Epervier

  • Alors, Amour, qu'est-ce que tu deviens ? Où étais-tu parti ? Tu te cachais dans un puits, comme la raison dans le conte de Voltaire ? Ne te voyant plus, absorbé comme tu l'es aujourd'hui, dans la société du spectacle, dilué dans la marchandisation, et dissous dans l'acide corrupteur de la société de consommation, je t'ai cherché dans les vieux livres et je n'ai pas été déçu..C'est là que je t'ai retrouvé.
    Au fond de la bibliothèque des temps, eu milieu des oeuvres des plus grands philosophes et des meilleurs poètes, à l'abri des volumes énormes reliés plein cuir. Tu te cachais là où on t'avait oublié, j'ai voulu t'en faire sortir. Aimable lecteur, je te souhaite de trouver le même plaisir à lire ces citations que j'ai eu à les chercher.

  • L'oeuvre de Rodin et celle de Maillol s'inscrivent sous le signe d'un dialogue éternel entre l'art du mouvement et celui du repos, le dynamique et le statique, le romantique et le classique. C'est ce que nous révèle le contraste de leurs grandes sculptures, exposées face à face, La Porte de l'enfer et Harmonie, Les Trois Ombres et Les Trois Nymphes, Le Penseur et La Pensée, Iris et La Montagne, L'Appel aux armes et La Douleur ou bien encore L'Homme qui marche et Pomone aux bras tombants.
    Réunir ces deux génies de la sculpture dans un même ouvrage, c'est donc se donner les moyens de comprendre, en profondeur, leurs choix artistiques. Car Rodin et Maillol ont emprunté, chacun, des chemins esthétiques contraires. Le premier a opté pour l'esthétique du sublime, faite de démesure, d'expressions terribles, violentes, torturées, de souffrance, de quête de l'infini et de transcendance tandis que le second s'est orienté vers l'esthétique classique du beau, dominée par un idéal de mesure, de douceur et de quiétude.
    En l'inscrivant dans la perspective du temps long de l'histoire de l'art, cet ouvrage propose donc d'éclairer le sens profond du projet artistique des deux grands sculpteurs. Il reproduit, en plus d'un dialogue entre leurs oeuvres, un dialogue entre leurs idées, exposées à partir de livres d'entretiens passionnants, où se révèle une extraordinaire qualité de pensée. Car ces deux immenses artistes étaient aussi des hommes d'une vaste érudition, chacun possédant une philosophie personnelle, c'est-à-dire, une vision spécifique du monde.

  • Le Ier mai 1916, à Berlin, un groupe d'hommes et de femmes, décide de dire non à la guerre. Ils manifestent contre le militarisme d'Etat. Ils se dressent également contre ceux qui, à l'intérieur de leur parti, ont choisi de participer à l'Union Sacrée, et soutiennent la boucherie. Au milieu d e plusieurs milliers de manifestants, Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg scandent leur slogan : A bas la guerre ! A bas le gouvernement! Il faut saluer le courage de ces deux grandes figures du socialisme allemand. Leur geste pacifiste va coûter à chacun d'eux plusieurs années d'emprisonnement. Karl Liebknecht, aussitôt traduit devant un tribunal militaire, ne sera libéré qu'à la fin de 1918. Rosa Luxemburg, soumise à un régime exceptionnel de réclusion, passera la quasi-totalité de la guerre en prison. Pourtant un groupe est né qui va avoir une influence déterminante sur l'histoire de l'Allemagne: le groupe Spartakus. La lecture des documents relatifs au fameux procès Liebknecht nous fait revivre l'époque de la naissance de ce groupe. Les textes de Karl Liebknecht font l'objet d'une première traduction en français. Ils jettent un regard nouveau sur les analyses des causes de la guerre, élaborées par des révolutionnaires internationalistes de premier plan.

  • Les femmes philosophes sont les égales des hommes philosophes. Elles n'ont rien à leur envier du point de vue de l'usage de la raison ni de celui de l'argumentation. Pourtant, aucune histoire de la philosophie ne leur accorde la place qu'elles méritent. Elles demeurent dans l'ombre des penseurs masculins : Mary Wollstonecraft est éclipsée par Godwin, Germaine de Staël par Benjamin Constant, Flora Tristan par Marx, Rosa Luxemburg par Lénine, Hannah Arendt par Heidegger, Simone de Beauvoir par Sartre.
    Mais la prédominance des préjugés sexistes ne suffit pas à expliquer cet oubli. Il y a plus : les femmes philosophes sont des dissidentes. Elles s'opposent non seulement à l'ordre politique dominant mais aussi à l'autoritarisme dans leur propre camp. Elles sont les dissidentes des dissidents parce qu'elles ont fait le choix de dire non à leurs camarades de combat lorsqu'il leur a semblé que ceux-ci se trompaient.
    Depuis l'Histoire des femmes philosophes (1690) de Gilles Ménage, aucune présentation d'ensemble n'avait été consacrée aux femmes philosophes. Ce petit ouvrage entend réparer cette injustice. Il souhaite faire connaître le rôle avant-gardiste des femmes dans la construction de la philosophie moderne. Olympe de Gouges, Mary Wollstonecraft, Germaine de Staël, Flora Tristan, Louise Michel, Rosa Luxemburg, Alexandra Kollontaï, Simone Weil, Hannah Arendt, Simone de Beauvoir.

  • Les Lumières allemandes et les Lumières françaises sont étroitement liées. C'est ce que montre cette nouvelle traduction d'oeuvres, méconnues en France, des trois plus grands écrivains allemands du XVIIIeme siècle : les Notes sur le Neveu de Rameau de Diderot par Goethe, les lettres de Schiller à Goethe sur ces notes et les préfaces consacrées au théâtre de diderot par Lessing. On y découvre que le théâtre de Diderot a eu plus d'influence en Allemagne qu'en France, que Goethe n'est pas seulement l'auteur préromantique des Souffrances du jeune Werther mais un très fin connaisseur de Montesquieu, Voltaire, d'Alembert et Diderot, qu'enfin Schiller prononce en mai 1789, deux mois avant la prise de la Bastille, un discours sur l'histoire universelle qui illustre magistralement l'idéal de progrès, de fraternité et de liberté qui fut celui des Lumières. Hegel lui même s'inspirera des idées développées dans ce texte pour fonder sa propre philosophie de l'histoire. Une présentation unique et incontournable pour mieux comprendre les affinités profondes qui unissent les lettres allemandes aux lettres françaises.

  • Lord Byron et Percy B. Shelley sont les deux grands poètes anglais de la liberté. Mystérieux, sulfureux, éblouissants de lumière et de beauté, ils incarnent les aspirations d'une jeunesse éternelle, romantique et rebelle. Présentés ici côte à côte, les poèmes et les discours politiques de Byron ainsi que les pamphlets et les odes de Shelley éclairent le sens profond de l'engagement artistique et poétique de leur vie. Car les deux hommes, en rupture complète avec la société de leur temps, se pensaient investis d'une mission : celle de défendre la cause de la liberté contre les différents visages de l'oppression. Réunis dans la vie par une indefectible amitié, ils l'ont été par la mort qui vint les faucher dans la fleur de leur jeunesse, contribuant ainsi à constituer leur légende de poètes maudits. Sont rassemblés dans cet ouvrage les trois uniques discours de Byron à la Chambre des Lords ainsi que la Nécessité de l'athéisme de Shelley, sa Déclaration des droits, son Adresse au peuple à propos de la mort de la princesse Charlotte. Ils sont accompagnés de l'Ode à Venise, de Prométhée, du Sonnet sur Chillon, de l'Ode à la liberté, de la Tour de la Faim et d'autres poèmes.

  • Les vaisseaux des découvreurs avaient vomi sur les Amériques une pègre implacable, dirigée par des hobereaux désargentés et cruels. Immédiatement, les peuples autochtones se virent refuser le droit de vivre libres et fréquemment même celui d'exister. De cette invasion qui dura quatre siècles il nous reste de nombreux témoignages. Nous présentons ici ceux d'esprits généreux, qui dès les premières décennies de la conquête, en appelèrent l'un à son roi, au droit, à la justice et à la foi, l'autre tout simplement à la conscience morale.
    Las Casas, dans Des Indiens que l'on a réduits en esclavage (1552), plaide méthodiquement pour leur libération et l'arrêt des massacres, tandis que Montaigne, dans Des Cannibales (1580), demande avec malice qui sont les vrais sauvages, dans cette affaire... Trois siècles séparent ces textes du discours de réddition du chef See-ahth. Avant d'aller mourir dans une réserve, celui-ci résume de manière à la fois menaçante et poétique la tragédie du génocide perpétré contre les Indiens d'Amérique par les conquérants et les colons venus du continent européen.
    Nous présentons ici la première traduction fidèle du texte de Las Casas, établie à partir d'une édition authentique. Celle du discours du chef See-ahth, de la même manière, s'écarte des versions erronées et se réfère uniquement à la transcription originelle.

  • Jean de La Fontaine et Georges Brassens ont chacun dans leur siècle réussi à associer le poids du contenu et la légèreté de la forme. Ils furent aussi honnis des puissants qu'appréciés du grand public pour la gravité de ce qu ils ont écrit et le caractère badin de l'art dont ils défendaient la cause ainsi que le statut : la fable en vers, la poésie chantée. Hors des sentiers battus, à l écart des chapelles, dans leur lutte individuelle contre l'autorité et le conformisme, ils ont déposé au pied du mur de l'ordre établi leurs mots explosifs, avec le sourire, comme des gamins espiègles et turbulents. Ce faisant, ils ont éveillé tant de consciences que nous leur devons une partie des libertés dont nous jouissons aujourd hui. Poètes dérangeants, virtuoses de la langue française, ils furent aussi les continuateurs d'une tradition qu'ils eurent à coeur de dépasser, celle des anciens fabulistes, Ésope, Phèdre, Horace, Abstémius, présentés ici en référence dans une traduction nouvelle.

  • Candide de Voltaire et Jacques le fataliste de Diderot ont tendance à éclipser l'oeuvre de deux des plus grandes figures des Lumières françaises. Pourtant Eloge de la raison, Histoire des voyages de Scarmentado, Aventure indienne, De l'horrible danger de la lecture de Voltaire ou Entretien d'un philosophe avec la maréchale de, Discours d'un philosophe à un roi et Mon Père et moi de Diderot ne sont pas moins virulents, moins drôles ni moins efficaces dans leur lutte contre le fanatisme religieux et le conservatisme social. Réunir ces auteurs dans un même ouvrage permet de mieux comprendre ce qu'était la littérature du XVIIIe siècle : une formidable machine de guerre contre les abus de la superstition et l'arbitraire du pouvoir royal. L'écho de leurs combats, la clameur de leur rire ont transformé leur siècle ; ils durent encore aujourd'hui.

  • Depuis trois millénaires en Occident, des hommes et des femmes ont cherché à construire des visions rationnelles du monde qui les entourait. Ces systèmes se sont succédé sans jamais cesser de se situer les uns par rapport aux autres. L'ensemble constitue une chaîne d'idées qui ont mené à ce qu'aujourd'hui nous tenons pour vrai, en attendant les questions et les explications suivantes... La philosophie est une matière difficile, mais elle n'est pas inaccessible. Comprendre les grands philosophes propose de l'aborder en exposant les concepts et les principes-clés des pensées qui ont marqué leur temps, à l'aide d'un vocabulaire simple et clair. Les plus passionnés des élèves de terminale tireront donc grand profit des éclaircissements de ce livre, tout comme ceux qui en pousseront l'étude à l'université ou dans les grandes écoles. Ce qui n'exclut pas de la lecture tous ceux qui voudront consolider ou constituer une large mais précise culture philosophique. Liste des philosophes présentés : Héraclite, Parménide, Platon, Aristote, Epicure, Les Stoïciens, Les Sceptiques, Augustin, Thomas d'Aquin, Montaigne, Descartes, Spinoza, Leibniz, Hobbes, Hume, Montesquieu, Rousseau, Kant, Hegel, Comte, Proudhon, Marx, Engels, Nietzsche, Freud, Bergson, Husserl, Einstein, Russell, Wittgenstein, Bachelard, Heidegger, Sartre, Beauvoir, Arendt, Marcuse, Lévi-strauss, Foucault.

  • Montesquieu et Rousseau sont à l'origine de la philosophie politique moderne. Les premiers, ils ont rompu avec la tradition antérieure, qui depuis Platon jusqu'à Hobbes, avait toujours justifié les pouvoirs forts. Ennemis de la monarchie absolue, ils en ont sapé les fondements en jetant une lumière crue sur le visage du despotisme. Partir à la découverte de L'Esprit des lois de Montesquieu et du Discours sur l'économie politique de Rousseau, c'est donc retrouver les origines de notre république. Ces textes, qu'on ne lit plus guère, nous conduisent également à nous interroger : si à chaque type de gouvernement correspond un principe, la vertu pour la république, l'honneur pour la monarchie, la craine pour le despotisme, sommes-nous toujours en république ou avons nous changé de principe et donc, selon l'idée de Montesquieu, changé de forme de gouvernement ?

  • Le jeu d'échec est sans doute l'un des jeux les plus populaires au monde. Quantité d'ouvrages, traités, introductions, manuels ont été écrits pour permettre à chacun d'en comprendre les règles et d'accéder à un niveau de jeu de plus en plus élevé. Les trois essais que nous présentons ici peuvent être lus de manière complémentaire à ces manuels, parfois difficiles d'accès. En déplaçant le centre d'intérêt, des mathématiques ou de la logique, vers l'histoire, la politique, la philosophie et la littérature, ils proposent une porte d'entrée originale pour réfléchir sur ce jeu.
    Ainsi, le mémoire de Nicolas Fréret sur l'Origine du jeu des échecs (1719) est-il l'un des premiers à démontrer que les échecs viennent d'Orient et non d'Occident. Il s'inscrit dans une conception de l'histoire moderne dont nous sommes pleinement les héritiers. La Morale des échecs (1783) de Benjamin Franklin constitue, pour sa part, une tentative originale de penser, à partir de la pratique des échecs, des leçons civiques, morales et pédagogiques qui n'ont rien perdu de leur actualité.
    Enfin, Le joueur d'échecs de Maelzel (1836) d'Edgar Allan Poe, propose, en nous narrant l'histoire d'une supercherie, celle de l'automate joueur d'échec, de nous faire réfléchir sur ce qu'est la pensée.

  • Michel Onfray se croit anticonformiste, mais il n'est qu'un mandarin adulé, un auteur simplement prolifique qui prétend tout lire des autres avant de les clouer au pilori de ses psychanalyses existentielles. En réalité, une fois passée au crible d'une lecture détaillée, son oeuvre s'avère fautive, partiale et répétitive. Comme on pourra le lire dans ce livre, elle vit sur une imposture intellectuelle qui se nourrit de contre - sens philosophiques, tire sa vitalité de la dénaturation des faits historiques et d'une lecture mythologique des textes.
    Onfray est habité par l'obsession d'être exceptionnel, au coeur d'une solitude revendiquée. Si l'individu absolu qu'il croit être n'existe que dans ses rêves 'aristocrate nietzschéen, en revanche, ce qu'il est devenu, au fil de ses pages, c'est un antidote contre l'action collective, un vaccin préservant le système dominant de tout changement politique et social. Au lieu de tenir son poste de penseur au milieu des groupes en lutte, il semble jouir de sa position de donneur de leçons, délivrant des certificats de bonne ou de mauvaise conduite, qu'il accorde au tribunal d'un anarchisme qui n'est que de salon.
    Ayant épousé la philosophie postmoderne en secondes noces, il découd, déboulonne, déconstruit l'acte même de penser rationnellement et scientifiquement. Onfray est là pour nous faire perdre du temps. C'est une machine à désespérer et à diviser dont ce livre décrit les mécanismes et le fonctionnement.

  • Victor Hugo et Lamartine sont d'immenses poètes. Les Contemplations, La Légende des siècles ou les Méditations poétiques ont immortalisé leurs noms. Elles ne doivent pas faire oublier cependant, par leur prestige, l'engagement qui fut celui des deux principaux représentants du romantisme français. Car qui se souvient du rôle politique très actif de Lamartine sous la Monarchie de Juillet et pendant la révolution de 1848 ? De même, les prises de positions de Victor Hugo sous la Deuxième et la Troisième République ne nous sont plus connues. C'est cet engagement et ce courage que l'on peut lire ici, à travers un choix de discours et de lettres qui nous montre tout le talent oratoire de ces grands écrivains mais aussi leur progressisme, leur humanisme fondamental et l'estime profonde qu'ils se portaient l'un à l'autre.

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