Lettre Volee

  • L'oeuvre poétique de François Muir - au même titre que ses romans et ses récits - demeure aujourd'hui encore peu connue en dehors du cercle restreint de ceux qui le côtoyèrent de son vivant. À peine ce cercle s'est-il élargi au fil des années, grâce notamment aux correspondances qu'il a su établir avec quelques auteurs et critiques, et non des moindres, et bien sûr grâce aux éditeurs qui s'engagèrent à publier cette oeuvre, dont une part est posthume. Et tout un travail à venir tarde à faire connaître les inédits dont l'importance ne semble faire aucun doute. Ce qui faciliterait la confrontation nécessaire de cette oeuvre avec la création poétique de l'époque, une oeuvre qui, en raison de son originalité et de sa fécondité, se tient à distance de la plupart des oeuvres qui lui sont contemporaines. La singularité de cette oeuvre poétique et l'aventure intime dont elle témoigne se prêtent peu à quelque comparaison.

  • En 1933, s'ouvrit en caroline du nord un collège atypique, le Black Mountain college. au départ, celui-ci était destiné à démontrer que, grâce à un programme pédagogique original, il était possible de proposer une nouvelle forme d'enseignement supérieur aux États-unis. aux yeux de son fondateur, John rice, l'inclusion de cours d'art au sein même du programme allait jouer un rôle fondamental dans l'épanouissement de ses étudiants.
    À cette fin, il engagea un professeur du Bauhaus, Josef albers, qui allait y enseigner pendant près de quinze ans. De simple expérience pédagogique à ses débuts, le Black Mountain college acquit après la seconde Guerre mondiale une réputation de foyer expérimental non seulement dans le domaine de l'éducation mais aussi et surtout dans le domaine de la création artistique. John cage, robert Motherwell, Willem de Koning et Franz Kline y enseignèrent. Kenneth noland, robert rauschenberg et cy twombly firent partie de ses étudiants. c'est à l'initiative de John cage qu'eut lieu au Black Mountain college le premier happening de l'histoire, évènement qui contribua à donner au collège son statut quasi mythique. L'aventure dura un peu plus de vingt ans. Le monde avait changé et il manquait aux héritiers de rice et albers leur enthousiasme utopique.
    Cet ouvrage raconte l'histoire du Black Mountain college et les évènements qui contribuèrent à forger sa réputation.

  • Saul Alinsky est aujourd'hui considéré comme l'un des « pères » du community organizing. Né en 1909 de parents issus de l'immigration juive russe, dans une famille religieuse et pauvre, il deviendra essentiellement célèbre pour son travail dans les quartiers pauvres américains de la fin des années 1930 à sa mort, en 1972. Ainsi, c'est dans les quartiers les plus défavorisés de Chicago et dans d'autres villes plus tard, qu'il rassemblera les citoyens dans de larges organisations communautaires d'inspiration syndicale, afin de défendre leurs droits et revendiquer de meilleures conditions de vie. À côté de cette activité militante, Alinsky écrira également plusieurs ouvrages importants dont deux - Reveille for Radicals et Rules for Radicals - sont directement liés aux questions du community organizing et des méthodes d'organisation. Ses travaux auront une grande influence sur le travail social aux Etats-Unis et de nombreux groupes militants ayant marqué les années 1970 s'en réclameront.

    Contributions de Daniel Zamora, « Introduction »; Saul Alinsky, « La guerre contre la pauvreté. De la pornographie politique »; Daniel Zamora, « Saul Alinsky et les sociologues de Chicago. Esquisse d'une sociologie contestataire au temps de la Grande Dépression »; Adrien Roux, « Community organizing : une méthode "résolument américaine" ? »; Mike Miller, « Organisation et éducation : Saul Alinsky, Myles Horton et Paulo Freire »; Claude Javeau, « Eugène Dupréel »; Anne Bessette, « Les enjeux du vandalisme sur les oeuvres d'art dans les musées depuis 1985 ».

  • - Héritages et innovations est la première étude consacrée exclusivement à l'analyse des Recherches sur l'usage littéraire du langage, cours donné au Collège de France en 1953 par Merleau-Ponty. Cet ouvrage s'appuie sur l'édition critique du cours parue chez MetisPresses, et dont il présente le premier commentaire direct et approfondi.
    - L'approche adoptée par Michel Dalissier témoigne d'un intérêt renouvelé pour la métaphysique dans l'oeuvre de Merleau-Ponty. Toutefois, son originalité tient au fait qu'il se fonde sur ce que Merleau-Ponty entend lui-même, explicitement, par « métaphysique » et sur les notions à travers lesquelles le phénoménologue aborde ce champ, telles que « faire être », « structuration », « conscience » ou encore « intersubjectivité ».
    - L'objectif de l'ouvrage de Michel Dalissier est de montrer que le premier cours de Merleau-Ponty hérite d'une théorie métaphysique qui informe en profondeur son approche philosophique de l'écriture littéraire et permet d'expliquer en quoi l'usage littéraire, distinct du langage ou de la littérature, constitue une fonction conquérante de l'être par l'écriture.

  • Au début des années 1960, un universitaire américain dénonçait la piètre estime dont jouissaient les enseignements artistiques à l'Université. "L'art en soi apparaît comme une matière dénuée d'utilité et n'est trop souvent considéré que comme une fioriture du programme, une futilité tout juste bonne pour les étudiants inaptes aux études techniques, un dépotoir pour athlètes, un training thérapeutique pour paraplégiques." A cette époque, les bandes dessinées n'avaient même pas droit de cité dans les sphères académiques.
    En pensant à Mad, Mac Luhan remarque pourtant que l'art populaire auquel il rattache les bandes dessinées - "est un clown qui nous rappelle toute la vie et toute la liberté dont nous nous privons dans notre routine quotidienne". Aujourd'hui, alors que le "neuvième art" fait l'objet de cours, de colloques et de publications universitaires, "liberté" est bien le maître mot permettant de comprendre l'intérêt que nous pouvons porter à son univers hétéroclite, non pas seulement parce que la bande dessinée nous donnerait à son contact l'illusion de rester en marge de la culture officielle, mais surtout parce que ses recherches plastiques et narratives témoignent, dans le meilleur des cas, d'une liberté radicale de création, rebelle au formatage de l'industrie culturelle, étrangère à l'ordre de la communication et à ses codes élémentaires.

  • Les visuels du travail artistique d'Agnès Geoffray sont mis en dialogue avec de courtes notes de J. Emil Sennewald, d'une teneur plus poétique que critique, révélant toute la singularité de son travail d'écriture. À la fin de l'ouvrage, un texte analytique qui porte un regard novateur sur la question de l'acte d'image clôt l'ensemble des échanges. L'histoire de l'image pourrait se résumer comme celle d'actes violents. L'image pénètre, l'oeil dévore, le corps subit, le regard perce. Le travail d'Agnès Geoffray explore ces actes violents : partant de photographies trouvées, elle expérimente cette latence induite d'images, qui suppose un événement dramatique à venir. Pour l'image photographique, cette latence se situera à la fermeture du diaphragme de la caméra ou celle de l'oeil regardant l'image photographiée. Incarné par le battement de la paupière, ce bref instant est celui avant que se pose la paupière. C'est un temps d'arrêt. Un moment intermédiaire entre objet et image, vision et regard. Un moment où l'on retient son souffle.

  • Avec ces Cahiers de Beyrouth, Jean-François Pirson revient sur les quatre séjours qu'il a effectués à Beyrouth entre septembre 2006 et avril 2009.
    Dans le premier cahier, " Là, entre Alep et Damas ", il découvre la ville pour la première fois, une incursion qui suit de près les bombardements israéliens. " Communities and Territories " rend compte de sa participation à un workshop sur l'espace public, organisé par Amazelas (Milan). "Pratiques exploratoires de l'espace" dévoile les interventions pédagogiques menées à l'Académie libanaise des Beaux-Arts.
    Le dernier cahier, " Marcher, autour et dans la Forêt des Pins " relate l'organisation, avec quelques comparses, d'un pique-nique au centre de ce magnifique jardin.

  • Corollaire à « l'homme mesure de toute chose » se place « l'homme démesure de toute chose ». La démesure n'est pas dommageable en soi, ne pas prendre la mesure de cette démesure ni engager une culture préparant à digérer la démesure est par contre désastreux. Toute médiation est aussi facteur de démesure. Première des médiations humaines, le langage verbal entre dans un vertige de la démesure, à la mesure des médiations technologiques et de leur puissance inouïe. Cet essai sur la condensation se place dans l'effort pour penser les fondements de la médiation symbolique et ce à partir d'une économie sensible de la représentation qui prend pour appui le langage plastique.

  • Résonances du romantisme On a souvent souligné la dimension absolue du romantisme, à l'origine du culte moderne de l'art et de son autonomie.
    C'est oublier que cette esthétique ne perd jamais de vue la réalité physique, les rapports humains, les accidents et la pluralité des formes, si bien que l'acte créateur reste solidaire d'une expérience fondamentale du monde et de l'altérité. " Période " singulière, s'il en est, dé l'histoire de l'art et de la philosophie, puisqu'il travaille continuellement à son propre dépassement, le romantisme nous aide à mieux comprendre l'art d'aujourd'hui, et donc, tout aussi bien, à imaginer celui de demain.
    Ces essais examinent plusieurs moments topiques des esthétiques modernes et contemporaines à la lumière du romantisme allemand, parmi lesquels : la création collective, le paysage, le chaos et le fragment, l'humour ou encore la poétique du rêve.

  • Algorithmiques, interactives, performatives, responsives, opératoires... À l'ère numérique, les images changent de formes et de modes d'existence, elles offrent des possibilités d'action autant qu'elles agissent. Produites par des « machines de vision », objets de numérisation et de calculs, les images engagent des collaborations inédites entre arts, science et technologie. Enjeu de recherche et de création, cette transformation du régime des images est autant visible dans leurs formes qu'à travers leurs modes de circulation et leurs usages sociaux (images virales, téléchargées, copiées, collées, annotées, remixées, etc). Centré sur ces dynamiques interdisciplinaires, cet ouvrage propose d'analyser les nouvelles dynamiques de l'image interactive.
    En prenant appui sur l'histoire des arts et des évolutions récentes de la création en réseau, ce livre présente et analyse les oeuvres réflexives et souvent critiques d'artistes qui redéfinissent le statut de la vision et des actes d'images propres à l'ère numérique. L'accent est mis sur la pluralité des modes d'existence des images numériques ainsi que sur la dimension anthropologique et socio-politique des pratiques artistiques et activistes des médias.

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