Arts et spectacles

  • Entre 1903 et 1905, l'ingénieur et industriel français Ferdinand Arnodin (1845-1924), contemporain de Gustave Eiffel, construit un pont transbordeur au-dessus du Vieux-Port de Marseille (il sera détruit par les Allemands en 1944). Arnodin fut l'inventeur de ce système qui permettait de faire rapidement passer des marchandises d'un quai à l'autre sans avoir à interrompre le trafic maritime ; avant celui de Marseille, il avait construit plusieurs ponts transbordeurs, notamment ceux de Rouen, de Bizerte (démonté puis remonté à Brest) et de Nantes. D'une longueur de 239 mètres, le tablier du pont transbordeur de Marseille était tenu par deux pylônes métalliques de 86 mètres de haut ; une nacelle de 120 m² y faisait l'aller et retour en moins de deux minutes. Un café restaurant s'y trouvait également. Cette installation audacieuse, qui modernisait d'un coup le paysage traditionnel du Vieux-Port, suscita évidemment une polémique. Parmi ses admirateurs, on compte, outre Walter Benjamin, le peintre, sculpteur, cinéaste et photographe hongrois Làszlo Moholy-Nagy (1895-1946) qui, en 1929, après son départ du Bauhaus, réalisa une série de photogrammes du pont transbordeur qu'il qualifia de " véritable miracle de la technique, d'une précision et d'une finesse exceptionnelles ".

  • On a longtemps cru qu'entre la peinture et les tableaux, l'harmonie devait régner. La modernité a conclu le contraire. Le tableau y dément la peinture ; la peinture détermine, pour chaque tableau, un lieu d'impossible.
    Mais le trouble venait de plus loin. Dès la fin du Quattrocento, la discorde s'installait entre les tableaux eux-mêmes. Ainsi le tableau d'histoire et le portrait s'obligeaient à des devoirs de plus en plus nettement opposés ; David en porte témoignage.
    Puis arriva la Révolution française. Par La Mort de Marat, mais aussi par le croquis hâtif qu'il traça de Marie-Antoinette, il voulut maintenir ensemble la peinture et le tableau ; parmi les tableaux, il voulut maintenir ensemble le tableau d'histoire et le portrait. Il était sûr d'y parvenir parce que, sous ses yeux, la politique était revenue parmi les hommes.
    A ceux-ci, la Révolution annonçait : " la politique vous regarde ". Du même coup, la peinture et les tableaux trouvaient un nouveau principe de légitimité. En tant qu'arts du regard, ils étaient les arts de la politique. Et la politique requérait la peinture et les tableaux. Mais que reste-t-il aujourd'hui de la victoire de David ? Rien Que la politique ne les regarde plus, la plupart y ont consenti. Que le regard se soit retiré des tableaux, la peinture moderne en a fait un programme. La Mort de Marat, en tant que moment de la peinture et en tant que tableau, ne cesse d'être révolue. Et pourtant, elle ne cesse de se rappeler à l'attention. Comme la politique.

  • Comment je peins un tableau

    Otto Dix

    • Ophrys
    • 26 Août 2011

    En 1958, Otto Dix rédige deux leçons de peinture pour la Washington School of Art, école d'art par correspondance autrefois basée à New York et aujourd'hui oubliée. Dans ces documents, publiés pour la première fois dans une traduction française, l'artiste expose des principes de peinture et de composition révélateurs de ses conceptions personnelles du travail pictural. Il y détaille aussi les principales étapes d'une technique qui a contribué au succès de ses oeuvres dans les années vingt. Cette précieuse source d'information pour les conservateurs et les restaurateurs a légitimement retenu leur attention ; elle est aussi, pour les historiens d'art, un objet d'interprétation. Dans un texte de présentation où elle explicite la genèse et le contexte d'un épisode pour le moins surprenant au regard de la place aujourd'hui occupée par Otto Dix dans l'histoire de l'art du xxe siècle, Catherine Wermester s'attarde sur les implications des choix techniques de l'artiste et sur leur réception par la critique. Elle revient sur les principales étapes du parcours de l'artiste, de son succès à l'époque de la République de Weimar jusqu'aux difficultés qu'il rencontre, à la fin des années cinquante, pour poursuivre une carrière brutalement interrompue par le nazisme.

  • Le musée des Jacobins, à Auch (Gers), conserve une pièce aussi rarissime que belle : une mosaïque de plumes réalisée au Mexique en 1539, dix-huit ans après la chute de Tenochtitlán (Mexico), par des artistes locaux selon des techniques ancestrales aztèques, mais sous la direction de moines franciscains. L'oeuvre représente la Messe de saint Grégoire : au vie siècle, au cours d'une messe célébrée à Rome par le pape Grégoire le Grand, les assistants eurent la vision du Christ entouré des instruments de la Passion et versant le sang de sa plaie dans le calice de l'Eucharistie. L'oeuvre est ici analysée par un écrivain, Claude-Louis Combet ; par une philosophe, Dominique de Courcelles, directeur de recherche au CNRS et membre du Collège international de philosophie ; et par un historien de l'art, Philippe Malgouyres, conservateur au département des Objets d'art du musée du Louvre.

  • Et si pedro almodovar était le dernier "auteur" du 7e art? son oeuvre offre une telle cohérence, un univers si personnel que l'on retrouve sa patte dans le moindre de ses plans.
    Ce postmoderne est avant tout un remarquable cinéphile qui se nourrit d'images et qui les recompose dans des récits qui mêlent allégrement l'ancien et le moderne. il échappe ainsi à toute classification, déroutant ses fidèles comme ses détracteurs. pedro almodovar est déjà un classique, mais aussi un des grands créateurs de la culture hispanique qui s'inscrit dans la lignée de ces figures exceptionnelles que l'espagne a produites au cours des siècles.
    Jean-claude sequin retrace ici la vie et l'oeuvre du cinéaste, et s'attache à dégager les grandes caractéristiques d'un style cinématographique complexe qui a permis de pousser le cinéma espagnol hors de ses frontières. cet ouvrage s'adresse autant au spécialiste qui trouvera une somme d'informations qu'à l'étudiant hispaniste et au cinéphile.

  • « Qu'est-ce que c'est ? » « Que voyons-nous ? » Ou, plus précisément : « Que s'est-il passé ? ». La vision est soudain confrontée à un trauma : nous sommes saisis par l'urgence et l'intensité d'une présence qui tout à la fois captive la vue et incite à détourner le regard.
    Three Horizontals a la force d'une énigme. À qui sont ces corps mutilés ? D'où proviennent-ils ? Ce sont des corps génériques en mal d'appartenance. Corps de Louise Bourgeois. Corps de sculpture. Corps de la féminité. Corps aussi d'une nécessité aveugle. Corps enfin de nos sociétés contemporaines.
    Fabien Danesi replace Three Horizontals dans l'ensemble du corpus de Louise Bourgeois ainsi que dans les explorations esthétiques et théoriques de cette fin du XXe siècle.
    Evelyne Grossman retrouve dans les motifs biographiques de l'oeuvre les affres de l'identité confrontée à l'instabilité des différences sexuelles.
    Frédéric Vengeon voit dans cette oeuvre la puissance d'un sphinx contemporain qui interroge la condition humaine.
    Sculpteur et plasticienne américaine d'origine française, Louise Bourgeois (1911-2010) a reçu le Lion d'or de la Biennale de Venise en 1999. Une rétrospective lui a été consacrée à Paris, au Centre Pompidou, en 2008.

  • Lire ; du fragment

    ,

    • Ophrys
    • 16 Février 2011

    Tout fragment d'oeuvre est émouvant en lui-même en ce qu'il témoigne d'une unité disparue, à laquelle il permet de rêver, tout en invitant à méditer sur le passage du temps. Un torse, une main, un pied, prennent ainsi, séparés, un sens qu'ils n'avaient sans doute pas quand ils n'étaient qu'une partie d'une oeuvre complète.
    Aussi bien un fragment n'est-il pas seulement le résultat d'une destruction ou d'une mutilation : comme l'observe ici Pierre Pachet dans Du bon usage des fragments grecs, il pose la question de la survivance et de l'interprétation des oeuvres d'art à travers le temps.
    De cette question, Auguste Rodin s'est sans doute avisé en découvrant les ressources expressives du fragment. Dans « Étreindre sans bras et tenir sans mains » Rodin et la figure partielle, Antoinette Le Normand-Romain cherche à comprendre la volonté du sculpteur de laisser inachevées certaines de ses oeuvres, conçues dès lors comme des fragments. En quoi celles-ci peuventelles cependant être perçues comme des oeuvres à part entière ? Rilke avait noté à leur propos : « Il ne leur manque rien de nécessaire. On est devant elles comme devant un tout achevé et qui n'admet aucun complément ».

  • Le XIXe siècle a connu une célèbre rivalité entre deux procédés de fonte des bronzes d'art, l'un sensé avoir servi avant tout la production industrielle qui a inondé le siècle : la fonte au sable, et l'autre réputé plus artistique mais plus coûteux : la fonte à la cire perdue. Intriguée par les incohérences de cette version qui s'est propagée jusqu'à nos jours, l'auteur s'est écartée des textes partisans et polémiques habituellement cités pour aller vers les sources originelles, techniques et archivistiques, afin de cerner les raisons fondamentales des choix et tenter d'éclaircir les paradoxes. Une nouvelle histoire de cette rivalité entre procédés est alors apparue. Loin des interprétations habituelles, elle met en lumière, de façon insoupçonnée dans un tel domaine et à travers de surprenants retournements, la soumission de la sculpture et de ses acteurs à des enjeux idéologiques majeurs, aboutissent à une modification fondamentale de ses ressorts profonds.
    Cet ouvrage est prolongé et enrichi par des développements proposée en ligne sur le site de l'INHA : http://inha.revues.org/32423

  • Ce recueil de textes. jusqu'à ce jour inaccessibles au public francophone, devrait plaire à tous ceux qui aiment les analyses fines (les textes littéraires français. tant dans l'approche (le leurs particularités stylistiques que dans l'analyse des faits (le langues propres au français.
    Les articles de Leo Spitzer présentés dans cet ouvrage. tous publiés en allemand, n'ont encore jamais été traduits en français. L'ouvrage présente donc une traduction princeps, 80 à 90 ans après leur première édition allemande.
    Le caractère véritable (le Leo Spitzer (1887-1960) est celui d'un authentique romaniste et d'un philologue soucieux de l'étude des , leçons ~ d'un texte, de ses particularités étymologiques et sémantiques. En second lieu s'impose l'image d'un grammairien soucieux des particularités des langues nationales, d'où l'énorme volume des contributions relatives à la morphologie et à la syntaxe. Dans son oeuvre dominent le polyglottisme et. une extraordinaire profusion d'articles. écrits (le façon dominante en allemand jusqu'en 1932, puis en français et en espagnol, et enfin en anglais (à partir (le 1947) et en italien là partir de 1954).
    Spitzer demeure, en matière de stylistique, la référence principale si l'on considère que son illustre prédécesseur. Charles l3ally. développe une conception toute différente, essentiellement centrée sur les ressources expressives des langues, à l'exception de la langue littéraire.

  • Comment aborder une oeuvre d'art, comment en parler, la voir et la faire voir... Mais aussi le plaisir de la regarder et de la questionner. Une sélection d'oeuvres britanniques, du VIIe au XXe siècle, est analysée. Pour les étudiants et les candidats au CAPES et à l'agrégation.

  • Revue de l'art n.166 ; architecture 1400

    Revue De L'Art

    • Ophrys
    • 1 Juin 2013

    Editorial Dany Sandron, Architecture 1400. Regards européens Etudes Thomas Coomans, Entre France et Empire :
    L'architecture dans le duché de Brabant au temps de Jeanne de Brabant et Wenceslas de Luxembourg (1355-1406) Dany Sandron, Les flèches de Strasbourg, Ulm, Vienne et Francfort. L'intervention municipale dans les grands chantiers d'église vers 1400 Christophe Wilson, L'architecte bienfaiteur de la ville. Henry Yevele et la chapelle du London Bridge Notes et Documents Klàra Benesovskà, La postérité de Mathieu d'Arras dans le Royaume de Bohême Laura Cavazzini, Le chantier du duomo de Milan entre XIVe et XVe siècle. De Giovanni de Grassi aux frères Dalle Masegne et de Jean Mignot à Filippino da Modena Jean Domenge i Mesquida, Guillem Domenge et lo modern de son temps Découvertes Dany Sandron, Un dessin d'architecture du XVe siècle pour la loge de mer de Perpignan Sabine Berger, Une statue inédite de Charles VI Bibliographie critique

  • Frédérique Lemerle, Yves Pauwels, Daniel Rabreau, L'architecture antique entre Humanisme et Lumières Présentation Alain Schnapp, L'architecte, les ruines et l'antiquaire Etudes Yves Pauwels, Philibert de l'Orme et les ruines antiques : l'architecte du roi et le chanoine de Notre-Dame Pierre Gros, De Palladio à Desgodets : le changement du regard des architectes sur les monuments antiques de Rome Frédérique Lemerle, D'un parallèle à l'autre.
    L'architecture antique : une affaire d'Etat Daniel Rabreau, Du "goût à la grecque" sous Louis XV à la perception d'une symbolique gallogrecque Notes et documents Carmelo Occhipinti, Le temple de la Sibylle à Tivoli du XVIe au XVIIIe siècle Louis Cellaura, Gilbert Richaud, Mesure et exactitude : le module d'Antoine Desgodets pour ses relevés de monuments antiques Edoardo Piccoli, L'Antique pour un moderne Sophie Descat, La ville antique et l'embellissement urbain au XVIIIe siècle :
    Visions prospectives Dominique Massounie, Les thermes, synthèse de la ville antique, ancienne et moderne Bibliographie critique

  • Revue de l'art n.174 ; costume de cour au XVIe siècle

    Revue De L'Art

    • Ophrys
    • 1 Juin 2013

    Editorial ;
    Isabelle Paresys, Le costume en France à la Renaissance.
    Etudes ;
    Murielle Gaude-Ferragu, Habit réel, habit imaginé. La reine de France en majesté, XIVe - début du XVIe siècle ;
    Monique Chatenet, Anne-Marie Lecoq, Le roi et ses doubles. Usages vestimentaires royaus au XVIe siècle ;
    Alexandra Zvereva, « Tout beau, tout éclatant, tout brave, tout superbe » : le vêtement dans les portraits ;
    Margaret M. McGowan, Costumes pour la danse Maria Hayward, Quelle influence de la mode française à la cour d'Angleterre au XVIe siècle ?
    « One frenche gowne of blacke clothe of gold » Isabelle Paresys, De la cour de France aux petits métiers. Figures d'habits sous Henri III ;
    Michèle Bimbenet Privat, Bijoux et costume à la cour de France ;
    Olivier Renaudeau, Porter l'armure en France au XVIe siècle ;
    Tiphaine Gaumy, De l'histoire du couvre-chef au XVIe siècle.
    Découverte ;
    Giancarlo Malacarne, Somptueux colifichets pour la reine Catherine.
    Bibliographie critique.
    Nécrologies ;
    Michel Laclotte, Luciano Bellosi (1935-2011) ;
    Pierre Rosenberg, Sir Denis Mahon (1911-2011).

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