Dispute

  • À la fois récit et théorie de la socialisation du salaire, c'est d'abord la première histoire de la protection sociale en France depuis 1920. C'est aussi une description et une analyse comparative des deux modèles de protection sociale qui s'affrontent aujourd'hui autour des débats sur la cotisation sociale, les retraites et l'emploi.
    Cette nouvelle édition comporte trois chapitres inédits qui complètent la première édition de 1998. En quoi le salaire a constitué un progrès et une incontestable réussite ?
    Comment se sont malgré cela imposées des représentations rétrogrades de ce modèle, tant dans le discours académique que dans les pratiques comptables ? Enfin, l'auteur donne les outils pour reprendre la marche vers l'émancipation.

  • Le care, théories et pratiques Nouv.

    Le travail du care a été rendu plus visible par la pandémie. Mais connaissons-nous vraiment ces travailleurs. ses et la diversité de leurs expériences, pratiques et conditions de travail ? Dans cet ouvrage, Helena Hirata, sociologue de renommée internationale et directrice de recherches émérite au CNRS, explique de manière pédagogique et vivante les théories du care. La comparaison des trajectoires des travailleurs.
    Ses et des politiques de soin en France, au Japon et au Brésil permet de comprendre les configurations différentes des rapports sociaux de sexe, de classe et de race dont dépendent la dévalorisation du travail de care. L'ouvrage est précédé d'une préface d'Evelyn Nakano Glenn, chercheuse pionnière et internationalement reconnue au sein des études du care.

  • Cet ouvrage collectif présente et examine l'Åuvre du sociologue marxiste Stuart Hall, pionnier des cultural studies mais aussi théoricien du postcolonialisme de première importance. Les chapitres font alterner des éclairages du contexte théorique, institutionnel et politique du développement de sa pensée, des explications de ses conceptions de la "A raceA ", de l'hégémonie ou encore des signifiants vides, et des usages contemporains de sa théorie, pour penser par exemple la situation de la gauche états-unienne ou l'expérience politique des personnes racisées dans les quartiers populaires en France aujourd'hui.
    Le livre est précédé de la traduction de deux textes majeurs de Stuart Hall, au sujet des identités diasporiques et des rapports entre discours et pouvoir dans la période postcoloniale.

  • Démantèlement du droit du travail et des CHSCT, incohérences dans la gestion de la pandémie Covid-19, accidents industriels comme Lubrizol... Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé et du travail, éclaire le lien entre ces catastrophes : la mise en danger généralisée des travailleurs.euses par le patronat et l'État.

    Ces entretiens reviennent sur ses recherches sur les maladies professionnelles, expliquent ce que la pandémie révèle de la destruction des droits à la santé en France, racontent les luttes en cours et analyse le lien entre leurs dimensions sociale et environnementale. Ils tracent ainsi le chemin d'une possible démocratisation du travail, pour le mettre au service de la santé et de la vie.

  • Qu'est-ce qu'un bon film ?

    Laurent Jullier

    • Dispute
    • 11 Décembre 2002

    A l'appui des appréciations innombrables que chacun de nous (profane, amateur, cinéphile ou critique) porte au fil des jours sur tel et tel films de cinéma, il n'est guère difficile de repérer certains critères fortement récurrents.
    Sous des habillages infiniment variés - du plus naïf au plus distingué -, Laurent tullier, isole six critères de jugement de goût en matière de cinéma : le succès, la technique, l'édification, l'émotion, l'originalité, la cohérence. A partir de nombreux exemples empruntés à la critique ou aux conversations de tous les jours, il décortique l'usage, le sens et les conditions de validité de ces critères.
    Il fait ainsi exploser quelques-uns de nos dogmes, de nos rituels ou de nos marottes. Après l'avoir lu, nous n'échangerons peut-être plus les mêmes propos en sortant d'une salle de cinéma. Mas ce livre jubilatoire ne concerne pas que le cinéma, il constitue, plus largement, une sorte d'introduction à un usage raisonné du jugement de goût.

  • La proposition du "de base" , cest-à-dire le versement par lEtat dun revenu monétaire sans condition de ressources et dactivité, trouve ces dernières années, et particulièrement aveccrise du Covid-19, un écho grandissant chez nombre dorganisations de gauche et écologiste. Cet ouvrage défend lidée que ce revenu de base (ou d' "", "", "") ne peut en aucun cas être un outil de transformation sociale et écologique.
    Denis Bayon, journaliste à La Décroissance, présente de manière pédagogique les arguments des partisans de cette allocation, démontre quelle est incompatible avec la nécessaire révolution écologique, et propose des pistes alternatives concernant la décroissance, le salaire, lemploi et la démocratie au travail.

  • Peu de recherches sont consacrées aux femmes incarcérées pour de longues peines : ni sur les violences subies en amont du fait des hommes, ni sur leurs raisons d'être violentes elles-mêmes « par ricochet ». C'est l'analyse de ce continuum de violence, trop peu pris en compte lors de la décision de justice, que propose cet ouvrage. À partir d'une enquête originale, l'auteure montre comment le parcours d'exécution de la peine est façonné par un dispositif disciplinaire où les femmes doivent se conformer à l'ordre social du genre.

    Sociologue, Natacha Chetcuti-Osorovitz est l'auteure de nombreux livres, publications et rapports sur les violences de genre, la sociologie carcérale, le féminisme et le lesbianisme.

  • C'est à une repolitisation des questions urbaines que ce livre, dont le propos est centré sur le devenir des quartiers populaires, aspire à contribuer. Il mobilise en particulier le concept de gentrification, dans la continuité des travaux de la géographie radicale.

    L'auteur vise à remettre à l'avant-plan la violence des logiques de gentrification, à contre-courant des usages aseptisés du terme, mais aussi à s'intéresser à ce qui va contre ces logiques, ce qui les contrecarre, les freine ou leur résiste, par des mobilisations collectives ou par le maintien d'usages populaires de l'espace, remettant ainsi en question l'apparence inéluctable de la gentrification.

  • Ce qui s'est passé depuis 2010 et le débat actuel sur les retraits confirment la pertinence de l'analyse de la réforme, du diagnostic sur les raisons de l'impuissance des opposants et des propositions pour une riposte offensive énoncées dans L'enjeu des retraites. C'est pourquoi les cinq chapitres de l'ouvrage sont repris sans changement.
    Une longue et nouvelle introduction actualise le propos :
    D'une part, compte tenu de ce que l'on sait du projet d'unification des régimes dans un dispositif de comptes à points, ce texte propose une autre unification des régimes assurant 100 % du meilleur salaire net quelle que soit la durée de carrière ;
    D'autre part, elle répond à des objections qui ont été émises sur tel ou tel point du texte de 2010 ;
    Enfin, elle énonce en termes nouveaux l'enjeu décisif du conflit sur les retraites : qui travaille, qu'est-ce que travailler, quel statut économique des personnes ?
    D'où le nouveau titre : Le travail, enjeu des retraites.
    L'Enjeu des retraites, publié en mars 2010, a été vendu à 16 000 exemplaires. Nous ne tenons plus le compte des conférences, débats, lectures en librairie auxquels Bernard Friot a répondu. De même pour ce nouvel opus, Bernard Friot se rendra disponible pour toute sollicitation.

  • Temps, rythmes et intensité du travail sont des questions qui traversent depuis des siècles les sociétés occidentales. En 1516, dans son Utopie, Thomas More imagine déjà les Utopiens travaillant seulement six heures par jour, alors que partout ailleurs « le triste sort de l'ouvrier » est de s'atteler « au travail comme des bêtes de somme depuis le grand matin jusque bien avant dans la nuit ! ».
    Oser une perspective historique de longue durée est un pari pour mieux comprendre les problématiques actuelles à propos du travail. En écho aux analyses des sociologues, cet ouvrage aborde les différents rythmes du labeur, du temps court de la journée à celui des saisons et de l'année, depuis le XIVe jusqu'à la fin du XIXe siècle.

  • Le 12 mars 2020, face à la pandémie, le Président de la République annonce la fermeture de tous les établissements d'enseignement. Le ministre de l'Éducation nationale exhorte à assurer la « continuité pédagogique » à distance.

    Comment, dans l'urgence et l'impréparation, confinés, enseignants et élèves, familles et étudiants font-ils dans les semaines qui suivent ? Que révèle cette « crise » de l'état du système d'enseignement ? Comment ce confinement sert-il à l'accélération des réformes gouvernementales en cours ? Treize spécialistes de l'éducation, de la maternelle à l'université, coopèrent et tentent de répondre à ces questions et d'ouvrir les chantiers de recherche que cette séquence inédite impose.

  • émanciper le travail

    Bernard Friot

    • Dispute
    • 28 Août 2014

    Depuis quinze ans, Bernard Friot rencontre pour des débats ou des formations des militants qui s'interrogent sur les échecs répétés face à la mise en cause des droits sociaux et qui se mobilisent pour une production non capitaliste. Ils manifestent un intérêt croissant pour un propos qui montre les possibles politiques très concrets qu'ouvrent à l'échelle macro-sociale les conquêtes antérieures du mouvement ouvrier.
    Généralisation de la propriété d'usage des entreprises par les salariés et expropriation des propriétaires lucratifs, salaire à vie et suppression du marché du travail, cotisation économique à la place du crédit pour financer l'investissement : si nous savons nous appuyer sur le déjà-là considérable des conventions collectives, de la fonction publique et de la sécurité sociale, une émancipation décisive du travail est à notre portée.
    Devenus ainsi maîtres de la valeur économique, nous pourrons sortir la production de ses impasses écologiques, anthropologiques et politiques, et trouver, enfin, les moyens concrets pour émanciper le travail.

  • Cet ouvrage d'Yves Schwartz, philosophe du travail et pionnier de la recherche en ergologie, réunit des textes inédits consacrés au rapport entre travail et politique. Pour un·e syndicaliste ou un·e intervenant·e, quels sont les enjeux politiques de l'intervention dans la vie des autres ? Quelles sont les conséquences, pour le domaine du politique, du fait que le travail transforme les personnalités, les corps et les savoirs ? Comment trouver dans les pratiques des travailleuses et travailleurs des réserves d'alternative ?

    Ce livre constitue une introduction à l'oeuvre de l'auteur et un développement de sa pensée, tout en les inscrivant dans les débats théoriques et politiques les plus récents.

  • L'idéologie sécuritaire a rarement été aussi prégnante dans l'espace public. Pourtant, ce n'est pas une demande de répression qui émane de celles et ceux dont on prétend restaurer la sécurité, mais plutôt une demande de protection effective de la loi, que nourrit leur exposition croissante à l'arbitraire, non seulement de la rue, mais encore et surtout des administrations et des puissances économiques.
    Cet ouvrage présente les différents dispositifs juridiques existants destinés à garantir notre liberté de tous les abus de pouvoir et, ainsi, les conditions à partir desquelles nous pouvons véritablement nous dire en sûreté. Il révèle les leviers qui nous permettent, dès à présent, de renforcer la garantie du droit au quotidien et d'opposer ainsi à la dérive autoritaire contemporaine une réponse fondée sur l'approfondissement de la démocratie. C'est en rendant l'État de droit palpable pour la majorité des citoyens qu'ils cesseront définitivement de donner crédit à la rhétorique sécuritaire.

  • Interventions

    Lucien Sève

    • Dispute
    • 23 Octobre 2020

    L'oeuvre de Lucien Sève, disparu en mars 2020 à l'âge de 93 ans, est immense et plurielle. Du communisme à la psychologie, de l'éducation à la bioéthique, nombreux sont les domaines dans lesquels ce philosophe, qui s'appuyait de façon vivante et créative sur ce qu'il nommait la « pensée-Marx », a apporté une décisive contribution. Étrangère à toute recherche purement académique, sa réflexion revêtait le caractère d'une intervention dans des luttes ou des débats en cours. Ce choix de textes brefs, articles ou communications publiques, jamais rassemblés jusqu'ici sous forme de livre, vise à faire découvrir à un large public l'ensemble de sa pensée et de son parcours, des années 1950 jusqu'à aujourd'hui.

  • Le livre inscrit la « Blitzkrieg » de Macron dans le temps long de « la réforme » telle que Rocard l'a mise à l'agenda de tous les gouvernements depuis la fin des années 1980. Il sort la réforme du qualificatif vague de « néolibérale » pour la poser comme une contre-révolution. C'est l'objet du second chapitre qui explique tous les éléments dispersés des réformes du salaire, du droit du travail, de la protection sociale, du marché du travail, du travail indépendant, depuis trente ans, pour montrer que l'enjeu est d'instituer le travail selon des modalités capitalistes, en réponse au début de son institution selon des modalités communistes.
    Pour commencer, un premier chapitre présente donc cette institution communiste du travail, telle qu'elle se construit dans la révolution du salaire au cours du 20 e siècle, avec l'affirmation du salaire universel, à la fois pour tous dans le salaire à vie - qui concerne plus du tiers des personnes majeures -, et pour tous dans sa socialisation pour subventionner l'investissement et rendre ainsi possibles des prémices de copropriété d'usage de l'outil de travail, sans propriété lucrative.
    Le troisième chapitre analyse l'entreprise Macron comme la tentative d'une classe dirigeante rassemblée (mais avançant sous le masque de la « société civile »), de renouer avec la systématisation de la contre-révolution initiée par Rocard. Ce qui est perçu, aujourd'hui, par le gouvernement, le Medef et la Cfdt comme l'origine des insuffisances des réformes qui se sont succédé depuis Rocard, c'est seulement leur manque de systématicité ; ce qui est en jeu, aujourd'hui, c'est l'achèvement de ce mouvement réactionnaire et contre-révolutionnaire.
    Le quatrième chapitre est une adresse aux militants qui se battent dans les entreprises et dans les services publics, ainsi qu'à ceux qui explorent ici et maintenant des formes de travail alternatives.
    Sortir de la défaite ou de la marginalité suppose une mobilisation en permanence aimantée à la boussole de la copropriété d'usage de l'outil de travail, du salaire à vie et de la subvention de l'investissement, lesquels supposent une large socialisation de la valeur dans des caisses de salaire et d'investissement, gérées par les travailleurs en vue d'une tout autre production que la production capitaliste. Pour finir, l'auteur, dans le prolongement de L'enjeu du salaire et d'Emanciper le travail, explorera les voies concrètes que pourraient prendre une mobilisation se donnant pour objectif la révolution du travail.

  • Cet ouvrage donne la parole à cinq philosophes marxistes français et de renommée internationale, qui présentent l'évolution de leur rapport à Marx, à la philosophie et à la politique, depuis les années 1950 jusqu'à aujourd'hui. En revenant sur leurs parcours intellectuels et militants respectifs, ils nous aident à mieux comprendre les transformations du marxisme depuis l'immédiat après-guerre, et plus largement les évolutions idéologiques et socio-politiques dont notre période est issue - et qui continuent de l'éclairer.
    Chacun à leur tour, les auteurs ont répondu aux questions posées par deux philosophes de générations différentes : Comment avez-vous rencontré la pensée de Marx, et avez-vous commencé à en faire usage ; dans quel contexte théorique et politique, pour répondre à quelle urgence et quel problème, en rapport avec quels engagements militants ? Quelles ont été les évolutions de leurs conceptions du communisme et que devraient être une action ou une organisation politique communiste aujourd'hui ? Que retenez-vous d'essentiel de la pensée de Marx pour penser la période politique présente ?
    Au fil de leurs réponses à ces questions, les auteurs analysent ainsi les rapports entre philosophie et politique, la trajectoire du marxisme en France, la signification du communisme aujourd'hui. Dans leur introduction à l'ouvrage, Alexis Cukier et Isabelle Garo analysent les complexes coordonnées théoriques et politiques de ces trajectoires singulières, leurs convergences et divergences, mais aussi leurs enseignements pour comprendre le renouvellement en cours de la philosophie marxiste et de l'engagement communiste.

  • Erving goffman, l'inventeur de l'infiniment petit en sociologie, cherche la domination masculine non seulement dans les discriminations ou les comportements couramment dénoncés comme sexistes.
    Mais aussi et surtout dans les gestes du quotidien, dans chaque situation oú la différence des sexes est mise en jeu, mise en scène comme expression d'une prétendue " nature ". l'arrangement, alors, c'est la construction sociale du genre, qui donne à des différences biologiques entre les sexes, non pertinentes dans la plupart des entreprises humaines, une si grande importance sociale. comme le montre claude zaidman dans son introduction, ce texte contribue à enrichir notre analyse du monde contemporain en définissant un type bien particulier de relation sociale, entre ségrégation et proximité, oú femmes et hommes sont " with-then-apart " - ensemble-séparés.
    Il interroge chacun et chacune sur sa représentation du féminin et du masculin, et sur les rapports de sexe mis en oeuvre dans les sociétés modernes.

  • La parution de ce recueil de textes de Paola Tabet, l'une des théoriciennes féministes les plus novatrices des dernières décennies, constitue un événement éditorial important dans le champ des études anthropologiques et féministes. Dans ces textes inédits en français, l'anthropologue italienne présente son analyse matérialiste des rapports sociaux de sexe, poursuit sa critique de la naturalisation de la division sexuelle du travail et de la reproduction, et précise son concept « d'échange économico-sexuel », qui est devenu un concept nodal dans le champ des études féministes et queer. Ce travail offre aux lecteurs un ensemble d'outils théoriques et politiques originaux dont l'objectif est de comprendre et de déconstruire les rapports sociaux de sexe et les fondements de la domination masculine.
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    L'ouvrage se compose de trois parties principales et d'un entretien. Dans le premier chapitre, l'auteure montre que dans la majorité des sociétés connues, la sexualité apparait comme un échange asymétrique entre hommes et femmes, non un échange de la sexualité contre de la sexualité, mais comme une compensation masculine pour une prestation féminine, un paiement qui peut prendre les formes plus variées (prestige, statut social, argent, don) en échange d'une sexualité transformée en service. Le deuxième chapitre interroge la naturalité de la sexualité : comment passe-t-on d'une potentialité biologique à une reproduction imposée ? L'auteure examine l'action des agents qui interviennent aux différents moments du processus reproductif : depuis l'organisation sociale du coït, de la grossesse, etc., jusqu'au sevrage de l'enfant. Dans le troisième chapitre, Paola Tabet analyse un aspect de la division sexuelle du travail trop rarement étudié convenablement dans les travaux d'anthropologie et de sociologie : celui des outils dont se servent hommes et femmes. Le quatrième chapitre présente de manière synthétique les thèses principales de l'auteure dans l'ensemble de son travail. Pour terminer, dans l'entretien avec le sociologue Mathieu Trachman, l'auteure revient sur son parcours théorique et personnel dans le champ du féminisme matérialiste.

  • La trace

    Anicet Le Pors

    • Dispute
    • 9 Octobre 2020

    Anicet Le Pors est l'un des ministres communistes dans le gouvernement de Mitterrand, en 1981, où il est chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives. Il n'a jamais fait de la politique un métier s'il en a exercé successivement plusieurs : ingénieur, économiste, sénateur et conseiller général des Hauts-de-Seine, puis membre du Conseil d'État et juge à la Cour nationale du droit d'asile. C'est La Trace que reprend ici l'auteur développant ses réflexions sur ses thèmes fondamentaux d'une recomposition politique : laïcité, socialisme, communisme, propriété publique, institutions, citoyenneté, droit d'asile, service public dans une situation de crise qu'il analyse comme une métamorphose.

  • D'entrée de jeu, la préface de cette réédition répond et désarme avec brio les polémiques sur le care, polémiques parfois induites par la précédente édition. Ce qui conduit l'auteure à mettre la focale sur ce qu'est vraiment la « perspective du care » et à montrer l'inédit de cette position théorique.
    Cette préface apporte donc une plus-value incontestable à un ouvrage qui a déjà connu un vif succès.
    Le « care », le souci des autres, n'est pas une mode, un slogan ou une morale des bons sentiments, mais un travail réel, celui des professionnels du soin et de l'assistance, et en même temps une proposition politique concrète : celle d'une autre société, centrée sur la reconnaissance de ce travail. Mais une telle société, plus juste, ne serait pas pour autant pacifiée et idéale: le care est nécessairement une zone de conflits et de tiraillements, et on ne peut pas complètement évacuer le « sale boulot ». Dans cet ouvrage, Pascale Molinier, auteure de nombreux ouvrages sur le travail et sur le care, interroge l'activité réelle des travailleuses du care, salariat essentiellement « subalterne », c'est à dire surexploité, sous-payé, stigmatisé par sa couleur de peau, ses origines ou son « manque de qualification », et les questions pratiques, éthiques et politique qu'elle pose à nos sociétés.
    Pascale Molinier, professeure de psychologie à l'université Paris-XIII, s'appuie ici sur une enquête empirique approfondie dans une maison de retraite de la région parisienne, en 2012. A la différence des ouvrages philosophiques sur la question, elle ne s'appuie donc pas sur la théorie ou la fiction, mais sur l'activité des pourvoyeuses du care : aidessoignantes, infirmières, brancardières et femmes de ménage. Elle montre notamment que les conflits autour du care sont d'abord des tensions entre des femmes blanches qui dirigent et des femmes noires ou magrébines, comment les injonctions techniques et la dimension relationnelle peuvent s'opposer dans le travail, et que l'empathie envers les vieillards, la plupart du temps maintenue malgré le fait que l'encadrement le leur reproche souvent, ne peut jamais être déconnectée de ces conflits pratiques et hiérarchiques.
    Elle ne fait pas seulement entendre la voix des travailleuses du care, mais les fait également dialoguer avec le meilleur de la philosophie morale ; et, comme l'exprime l'auteur, elles sont le plus souvent à la hauteur.
    Cet ouvrage, très accessible et toujours vivant, propose donc de changer de regard sur le travail, sur le soin, et sur la société. Il fait entendre une voix singulière, sensible et forte, dans les débats autour du care.

  • Il n'était écrit ni que le PCF occuperait une telle place dans l'histoire française du XXème siècle ni qu'un déclin brutal le renverrait vers la marge au siècle suivant. Telle est la double énigme que l'histoire est tenue d'élucider.

    Au-delà du parcours d'une organisation, c'est l'histoire de tout un courant sociopolitique du mouvement ouvrier et de la gauche qui est interrogé. Hors de toute complaisance et de tout dénigrement, il s'agit pour Roger Martelli, historien et longtemps membre du PCF, de comprendre, sans chercher à simplifier ce qui ne l'est pas et, surtout, sans s'ériger en avocat ou en juge. Un bilan de cette double trajectoire, militante et historienne, est offert ici au lecteur.

  • La richesse à la fois philosophique, historique et politique de ces deux chapitres sur les XIXe et XXe siècles fait qu'à eux seuls ils forment déjà un gros livre, publié comme première partie de ce vaste ouvrage sur le communisme. Est en cours de rédaction la deuxième partie, «Quel communisme pour le XXIe siècle?», dont le contenu à venir est esquissé en conclusion du présent volume.
    La question du communisme a été à nouveau intensément débattue ces dernières années dans le domaine de la philosophie et au sein des théories marxistes. La particularité de l'approche de l'auteur, auteur de travaux marxiens fondamentaux et figure notoire de la refondation communiste, est de l'aborder à partir d'une étude, précise et novatrice, de la signification, du contexte et des usages du terme « communisme » dans le corpus de Marx (et Engels). C'est sur cette base qu'il peut ensuite examiner ce qu'il en a été des prétendus « communismes réels » du XXe siècle - en montrant en détail l'abîme qui les sépare de la visée marxienne. Dans le deuxième chapitre de l'ouvrage, Lucien Sève prolonge ainsi la réflexion initiée dans son dernier ouvrage paru Octobre 1917 : Une lecture très critique de l'historiographie dominante. Suivi d'un choix de textes de Lénine (Les éditions sociales, 2017). Ce faisant, il intervient également dans les débats historico-politiques, toujours vifs, au sujet de l'héritage des expériences politiques soviétique, cubaine, chinoise, etc. ainsi que des ruptures et continuités au XXe siècle dans les stratégies de la gauche de transformation sociale.
    Cet ouvrage, attendu par les lecteurs des trois premiers tomes et qui pourra aussi rencontrer l'intérêt des plus jeunes lecteurs désireux d'aborder l'oeuvre philosophique majeure de Lucien Sève par son versant directement politique, comporte un index des noms propres et un index des matières détaillés, qui constitueront des outils de travail très utiles pour les militants, chercheurs et étudiants. Comme les autres tomes de la tétralogie, il constitue à la fois une pièce indispensable d'un travail de longue haleine et un ouvrage qui se suffit à lui-même, et peut donc se lire aussi bien comme un premier abord de la philosophie de Lucien Sève que comme une nouvelle étape de son développement, comme une initiation au marxisme ou comme un instrument d'analyse et de réflexion pour la théorie et la pratique du communisme.

  • Le développement historique de la culture écrite a favorisé l'émergence d'une posture lettrée d'analyse réflexive des textes. Pour assurer aujourd'hui leur réussite scolaire, les élèves doivent parvenir à adopter à leur tour cette même posture métalangagière à l'égard des énoncés qu'ils ont à déchiffrer ou à rédiger. S'inscrivant dans la lignée des travaux de Jack Goody et de Bernard Lahire, la recherche d'Anne-Sophie Romainville interroge le développement des compétences métalangagières, et particulièrement métadiscursives, chez des élèves de l'enseignement secondaire engagés dans différents types de parcours scolaires.
    L'ampleur et la rigueur de la collecte des données réalisée permet à l'auteure de montrer combien la formation des compétences méta-langagières est l'objet de soins attentifs dans les établissements et les classes où se concentrent les "héritiers", alors qu'elle apparaît négligée dans les autres, où l'on permet aux élèves, au nom d'un enseignement "adapté", d'échapper à ses contraintes. Au plus intime des pratiques enseignantes, la démocratisation scolaire apparaît ainsi suspendue à la rupture avec la norme du donner moins à ceux qui ont moins, au profit d'une pédagogie de l'exigence intellectuelle pour tous.

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