Sciences humaines & sociales

  • Deux personnages déambulent en philosophant. On ne sait qui ils sont. On ne sait d'où ils viennent. On ne sait où ils vont. Tout ce que l'on sait, c'est que l'un est le maître de l'autre. Bientôt on se demandera lequel.
    Présentation .
    Genèse de Jacques le Fataliste .
    Roman et vérité .
    Ordre et désordre .
    Les procédés de la narration .
    Un roman philosophique ?

  • Merlin

    Robert de Boron

    • Droz
    • 17 Août 2000

    Le merlin de robert de boron est cette partie du cycle arthurien qui précède immédiatement le lancelot.
    Merlin, fils d'un incube et d'une vierge, a favorisé les amours d'igerne et d'uter, d'oú naîtra arthur, et c'est merlin qui fit fonder la table ronde avec son siège périlleux.
    Le texte nous est parvenu de manière fragmentaire sous la forme de 504 vers et dans une translation en prose du xiiie siècle, dont alexandre micha, grand spécialiste des romans arthuriens en prose, procure la première édition critique moderne, rendant honneur à la prose fluide et intelligente de robert de boron.

    L'édition se fonde sur le manuscrit fr. 747 (a) de la bibliothèque nationale de france, le moins fautif, le plus cohérent peut-être, en notant toutes les variantes.

  • Le présent ouvrage, consacré à l'apparition du tableau, a pour objectif de rendre visible le processus par lequel le travail métapictural a fondé la condition moderne de l'art. Il interroge également le statut du tableau en tant qu'objet figuratif "moderne". Cette étude traite du statut de l'image peinte en Europe occidentale entre 1522, année de la révolte iconoclaste de Wittemberg, et 1675 lorsque Cornelius Norbertus Gijsbrechts - peintre originaire d'Anvers - créa une toile représentant le revers d'un tableau. Stoichita concentre ces analyses sur des exemples venant de l'Europe du Nord, région où se cristallise le discours métapictural, la crise du statut de l'image religieuse et enfin la crise du "tableau" lui-même.

  • Le sens des nombreux attributs et symboles dont usaient à profusion les humanistes, artistes et intellectuels des XVe et XVIe siècles s'est perdu.
    Le " Tervarent ", instrument classique des études de la Renaissance, offre à ceux qu'intéresse l'art de cette époque un moyen sûr d'en retrouver la signification. Il procède du connu à l'inconnu, puisque dans toute composition, si obscure et complexe soit-elle, un élément est reconnaissable : une rose, une licorne ou une ancre. De chaque attribut et symbole que l'art a reflété à la Renaissance, cet ouvrage s'est en outre efforcé d'établir les sources d'inspiration.
    Un index des " entités immatérielles " et un autre des noms facilitent la consultation.
    L'édition est totalement refondue, ayant incorporé le supplément de 1964.

  • L'Age de l'éloquence démontre l'utilité, pour l'historien de la culture, du paradigme rhétorique.
    La première partie apprécie la longue durée : Antiquité classique et tardive, Renaissance italienne et Réforme catholique. On y voit s'établir et se rétablir dans la culture européenne la fonction essentielle de médiation, de transmission et d'adaptation exercée par la rhétorique. Les débats relatifs au " meilleur style ", à la légitimité et à la nature de l'ornatus, à la définition de l'aptum, ne sont pas le privilège de professionnels de la chose littéraire : ils mettent en jeu, à chaque époque, l'ensemble du contenu de la culture et impliquent la stratégie de son expansion et de sa survie.
    Les parties suivantes examinent respectivement deux grandes institutions savantes de la France humaniste, le Collège jésuite de Clermont et le Parlement de Paris. A l'horizon apparaissent le public féminin et le public de cour, que la res literaria savante et chrétienne ne saurait ignorer sans se condamner à la stagnation ou à l'étouffement. Les débats rhétoriques entre jésuites ou entre magistrats gallicans oscillent donc entre la nécessité de ne rien sacrifier de l'essentiel et l'autre nécessité, celle de doter cet " essentiel " d'une éloquence propre à le faire aimer, admirer, embrasser par les " ignorons ".
    Autant de débats qui se nourrissent de l'abondante jurisprudence accumulée par la tradition humaniste et chrétienne. Le classicisme surgit ainsi, dès le règne de Louis XIII, comme une solution vivante et efficace à un problème qui n'a rien perdu de son actualité : comment transmettre la culture en évitant le double péril de la sclérose élitiste et de la démagogie avilissante ?

  • Les dbuts de la reprsentation du Christ sont mal connus. Ils ont surtout t problmatiques et son histoire renseigne sur des transformations qui vont au-del des images. Ce livre en suit l'volution dans les premiers sicles du dveloppement des images chrtiennes.

  • Le jeu de saint nicolas

    Jehan Bodel

    • Droz
    • 1 Janvier 1981

    L'édition du Jeu de saint Nicolas par Albert Henry « réussit à fournir en un minimum de pages l'essentiel et plus de ce qui pouvait être rassemblé sur le texte, sur ses supports - le manuscrit BnF, fr. 25566, le vers, la langue de l'auteur -, sur ce qu'on peut reconstituer de la mise en scène, sur Jehan Bodel, sur la place du Jeu dans l'oeuvre de celui-ci et dans l'histoire littéraire, ainsi que sur toutes les éditions et les travaux critiques dont cette pièce a été l'objet. Au-delà de la collation d'un abondant matériau, il y a la synthèse, car l'établissement du texte et les notes qui l'accompagnent sont nourris des études antérieures ainsi que d'une réflexion sur les relations entre les diverses composantes du texte [...]. S'y ajoutent les multiples éclaircissements fournis dans les notes sur l'intelligence de points particuliers. Le matériau proverbial, enfin, est rassemblé à part, pourvu des renvois utiles à [l'édition] Morawski ou à des textes médiévaux.
    Somme donc que cette édition qui, dans des limites matérielles restreintes, fournit, avec le texte reconstitué dans son authenticité, tous les moyens d'approche souhaités de celui-ci ».

  • Au XVIIe siècle, Paris est le plus grand centre d´édition de l´Europe. Interprétation globale d´un phénomène touchant à la fois à l´économie, à la politique et à la vie intellectuelle et religieuse, ce livre se veut une explication du mouvement du siècle et de l´esprit classique. Il fait revivre dans ce but le petit monde du livre, mais aussi celui des auteurs et de leurs lecteurs. L´auteur montre comment la Contre-Réforme triomphante ouvre d´abord au livre un immense marché. Une crise de surproduction y succède. L´Etat réagit en contrôlant de plus en plus étroitement la presse. Tel est le climat dans lequel se développe la littérature classique qui, à l´image du système monarchique, prétend à la recherche idéale d´une forme de stabilité et de perfection. Mais il est impossible d´entraver la liberté de la presse, l´opposition au système monarchique se réfugie alors hors de France, en Hollande notamment. Et c´est là que se prépare l´avenir.

  • A l´époque moderne, l´éclatement de la chrétienté en confessions rivales, en un "catholicisme" et des "protestantismes", a suscité le développement de la controverse et l´élaboration d´une immense littérature religieuse. L´écrit, et particulièrement l´imprimé, devenait l´instrument du débat théologique et philosophique. Ce faisant, l´interprétation des écrits - la Bible, les Pères, les auteurs spirituels -, l´établissement du sens des textes et l´émergence de l´ " auteur " au sens moderne du terme entraînaient à leur tour un problème philosophique autant que théologique et donnaient naissance à des disciplines autonomes, l´exégèse et l´herméneutique. Les travaux rassemblés dans ce livre constituent un essai d´interprétation de plusieurs corpus textuels, d´oeuvres de philosophes, de théologiens et d´auteurs spirituels. Ils fournissent une réflexion sur la constitution ou la modification des références fondatrices (le rapport à une origine, les structures psychiques ou anthropologiques). Que les questions de la spiritualité, de la dévotion et de l´institution soient centrales dans ces recherches n´étonnera pas : l´homme moderne y est engagé, s´affirmant comme sujet de son expérience.

  • Les vignettistes du XVIIIe siècle ont pour héritiers les illustrateurs qui se multiplient à partir de 1830, alors que se renouvellent le monde de l'édition et les arts de la gravure. Au XIXe siècle, presque tous les artistes ont travaillé pour la librairie. L'illustration, véritable journalisme du crayon selon Théophile Gautier, devient pour beaucoup un lieu de passage, un tremplin pour la notoriété et le plus souvent un lieu de relégation. Car l'illustration, jugée populaire, industrielle et mercantile, a mauvaise presse. L'illustrateur, quant à lui, se voit souvent accusé de trahir la pensée de l'écrivain, tandis qu'il souffre à son tour d'être trahi par les graveurs de reproduction.
    Rodolphe Topffer (1799-1846), peintre frustré, professeur, romancier et critique d'art, doit sa renommée à la fortune inattendue de ses histoires en estampes, rebaptisées "bandes dessinées". C'est l'exemple typique de l'écrivain tenant la plume et le crayon, le modèle de cette double vocation si fréquente à l'âge de la fraternité des arts. L'illustration de ses oeuvres par lui-même pose en des termes exemplaires la question centrale de l'autographie par rapport à la gravure de reproduction. J.-J. Grandville (1803-1847), tout au long de sa carrière, a réfléchi à la condition de son métier, défendu sa position de "professionnel" de l'illustration et lutté pour revaloriser le statut de l'illustrateur. Ses relations complices ou conflictuelles avec éditeurs, écrivains et graveurs révèlent les tensions qui caractérisent la librairie illustrée sous la Monarchie de Juillet. Gustave Doré (1832-1883) est certainement le plus célèbre des illustrateurs. Il est devenu l'incarnation de son métier jusque dans les moindres détails de son style de vie, de son comportement, de son corps même. Sa soumission tragique et paradoxale à l'étiquette de l'illustrateur, alors même qu'il se destinait au grand art, jette un éclairage sur le fonctionnement de la critique, sur la domination symbolique exercée par la hiérarchie des genres et des techniques. P hilippe Kaenel écrit l´histoire sociale des illustrateurs au XIXe siècle. Sur la base de documents souvent inédits, il montre que le métier d'illustrateur agit comme révélateur des catégories esthétiques et professionnelles sur lesquelles reposent alors les beaux-arts.

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