La Ville Brule

  • Savez-vous que le mot « féminisme » est issu du vocabulaire médical ? Que l'on doit l'un des discours les plus importants de l'histoire des femmes à une esclave afro-américaine qui ne savait pas lire ? Que les femmes n'ont jamais brûlé leur soutien-gorge dans les années 1970 ? Que Wonder Woman a été créée par un homme polyamoureux adepte de bondage, qui souhaitait faire de la propagande féministe ?

    Concepts, théorie, mèmes, figures marquantes, petites et grandes histoires, références indispensables... De A comme Adelphité à W comme Womanism, Herstory vous propose une plongée passionnante dans l'histoire des féminismes.

  • On ne présente plus Monique et Michel Pinçon-Charlot, célèbres sociologues spécialistes des inégalités sociales.Livres, BD, documentaires jeunesse... tous les moyens sont bons pour vulgariser leurs travaux !

    Kapital ! est bien plus qu'un jeu de société, c'est tout simplement le premier jeu de sociologie critique. Il permet de comprendre d'appréhender et même d'expérimenter les mécanismes sociologiques de la domination, avec un jeu de plateau aussi drôle que palpitant, mis en image par le dessinateur Etienne Lécroart.

    En famille ou entre amis, de 9 à 99 ans, un jeu à mettre entre toutes les mains pour voir le monde tel qu'il est... et avoir envie de le changer !

    Alors à vous de jouer, pour tenter de gagner... la guerre des classes !

  • Et si l'oeuvre la plus importante de Simone de Beauvoir était ... sa vie ?

    Cette biographie de Simone de Beauvoir est tout à fait inédite, tant dans sa forme que dans son ambition : faire découvrir Simone de Beauvoir à une génération de lectrices et de lecteurs agé.es de 16 à 35 ans qui ne l'ont jamais lue, ou même ne la connaissent pas. Sans hésiter à faire descendre la « grande Simone » de son piédestal pour en faire une femme qui a commis des erreurs, qui parfois les a reconnues (et parfois non), bref une femme (presque) comme les autres, Oh, Simone ! met en lien la vie et l'oeuvre de Simone de Beauvoir, rend ainsi cette dernière accessible au plus grand nombre.

    Simone de Beauvoir a beau nous avoir quitté.es il y a plus de 30 ans, sa pensée, ses questionnements et ses réflexions demeurent plus que jamais actuels. Son engagement féministe, ses activités politiques, ses essais philosophiques, son oeuvre littéraire ou tout simplement la façon dont elle a choisi de vivre sa vie : tout vaut la peine d'être découvert.

    Une question traverse le livre de bout en bout : et si l'oeuvre la plus importante de Simone de Beauvoir était finalement sa vie, une vie qui l'a vue s'émanciper d'une tutelle parentale extrêmement conservatrice, puis de la tutelle intellectuelle de Jean-Paul Sartre pour vivre libre la vie intellectuelle et amoureuse qu'elle voulait mener ?

    Pour répondre à cette question, cet essai très documenté, dynamique et plein de surprises s'articule autour de six parties : Devenir, Aimer, Penser, Écrire, Agir, Lutter.

    Voici ce que propose Oh, Simone : penser, lire, apprendre, aimer et rire (promis !) avec Simone de Beauvoir, une femme résolument moderne.

  • Si tout le monde connaît L'Internationale, hymne planétaire du mouvement ouvrier, peu de gens connaissent son histoire, une histoire particulièrement riche et complexe qui nous emmènera de la Commune à 2018, en passant par les États-Unis et l'URSS. On découvrira au fil des pages un auteur méconnu qui meurt dans la misère, un compositeur spolié de ses droits d'auteur, deux révolutions, des cimetières, des tables qui tournent, Louise Michel, Rosa Luxemburg, Jaurès et Lénine, ... et quelques fantômes, bien sûr !

    Un récit feuilletonnant et riche en rebondissements, mené tambour battant par Élise Thiébaut et illustré avec force et passion par Edmond Baudoin qui donne vie ici aux damnés de la Terre, aux forçats de la faim, et à toutes celles et ceux qui voulaient chanter le monde.

    Première partie : L'Internationale illustrée par Baudoin - Deuxième partie : Les Fantômes, histoire de L'Internationale racontée par Élise Thiébaut et illustrée par Edmond Baudoin.

  • Avec "Nos premières fois", le préhistorien Nicolas Teyssandier nous livre un inventaire très particulier, celui des premières fois de l'Humanité, "nos" premières fois culturelles, techniques, matérielles : le premier outil, bien sûr, mais aussi le premier couple, le premier bijou, le premier meurtre, le premier chat, le premier dieu ou encore le premier mot...
    Ces premières fois qui constituent notre mémoire collective prennent ici la forme d'un grand récit qui s'appuie sur les connaissances le s plus actuelles en préhistoire et en évolution humaine.
    Ce récit se double d'une autre histoire, celle de la façon dont les chercheurs travaillent et enquêtent pour reconstituer ce passé commun de l'Humanité - un travail qui se rapproche par bien des aspects d'une véritable enquête policière pour reconstruire un passé millénaire à partir de traces matérielles, de fossiles, d'indices ténus et fragiles.

    Nicolas Teyssandier est préhistorien, chargé de recherche au CNRS. Spécialiste des équipements en pierre taillée, il travaille sur des sites archéologiques dans le monde entier. Il a également co-scénarisé le documentaire "Le fils de Néandertal ou le secret de nos origines" (Arte, 2017).

  • 16 mars 2016, la réunion de présentation d'un centre d'hébergement dans le très chic et très riche XVIe arrondissement de Paris tourne à l'émeute !
    Pour protester contre cette intrusion de la réalité sociale du pays dans leur havre de paix et de prospérité, les grands bourgeois du XVIe se comportent comme les « racailles inciviques et violentes » qu'ils sont si prompts à dénoncer.
    Les sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot tirent les fils et analysent les enjeux de cet événement : entresoi, sentiment de propriété des riverains du bois de Boulogne, cynisme, violence de classe et conception très particulière de la solidarité.
    Les dessous sociologiques du XVIe arrondissement de Paris sont dévoilés par cette passionnante enquête, alternant analyses sociologiques et reportage dessiné.

  • Parler de sexualité à des ados issus de tous les coins d'Île-de-France et de tous les milieux sociaux, c'est leur parler de consentement, de sexisme, de tolérance, de coming out, de violences et de harcèlement, c'est tenter de faire émerger une parole que personne ne veut ou ne sait entendre, c'est parler de la vie et de la façon dont on la subit quand on a 17 ans.

    À travers ces 50 chroniques ayant pour thème la sexualité, la pornographie, les relations filles-garçons, l'alcool, les drogues, et parfois même l'amour, Dr Kpote partage ici, avec humour et empathie, des tranches de vies qui nous font passer du rire aux larmes, et nous éclairent sur cette génération Q, une génération qui parle plus facilement de porno que d'amour.

    La sexualité, ce n'est pas seulement du cul !

    Militant de la lutte contre le sida, le Dr Kpote intervient depuis une dizaine d'années dans les lycées et centres d'apprentissage d'Île-de-France, de Versailles à Clichy en passant par Paris, comme « animateur de prévention ». Chaque semaine, il rencontre des dizaines de jeunes avec lesquels il échange sur la sexualité et les conduites addictives, avec empathie et sans jamais juger. Il tient également une chronique sur le même sujet dans le magazine Causette.

  • Paris est la première destination mondiale de la plate-forme Airbnb. Transformés en « cash machine », 20 000 appartements qui logeaient des familles de la classe moyenne parisienne au début des années 2010 accueillent à présent des touristes. Loin de sa promesse initiale, l'économie du partage est devenue une économie de la prédation.
    Données inédites à l'appui, l'auteur expose les conséquences de cette « ubérisation de l'urbain » : disparition des commerces, transformations des temps de vie et des modes de « ville », perte d'identité, renchérissement des loyers. Il pose aussi la question des géographies du pouvoir face à l'effacement des États. Une question d'autant plus urgente que Airbnb, Google, Amazon et Uber entendent fabriquer la ville du 21e siècle. Va-t-on les laisser faire ?

  • En 1755 paraît un petit ouvrage anonyme intitulé Code de la nature, ou le véritable esprit de ses lois (de tout temps négligé ou méconnu). Ce texte, rédigé par un mystérieux Morelly, attaque violemment la morale dominante et l'institution religieuse et se conclut par un plan de législation destiné à assurer le bonheur de l'humanité sur la base de l'abolition de la propriété privée. Personne avant Morelly n'avait osé quitter le terrain de la narration fabuleuse pour affirmer la nécessité de révolutionner aussi radicalement le vieux monde. Ce cri d'indignation et ces propositions utopiques seront vraisemblablement lus et médités par Rousseau ; ils seront entendus et compris de Babeuf et de ses camarades, combattants acharnés de l'égalité ; ils seront repris par les socialistes français au cours du XIXe siècle. Stéphanie Roza nous invite aujourd'hui à redécouvrir ce texte fondateur étonnant et son auteur, Étienne-Gabriel Morelly. Oublié de la grande histoire littéraire et philosophique, ce dernier prend pourtant place dans la cohorte historique de ceux qui ne se résolvent pas à s'incliner devant la force des choses.

  • Eugène Cotte, jeune soldat blessé lors de la première Guerre mondial écrit ses mémoires sur son lit d'hôpital, et le panorama est saisissant : l'enfance bigote sur une terre ingrate ; l'adolescence ballotée de ferme en ferme ; l'éveil de la conscience, la rencontre avec des militants anarchistes paysans ; l'insoumission et le chemin de l'exil ; la condition ouvrière puis l'arrestation, la prison, la vie militaire et enfin, la guerre.
    Les propos de Cotte sont d'une étonnante modernité : ses propos sur les femmes, sur l'éducation, les innombrables questions qu'il se pose sur l'individu et la société, le déterminisme. T out résonne en nous : c'est bien à une conversation avec nous-mêmes et avec notre temps, que nous invite Eugène Cotte dans ses mémoires écrits il y a tout juste cent ans.

  • L'antifascisme démocratique, né d'une émotion collective, surgit en France en 1934-1935, et cette expérience marque la scène politique française pour plusieurs décennies.
    Les auteurs font ici le choix de resserrer l'analyse sur la séquence 1934-1936, et de placer les acteurs au coeur de leur analyse. Une lecture à hauteur d'homme où il s'agit d'abord de questionner une émotion (l'antifascisme) avant de s'intéresser à son évolution politique.
    Le propos des auteurs n'est pas l'actualité, mais il s'en nourrit. Il s'agit en effet ici de faire partager la première expérience de l'antifascisme de masse pour mieux faire comprendre ses potentialités et ses difficultés.
    Cet ouvrage portant sur un thème toujours d'actualité est susceptible d'intéresser de nombreux lecteurs.

  • Depuis les années 1930, les sociologues du travail se demandent pourquoi les ouvriers ne travaillent pas plus... Michael Burawoy se demande quant à lui pourquoi les ouvriers travaillent aussi dur, et ce qui les fait consentir à leur propre exploitation.
    Pour tenter de répondre à ces questions, il a travaillé près d'une année à la chaîne d'une usine de moteurs de la banlieue de Chicago. Aux antipodes d'une vision patronale de la sociologie du travail, Produire le consentement mêle descriptions ethnographiques et théorie du procès de travail capitaliste. Michael Burawoy y analyse le procès de production comme un jeu dont les travailleurs élaborent eux-mêmes les règles, et montre que cet ensemble de pratiques informelles construisant un espace de travail en partie contrôlé par les ouvriers, loin d'atténuer l'exploitation, la renforce.
    Produire le consentement, qui s'est imposé comme un classique de la sociologie du travail depuis sa parution en 1979, n'avait jamais été traduit en français.

  • Les religions, loin d'être des facteurs de lien social et de pacifi cation des moeurs suscitent des confl its, favorisent les violences sectaires et meurtrières, et alimentent l'obscurantisme en refusant les grandes découvertes scientifi ques qui contredisent leur conception du monde et de l'homme. Enfi n, elles ont constamment soutenu les pires régimes d'oppression politique et sociale.
    Si la philosophie des Lumières en a fait le procès en son temps, le contexte intellectuel actuel leur est favorable, cet aveuglement laissant libre cours à un retour en arrière stupéfi ant. Yvon Quiniou, conscient d'aller contre l'air du temps, se livre ici à une imparable et salutaire critique des religions.
    Un ouvrage polémique qui suscitera à n'en pas douter de nombreux débats...
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  • À l'heure des post-capitalismes et des alter-mondes possibles, peut-on continuer à opposer de façon mécanique l'« utopie » radieuse du communisme à ses sombres «applications» ? Les idées, les valeurs se transforment lorsqu'elles s'accomplissent dans des circonstances concrètes, et c'est pourquoi Marx n'a jamais produit de théorie de la « société idéale ». Pour renouveler notre regard sur l'histoire du XXe siècle et nourrir une contre-hégémonie à la hauteur des défis du XXIe siècle, il faut revenir sur la véritable ambivalence du communisme : il est à la fois le « mouvement réel qui abolit l'état actuel » et le but à atteindre, « l'association dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ». Mouvement réel et fin visée, tels sont donc les deux visages du communisme. Inlassablement, Marx a cherché comment la révolution pouvait les faire coïncider. Ce sont les multiples voies de cette enquête que ce livre s'attache à éclairer.

  • « Les hommes doivent être à même de vivre pour pouvoir faire l'histoire. » Les hommes font leur propre histoire, Karl Marx n'est pas le premier à le dire. Il est en revanche le premier à s'être attaché aux conditions fondamentales de toute histoire : les besoins des hommes et les rapports sociaux. Car pour Marx, témoin et historien des révolutions, c'est l'action qui est déterminante : il s'agit de penser l'histoire pour la faire, ce qui est impossible si l'on ne prend pas en compte les conditions de vie réelles des hommes. Écrire l'histoire, faire l'histoire, vivre... C'est sur cette articulation essentielle entre savoir historique, action historique et conditions d'existence des acteurs de l'histoire que le philosophe Mohamed Fayçal Touati et l'historien Jean-Numa Ducange nous proposent leurs regards croisés. Ils exposent ici les fondements de la conception matérialiste de l'histoire, et analysent les textes et l'action de Marx au moment des révolutions de 1848 et 1871, offrant au lecteur des pistes pour (re)découvrir cette théorie de l'histoire ouverte, lucide et politique.

  • Communistes

    Martelli/Roger

    Les traditions politiques, comme toutes les réalités sociales, sont condamnées à mourir quand elles tournent le dos à leur histoire ou refusent de se transformer. Il en a été ainsi pour l'héritage du« léninisme ». Ceux qui s'en sont réclamés ont fini par oublier qu'il n'était qu'un moment d'une histoire n'ayant pas commencé en 1917, mais bien avant. Or le communisme est un processus historique complexe, juxtaposant pratiques et idées, actions concrètes et symboles. Son histoire est faite de tâtonnements et de bifurcations, partiellement déterminés par les contraintes d'une époque et façonnés par les choix des hommes qui le font vivre.

    Si la gestion soviétique a largement dominé les pratiques et les images communistes du XXe siècle, elle n'est ni le parachèvement, ni la quintessence du communisme politique, qui a aussi été - et est encore - un vecteur de combats politiques et éthiques, pour la dignité ouvrière, la réduction des inégalités, l'humanisation du tissu urbain, les valeurs démocratiques niées par le fascisme ou par la colonisation.

  • Entre histoire, mémoire et projet politique, ce texte de 1828 raconte l'histoire d'une société secrète post-révolutionnaire qui conspira pour instaurer l'égalité réelle entre les hommes et la communauté des biens.
    La réédition de ce texte classique, mais épuisé, est proposée par trois des meilleurs spécialistes français de la période.
    C'est également la toute première édition scientifi que réellement complète de ce texte fondateur, puisqu'elle comprend :
    - une biographie détaillée de Philippe Buonarroti - un nouvel appareil de notes - des notices biographiques de tous les acteurs cités dans le texte - une chronologie - une postface sur la réception de l'oeuvre - une bibliographie complète.

  • Le premier livre qui tourne à gauche. Les modes d'emploi mal traduits ont une vraie force poétique, qui déconnecte les usages et les buts et rend leur mystère aux objets les plus simples. Ce petit recueil est une compilation de mode d'emplois imaginaires destinés à des objets improbables et inutilisables, mélangeant une ascendance vaguement soviétique à des technologies plus récentes, le tout sur horizon politique. Ce livre se veut lui-même un tel objet, étrange et peu praticable, à la fois si simple et très complexe, puisqu'il ne se feuillette qu'en le tournant à chaque page d'un quart de tour vers la gauche. Ni canular, ni poésie désincarnée, il s'agit de parler du communisme en confrontant quelques-uns de ses vestiges, de ses échecs et de ses ambitions à nos propres interrogations et à l'envie persistante de construire, d'organiser et de rêver. À mi-chemin entre les Shadocks et El Lissitsky, le travail graphique d'Elena Vieillard, bien plus qu'une illustration, est indissociable du texte tant il incarne et donne sa force à ce petit livre-objet à manipuler et à rêvasser, en mouvement perpétuel. Vers la gauche.

  • Médias, argent, politique... les sondages sont au coeur d'un système qu'ils ont contribué à transformer. Forme dominante de production de l'opinion publique, les sondages participent à la mise en condition des citoyens, et donc à la perversion de la démocratie : les régimes démocratiques sont devenus des régimes d'opinion. Fabriquée, transformée en données chiffrées, marchandisée puis manipulée, l'opinion publique est à présent une source de profits sur un marché en pleine expansion. Alors que la fabrique de l'opinion tourne à plein régime, une critique citoyenne des sondages est plus nécessaire que jamais. Le Manuel anti-sondages décrypte le fonctionnement de ce système opaque et antidémocratique. Il propose une analyse sans concessions de ses techniques et de ses usages commerciaux, politiques et médiatiques, étayée par de nombreux exemples et complétée par un glossaire et des éléments de réponses aux contre-vérités des « opiniomanes » : autant d'outils permettant de se défendre contre l'emprise croissante des sondages (et des sondeurs) sur le débat politique.

  • Mouvement social, altermondialisme, nouvelles formes de militantisme et d'action politique... la pensée et les pratiques anarchistes sont plus que jamais d'actualité.
    Cet ouvrage présente au lecteur de façon claire, chronologique et actualisée les principaux penseurs, courants et jalons historiques de l'anarchisme et restitue de manière éclairante les logiques différentes qui animent ces courants.
    L'actualité sociologique de l'anarchisme y est ensuite analysée d'un double point de vue théorique et militant : présentation des organisations et des anarchistes non organisés en France, analyse des pratiques et théoriciens actuels, et mise en perspective visant l'actualisation de certains aspects de la pensée anarchiste.

  • " Il ne s'agit pas de sauver l'université, mais de savoir ce qu'il y a à sauver, ce qu'il est possible et souhaitable de sauver, ce qu'il y a à détruire en elle, et quels sont les moyens adaptés à cette fin.
    " Le printemps 2009 a vu exploser la contestation, d'une ampleur et d'une durée inédites, de l'enseignement supérieur et de la recherche à l'égard des nouveaux principes de gestion managériale de l'université et de leur idéologie autoritaire. Pourtant l'université " d'avant " n'était pas indépendante du marché : comprendre les contradictions et l'échec politique de cette grève impose d'identifier, au travers de la mutation en cours, les logiques de continuité qui façonnent la transition historique actuelle.
    L'heure n'est pas aux voeux pieux. Pour que les tendances de résistance puissent devenir de véritables forces opérationnelles conscientes de leurs possibilités, des lignes stratégiques et des options tactiques claires s'imposent. Cet essai mobilise la théorie au service de la pratique : s'organiser, agir, ne pas renoncer. Il propose un diagnostic, et souhaite contribuer à l'union des personnels enseignants, non enseignants et des étudiants pour combattre cette " incorporation croissante de la science au Capital ", selon la formule de Marx, et ses effets liberticides.
    La révolution dont il est question ici s'entend à trois niveaux : la " révolution " réactionnaire en cours, la grève de 2009, et finalement l'appel à une double posture de résistance et de construction d'une université " oppositionnelle " en rupture avec les violences directes et les aliénations sournoises du capitalisme.

  • Souvenirs

    Marie Rameau

    « Créer, même ici, c'est résister, c'est espérer, c'est vouloir vivre. » Les femmes dont il est question dans ce livre ont toutes été arrêtées pour faits de résistance. La plupart d'entre elles ont été déportées à Ravensbrück et dans des kommandos liés à ce camp. Face au processus de déshumanisation mis en oeuvre par les nazis, elles s'appliquèrent à mettre en place dans le quotidien du camp une autre forme de résistance. Là où manquait l'essentiel, elles s'appliquèrent à remplacer la nécessité par le superflu. Dessiner, écrire, coudre, broder... Les objets photographiés dans ce livre, sont autant de traces de « ces fils de l'amitié dont le camp, ainsi que le disait Germaine Tillion, était entièrement tissé ». Ces objets - carnets, broderies, ceintures, chaussures, chapelets, bijoux, jouets... étaient leur bien le plus précieux au camp, et pour nombre d'entre elles, ils le demeurent encore aujourd'hui. Montrer ces objets, raconter les histoires qui leur sont attachées, c'est autant parler de ces femmes qui sont revenues que préserver la mémoire de leurs compagnes tuées par les nazis. C'est montrer des traces de cette force de vie qui a pris le dessus sur la barbarie. Marie Rameau est photographe et membre du Conseil d'administration de l'association Germaine Tillion. Elle est l'auteure de l'ouvrage Des Femmes en résistance, 1939-1945, paru aux éditions Autrement en 2008.

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