts ? Un regard attentif aux mondes animaux révèle les mille et une manières dont la technique et le beau émergent du sensible. Mais qu'en est-il des relations sociales de production, de domination et d'exploitation ? Si celles-ci ne relèvent pas exclusivement de l'humain, que disent-elles de la manière dont on le devient ?

  • Des émeutes aux violences de la police, des ZAD aux places occupées, des Black Blocs aux gilets jaunes, de la viralité des réseaux à la rage de la rue, l'espace de la contestation sociale s'est radicalement transformé. Et cela loin des formations politiques et syndicales, de leurs rites et folklores, dans une quête d'indépendance et d'auto-organisation bien fragile face au rouleau compresseur du néo-libéralisme autoritaire.

    Ce livre retrace l'histoire de ces mouvements qui débordent le cadre de la politique traditionnelle, de mai 68 à nos jours, l'histoire d'hommes et de femmes qui se soulèvent face aux diverses oppressions qu'ils subissent au quotidien, dressant ainsi cette diagonale de la rage, des quartiers populaires aux gilets jaunes.

  • De la violence coloniale dans l'espace public : visite du triangle de la Porte Dorée à Paris Nouv.

    Ce guide décolonial nous emmène à l´est de Paris visiter un véritable « triangle colonial », composé de trois monuments qui offrent un condensé de l´histoire culturelle, économique, raciale et politique de la France. On y croisera une colossale fresque mettant en scène le travail forcé dans les colonies, un monument qui fait régulièrement l´objet d´actions anti-colonialistes, et une statue d´Athéna représentant « La France apportant la paix et la prospérité aux colonies ». Posant les bases d´une pédagogie critique explorée par le collectif Décoloniser Les Arts (DLA), cet ouvrage revient sur les débats et les luttes menées à travers le monde autour de statues, célébrant esclavagistes et colonialistes, « au pied desquelles le pouvoir dépose des gerbes de fleurs. ».

  • Petit manuel anarchiste individualiste Nouv.

    « Être anarchiste c'est nier l'autorité et rejeter son corollaire économique : l'exploitation. Et cela dans tous les domaines où s'exerce l'activité humaine. L'anarchiste veut vivre sans dieux ni maîtres ; sans patrons ni directeurs ; alégal, sans lois comme sans préjugés ; amoral, sans obligations comme sans morale collective. » E. Armand (1872-1962), théoricien de l'individualisme anarchiste, expose, dans ce recueil de textes, son rejet de la domination sous toutes ses formes et sa volonté de faire de l'individu libre le pilier d'une société nouvelle, juste et égalitaire.

  • Cet ouvrage entend offrir un accès à l'oeuvre de Simone de Beauvoir en présentant toutes les dimensions de son oeuvre, dont on redécouvre actuellement les aspects philosophiques.

    À partir de douze extraits de ses textes, connus ou oubliés, ce Découvrir explore les différentes facettes de sa pensée, de ses premiers textes existentialistes à son essai tardif La Vieillesse, en passant bien sûr par Le Deuxième Sexe mais aussi par ses réflexions sur la justice à la Libération ou son dialogue continu avec le marxisme. L'occasion d'expliciter plusieurs thèmes qui travaillent son oeuvre : existentialisme, morale, justice, liberté, aliénation, oppression, rapport à la littérature.

  • Abrégé du capital de Karl Marx : nouvelle édition Nouv.

    Cet abrégé du livre I du Capital de Karl Marx, rédigé en 1878, est un objet de curiosité, comme peuvent l'être certains livres. Il paraît à un moment charnière de l'histoire du mouvement ouvrier, où à la fois s'élabore un socle commun d'une critique du monde capitaliste et s'opère une fracture sur la question de l'organisation. Destiné à un large public, écrit dans un style débarrassé de l'appareil scientifique qui rend parfois ardue l'oeuvre originale, l'Abrégé du Capital fut considéré par Marx à l'époque comme « un très bon résumé populaire de sa théorie de la plus-value ».

    Cet opuscule, élaboré en prison, nous renvoie aussi à la vie tourmentée de son rédacteur, Carlo Cafiero, militant anarchiste exclusivement dévoué à ses idéaux, dont le parcours est retracé dans la préface de Mathieu Léonard.

  • Luxure, nom féminin : comportement de quelqu'un qui se livre sans retenue aux plaisirs sexuels.

    Les codirectrices de Libérer la colère poursuivent leur relecture libre et féministe des péchés capitaux en s'attaquant cette fois à une bête redoutable : le sexe. Qui a dit que la libération sexuelle des années 1970 avait vraiment «libéré» notre sexualité ? Est-ce que le devoir conjugal n'appartient qu'à la génération de nos grands-mères ? Comment se fait-il que le fossé orgasmique soit encore si profond?

    De l'asexualité au BDSM, du polyamour au consentement enthousiaste, ces textes culottés réclament haut et fort une nouvelle révolution sexuelle, une réinvention de nos rapports intimes. Si le privé est politique, la sexualité est la clé de voûte de véritables rapports égalitaires. Nous réclamons le droit à la jouissance complète de nos vies. Si dans Libérer la colère nous disions être des féministes frustré·e·s, nous constatons dans Libérer la culotte que nous sommes aussi mal baisé·e·s.

  • Une introduction à l'oeuvre de la théoricienne allemande et dirigeante de premier plan du mouvement ouvrier à travers une sélection de douze textes commentés qui présentent les débats et les conflits auxquels elle a pris part ainsi que les grands thèmes de sa pensée : l'impérialisme, la guerre, la démocratie, le nationalisme et le socialisme.

  • Nos corps sont des terrains de résistance car ils sont pour d'autres des terrains à conquérir. Dans cet ouvrage accessible et personnel, en discussion avec les mouvements féministes contemporains, Silvia Federici entreprend d'extirper nos corps des pouvoirs et des dispositifs technologiques qui les aliènent et les transforment.

    Comment reprendre corps aujourd'hui alors que les publicitaires dictent à ce corps son allure, que les petits chefs l'épuisent au travail, que les médecins l'entourent de sa naissance à sa mort, et qu'on le marchandise jusqu'à la reproduction ? Comment le corps et le genre se forment-ils, entre histoire, luttes collectives, et politique de l'identité ?

    De l'examen de ces questions brûlantes, il ressort un refus : celui de la transformation du corps en machine (ouvrière, procréatrice ou esclave). Et une affirmation : la nécessité d'écouter le langage du corps, afin de retrouver par-delà ses frontières la continuité magique qui nous relie aux autres êtres vivants qui peuplent la terre.

  • Le documentaire Petite fille en 2020 nous aura rappelé que la question des jeunes trans gagnerait à être mieux connue du grand public. Longtemps, les identités trans et non binaires chez l'enfant ont été comprises comme une pathologie du développement à mettre en veilleuse, voire à corriger plus tard.

    À l'image des personnes homosexuelles qui ont subi ces mêmes violences, un·e enfant qui exprime une identité de genre non conforme n'est absolument pas malade. Défendant l'approche dite « transaffirmative », qui repose sur une vision non binaire du genre, non pathologisante, respectant l'autodétermination et l'expertise des personnes sur leur vie, cet ouvrage pluridisiciplinaire entend fournir des fondements théoriques et pratiques sur le sujet, dans le but d'accompagner et d'améliorer la qualité de vie de ces enfants souvent vulnérables.

  • Peu après la publication de Surveiller et punir, Michel Foucault est amené à répondre à la question suivante : « Y a-t-il des "alternatives" à la prison ? » Foucault doute que l'imposition croissante de conditions restrictives en dehors de l'enceinte de la prison témoigne d'une rupture avec l'emprisonnement ; le progressisme pénal et le développement de techniques de surveillance sembleraient aller de pair.

    Ainsi ne s'agit-il pas tellement d'inventer des « alternatives », mais plutôt de savoir si l'on souhaite diffuser ou faire décroître le contrôle social. La lecture rétrospective d'« Alternatives » à la prison, loin de tarir les questionnements sur l'actualité criminologique, suscite de nombreuses interrogations quant à l'extension d'une société policée. Des textes de Sylvain Lafleur, Toni Ferri et Anthony Amicelle viennent actualiser cette analyse.

  • Face aux désastres entraînés par l'anthropocène et le capitalocène, il y a urgence à penser et agir différemment. C'est ce qu'Haraway propose de faire dans Vivre avec le trouble, en racontant d'autres histoires, en renouvelant notre rapport au temps et aux autres espèces.

    Prenant ses distances avec toute forme de futurisme (du salut technologique aux discours apocalyptiques) elle explore ces temps troublants et troublés que nous vivons afin d'y déceler les possibles qu'ils recèlent. Épaissir le présent, favoriser l'épanouissement multispécifique, générer des alliances improbables et des « parentèles dépareillées » pour ne pas céder à l'effroi ou l'indifférence, voilà ce à quoi nous invite ce livre.

  • L'invention de la civilisation occidentale Nouv.

    Qu'est-ce que la civilisation ? Le terme, communément associé à l'ordre et au progrès, surtout par les puissants, désigne en réalité des principes bien moins glorieux, manifestes dans la dichotomie qu'il institue entre « civilisé » et « primitif ».

    Ce livre traite de l'idée de civilisation et de la façon dont, depuis son invention, elle est utilisée par les classes dominantes en vue de défendre leur statut. S'appuyant sur sa connaissance approfondie des sociétés dites « primitives », l'anthropologue Thomas C. Patterson montre comment la formation de classes sociales, le capitalisme, le sexisme et le racisme furent essentiels à la formation des sociétés « civilisées » en Europe occidentale, et au-delà.

  • On présente généralement Frédéric Lordon comme lauteur dune avancée théorique majeure pour refonder une gauche conséquente. Nous disposerions grâce à lui de moyens renouvelés dinterpréter le monde néolibéral et dune stratégie politique pour en finir avec laménagement social-démocrate du capitalisme. Tel nest pas lavis de Benoît Bohy-Bunel qui, loin de tenir son oeuvre pour la critique politique radicale quelle prétend être, la réfute ici sans appel, ny voyant rien de plus quun anticapitalisme tronqué qui convient aux idéologies de crise populistes. De quoi Lordon est-il le nom ? Un drapeau en berne d'une gauche décatie qui tente de réguler une fois de plus lÉconomie et la politique de façon « plus humaine ». Se donnant pour ambition de donner un panorama complet et critique des principales thèses dun auteur à loeuvre prolifique, l'auteur en appelle par là même à un renouveau de la lutte contre le capitalisme sur de tout autres fondements théoriques.

  • Le regard du jaguar : introduction au perspectivisme amérindien Nouv.

    Quel est le point de vue des Indiens sur la question du point de vue ? Comment repenser la métaphysique depuis le regard du jaguar ? Dans ce recueil d'entretiens, le grand anthropologue Eduardo Viveiros de Castro nous introduit à une pensée neuve : le perspectivisme amérindien.

    À partir des cosmogonies autochtones, c'est un rapport au monde au-delà des oppositions entre Nature et Culture, Sujet et Objet, qu'il s'agit d'affirmer. Lévi-Strauss, l'extractivisme, les masques, la littérature, les jaguars, les vautours ou les sangliers, c'est tout cela qui est mobilisé dans un discours synthétique au service d'un bouleversement total de nos habitudes de penser. Un appel urgent à un autre régime de perception.

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