Les Presses Du Reel

  • La pensée de Jacques Rancière a profondément modifié la réflexion contemporaine, en particulier dans sa façon nouvelle d'articuler les rapports entre esthétique et politique. Bien qu'elle ait pris une place grandissante dans son oeuvre, à la faveur des derniers livres notamment, la question des images et de leur pouvoirs n'avait pas encore fait l'objet d'une interrogation spécifique. Une conversation, assortie d'une introduction par Andrea Soto Calderón, afin de mieux cerner en quoi les images sont le site d'une reconfiguration des possibles.

    Andrea Soto Calderón est philosophe, basée à Barcelone, où elle enseigne l'esthétique.

  • Une analyse des actes technocritiques d'artistes, hackers et activistes de l'ère (post-)numérique.

    Contre l'hégémonie de l'innovation, ces derniers invitent à « mordre la machine », ré-ouvrir les boîtes noires, reprendre la main, transformer l'imaginaire technique. Leurs différentes approches - sous-veillance, médias tactiques, design spéculatif, statactivisme, archéologie des médias - explorent et expérimentent le hardware des machines, les coulisses de l'intelligence artificielle, les algorithmes de surveillance, la reconnaissance faciale, la visualisation des données.
    Ces actes de désobéissance numérique prennent le contre-pied de la gouvernementalité et souveraineté des plateformes (GAFAM). Ils réinscrivent l'histoire du code, du cryptage et du calcul dans une critique de la culture contemporaine et ré-ouvrent des voies d'émancipation citoyenne. « Faire oeuvre de hacking » recouvre ici des enjeux sociaux et politiques autant qu'esthétiques : réflexivité (critique), autonomie, indépendance, réappropriation des cultures matérielles (contre l'obsolescence et contre l'opacité des systèmes). La question du détournement y est centrale, l'humour et la parodie y occupent une place de choix.
    En proposant de « penser par l'art », l'ouvrage aborde différentes figures de cette désobéissance numérique à travers les oeuvres de plusieurs artistes internationaux : Trevor Paglen (USA), Paolo Cirio (Italie, USA), Julien Prévieux, Benjamin Gaulon, Christophe Bruno, Samuel Bianchini (France), Bill Vorn (Canada), Disnovation.org (France, Pologne, Russie), HeHe (France, Allemagne, Royaume-Uni).

  • Une anthologie de textes de philosophes, de théoriciens et d'historiens de l'art (Boehm, Mondzain, Nancy, Coccia, Alloa, Belting, Bredekamp, Mitchell, Rancière, Didi-Huberman) qui témoignent à la fois de l'incidence de la question de l'image, de sa logique spécifique et de la transformation du champ visuel dans les savoirs contemporains, et de la variété de ses approches conceptuelles, de la préhistoire à nos jours et dans différentes traditions de pensée.

  • Le grand retour de la question anthropologique a complètement redessiné les enjeux de la représentation. Un état des lieux.
    Ces dernières années ont été le théâtre d'une étonnante résurgence de la question anthropologique. Parmi les propositions les plus débattues, il y a eu celle qui consisterait à penser l'homme non pas comme un animal doué de langage, mais avant tout comme un homo pictor ou encore comme un homo spectator, capable de produire et de reconnaître ses propres images. Si entre-temps, cette idée d'une anthropologie par l'image a permis d'inaugurer des nouveaux domaines de recherche, comme l'anthropologie visuelle, celle-ci relève cependant d'une histoire déjà plus ancienne dont cet ouvrage livre quelques clés. Entre ceux qui considèrent que les images sont le reflet exact de l'homme et ceux qui, au contraire, sont d'avis que les artefacts visuels mènent une vie dont les raisons échappent à la logique anthropocentrique, se dessinent aujourd'hui les lignes de front de ce qui s'apparente à une nouvelle querelle de l'image.

  • Regards croisés sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images (une anthologie).

    Si elles ne manquent certainement pas de visibilité, les images contemporaines souffrent par contre d'un défaut de lisibilité. Suralphabétisés que nous sommes, nous sommes encore imparfaitement préparés pour déchiffrer les nouvelles réalités visuelles qui déterminent pourtant nos vies, plus que jamais. Comment réarmer le regard et faire de la lecture un outil critique du présent ? Regards croisés (histoire de l'art, philosophie, photographie, cinéma, architecture, histoire des sciences...) sur les formes hétérogènes que peut prendre le discours des images. Avec, incidemment, un retour sur la notion même de lecture qui, au contact des images, vient toucher à sa propre limite. Comment lire donc, au risque de l'illisibilité ?

    Voir aussi Penser l'image (volume I) ; Penser l'image II - Anthropologies du visuel.

  • Une (contre-)histoire de la photographie au travers de ses accidents : un ouvrage clé pour la théorie de la photographie et plus généralement pour la théorie des images et des médias.

    L'histoire de la photographie est généralement présentée comme une succession d'innovations techniques : des techniques toujours meilleures pour produire des images toujours plus précises. On oublie pourtant que ce récit d'un progrès ininterrompu a été depuis toujours contrarié par une contre-histoire de perturbations, d'irritations et d'accidents : chaque fois que la technique ne joue pas le jeu, que les photos se liquéfient, se décolorent dans le bain révélateur et finissent par disparaître derrière des nuages et des voiles inexplicables. Ce qui était censé rester invisible - le dispositif - s'impose alors au regard.
    Peter Geimer relate l'histoire de ces surgissements photographiques : durant les premières décennies de la photographie, il s'agissait de défendre l'image photographique contre ses démons chimiques. Vers 1900, on commence à photographier l'invisible : des rayons, des spectres, des pensées et on commence à ne plus trop savoir si ces images montrent encore des phénomènes naturels où s'il s'agit de simples effets du dispositif. Dans ces visibilités troubles, accidentellement fixées par la plaque photographique, se pose la question de ce qui fait image et ce qui peut être considérée comme telle.

  • Regards croisés - philosophie, cinéma, médias, architecture, design - sur ce qui fait écran aujourd'hui et sur ce que les écrans font en retour sur nos vies.

    Nous vivons aujourd'hui parmi les écrans, voilà un constat désormais évident. Surfaces de communication, de monstration et de projection, ces écrans conditionnent foncièrement notre rapport au monde et nous ne pouvons donc plus en faire abstraction. Car nous ne vivons pas seulement au milieu des écrans, mais encore par ceux-ci, à travers eux. Plus que jamais, nos vies sont sous leur condition : il devient donc urgent de cerner quelques constantes d'une telle condition. Réunissant quelques-uns des plus éminents spécialistes internationaux, venant aussi bien du champ de la philosophie que des études sur le cinéma, les médias, le design et l'architecture, ce volume dégage les grandes lignes d'une question située au coeur de notre condition contemporaine.

  • Keith Moxey démontre à quel point nous sommes encore toujours prisonniers d'une lecture téléologique de l'histoire, qui ne peut concevoir le temps des images que comme une série d'influences que chaque oeuvre exerce sur la suivante. Avec l'émergence des études visuelles, un décloisonnement s'est heureusement produit, et l'histoire de l'art s'est enfin ouverte aux arts non occidentaux, mais sans que cela ne remette en question la priorité du temps de la modernité occidentale comme méridien universel. Mais le temps des images s'écoule-t-il vraiment à la même vitesse en tous lieux ? Dans quelle mesure peut-on faire place à des récits divergents ?
    Le Temps visuel navigue entre certaines analyses exemplaires du présent (Gerard Sekoto, Thomas Demand, Hiroshi Sugimoto, Cindy Sherman) et quelques grands maîtres du XVIe siècle (Bruegel, Dürer, Grünewald et Holbein), pour faire émerger l'« hétérochronie » fondamentale des images. Entre un universalisme décontextualisé et le désir d'un retour aux origines, il s'agit de faire place à l'idée dérangeante que les images ont une temporalité qui leur est propre et qui rythme les échanges que celles-ci entretiennent avec leurs spectateurs.

    « Ce superbe livre offre une analyse perspicace de la signification du temps en histoire de l'art. Keith Moxey suggère une hypothèse surprenante : contrairement à l'interprétation habituelle, la rencontre avec l'oeuvre n'aurait pas pour effet de nous mettre en rapport avec l'instant de sa fabrication, mais au contraire d'effacer celui-ci, entraînant aussi bien l'image que le spectateur un rapport de forces sensorielles et provoquant une sorte d'aveuglement vis-à-vis du passé. Voilà qui déplace les centres d'intérêt traditionnels de l'histoire de l'art, et font naître un questionnement sur la discipline en tant que telle. » James Elkins, auteur de What Photography Is.

    « Keith Moxey montre que l'histoire est foncièrement anachronique (tout comme la mémoire d'ailleurs), et que les images et les oeuvres d'art contribuent fondamentalement à dévoiler les temporalités multiples et disjointes au sein desquelles nous évoluons, non seulement en tant qu'historiens, mais aussi en tant que sujets de l'expérience humaine. Un livre indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à l'image et au temps. » W. J. T. Mitchell, auteur de Que veulent les images ? et directeur de la revue Critical Inquiry.

  • La dimension politique des études visuelles, entre études francophones et studies anglo-américaines.

    Les études visuelles francophones ont l'avantage de leur faiblesse : non « labellisées » et distribuées entre historiens, historiens de l'art, anthropologues, sociologues, spécialistes des médias, elles n'ont pas à subir l'interrogatoire sourcilleux et sans fin auquel les chercheurs anglo-saxons soumettent la visual culture pour avoir été portée au rang de champ (de studies), avec ses revues, ses programmes, ses débats à double fond, selon la même mécanique que le genre, le postcolonial ou les sciences. Là où, dans le monde anglo-américain, les disciplines se sont comme retrouvées précipitées dans l'arène étroite bien que vertigineuse de l'image, du visuel et du regard, sur le « continent », le dialogue entre les disciplines traditionnelles aura su jouer à plus grande échelle son rôle critique et inspirant.
    Cet ouvrage contient l'un et l'autre de ces destins scientifiques et met l'accent sur leur dimension « politique ». Car si nous avons bien affaire à un cousin venu d'Amérique, la réunion de famille ne va pas de soi. Le fauteur de troubles pour certains affiche de surcroît un certain engagement. Le politique est bien cet « autre » des sciences continentales des images qui, en réinscrivant le chercheur dans la cité, lui demande sans doute plus de perspicacité et de pratique que la sainte neutralité de principe professée aux étudiants. La dimension la plus ambitieuse des approches américaines, résultat croisé des cultural studies britanniques et de la French theory, n'est cependant pas une importation : le politique est l'une des figures fécondes du passage de l'étude des images comme représentation à celle des images comme agent social performatif, incluant les arts (de faire voir) et le puits historique d'où sort la pensée démocratique du visible.

    Avec des essais de Gil Bartholeyns, Mathias Blanc, Maxime Boidy, Rémy Besson, Gaby David, Ralph Dekoninck, Pierre-Olivier Dittmar, Daniel Dubuisson, Thomas Golsenne, André Gunthert, Carl Havelange, Gianni Haver, Pierre Lagrange, Audrey Leblanc, Arnaud Maillet, Nicholas Mirzoeff, Morad Montazami, Magali Nachtergeal, et la traduction par Isabelle Decobecq du questionnaire d'October avec : Svetlana Alpers, Emily Apter, Carol Armstrong, Susan Buck-Morss, Tom Conley, Jonathan Crary, Thomas Crow, Tom Gunning, Michael Ann Holly, Martin Jay, Thomas Dacosta Kaufmann, Silvia Kolbowski, Sylvia Lavin, Stephen Melville, Helen Molesworth, Keith Moxey, D. N. Rodowick, Geoff Waite, Christopher Wood.

  • Une approche pluridisciplinaire inédite des Visual Studies, avec les contributions d'une quarantaine de spécialistes (psycho-cogniticiens, historiens de l'art, informaticiens, sociologues, artistes, spécialistes de la communication et de la muséologie) qui présentent leur conception et les bases théoriques de leur approche des phénomènes visuels.

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