Littérature générale

  • Hanna

    Laurence Peyrin

    « Le docteur Banks était retourné à ses formes lumineuses, qui ondulaient en volutes au fil de la balade de la souris sur son ventre. Elle avait pris quelques mesures, figeant l'image de temps en temps entre deux curseurs. « Combien de temps ? » avait demandé Hanna. Il était peut-être trop tôt. On pouvait encore se tromper. La grossesse était trop fragile, sinon. Peut-être cela s'était-il produit plusieurs fois, sans qu'elle le sache. Peut-être que ses règles si mal réglées n'en avaient pas toujours été. Mais cette fois, elle savait. Une fausse couche serait encore plus terrible. « Oh, il est bien installé, avait répondu le médecin qui devinait ses tourments. D'après les mesures, je dirai huit ou neuf semaines environ. Pas possible. » Entre deux vies, entre les souvenirs d'une liaison qu'elle tente d'étouffer à jamais et une existence à reconstruire à New York avec son mari, Hanna se cherche et tente d'avancer, de se raisonner, de contraindre son coeur... Or, le passé n'a que faire de nos résolutions et, pour Hanna, il ressurgira de la manière la plus inattendue... Et de nouveau, la jeune suivra les traces de Zelda Zonk, jusqu'à la révélation finale : Zelda était-elle Marilyn Monroe ?

    Avec son écriture à fleur de peau, L. Peyrin nous restitue les tempêtes, silences, interrogations, renoncements... mais aussi aveuglements qui assaillent une héroïne moderne prise dans une crise amoureuse oppressante et délétère... Mené avec une belle perspicacité psychologique et un style proprement immersif, « Hanna », suite de « Zelda Zonk », donne à lire, sans parti pris, loin du politiquement correct, le cheminement d'une femme vers sa propre vérité... et de fait vers son propre bonheur...

  • « Marchez votre vie, Le long d'un infini... Coulez votre temps, Dans l'âme de vos élans ! Prenez et tenez bien, Vos bonheurs et vos liens, Serrez-les contre vous, Jusqu'à tout l'autre bout ! Chantez, parlez, riez, Et posez votre nez, Sur les saveurs d'amour, Fidèles liens de toujours ! » Véritable hymne à la vie, cette "Balade verticale" est un condensé de sagesse et d'exaltation où l'auteur puise son élan dans une âme à jamais rock'n'roll. Artiste complet, ce musicien confie dans ce quatrième recueil de poésie sa soif de partage, d'amitié et d'amour, nous invitant à savourer pleinement l'instant présent.

  • Un livre auquel Yassin Elyagoubi consacra cinq années de sa vie : c'est Douleur sourde, qui évoque le conflit israélo-palestinien, un des conflits majeurs qui se perpétue au XXIe siècle. Il commence donc ses activités littéraires par Douleur sourde. Le sous-titre de l'oeuvre, « poésies en proses », amorce l'explication de cette confrontation entre prose et poésie dans l'oeuvre de Yassin Elyagoubi. Poète avant tout, il s'est toujours attelé à un décloisonnement des genres littéraires. Même si Douleur sourde s'éloigne de l'exercice poétique par sa forme, il n'en reste pas moins de la poésie engagée, attaché au langage métaphorique. En fait c'est l'histoire d'un de ces « Arabes » intégré par les mots, la culture française, qui tout à coup se souvient de ses origines mais pour se sentir en empathie avec le peuple israélien. Tout est en place pour la paix. Qu'attend-on ? Ce mélange des genres ne s'arrête pas là puisqu'on retrouve dans ce recueil des textes se rapprochant davantage d'une critique, d'un essai ou d'une nouvelle. En regroupant différents genres littéraires, Yassin Elyagoubi n'en crée pas un autre, mais tente simplement de rapprocher deux peuples : les peuples israélien et palestinien, à travers l'art et la langue française, en mariant la culture juive et la culture arabe.

  • Soléna d'hier et d'aujourd'hui : À travers le regard et les souvenirs de famille d'une jeune fille d'aujourd'hui, l'auteur nous retrace l'histoire et le destin de Soléna, esclave sous les Tropiques en l'an 1800. Restituant ainsi, dans un contexte historique, les espoirs et le combat d'hommes et de femmes résolument déterminés à conquérir leur liberté et celle de leur descendance, il nous mène sur les traces d'une période sombre de notre histoire... En voyageant entre les Antilles et la Métropole, la nouvelle génération envisage positivement l'avenir, gardant en mémoire le courage de ses ancêtres.

    Le jour se lève à nouveau : Léna a disparu... à la suite de son enterrement.
    Qu'est-il advenu de son corps ? Le Capitaine Frantz Karmon, le Commandant CD et son équipe se mobilisent pour élucider cette étrange et sordide affaire.

  • « Être plus sage et rester aussi déterminé, Dans mes choix de chemins de plus d'humanité, Dans ceux aussi d'artiste de mots et de musiques, Non caricaturé, nature et sans mimique ! Quelque temps, à présent, au mieux et sereinement, Je m'en vais faire une pause sans être différent Sur la pointe des pieds, pour quelque temps de vie, Mes gestes, mes mots, mes chants seront mes jours seront mes nuits ! » Les nouveaux départs, les espoirs déçus, les virages de la vie, voulus ou subis Voilà les voyages auxquels nous convie avec nostalgie, amertume ou élan d'espérances Ghuo-Zhing Tong, au fil d'une plume légère aujourd'hui libérée du passé, se penchant sur hier pour mieux aborder demain.

  • « Les préjugés ont toujours le dessus sur la beauté, sur la grandeur. Et si aujourd'hui vous mettez tant d'acharnement à écrire sur le surnommé Milan, c'est autant pour honorer la mémoire d'une belle âme que pour renverser (sans illusion d'y parvenir) cette vigueur préjudicielle chez tant d'êtres intelligents. Vous saviez dès le début que ce qui vous avait rapprochés, vous et lui, allait devoir un jour vous séparer. Jamais, au grand jamais, la durée ne se présenta à vos yeux ni aux siens comme une option viable... ».

    Rémi C., alias Milan, étudiant solaire, fascinant, libre. Mais aussi jeune homme ombrageux, écorché... Un être double, qui touche tour à tour aux arts et à la physique. Une figure bifrons, autour de laquelle tourne la narration, tout en effleurements et évocations, d'Éléa, qui fut son professeur, son amante, son amie. Et cette dualité de se propager à l'entièreté du roman, Franca Doura composant, à travers les couples Milan-Éléa et Milan-Rosie, un portrait ambivalent de la passion amoureuse, qui peut se faire aussi légère que destructrice, aussi lumineuse que mortifère, aussi généreuse que terrible.

  • « Il existe d'innombrables quêtes du père, de non moins innombrables cultes de l'image du père, et des travaux très exégètes sur le souvenir du père... je vais apporter ma petite pierre à l'édifice : j'entreprends aujourd'hui d'écrire le roman qui va faire de mon père disparu le personnage qu'il mérite. Je ne cherche pas à connaître la vérité, je serai contrainte d'inventer car tous ceux qui le connurent ont disparu, seul Javier, son frère aîné, s'il vit encore, ce dont je doute, pourrait témoigner de choses vraies, et alors je pourrais enjamber les ponts entre les époques, choisir et ordonner les faits pour établir une vérité, biaisée mais plausible. » Successivement berger, évadé de France, prisonnier des franquistes, marin, ouvrier... Amant, mari, accessoirement père de famille... disparu de la circulation un beau jour de 1982... de la France à l'Argentine, via l'Espagne et l'Indochine, Pablo Guttiérez constitue une véritable énigme. Marie Guttiérez et son compagnon, Daniel Cordon, mènent une enquête qui les conduit du Pays Basque en Argentine à la recherche de cet homme insaisissable. Une véritable quête où l'on retrouve le goût de l'auteur pour le roman choral.

  • Qui est Man Tina ? Que lui est-il arrivé pour paraître si sombre aux yeux de tous aujourd'hui ? À travers sa rencontre avec le Capitaine Karmon qui cherche à élucider le mystère autour de l'étrange disparition de Léna, le visage de Man Tina se dévoile sous un nouveau jour. De la Martinique contemporaine, dont elle semble si détachée, à la Guadeloupe, en passant par l'Hexagone ou encore la Colombie, Tina nous fait voyager, remonter le temps, levant ainsi le voile sur une vie pleine de rebondissements, traversant une époque tumultueuse faite de révolutions en marche et de bouleversements des sociétés. "Et si tout recommençait...?" dresse le portrait d'un personnage de l'histoire "Le jour se lève à nouveau", précédente nouvelle de l'auteur parue avec un second récit, "Soléna d'hier et d'aujourd'hui".

  • Dans la salle fumeur des bureaux belges de la TED, une compagnie de livraison de courriers internationale, Louis et Alain discutent régulièrement des destinations de ce dernier, qui profite de son temps de loisir pour voyager. Comme il a un accès direct à l'état des transports de presque tous les pays du monde, par sa fonction, Louis est en mesure de renseigner Alain sur les derniers événements se déroulant en Russie, car l'employé compte s'y rendre ce week-end pour une exposition exceptionnelle. Au même moment, à Moscou, Vladimir et Victor apportent les dernières touches nécessaires au bon fonctionnement du coup qu'ils mettent sur pied depuis plus d'un an. Un roman policier bien ficelé qui propose au lecteur de suivre en parallèle l'évolution de l'enquête et le destin des braqueurs. L'auteur de cette passionnante aventure propose également un voyage touristique bien documenté, et l'on découvre avec plaisir Moscou, Bruxelles et Strasbourg entre autres. Une prose coulée, sans faille, et un brin d'humour apportent une dernière touche de qualité à ce livre complet qu'on lit d'une traite, sans même s'en rendre compte. Une réussite.

  • Tant pis

    Jennifre Fordham

    « Le corbillard chargé de fleurs allait emmener la défunte vers sa dernière demeure. Jane a rejoint les autres. Elle serrait les poings pour contenir ses larmes. Alors, elle sentit une main très douce qui vint se glisser dans la sienne. Elle savait que c'était celle de Laura. Ce n'était pas la mort qui les séparerait. » Bien qu'elles soient très différentes de tempérament, les soeurs jumelles Jane et Laura Miller sont inséparables. Jusqu'au jour où elles tombent toutes deux sous le charme du même homme. Laura épouse Harold, qu'elle quitte après dix ans de mariage. Mais leur amour renaît de ses cendres, tout comme la complicité des soeurs qui renouent après des années de séparation. C'est alors qu'un drame vient briser ce bonheur retrouvé. À l'image de la menace terroriste qui s'immisce sans prévenir dans notre quotidien, Jennifer Fordham surprend son lecteur avec un dénouement inattendu et criant de vérité.

  • Ça se passe là où souffle le vent d'autan... Là où la langue occitane fredonne, roule et claque. En pays ardent, gorgé de soleil où hommes et femmes fêtent Carnaval, où le temps s'égraine entre semailles et moissons... mais voilà le tocsin qui, cet été 1914, sonne la fin des battages et appelle les hommes au front. C'est alors toute la collectivité qui est prise dans la tourmente de ces «?années rouges?». Une communauté languedocienne que l'auteur célèbre avec un amour patent, dans cette superbe fresque du centenaire, à la fois réaliste, émouvante et drôle, qui découvre le sublime sous le commun.

  • « Vingt-cinq ans, cela fait vingt-cinq ans que je souffre dans un corps qui ne correspond pas à mon physique et à l'image que je renvoie. Mon apparence est celle que vous, vous voyez ou que vous voulez bien voir ! » À travers ce récit, l'auteur dénonce le stéréotype du handicap, forcément visible. Exorcisant son mal-être, elle nous relate son périple, des premiers symptômes de la « fibromyalgie » aux étapes multiples de son difficile combat contre cette maladie rare et incurable. Instructif et édifiant, son témoignage poignant est un véritable appel à la compréhension et pousse le lecteur à la réflexion sur la notion du handicap autant qu'il lève le voile sur cette pathologie encore trop méconnue.

  • Ce livre relate la période de guerre 39-45 de mon père.
    Après avoir participé à la drôle de guerre dans le nord de la France et en Belgique, il est fait prisonnier à Lille le 29 mai 1940. Après avoir traversé la Belgique à pied, il arrive en Hollande et part le 10 juin 1940 pour Aix La Chapelle en wagons à bestiaux avec beaucoup d'autres prisonniers, puis, direction le Stalag XVII A à Kaisersteinbruck en Autriche. Alors commence une longue période de travaux forcés à l'autostrade Vienne-Berlin. Tous les prisonniers souffrent du manque de nourriture et du froid en hiver.
    Après s'être fracturé une cheville en mars 1941 et un séjour à l'hôpital, il retourne, fin juillet, au Stalag XVII A et est affecté à divers commando à Vienne pour y effectuer divers travaux pénibles pour l'armée allemande jusqu'en avril 1945, date à laquelle les bombardements commençèrent. Libéré par les américains en mai 1945, il part en avion vers Paris.

  • « Nous avions entendu dire que Monsieur Jules écrivait, qu'il avait publié des livres et qu'il était renommé pour cela. Mais cela restait un peu mystérieux pour nous : les marins-pêcheurs avaient très peu l'occasion d'avoir un livre entre les mains et beaucoup d'entre eux ne savaient pas lire. (...) Quant aux sujets de ses livres, il disait qu'il écrivait de belles histoires d'aventures imaginaires. Celle qu'il rédigeait actuellement m'intriguait, car elle semblait se passer en mer. En discutant un peu avec lui, il m'indiqua que cela concernait un engin pouvant aller sous l'eau ».
    Dans ce savoureux ouvrage, Olivier Jochem mêle réalité et fiction avec une grande dextérité. Il donne la parole à Alexandre Dulong, un capitaine au long cours engagé par Jules Verne pour naviguer avec lui sur le Saint-Michel. Le marin-pêcheur fait l'étonnant récit de ses trois années passées en compagnie de l'écrivain en baie de Somme. L'attrait de celui-ci pour l'élément marin l'attire au port du Crotoy, où il acquiert une maison pour y travailler au calme. Cette belle amitié livre une facette méconnue du romancier d'aventures, en apprenti navigateur sympathique et passionné. Bien qu'en partie fictive, la tranche de vie ici contée apporte un éclairage nouveau sur la genèse de certaines des ?uvres du génie littéraire, dont "Vingt mille lieues sous les mers".

  • « Je marche dans le vent, Je marche tout le temps, Je chante la nature Qui rythme mon allure, Je dors dans les nuages, Je marche en rêvassant Ivre me faufilant À travers les mirages. ?» Le présent recueil de poèmes offre une plongée dans l'imaginaire foisonnant de Jean-Maurice Bloch. Le poète a préservé son âme d'enfant et s'émerveille devant les beautés du monde, sans pour autant omettre de mentionner les drames qui agitent la société contemporaine. Les courtes histoires mettant en scène des hommes comme des animaux sonnent souvent juste, inspirées par sa riche expérience de la vie. Avec légèreté, tantôt loufoque tantôt sérieux, à l'affût des jeux de mots offerts par le langage, il fait preuve d'une inventivité littéraire réjouissante. La forme lyrique lui permet de trouver l'expression la plus à même de transcrire sa sensibilité et l'univers tiré de ses rêveries éveillées.

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