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  • L'art et l'histoire de la caricature Nouv.

    Souvent relégué du côté du grotesque, de la farce et du libertinage, voire d'une sorte de dérèglement de l'imagination, la caricature a longtemps été minorée, tout en étant suspectée d'être dangereuse pour les moeurs et de procéder à une désacralisation des personnages ou des institutions qu'elle vise. Or son influence réelle ou supposée est indissociable de l'importance de sa diffusion, largement favorisée par les techniques de gravure mises au point à la Renaissance, puis, à compter du XIXe siècle, par de nouveaux moyens de reproduction qui ont favorisé la démocratisation des images. Dès lors, elle a été enrichie par d'autres procédés, du collage au morphing en passant par les marionnettes, avec une médiatisation, sans cesse accrue. La caricature a semblé, dès ses origines, déroger aux règles du grand art et du bon goût, mais aussi aux normes morales, sociales et utilitaires. Parce qu'elle remet en cause les principes de la représentation traditionnelle, elle a intéressé les artistes parmi les plus novateurs, comme Goya, Delacroix, Grosz ou Picasso. Elle a aussi été le creuset de la bande dessinée et du dessin animé, deux formes emblématiques de la culture visuelle populaire.

  • Les éditions Mermod publient en 1951 une édition de luxe de Pour un herbier, illustrée par Raoul Dufy.
    Cet ouvrage est le fac-similé du n° LXXXIX (exemplaire réservé à l'artiste et aux collaborateurs) de l'édition originale, conservé à la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art, au sein de la prestigieuse collection Jacques Doucet.

    "La rencontre entre Colette et Dufy était celle de sensibilités voisines. Souvent, dans les derniers temps, Colette me demanda à revoir cet ouvrage." Maurice Goudeket (dernier époux de Colette), dans Près de Colette, Flammarion, p.247-248

  • L'histoire d'Alexandre le grand, figure incontournable de l'Antiquité, n'a eu de cesse de nourrir les imaginaires. Chef de guerre invincible, modèle de vertu et de courage, qui conquit toute l'Asie, de la Grèce à l'Indus, le roi de Macédoine a inspiré aux auteurs médiévaux de nombreux récits légendaires.
    Le Roman d'Alexandre ici présenté, manuscrit enluminé daté probablement de la fin du XIIIe-début du XIVe siècle et conservé à Berlin, est l'une des plus remarquables réalisations relatant les aventures mythiques du valeureux roi-chevalier.
    Depuis sa naissance mythique à Pella, son éducation par le grand Aristote et ses campagnes militaires jusqu'à sa mort mystérieuse à Babylne, la centaine de miniatures qui accompagnent ce roman en prose invitent le lecteur à marcher dans les pas du conquérant. La chronique fabuleuse de sa vie est magnifiquement servie par ces pages hautes en couleurs où se déploient la créativité narrative et l'inventivité graphique des enlumineurs. Qu'il s'agisse de représenter ses scènes épiques de batailles, la faune exotique d'Égypte, de Perse et d'Inde, un bestiaire de créatures surnaturelles ou des épisodes fantastiques telle que l'exploration sous-marine d'Alexandre dans un tonneau, la mise en images révèle l'aura exceptionnel de celui qui fut sans conteste le personnage héroïque le plus populaire du Moyen Âge.

  • Dès la seconde moitié du XVIIIe siècle, de nombreux peintres furent attirés par les paysages de la Provence. Ses caractéristiques géographiques - un territoire qui s'étend de la Méditerranée jusqu'à la chaîne alpine - autant que sa longue et riche histoire, lui confèrent une place d'exception.
    Quelques personnalités vont rompre avec ces conventions et amorcer un renouveau qui a pour particularité d'exprimer la singularité de la lumière provençale, tels que Joseph Vernet, Hubert Robert et ensuite Cézanne et Van Gogh. La lumière tranchante et irradiante du Midi, sa nature pleine de contrastes ne peuvent manquer de séduire les impressionnistes et néo-impressionnistes français et étrangers : Monet, Renoir, Signac, Cross, Van Rysselberghe ... À leur suite, les fauves trouvent en Provence le champ de prédilection de leurs expérimentations sur la couleur.
    Au fil des générations, jamais ne se dément l'attrait de cette région où les grands maîtres de l'art du XXe siècle, Matisse et Picasso, puisent aussi leurs ressources et leurs motifs pour définitivement faire entrer la Provence dans la légende des peintres modernes.

  • Notes de chevet

    Sei Shonagon

    Les Notes de chevet sont l'un des plus beaux livres de la littérature japonaise. Composées dans les premières années du XIe siècle, au moment de la plus haute splendeur de la civilisation de Heian, par Sei Shonagon, une dame d'honneur, attachée à la princesse Sadako. Ces notes intimes proposent, sous forme de tableaux, de portraits, de récits, une illustration du Japon sous les Fujiwara.
    Les impressions sur le vif de l'auteur, abordent tour à tour les choses qu'elle aime ou déteste voir, écouter, manger et boire, ainsi que des historiettes au sein de la cour impériale, des poésies et quelques avis sur ses contemporains.
    Cette édition exceptionnelle est illustrée par les oeuvres d'Hokusai, le maître japonais de l'ukiyo-e, dont le trait raffiné entre en parfaite résonance avec la sensibilité et la grâce de l'écrivain. Elle invite le lecteur à découvrir la manière japonaise de sentir le monde, la nature -partie indissociable de la vie affective et intime au Japon-, de se former à l'écoute des mille détails du quotidien et d'en goûter les beautés simples qu'il offre. Une introduction et des notes permettent de comprendre et savourer pleinement cette prose poétique, y compris tous les jeux subtils sur les mots.

  • Le XVIIIe siècle libertin : de Marivaux à Sade Nouv.

    De Marivaux à Sade en passant par Crébillon, Diderot, Voltaire, l'abbé Prévost, Beaumarchais, Choderlos de Laclos, Casanova ... - sans oublier des écrivains moins connus mais tout aussi savoureux -, cette anthologie nous convie à parcourir un siècle de littérature à la lumière des grands peintres et dessinateurs du XVIIIe siècle.
    Boucher, Fragonnard, Greuze, Lancret, Saint-Aubin, Watteau et autres chantres de la fête galante accompagnent magnifiquement ces invites non déguisées à la délectation. Roman, théâtre, correspondance, mémoire, poésie ou chansons rivalisent de raffinement et de subtilités pour transcrire l'émoi naissant, la quête du plaisir sensuel, la passion effrénée et les délices de la jouissance. Au-delà du jeu de la séduction, des fantasmes érotiques ou de la satire des moeurs, ces textes remarquables interrogent la liberté humaine et la possibilité pour les êtres d'atteindre le bonheur.

  • Née en novembre 1887 dans le Wisconsin, Georgia O'Keeffe étudie à l'Institut d'art de Chicago et à la Ligue des étudiants en art de New York. Figure incontournable du cercle d'Alfred Stieglitz, éminent photographe et galeriste new-yorkais dont elle sera la muse et la compagne, elle est au centre de l'effervescence de l'art américain au début du XXe siècle.
    Tout au long du siècle, elle dessine en pionnière une voie qui lui est propre, entre figuration et abstraction, modernisme et primitivisme, végétal et minéral, nature et architecture. Ses vues urbaines, ses fleurs, ses paysages hypnotiques - rives sylvestres de Lake George, plaines et canyons du Texas, panoramas désertiques du Nouveau-Mexique ...-, ses squelettes et os d'animaux, souvent en gros plan, forment des motifs récurrents qui s'inscrivent dans un courant biomorphique et subjectif en rupture avec l'abstraction géométrique.
    À travers cette monographie de référence, Citadelles & Mazenod invite ses lecteurs à célébrer l'originalité et la singularité d'une artiste visionnaire, en présentant un panorama iconographique d'une ampleur sans précédent.

  • L'Orient de Flaubert (1821, Rouen - 1880, Croisset) est imprégné d'histoires et d'influences contemporaines. Dès ses oeuvres de jeunesse, le lien entre textes et images illustrant l'Orient et l'Antiquité semble évident pour le jeune artiste.
    Cet Ailleurs - qui est constitutif de sa vocation d'écrivain - s'affirme très vite comme la contrée de tous les excès, des rêves de luxe impossible, où un esthète exigeant pourrait dormir dans des "hamacs en plume de colibri".
    Premier beau livre sur Flaubert et les arts, cet ouvrage examine à la fois les images et les oeuvres qui ont marqué la formation visuelle de l'écrivain, ou qui ont été les sources avérées de ses créations et les nombreuses réinterprétations plastiques auxquelles celles-ci ont donné lieu. Dès son époque - c'est le cas de Gustave Moreau qui ne peindra pourtant jamais de tableaux directement inspirés de son oeuvre -, puis après sa mort, les illustrateurs, sculpteurs, peintres des courants les plus divers s'en emparent, de Georges-Antoine Rochegrosse à Salvador Dali. À l'époque moderne, le cinéma et la bande dessinée s'approprient également des romans de Flaubert, comme Philippe Druillet qui a consacré une partie de ses albums et de son oeuvre gravée à Salammbô.

  • Georges de La Tour Nouv.

    Après trois siècles d'oubli, une poignée d'historiens d'art assemble depuis 1915 les pièces du puzzle Georges de la Tour (1593-1652). La vie et l'oeuvre de l'artiste restent aujourd'hui encore nimbés de mystère. Lorrain, vraisemblablement formé à Paris et en Italie, La Tour s'installe à Lunéville en 1616 où il assoit d'abord une réputation de peintre régional avant de séduire une clientèle parisienne pour enfin gagner le rang de "fameux peintre" de Louis XIII. Ses coloris chatoyants et sa science du dessin ouvrent la voie à la fin des années 1630 aux nocturnes, d'une simplification sans précédent.
    Examinant méticuleusement les oeuvres, Jean-Pierre Cuzin parvient à recomposer la création de l'artiste en la situant dans sa biographie, si lacunaire soit-elle. Il apporte un nouvel éclairage sur le corpus du peintre (oeuvres attribuées, copies, d'atelier ou de suiveurs) faisant le point sur les derniers travaux de recherches. Son propos est servi par une iconographie abondante et de grande qualité ainsi que par de nombreux détails d'oeuvres. Par leur sublime obscur, la douceur de leurs silhouettes, cet attendrissant sentiment de candeur qu'ils dégagent, La femme à la puce, Madeleine, Saint Joseph et l'ange, Le Nouveau-né nous hanteront encore longtemps.

  • L'art des anciens Pays-Bas : de Van Eyck à Bruegel Nouv.

    Entre la fin du XIVe et le milieu du XVIe sie`cle, les Pays-Bas s'imposent comme l'une des principales sce`nes artistiques du monde occidental. Dans cet opus, Jan Blanc reconstitue brillamment les conditions et les raisons pour lesquelles l'art des anciens Pays-Bas s'est progressivement impose´ sur la sce`ne internationale, en inventant de nouvelles manie`res, profonde´ment modernes, de penser l'art et son rapport au monde, sans pour autant renoncer aux liens e´troits qui l'unissent aux formes invente´es a` la fin du Moyen-A^ge.
    De l'ave`nement de Philippe II le Hardi (1384) a` la scission des Pays-Bas en 1581, ce vaste parcours aborde les grands mai^tres de la peinture (Jan van Eyck, Petrus Christus, Rogier van der Weyden, Hans Memling, Jan Gossaert, Joachim Patinir, Jan van Scorel, Pieter Bruegel I), mais e´galement l'enluminure, le dessin, la gravure, l'architecture, la sculpture et la tapisserie - autant de domaines ou` les artistes ne´erlandais ont excelle´ durant cette pe´riode.
    Une somme abondamment illustre´e qui comple`te parfaitement, sur le plan chronologique et the´matique, Le Sie`cle d'or hollandais du me^me auteur (Citadelles & Mazenod, 2019) ; celui-ci commenc¸ant la` ou` s'ache`ve L'Art des anciens Pays-Bas.

  • L'aquarelle

    Marie-Pierre Sale

    Ouvrage de référence, L'Aquarelle étudie au fil d'une remarquable iconographie, le développement de l'aquarelle occidentale en tant que technique - singularisée par la polychromie et l'exigence de transparence -, et en tant que genre à partir de la fin du XVIIIe siècle, depuis la pratique du dessin colorié dans l'enluminure médiévale jusqu'aux lavis libres et éclatants de couleurs des artistes de l'abstraction. portée par les paysagistes, les artistes naturalistes puis les jeunes avant-gardes, elle connaît sa période d'apogée dans le dernier tiers du XIXe siècle. Vers la fin du siècle, c'est en France que s'est déplacé l'épicentre de la modernité : Johan Barthold Jongkind, Paul Cézanne et, dans une moindre mesure, Paul Signac - héritier de Delacroix - seront à l'origine des révolutions majeures pour l'histoire de l'aquarelle au XXe siècle.

  • Rédigé au XIe siècle par le célèbre poète perse Ferdowsi, le Shâhnâmè, autrement dit Le Livre des Rois, raconte en 50 000 vers l'histoire légendaire de l'ancien royaume d'Iran, de ses origines mythiques à la conquête arabe en 651 apr. J.C. Cette vaste épopée littéraire donna lieu à de nombreuses éditions, la plus remarquable étant celle exécutée à Tabriz pour Shah Tahmasp, qui gouverna l'Iran de 1524 à 1576. D'une exécution remarquable, ses miniatures, alliant la finesse de la calligraphie et du dessin à l'art du coloris, sont considérées comme l'un des plus grands manuscrits enluminés au monde. Ses 258 folios illustrés, désormais dispersés entre des collections publiques et privées de l'Amérique du Nord, de l'Europe et du Moyen-Orient, sont ici pour la première fois rassemblés en un seul volume et reproduits avec un soin extrême (cinquième couleur or incluse).
    Ces planches sont précédées de textes de Sheila R.Canby qui offrent une introduction passionnante et aisément accessible à cet ensemble monumental. En fin d'ouvrage, des légendes commentées et une liste illustrée des principaux personnages permettent au lecteur de suivre au plus près les épisodes mouvementés de ce captivant récit en images.

  • La Tapisserie de Bayeux relève de deux "miracles" : son exceptionnelle richesse visuelle et son remarquable état de conservation près d'un millénaire après sa réalisation. Longue de près de 70 mètres, elle appartient aux histoires nationales de la France et de l'Angleterre, et figure depuis 2007 au registre "Mémoire du monde" de l'Unesco. Entièrement brodée à l'aiguille en fils de laine colorés, elle relate la conquête du royaume d'Angleterre par le duc Guillaume de Normandie en une longue succession d'images, ce qui fait d'elle "l'ancêtre" de la bande dessinée.
    Beaucoup d'encre a coulé mais les interrogations que suscitent son contexte de création et ses significations restent, aujourd'hui encore, énigmatiques. Le livre que nous proposons permet de faire le point sur l'état actuel des recherches et de se plonger dans l'histoire passionnante de cette somptueuse broderie.

  • La bande dessinée fait son entrée dans la prestigieuse collection « L'Art et les Grandes Civilisations ». Longtemps relégué au rang mineur d' « illustré » pour la jeunesse, le genre a gagné sa légitimité bien au-délà des cercles bédéphiles pour désormais prétendre être cité dans les programmes scolaires et les tribunes universitaires.

    Des fondateurs (Töpffer, Outcault, McCay, Saint-Ogan) aux auteurs contemporains (Spiegelman, Ware, Mattotti, Bilal, De Crécy, Satrapi...), des séries cultes (Tintin, Astérix, Blueberry, Les Cités obscures, XIII...) au graphic novel en passant par le comics et le manga, cette approche socio-historique internationale permet de comprendre le phénomène culturel qu'est la bande dessinée.

    À travers plus de 550 reproductions de planches originales ou d'imprimés se donnent à apprécier les styles, les techniques et l'inventivité graphiques ou narratives de près de 500 créateurs (dessinateurs et scénaristes). Sans précédent, ce volume constitue une véritable référence pour tout public et marque un pas de plus vers la reconnaissance du « neuvième art ».

  • L'émergence de l'abstraction au début du XXe siècle a mené à un changement total de paradigme. Cet ouvrage vise à retracer l'épopée de ces oeuvres qui s'émancipent du réel et la rupture majeure qu'elles provoquent dans l'histoire de l'art.
    Ni absence du monde, ni sacrifice de la signification, l'abstraction vise un langage universel, en lien étroit avec les mutations technologiques de la société portées par les nouveaux médias, de la photographie au cinéma jusqu'à la vidéo et la révolution des cultures numériques.
    Ce champ élargi des pratiques de l'art abstrait oblige à repenser la géographie globale de son histoire et de ses développements, en prenant en compte les circulations mondiales de cette aventure de l'esprit et des formes.
    Des aquarelles de William Turner aux expérimentations cybernétiques dans l'art contemporain, ce voyage en abstraction montre à l'échelle internationale - de l'Europe au Japon en passant par l'Amérique latine et les États-Unis - la pluralité des formes, des pratiques et des concepts qui ont nourri cette quête.

  • Le personnage de légende qu'est devenu Toulouse-Lautrec (1864-1901) - forgé autour de ses origines aristocratiques, de son infirmité congénitale et d'une vie aussi brève que nourrie d'excès - a longtemps masqué l'originalité profonde de son travail d'artiste. Sans négliger les incidences d'une biographie romanesque, il est nécessaire de reconsidérer l'oeuvre : plus de 700 peintures, quelque 5000 dessins et près de 400 lithographies et affiches.
    Replacé dans le contexte socio-culturel foisonnant de la fin de siècle, sa carrière se déploye sur une douzaine d'années, le conduisant à varier les techniques, à enrichir les matières, riches et brillantes, à jouer subtilement des couleurs vives, claires, rehaussées de noir, avec un goût indéfectible pour le portrait, non sans puiser aux sources de l'art japonais.
    Lautrec est l'un des rares artistes internationalement reconnus dont la faveur exceptionnelle tient pour partie à des sujets équivoques, dont la prostitution. À une époque de grand conformisme, c'est la singularité qui l'inspire, le menant à créer sa propre voie, hors des conventions sociales, morales et artistiques, passant du milieu fermé de la noblesse à la bohème de Montmartre, du château des comtes aux cercles de l'avant-garde.

  • Les historiens de l'art ont l'habitude d'utiliser l'expression de "siècle d'or hollandais" (gouden eeuw) pour qualifier la civilisation néerlandaise du XVIIe siècle et, plus spécifiquement encore, l'art de cette période. Ce livre entend repenser cette notion en proposant d'analyser la manière dont elle a été définie, pensée et décrite au XVIIe siècle, par les Hollandais eux-mêmes, comme par leurs contemporains.
    Cet "âge d'or" est un moment historique marque par de profonds bouleversements : alors que les guerres et les rivalités politiques traversent le siècle, la dissipation des tensions religieuses en fait une terre d'accueil et de tolérance ; les Provinces-Unies assoient fermement leur hégémonie économique et commerciale, fondée notamment sur les échanges coloniaux. Savants, poètes, philosophes et artistes forgent, chacun à leur manière, les représentations naturalistes ou idéalisées de ces transformations. Appréhender la société néerlandaise du XVIIe siècle à travers la grande variété de leurs créations rend compte de l'identité plurielle d'une nation en devenir.
    Tout en suivant le fil chronologique de l'histoire, des débuts de la guerre de Quatre-Vingts Ans jusqu'aux premières années du XVIIIe siècle, les principales théories et pratiques artistiques du siècle d'or sont ici exposées, sans tenter de reconstruire a posteriori une unité factice.

  • Modigliani

    Thierry Dufrêne

    Le prisme de la légende de "l'artiste maudit" a longtemps troublé la vision de l'oeuvre d'Amedeo Modigliani. Cet ouvrage monographique invite à se plonger dans l'univers de cette légende artistique du Paris bohème et à envisager son oeuvre d'un nouvel oeil. Plus largement, ce sont les traits d'une société en complète mutation que le peintre a su saisir : la nouvelle place des femmes (la fameuse "Garçonne"), la mise en exergue de la jeunesse et le cosmopolitisme. Une société qu'il aborde selon des convictions sociales jamais démenties avec une prédilection pour les sujets populaires. Quand à son style, il puise ses racines dans l'univers parisien sans jamais s'y enfermer : traversée du cubisme sous l'égide du marchand Paul Guillaume jusqu'à un langage "cubo-métaphysique", désir de simplification au temps de Léopold Zborowski.
    La magie qu'exerce plus particulièrement la dernière période (1918-1919), marquée par un séjour prolongé de l'artiste sur la Côte d'Azur, ne peut s'appréhender sans prendre en compte l'élévation des portraits de femmes, Jeanne, Hanka ou Lunia, qui équilibrent hiératisme issu du Gréco, maniérisme réinventé des attitudes et matière lumineuse de la palette.

  • Retraçant en détail la vie de Léonard, ce livre mêle une approche artistique et scientifique afin de percevoir au mieux le génie de cet homme hors du commun. Doté d'une curiosité sans égale, cet artiste-savant s'est intéressé à tous les domaines : philosophie, mathématiques, mécanique, optique, anatomie, cartographie, architecture, astronomie, météorologie, sans oublier bien sûr l'art de la peinture, de la sculpture, mais aussi le théâtre et la musique ! Artiste prolifique, Léonard a représenté sans relâche le monde qui l'entourait, lui conférant une justesse rarement atteinte, tant en peinture qu'en dessin.
    Outre la quinzaine de tableaux célèbres qui lui sont attribués, Léonard de Vinci a laissé derrière lui un nombre impressionnant de carnets et manuscrits témoignant d'une infatiguable quête de compréhension du monde.
    Explorant l'inventivité créative infinie de l'artiste, ce livre montre toutes les facettes d'un génie jusqu'aux découvertes et attributions les plus récentes.

  • Inventé à partir de la boutade ironique d'un critique d'art sans qualité, le mot "impressionnisme" désigne moins un mouvement cohérent que la rencontre d'un groupe de peintres, soudé par le même rejet de l'académisme, qui choisirent d'exposer ensemble leurs oeuvres, entre 1874 et 1886. Qu'y a-t-il de commun, en effet, entre les paysages ruraux aux tons sourds de Pissarro et les coulisses de l'Opéra, traversées de lumière électrique et de tulle multicolore, peintes par Degas ?
    Né sous le signe de Manet, l'impressionnisme s'oppose profondément à la conception classique de l'art et annonce l'avènement d'un nouvel ordre esthétique. Travail en plein air et sur le motif, scènes de la vie moderne et quotidienne, couleurs claires et juxtaposées, style inachevé "non fini", touches visibles et légères, vibration de la lumière, effets de cadrage : en moins de vingt ans, en fixant tout un monde de sensations et de visions éphémères, ces artistes ont réalisé l'une des révolutions les plus importantes de l'histoire de la peinture.
    Outre le récit "historique", cette histoire de l'impressionnisme expose pleinement les caractéristiques de cette "nouvelle peinture" et la singularité qui, en dépit d'un projet commun, distingue les artistes du groupe des Batignolles. Elle révèle par ailleurs comment l'impressionnisme influencera les artistes à l'étranger (Angleterre, États-Unis, Espagne, Scandinavie ...), résonnera dans les autres arts (musique, littérature, photographie, cinéma) et conduira aux néo - et post-impressionnisme puis aux grandes mutations du XXe siècle, telle l'abstraction.

  • Exceptionnel, ce livre l'est à plus d'un titre. 50e volume de la collection "L'Art et les grandes civilisations", il offre aux arts décoratifs une place de choix au sein du vaste champs de la création artistique mondiale qu'explore depuis plus de cinquante années cette collection de référence.
    Longtemps considérés par les historiens de l'art comme "mineurs", les arts décoratifs sont désormais un réel sujet de recherche. L'heure est venue de proposer une nouvelle synthèse et de dresser un état des lieux chronologique des arts décoratifs en Europe, de la Renaissance à l'aube de la Seconde Guerre mondiale.
    Les auteures ont composé un vaste panorama s'intéressant à la question de la circulation des modèles, des artistes et des artisans, aux matériaux et aux techniques sans en délaisser aucun - arts du métal, du bois, du feu, du fil, du papier -, aux usages, à l'évolution des formes, à la variation du goût et au rôle des collectionneurs et des marchands.

  • Cet ouvrage e´blouissant met en lumie`re une partie de la collection textile de Thomas Murray, marchand d'art extra-europe´en qui a re´uni au fil des anne´es un ensemble rare de textiles japonais inconnus du public franc¸ais. Leur e´tat de conservation exceptionnel et leur grande beaute´ ont conduit a` leur acquisition par le Minneapolis Institut of Art en mars 2019.
    Divise´ en trois parties, ce livre pre´sente trois grandes cate´gories de textiles japonais ainsi que diffe´rentes techniques de tissage qui leur sont associe´es. Ceux, extre^mement rares, re´alise´s par le peuple Ai¨nou surprennent tout d'abord par leur matie`re, leur finesse et leur beaute´ singulie`res. Les seconds textiles sont de´signe´s sous le terme Mingei, terme cre´e´ par Soetsu Yanagi au de´but du XXe sie`cle et qui signifie « art populaire ». Utilise´s dans la vie quotidienne, ils sont empreints d'une de´licatesse naturelle et e´le´gante. Quant au chapitre Okinawa, il met en lumie`re les cre´ations de cette i^le japonaise connue notamment pour ses bingata, des textiles aux couleurs vives et e´clatantes aux traits e´pais.
    Gra^ce a` des reproductions splendides et de tre`s nombreux de´tails, ce livre te´moigne de la finesse et de la somptuosite´ cre´ative dont savent faire preuve les tisserands japonais.

  • Au tournant du XIXe siècle, Vienne, capitale du vaste empire austro-hongrois, devient l'épicentre d'une pensée avant-gardiste qui s'exprime contre le conservatisme ambiant, symbolisé par les façades néo-classiques de la Ringstrasse. Musique, littérature, philosophie, arts plastiques ouvrent de nouvelles voies à la perception. Les cafés de la vieille ville s'animent de l'effervescence de cette émulation créatrice. C'est l'époque de Sigmund Freud et de Ludwig Wittgenstein, de Gustav Mahler et d'Arnold Schönberg, de la Sécession (1897-1905) - courant conduit par les artistes Gustav Klimt, Joseph Hoffmann et Koloman Moser qui ambitionnent de rassembler les arts en une Gesamtkunstwerk, une oeuvre d'art totale. Dans cet esprit, la Wiener Werksätte, atelier fondé en 1903, réunit architectes, décorateurs, stylistes et artisans pour diffuser auprès du plus grand nombre cette nouvelle esthétique de la modernité.
    Avec ses quelque mille illustrations et plus de soixante artistes abordés, cette synthèse exceptionnelle menée par trois spécialistes de renom expose l'extrême fécondité de cette période dans tous les champs de la création ; peinture, dessin, arts décoratifs mais aussi architecture, photographie et arts appliqués tels que le graphisme, la verrerie, la joaillerie, la mode ... Un éclairage particulier est donné au rôle de la femme dans toutes ces disciplines. 

  • Yoshitoshi fut le plus prolifique et le plus marquant des maîtres de l'estampe japonaise à l'ère Meiji. Cet ouvrage présente son chef-d'oeuvre, les "Cent aspects de la lune" (Tsuki hyakushi), une série commencée en 1885 et terminée juste avant la mort de l'artiste en 1892. En son temps déjà, chaque nouvelle estampe publiée était un évènement, les tirages s'épuisant bien souvent dès le matin de leur parution.
    Cet ensemble rare, inspiré de récits historiques ou légendaires, est chargé de paradoxes. Tout en perpétuant la tradition nationale, Yoshitoshi inventait un style nouveau, largement inspiré de l'Occident. En un temps où les moyens de reproduction de masse -photographie, lithographie- rendaient l'estampe obsolète, le public s'arrachait celle des "Cent aspects de la lune". L'iconographie renvoyait au patrimoine historique, mais l'artiste révolutionnait l'ukiyo-e par sa façon de peindre l'intensité des émotions humaines.  Chacune des cent estampes est ici reproduite en fac-similé de l'édition originale. Un livre de commentaires retrace la biographie de Yoshitoshi. Des reproductions complémentaires illustrent sa puissante imagination et l'épanouissement de son style personnel. L'auteur éclaire ensuite l'importance de la série dans l'art japonais de l'estampe, ainsi que les aspects techniques de sa producution. Enfin, les récits des "Cent aspects de la lune" sont détaillés planche par planche. 

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