Littérature traduite

  • Quel a été l'impact de l'invention de l'imprimerie sur la culture musicale du xvie siècle ? Telle est la question à laquelle ce livre tente d'apporter une réponse en abordant tous les aspects du phénomène. En retraçant l'histoire des débuts de l'imprimerie musicale et ses fondements technologiques, économiques et sociaux, l'auteur présente le marché des éditions musicales qui s'est ainsi formé, analyse la relation entre le contenu et la forme extérieure des éditions ainsi que les conditions économiques dans lesquelles celles-ci ont circulé. Les liens de concurrence entre les ateliers d'imprimeurs sont également détaillés, avec pour toile de fond le milieu du mécénat qui a permis leur floraison.
    La typographie a participé au développement de la culture musicale en permettant l'unification d'un répertoire européen, mais elle a également contribué à accentuer les différences entre genres et styles musicaux. Garante de la longévité de certains types d'expression musicale, elle s'est également fait le véhicule promotionnel de nouvelles oeuvres ainsi que des réactions des compositeurs face aux événements religieux ou politiques du moment. Le nouveau médium a influencé non seulement la circulation du répertoire mais également la conscience des compositeurs, leur sens de l'autorité et de l'individualité.
    L'auteur du livre défend l'idée d'un vaste élargissement de l'horizon social et esthétique de la culture musicale grâce à la révolution de l'imprimerie. De nouveaux types de composition musicale sont apparus et le public de la musique imprimée s'est lui aussi considérablement élargi. Cet ouvrage montre comment ces divers phénomènes se trouvent, à la naissance de l'ère moderne, liés entre eux, en observant comment certains - initiés au xvie siècle - sont toujours sensibles au sein la culture d'aujourd'hui.

  • L'anneau du Nibelung

    Richard Wagner

    • Symetrie
    • 2 Février 2015

    « Rien ne fait plus de tort à Wagner, et rien n'a plus contribué à amener chez nous le mouvement de réaction antiwagnérien qui se dessine maintenant, que l'absurdité monumentale de ses traductions. Elles ne sont ni françaises ni même intelligibles dans aucune langue. ?» (lettre de Romain Rolland à Richard Strauss, 12 novembre 1905) Henri Christophe a réalisé cette traduction en 1991 à l'occasion de la diffusion sur Arte de la fameuse tétralogie dirigée par Pierre Boulez et mise en scène par Patrice Chéreau en 1976 à Bayreuth. Elle a été conçue pour un dialogue théâtral brûlant de tension dramatique et pour une production résolument dépoussiérée et moderne, loin du livre illustré.
    Comment restituer, dans une traduction envisagée pour la scène moderne, cette liberté de création poétique, ces aspects formels spécifiquement créés pour le dialogue wagnérien ?? Comment traduire une langue qui se veut archaïque, un style qui use de nombreux mots médiévaux et de cascades de néologismes parfois onomatopéiques, ceci afin de renvoyer l'auditeur aux temps anciens des origines ??
    Le traducteur s'est efforcé de respecter les aspects sonores et novateurs de la langue wagnérienne en conservant autant que possible, comme révélateurs de l'état d'esprit de chaque personnage, les tournures négatives, l'ordre syntaxique, les mises en relief, les formules actives et passives.

  • Pionnier de l'ultrachromatisme et de la musique microtonale, Ivan Wyschnegradsky se distingue par une proposition esthétique et théorique d'une exceptionnelle originalité, contemporaine des courants symbolistes, futuristes et constructivistes : "l'espace pansonore".
    Né en 1893 à Saint-Pétersbourg, Wyschnegradsky a émigré en France en 1920 et a vécu à Paris jusqu'à sa mort, en 1979. Si ses années d'études et l'éclosion de sa vocation se déroulent en Russie, l'ensemble de son oeuvre de maturité voit le jour sur le sol français. Plus d'un siècle après sa naissance - et trente ans après sa mort -, nous avons voulu relier les pans d'une histoire dispersée et restituer les échanges esthétiques qui marquent, au début du XXe siècle, les relations entre la Russie et l'Europe. Cette époque, largement décrite et commentée dans les domaines de la peinture (de Malévitch à Kandinsky), du cinéma, de la danse et de la littérature, n'a pas encore fait l'objet d'une analyse approfondie dans le domaine de la musique. En rassemblant en un seul volume les écrits inédits de la période russe (1916-1925) ainsi que les nombreuses contributions de Wyschnegradsky à des revues musicales dans les décennies ultérieures, cette édition critique et commentée des écrits du compositeur permet de rendre lisible la continuité de sa pensée esthétique et théorique et de réinterroger le contexte artistique dans lequel son oeuvre a été élaborée

  • Figure majeure de la création musicale au cours de la seconde moitié du xxe siècle, Toru Takemitsu (1930-1996) attachait aussi une grande importance à l'écriture qu'il a pratiquée tout au long de sa vie, passant du manifeste esthétique au récit littéraire, de l'analyse musicale au portrait, de l'aphorisme à l'essai développé.
    Proche de personnalités telles qu'Isamu Noguchi, Akira Kurosawa, Jasper Johns ou Kenzaburo ?, Takemitsu ne se limite pas au cadre musical dans ses écrits?: on est frappé par la variété et la richesse des centres d'intérêt du compositeur, bien au-delà de la confrontation entre Orient et Occident à laquelle son nom a souvent été associé. Les textes de Takemitsu sont une traversée de la mémoire, des émotions, des mondes artistiques et musicaux. Son art de la métaphore, ancré dans la perception, réticent à la généralisation théorique, résonne aujourd'hui avec force. Ces écrits témoignent aussi bien de la vie créative du compositeur que d'une grande richesse culturelle et artistique du Japon de la seconde moitié du xxe siècle.
    La sélection minutieuse des textes présentés, traduits et annotés dans cet ouvrage permettra au lectorat francophone de découvrir sous un nouveau jour l'univers esthétique d'un compositeur qui, bien que joué et célébré depuis longtemps en Occident, s'avère mal connu.

  • Karol Maciej Szymanowski (1882-1937) est considéré comme le plus grand compositeur polonais après Chopin et un des plus éminents artistes du xxe siècle, continuateur de Scriabine et de Debussy et créateur du style national à l'instar de Bartók et de Janácek. Il fut également un excellent musicographe qui ne cessa, durant toute sa vie, de défendre des positions esthétiques pour le moins arrêtées - mais toujours étayées.
    Pour la première fois sont publiés en France, l'essentiel de ses écrits sur la musique dont cinq essais révélateurs sur Chopin, des articles sur la musique romantique et moderne, notamment Wagner, Reger, Dukas, Mahler, Strauss, Schoenberg, Ravel, ­Stravinski, la musique montagnarde, la musique d'avant-garde, l'avenir de la culture.
    Szymanowski s'exprime aussi sur les orientations de la musique contemporaine, ses fausses routes comme ses espérances, le futurisme et s'engage en matière d'éducation musicale. Ce volume contient également l'extraordinaire portrait-interview que le compositeur a accordé à l'écrivain Michal Choromanski.

  • « Si vous mettez un violon dans les mains d'un enfant nécessiteux, dit José Antonio Abreu, il ne prendra pas une arme à feu. » Un enfant qui tient un instrument sent qu'on lui confie un objet de valeur. Un enfant à qui l'on apprend à jouer d'un instrument se sent compétent, utile et capable d'enseigner aux autres. Un enfant qui joue dans un orchestre composé d'amis a un sentiment d'appartenance à une commu­nauté, dans laquelle respect mutuel et création de beauté sont inséparables.
    Depuis 1975, le million d'enfants vénézuéliens formés par le Sistema donne raison à son fondateur, le musicien et économiste visionnaire José Antonio Abreu, récompensé en 1998 par l'UNESCO du titre d'ambassadeur pour la paix. Son programme d'éducation musicale propose gratuitement aux enfants l'appren­tissage de la musique à des fins sociales. Un de ses plus célèbres élèves, Gustavo Dudamel, chef de ­l'orchestre philharmonique de Los Angeles, en a bénéficié depuis l'enfance et continue d'en faire la promotion dans le monde entier.
    Tricia Tunstall nous fait découvrir le Sistema de l'intérieur, au cours de voyages et de rencontres au Venezuela, et nous éclaire sur les ressorts de ce mouvement?: l'enseignement par la pratique collective, l'abord des grandes oeuvres du répertoire, mais aussi la coopération, la transmission entre jeunes et l'émulation. Elle nous fait partager des moments de grâce lors des visites de núcleo, ces « centres » éducatifs qui se multiplient chaque année?: les enfants sont passionnés par la pratique musicale en groupe, les professeurs sont émerveillés par les progrès rapides de leurs élèves.
    Un panorama des actions similaires développées sur le territoire français complète ce livre.

  • Ce manuel propose un panorama général de l'art du jeu en ensemble aux périodes baroque, classique et romantique. Les sujets relatifs aux effectifs, à la constitution des ensembles et à leur direction sont abordés, mais c'est surtout la question de la pratique des musiciens qui est ici centrale?: comment un musicien d'orchestre, entre le xviie et le xixe siècle, comprend-il les indications portées sur sa partie, et comment les exécute-t-il ??

    De ce point de vue, ce livre peut se lire comme un cours fondamental sur la pratique d'exécution historique. Quinze études de cas, sur des partitions issues des trois périodes, permettent en outre d'appréhender les informations théoriques données à la lumière du répertoire de l'époque.

    Ce manuel pratique s'adresse à tous ceux qui sont concernés par l'inter­prétation d'oeuvres orchestrales : étudiants, musiciens professionnels, chefs d'orchestre, mais aussi musicologues ou éditeurs, ainsi qu'aux profanes qui s'intéressent à ces sujets.

empty