Tertium

  • "Je vivais dans le quartier de Musrara, sur la ligne séparant Jérusalem-Ouest de Jérusalem-Est, cité israélien.
    Une vieille maison arabe dont le couloir central était une ancienne ruelle de souk. (...) J'achetais les pitas chez le boulanger palestinien de l'autre côté du boulevard, chaudes et moelleuses comme une peau d'enfant sortant du sommeil, et les bagels saupoudrés de sel chez un vendeur de falafels israélien de la rue Hanevi-im, la rue des Prophètes." Jérusalem, un lieu unique où les passions se déchaînent, où la vie brûle plus que partout ailleurs.
    Une ville ambiguë où l'Histoire est au coeur de chacun, où l'on s'interpelle parfois par des "shalom habibi !" ("salut" en hébreu, "chéri" en arabe), ultime espoir de paix. Au-delà de celles et ceux qui la peuplent et l'animent, cette ville concentre les fureurs et les vénérations d'une bonne part de l'humanité.

  • Le chat, le pré, le chêne, la forêt, la roche, les nuages. Le regard monte, circule, cherche, s'arrête, repart. Qu'est-ce qu'un paysage sinon cet échange ? Cette pénétration du dedans par le dehors et l'inverse. Au point qu'il n'y a plus, du corps à la ligne de crête, que ce continu de mots, de formes, de rêves, de couleurs, de souvenirs et d'air qu'on appelle l'espace.

  • Pétra en Jordanie, n'est pas une ville tout à fait comme les autres. Héritage des Nabatéens, cette cité mythique, d'une beauté époustouflante, s'est perdue, durant six siècles, cachée, quelque part entre le Nil et l'Euphrate, aux portes du désert et de l'Islam, jusqu'à ce que Johann Burckhardt ne la retrouve il y a précisément 200 ans.
    C'est un livre de poète, un livre de rencontres avec le temps où se sont précisément croisées quelques-unes des plus grandes civilisations.

  • Rien n'est plus émouvant, aux abords des villes recrues d'Histoire, que ces échappées vers l'arrière-pays de l'intemporel et du hors sujet. Sur les pavés de Novy Svet, le pas tressaute au rythme d'un ländler ébouriffé, où viennent se loger des éclats de végétation. On décolle, on se dissout, on tend à disparaître.

  • Retour à Lisbonne

    Max Alhau

    Lisbonne, ville de contrastes sans cesse métamorphosée selon l'acuité du regard, la couleur du jour ou les passants qui la traversent. Lisbonne auréolée par la présence de Fernando Pessoa dont la silhouette surgit au cours de ces pages. Le Château Saint-Georges, l'Alfama, le monastère des Jerónimos, la Baixa, le Parc des Nations - le promeneur s'efforce d'entraîner le lecteur, de le guider au plus près d'une ville aux multiples visages.

  • Rocamadour attire de toute l'Europe fidèles et pélerins autour de son sanctuaire de la Vierge Noire, à mi-hauteur du grand rocher du Val d'Alzou. Ce ruisseau, qui a la particularité d'être intermittent, donne à la vallée des couleurs d'oasis.
    Cette ville médiévale est secrètement entourée par un défilé, le "Val Ténébreux" et par deux gouffres en aval : Cabouy et Saint-Sauveur. Le second à veille plus particulièrement l'idée de l'insondable.
    Ces lieux saisissants, générateurs d'expériences originaires comme l'effroi et la fascination, environnent d'étrangeté un sanctuaire connu comme un théâtre de pierre qui magnifie les volumes initiaux du canyon et comme une pensée théologique invitant, à travers la riche histoire du pélerinage, à une double postulation chrétienne : l'élévation et le recueillement.

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