Cahiers Dessines

  • Les affiches

    Jean-Michel Folon

    Quoi de plus éphémère que les affiches ? On les voit sans les voir, elles se déchirent, on les piétine. Et pourtant, selon Jean- Michel Folon, leur rareté vient précisément de leur modestie.
    Tout au long de sa carrière, il en a réalisé près de six cents qui sont autant de chefs-d'oeuvre d'inventivité, de sensibilité et de poésie. C'était sa façon à lui « d'entendre le monde en marche ».
    La tragédie de Tchernobyl, les conflits ethniques, la faim, la violation des droits de l'homme, mais aussi la beauté, la joie de vivre, la fête : il s'inspirait de tout ce qui exprimait le monde car « il y a des jours où vous avez envie de crier et des jours où l'on a envie d'aimer ». Pour la première fois, les Cahiers dessinés réunissent cent soixante affiches en reproduction couleur accompagnées d'un entretien et de textes, pour la plupart inédits, sur cet art que Jean-Michel Folon considérait comme étant « le plus visuel, le plus fort et le plus direct ».
    Une préface de Pierre Alechinsky éclaire le lecteur sur cette partie si importante de l'oeuvre de cet immense dessinateur.

  • In extremis

    Tomi Ungerer

    Si le public français connaît les affiches politiques de Tomi Ungerer, il ne mesure pas toujours l'étendue de son engagement.   Ces deux cents dessins, dont la plupart sont publiés pour la première fois en France, racontent la révolte constante de Tomi Ungerer contre le racisme, le militarisme, le danger nucléaire, la pollution, mais aussi les hypocrisies de l'Histoire officielle et l'aveuglement de la bonne conscience.   Une puissance d'évocation qui le place parmi les grands dessinateurs de notre temps.

  • Chefs d'oeuvre t.1

    Roland Topor

    On a célébré les différentes facettes de Roland Topor, ses romans et ses nouvelles, ses pièces de théâtre, ses dessins de presse, ses affiches, ses illustrations, sans oublier ses films d'animation. Il est temps de présenter ce qui constitue l'épine dorsale de son oeuvre : ses dessins les plus accomplis, qui sont aussi les plus intemporels.
    Ce premier volume s'attache donc à réunir ses chefs-d'oeuvre en noir et blanc, où l'on retrouve ses thèmes de prédilection - le corps malmené, les tourments de l'éros, l'exploration graphique et fantasmatique des méandres de l'inconscient -, ainsi que quelques dessins politiques, aussi pénétrants qu'irrévérencieux.
    Une plongée vertigineuse dans l'imaginaire délié et foisonnant de l'un des plus grands dessinateurs du XXe siècle.

  • The party

    Tomi Ungerer

    Dans The Party, publié pour la première fois à New York en 1966, Tomi Ungerer règle ses comptes avec les milieux américains de l'édition, de la presse et de la publicité.   Mais par-delà sa dimension personnelle, l'album est une critique acerbe de la mondanité occidentale, de sa vacuité insondable et de sa - proprement - monstrueuse prétention.   Un chef d'oeuvre du dessin satirique.

  • De Gustave Courbet (1819-1877), chef de file de l'école réaliste, réformateur incontesté de la peinture moderne, artiste prolifique et largement commenté, on ne saurait imaginer qu'il reste des zones d'ombre à éclaircir. Et pourtant, le mystère qui entoure son activité de dessinateur a été jusqu'ici peu abordé, et cela s'avère d'autant plus surprenant que certains dessins sont absolument remarquables.   Cet ouvrage propose pour la première fois une étude historique d'ensemble, des carnets de croquis aux dessins les plus aboutis, en passant par des académies et des esquisses préparatoires. Mêlant inédits et oeuvres célèbres, il ouvre la voie à une réévaluation du rôle du dessin dans l'oeuvre de Courbet.   Sous la direction de Niklaus Manuel Güdel - Avec la collaboration de Anne-Sophie Poirot et Philippe Clerc - Préface de Louis-Antoine Prat - Textes de Lonnie Baverel - Pierre Chessex Petra ten-Doesschate Chu - Philippe Clerc - Nicolas Ducimetière - Dominique de Font-Réaulx - Niklaus Manuel Güdel - Michael Jakob - Leïla Jarbouai - Jean-David Jumeau-Lafond - Robert Kopp - Ségolène Le Men - Dominique Lobstein - Emmanuelle Neukomm - Isolde Pludermacher - Séverine Petit - Anne-Sophie Poirot - Pauline Santschi - Thierry Savatier - Nathalie Strasser   Cet ouvrage paraît à l'occasion du bicentenaire de la naissance de Courbet et est le résultat d'un projet franco-suisse des institutions suivantes : Société Courbet, Musée Courbet, Musée Jenisch Vevey, Musée d'Orsay.

  • Dans ce deuxième volume des oeuvres de Guido Buzzelli publié aux Cahiers dessinés, on retrouve toute sa maestria et son imagination bouillonnante à travers trois histoires dont il est le dessinateur et le scénariste, et une quatrième qu'il n'a fait que mettre en images.
    Dans L'Agnion, le dramaturge Zurmalas aimerait monter une pièce pour dénoncer la corruption du pouvoir.
    Un soir, il croise une créature étrange, mi-agneau mi-lion, qui le conduit à son maître, un certain Salmazur - son portrait craché, son double maléfique. En échange de jouer le rôle du roi, Salmazur lui offre comme seconds rôles un panel de monstres plus vrais que nature, dévorés d'envie et de méchanceté. Mais les pires restent à venir...
    Le monde des Mochetons est divisé en deux : à la surface vivent les « Beaux », jeunes, sains et performants, et dans les grottes, les « Mochetons » : les laids, bêtes et méchants qui triment à leur service.
    Régulièrement, les Beaux se font la guerre par Mochetons interposés qu'ils droguent à leur insu. Mais la révolte couve.
    Mario, quant à lui, exerce le plus vieux métier du monde pour le plaisir de riches dames esseulées. Son plaisir à lui, c'est de voler en deltaplane. Dure sera sa chute, aussi dure et sans issue que celle du Type angélique, un ange, un vrai, égaré ici-bas.
    Quatre fables folles, hypnotiques, drôles et cruelles, unies par le même cercle vicieux des opprimés d'hier qui deviennent les oppresseurs d'aujourd'hui, jusqu'à ce que de nouveaux oppresseurs les renversent. Un monde vertigineusement semblable au nôtre.

  • Le monde selon Topor dévoile de multiples facettes de l'oeuvre de cet artiste hors du commun, l'un des plus marquants et prolifiques de la fin du xx e siècle.
    L'ouvrage raconte de façon inédite l'univers créatif de Topor, le dessinateur et l'écrivain, des années 60 jusqu'à sa mort en 1997.
    Roland Topor débute sa carrière comme dessina- teur d'humour dans une certaine presse : Bizarre en 1958, Arts en 1959, Fiction en 1960 et Hara-Kiri en 1961. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Fernando Arrabal. Une amitié très forte naît entre les deux hommes et ensemble, avec d'autres artistes rencontrés lors de ses études à l'École des beaux-arts de Paris, ils créent le groupe « Panique », mouve- ment artistique, qui, malgré son manque de sérieux assumé, va jouir d'une certaine renommée dans le monde des arts et des lettres.
    Toujours empreint d'humour grinçant et d'une cer- taine mélancolie, le dessinateur s'est fait également connaître comme écrivain de nouvelles, de romans, de pièces de théâtre. Il est l'auteur de plusieurs films d'animation, dont le célèbre La Planète sauvage, ainsi que de la série télévisée Téléchat.

  • Oeuvres t.1

    Guido Buzzelli

    Dans les années 1970, une météorite entra dans l'at- mosphère de la bande dessinée ; elle éclata en plu- sieurs morceaux, pareils à des pépites. En quelques épisodes, un personnage tourmenté, faible et inquié- tant se présenta au grand jour : c'était Guido Buz- zelli en personne. L'auteur s'est mis en scène, il s'est travesti tour à tour en raté laid et malingre, en piètre violoncelliste incapable de retenir ses membres livrés à eux-mêmes - une jambe courant toute seule, un bras filant sous la jupe d'une femme... -, en dessi- nateur de bandes dessinées dépressif et paranoïaque, victime kafkaïenne de chirurgiens fous, de psycha- nalystes, d'industriels maffieux, de dictateurs en herbe. Rarement l'art de l'autoportrait a été mené si loin dans l'autodérision et le mépris de soi-même.

  • Dessinateur absolument singulier, virtuose et sans concession, Pierre Fournier commence sa carrière dans les pages d'Hara-Kiri en dressant un portrait au vitriol de la société française sous le général de Gaulle, puis sous Georges Pompidou. Il invente, ou exacerbe, différentes formes graphiques, passant de la page manuscrite à peine illustrée au reportage de guerre imaginaire. Il observe aussi la vie ordinaire des gens, rapporte avec truculence leurs conversations dans le métro, dans les cafés et au bureau, dénonce les guerres coloniales et post-coloniales, la pollution industrielle, l'urbanisme ravageur, s'inquiète de la menace d'une guerre atomique.

    Poursuivant leur travail de réhabilitation de Pierre Fournier, les Cahiers dessinés présentent ici la partie dite « bête et méchante » de l'oeuvre protéiforme de cet artiste inclassable, dont le nom longtemps oublié reparaît aujourd'hui, à l'heure de l'urgence écologique.

  • Giacometti rédigea ces lignes : « Il y a longtemps que je voulais écrire ceci et quelques autres souvenirs de merde et de masturbations, mais cela ne suffit pas pour faire un livre, encore moins un livre d'art et puis toutes mes promenades la nuit à travers Paris en 1923-1924 à la recherche d'une prostituée, obsédé par les prostituées, les autres femmes n'existaient pas pour moi, seules les prostituées m'attiraient et m'émerveillaient, je voulais toutes les voir, toutes les connaître, et toutes les nuits je recommençais mes longues promenades solitaires. Il se passe quelque chose de nouveau pour moi dans la vue des choses depuis quelques jours, je vois différemment, dans la même ligne que depuis 1945 quand pour la première fois il me semble j'ai un peu vu ce qui m'entoure mais je ne voyais pas encore comme depuis quelques jours mais comment arriver à peindre cela ? » Depuis, Giacometti a su voir et s'emparer de ce qui l'entoure, voir Paris, le disséquer, d'une part en acceptant de réaliser Paris sans fin pour l'éditeur Tériade, et d'autre part en se laissant aller à son ins- piration, multipliant les outils : crayon, plume, sty- lo-bille. Voici enfin rendue publique une sélection de dessins « parisiens » pour la plupart inédits.

  • En sortant d'un café, Giacometti s'exclama : « Ah !
    Paris... Paris sans fin ! » Ainsi fut trouvé le titre de ce livre mythique publié en 1969 en lithographie à deux cents exemplaires par Tériade. Cent-cinquante dessins, accompagnés d'un texte de l'artiste resté ina- chevé, emmènent le lecteur dans un reportage hors norme à travers la capitale des années 1960. De l'ate- lier au café, à pied ou en voiture, sur les boulevards, à la gare de l'Est, au Jardin des Plantes, on découvre des rues, des façades, des bars, des voitures de l'époque, parfois quelques personnages - caïds, prostituées, joueurs à la petite semaine. Souvent considéré comme le testament de Giacometti, Paris sans fin constitue une fabuleuse pérégrination graphique de près de dix ans, où les images livrent un labyrinthe complexe de pistes contradictoires. Les horloges n'indiquent pas l'heure, les espaces se confondent : brisant les règles de la cohérence et de la chronologie, un récit surgit, le récit d'une vie, celle d'un artiste obstiné, absolu- ment sincère et inclassable. Trente dessins inédits complètent la présente édition.

  • Mémoires

    Siné

    Virtuose de l'humour noir et du dessin corrosif, précurseur de l'esprit d'Hara-Kiri et de Charlie Hebdo, Siné fut autant admiré que craint et détesté.   Pour la première fois publiés intégralement aux Cahiers dessinés, selon le voeu de Siné lui-même, ses Mémoires, augmentés de nombreux documents inédits, restituent dans toute leur vigueur la truculente férocité de son coup de crayon, la lucidité incorruptible de son esprit frondeur et la tendresse de l'homme aux chats.

  • Dessinateur virulent à Hara-Kiri, puis à Charlie Hebdo, Pierre Fournier est, comme nombre de ses contemporains, fortement imprégné par l'esprit de Mai 1968. Porté par l'enthousiasme contestataire, il choisit de délaisser peu à peu le dessin pour avertir ses lecteurs de la menace qui pèse sur l'avenir, menace encore largement méconnue :

    « Pendant qu'on nous amuse avec des guerres et des révolutions qui s'engendrent les unes les autres en répétant toujours la même chose, l'homme est en train, à force d'exploitation technologique incontrôlée, de rendre la Terre inhabitable, non seulement pour lui, mais pour toutes les formes de vie supérieure qui s'étaient jusqu'alors accommodées de sa présence. » Dès lors, en polémiste inspiré et en styliste hors pair, il va devenir l'un des précurseurs de l'écologie et le porte-parole hebdomadaire de ce mouvement naissant, tâche qui accaparera tout son temps.


    En novembre 1972, il fonde le premier journal écologique français, La Gueule ouverte. À partir de ses articles, il rêve également d'écrire « un ou deux livres » afin d'en proposer une « synthèse philosophique et politique ». Ces livres ne verront jamais le jour ; il ne le sait pas mais, à trente-cinq ans, il lui reste trois mois à vivre.

    Cet ouvrage retrace l'aventure personnelle et collective d'un dessinateur corrosif devenu visionnaire, d'un citoyen ordinaire - employé à la Caisse des dépôts et consignations - devenu l'écologiste le plus lu et le plus inspirant de France avant que l'écologie politicienne ne supplante l'écologie révolutionnaire, laquelle semble avoir traversé une grande hibernation, jusqu'à nos jours.

  • Le dessin et l'humour ont une longue histoire commune. Mais la peinture ? Est-elle vraiment compatible avec l'humour ? N'y a-t-il pas, dans la flamboyance des couleurs, dans la lente composition des formes, quelque chose d'étranger à la fulgurance du trait d'esprit ?

    L'oeuvre d'Olivier O. Olivier démontre le contraire. Chez lui, l'humour et la peinture sont intimement liés. L'art ne s'efface jamais devant l'idée, il la sert, il lui donne chair. Concerts de violons en feu, corridas sous la neige, concertiste emporté par les flots faisant jaillir de son piano un océan entier, ligne d'horizon recourbée : avec pudeur, douceur et persévérance, le peintre voit notre monde avec les yeux de son imagination et nous le restitue décalé, fourmillant d'associations ludiques et poétiques, et cependant si familier.

    Deux cents peintures emmènent le lecteur dans l'univers irraisonnable et jouissif d'un grand artiste de notre temps, qui fut l'ami, entre autres, de Roland Topor et de Fernando Arrabal, avec lesquels il partagea la passion d'une autre réalité.

  • À Vevey, au bord du Léman, dès le 1er novembre 2018, le Musée Jenisch présente une exposition des Cahiers dessinés intitulée « Dessin politique, dessin poétique », qui rassemble près de 70 artistes, classiques et contemporains, célèbres ou méconnus, aussi divers que Rembrandt, Bruegel, Callot, Goya, Daumier, Steinlen, Vallotton, Ensor, Klee, Giacometti, Kentridge, Topor, Siné, Chaval, Sempé ou Folon.   Ce n°12 tient lieu de catalogue d'exposition. Avec le concours d'écrivains et de critiques, il invite à réfléchir à deux langages apparemment antinomiques : le dessin politique comme « vision du monde » et le dessin poétique, ici circonscrit à la seule représentation du paysage. Mais les liens entre ces langages sont plus étroits qu'ils n'y paraissent : de nombreux dessinateurs politiques se sont essayé au paysage et de nombreux paysagistes ont exprimé leurs convictions politiques, au risque de politiser la poésie et de poétiser la politique. Cette confrontation nous incite à mieux appréhender la richesse et la complexité de l'art du dessin ; elle est un prétexte à un dialogue inédit.

  • Topor dans la presse est le premier livre consacré exclusivement aux dessins de Roland Topor publiés dans les journaux et les revues du monde entier. Ainsi, en près de quarante ans, il a pu notamment dessiner dans Bizarre, Arts, Le Rire, Fiction, Haute-Société, Hara-Kiri, Elle, Il Delatore, Graphis, L'Enragé, Action, Charlie Mensuel, The New York Times, Le Canard Enchaîné, Le Fou Parle, Il Corriere della sera, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Die Zeit, Autrement, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Il Male, Il Giornalone, Libération, Passages, 7 à Paris, L'Idiot International, L'Evénement du jeudi... Si le dessin de presse n'est qu'une partie de l'oeuvre de Roland Topor, elle est pourtant vertigineuse. En quantité et en audace. Et l'on retrouve toute sa virtuosité conceptuelle, sa pertinence humoristique, son potentiel graphique, son génie.
    La presse était pour lui un vecteur de créativité aussi opportun qu'une galerie, un musée, un livre, une affiche, un film, un décor de scène, un objet.
    Ces dessins, ayant été publiés de façon éphémère, sont pour la plupart inconnus, même des spécialistes. Plusieurs textes et témoignages accompagneront cette monographie, notamment sous la plume du cinéaste Pascal Thomas, ami intime de l'artiste.
    Un texte de présentation apportera des éclairages quant aux participations significatives de Topor à certaines publications. Des légendes permettront de situer précisément chaque dessin. Un cahier de photographies montrant Topor au travail servira d'introduction à l'ouvrage.

  • Topor, Voyageur du livre est le second tome consacré exclusivement aux dessins d'illustration de Topor.
    Roland Topor entretenait avec la littérature et l'objet livre un rapport intime et passionnel. À quinze ans, moment où il fait la découverte d'Alfred Jarry, il oriente sa culture : littérature populaire, auteurs surréalistes, polar, science-fiction, humour, poésie, fous littéraires de toutes périodes et de tous pays. Gourmet, Topor savait apprécier les différents degrés de l'ivresse littéraire et bibliophilique ; l'amour du fond et de la forme. Alors qu'il avait commencé par se faire connaître comme dessinateur d'humour dans une certaine presse : Bizarre, Hara- Kiri... il a simultanément démontré son attachement aux livres. D'un simple frontispice pour le livre confidentiel d'un ami poète à l'illustration des oeuvres complètes à gros tirage, Topor affirme le même génie, créatif et original, que quand il travaille pour la presse, mais il consacre au livre un soin tout particulier qui le fait entrer dans la famille des grands enlumineurs de textes.
    Ce livre permet de réunir des dessins très peu connus, parce qu'ils ont souvent été publiés dans des livres de bibliophilie réservés à des collectionneurs, ainsi que d'autres, pour la plupart oubliés, de ses grands travaux d'illustration pour les clubs du livre en Suisse et en France. Plusieurs centaines de dessins sont remis dans leur contexte de publication, permettant ainsi d'embrasser l'originalité de l'oeuvre d'un Topor illustrateur de livres.

  • À l'appui d'une soixantaine de reproductions en couleur, Paul Nizon nous emmène dans un tour d'Europe pictural à travers les siècles, depuis la Contre-Réforme jusqu'au XXe siècle.   Précis d'histoire et essai esthétique, ce livre est une relecture des grands jalons de l'histoire de l'art, et des grands peintres, témoins essentiels de leur temps.

  • Traversée d'ombres et d'apparitions, d'enchevêtrements, d'arbres dansants et de landes à perte de vue, l'oeuvre du peintre, dessinateur et graveur Edmond Quinche présente deux facettes : l'une naturaliste, l'autre imaginaire.

    La première s'ouvre aux paysages du pied du Jura et à ceux qui font la splendeur de l'Irlande, sa seconde patrie. Quelques portraits aussi, rares ; et puis des animaux morts, éperviers ou sangliers, qui, sans la moindre morbidité, saisissent le spectateur par leur présence - leur aura.

    La seconde facette nous entraîne sur le territoire de l'inconscient : suggestion et affirmation se disputent subtilement pour bouleverser avec une rare puissance poétique le cadre commun de l'espace et du temps.

    La peinture, elle, s'immisce librement entre naturalisme et imaginaire, comme un écho aux dessins, un accomplissement.

    Plus de deux cent cinquante dessins et peintures permettent de découvrir dans cet ouvrage l'oeuvre riche et singulière de cet artiste discret, devenu l'un des grands dessinateurs de notre temps.

  • Explosions de nains de jardin, de Vénus et de David, assemblages de tampons de wagons surmontés d'un paratonnerre, l'oeuvre de Pavel Schmidt utilise des explosifs, des feux d'artifice, des fumigènes, détruisant et reconstruisant en musique les archétypes de notre culture, dieux et déesses, figures d'ornement, tuyaux d'arrosage, vins et poisons. Il s'amuse à tout casser, à tout faire exploser, avant d'appliquer ses bandages et ses béquilles sur des agglomérats de mains, bras, jambes, torse et tête, et pour ainsi recréer son monde à lui. Artiste infirmier, destructeur et réparateur, il signe avec ce livre un subtil panorama de notre culture mythologique et de ses stéréotypes - apanage de la médiocrité petite-bourgeoise. Ses sculptures, souvent monumentales, se dressent en plein air, s'accordent ou se soulèvent dans le paysage, dans des églises ou sur des places publiques.
    Ce livre réunit plus de deux cents sculptures et quelques dessins.
    Présentée pour la première fois dans sa continuité en France, cette oeuvre, dûment explicitée et commentée, nous fait découvrir un artiste profondément original et courageusement obstiné.

  • Le bon goût

    Noyau

    Une danseuse étoile accouche en pleine arabesque, un vendeur de kebab musulman découpe la viande sur sa broche en forme de femme nue, les Trois Mages assistent avec ferveur à une échographie moderne, Narcisse, quant à lui, se mire dans le noir de l'anus... Nous rions et nous tremblons en tournant ces pages : barbotant dans la gouache avec l'innocence et la jubilation d'un garnement dans son bac, Noyau ne recule devant aucun excès pour révéler dans sa vérité crue l'hallucination collective du temps présent. Et, toujours, une virtuosité époustouflante, un art particulier de la composition, des cadrages détonants.

  • De 1939 à sa mort en 1978, Marcel Bascoulard hanta les rues de la ville de Bourges. Autodidacte, clochard hirsute, souvent habillé en femme, ce personnage hors norme est l'auteur d'une oeuvre graphique considérable, d'une très grande virtuosité. Pendant près de quarante ans, avec une technique parfaite, il a représenté avec un parfait réalisme les rues, les places, les monuments de Bourges et de sa périphérie. À la plume, au crayon, au pastel, à la gouache, ses dessins révèlent dans une sorte de vertige un sens aigu du moindre détail, du proche et du lointain, des matériaux et de leur texture, avec une connaissance parfaite de la perspective. Il en émane une intense poésie du lieu, proche de celle d'un Rembrandt ou d'un Dürer. Maître du dessin figuratif, Bascoulard laisse une oeuvre de plusieurs centaines de dessins, ainsi que des oeuvres abstraites, des cartes géographiques et des photographies dans lesquelles il se présente en femme, confectionnant lui-même ses robes.
    Son oeuvre est ici rassemblée, accompagnée d'un texte de Patrick Martinat qui reconstitue sa biographie et son cadre de vie. Artiste virtuose et clochard magnifique, Marcel Bascoulard fut un personnage hors norme, à la vie romanesque. Il laisse une oeuvre dessinée très importante. Ce livre est à la fois une biographie détaillée et un livre d'art, riche de plus de 300 reproductions, dessins, photographies et documents pour la plupart inédits.

  • Le livre C'est le livre de deux enfances qui se déroulèrent dans le même petit appartement dans la cour minuscule et bruyante de La Coupole, au 100, boulevard du Montparnasse, à Paris. Dans cet appartement, le père de l'auteur, juif, va vivre caché avec ses parents durant toute l'Occupation "sans grand drame". Après la guerre, ses propres enfants ne sauront longtemps rien de cette histoire, mais ils ressentiront chacun à sa manière ce terrible secret. Anne Gorouben, peintre, a commencé depuis quelques années à dessiner de mémoire, au crayon gris, minutieusement, l'oppression muette de la petite fille qu'elle était. Etpuis les mots sont venus s'ajouter à cette "reconstitution". Des dessins, un texte, un livre écrit et dessiné.

    Premier livre écrit et dessiné de la peintre Anne Gorouben, ce récit autobiographique évoque le malaise profond d'une partie de la génération juive née après la guerre qui a vécu le silence et l'oubli impossible. Avec peu de mots, des dessins presque oniriques, Anne Gorouben, qui a souvent illustré l'univers de Kafka, signe ici une oeuvre particulièrement pudique et originale.


    L'auteur Anne Gorouben est née en 1959. Elle vit et travaille à Paris. Peintre, elle est diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (Atelier de Zao Wou Ki.). Elle expose régulièrement ses peintures et ses dessins. Elle a notamment présenté un hommage à Paul Célan en 2003 au Musée d'art et d'histoire du judaïsme à Paris.

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