Norma

  • Les années 60 et 70 sont indissociables dans l'histoire de la décoration et du mobilier. Elles marquent un tournant radical dans un monde jusqu'alors confiné à des expressions nationales et élitistes. Tout éclate au début des années 60. La mode est à la fois d'inspiration anglosaxonne, scandinave, italienne et française. Les genres se mélangent dans un désir effréné de vivre en symbiose avec son temps. Les progrès de la technologie accréditent la conviction d'une liberté conquérante de l'individu et suscitent des désirs inédits d'une nouvelle manière d'habiter, fût-ce dans des cellules de science-fiction. Les formes s'arrondissent, les sièges deviennent des tapis-sculptures qui permettent de se lover dans des univers chaleureux, ludiques et anticonformistes. Les couleurs et les motifs décoratifs épousent l'éclat et les délires du Pop' Art et du psychédélisme. L'espace d'habitation se transforme en rêve éveillé où se mêlent un mobilier luxueux dans des matériaux inédits et des objets surprenants de toutes origines, associés, fait nouveau, à des meubles anciens. La fin des années 70 marque l'avènement d'une époque où la beauté et l'élégance classique cèdent le pas à une multitude d'expressions qui échappent à tout classement et à toute hiérarchie. L'heure du post-modernisme a sonné.
    Composé d'une longue introduction qui en donne une vision synoptique et de trente-deux monographies qui décrivent ses multiples visages, ce livre rend intelligible une période exceptionnellement créative et révèle à travers une abondante iconographie, souvent inédite, sa formidable richesse esthétique.
    Une iconographie mise à jour, une nouvelle jaquette et trois nouveaux décorateurs viennent enrichir cette nouvelle édition.

  • Fasciné par le reflet magique de la lumière à travers les vitraux de Chartres, qu'il découvre enfant, Max Ingrand (1908-1969) ne cesse durant près de quarante ans d'explorer les champs multiples du verre.
    Matériau millénaire. sur le plan stylistique et formel. du vitrail au design, du décor à l'architecture. Dans tous ces domaines. artisanaux ou industriels. le maître verrier développe une technique remarquable. Ses décors à l'antique gravés à l'acide ou au sable en font une figure majeure de l'Art déco. Il collabore au chantier du paquebot Normandie, travaille pour les plus grands décorateurs. Jules Leleu.
    Marc du Plantier. André Artus, pour des architectes comme Pierre Patout. auteur du pavillon du Collectionneur à l'Exposition internationale de 1925, ou Charles Siclis. promoteur de lieux à la mode dans le paris des Années folles. Au sortir de la guerre, l'usage du verre gravé se vulgarise. les matériaux composites apparaissent_ Max Ingrand revient mi Travail du vitrail. Sou u'uvre dans ce domaine. d'un expressionnisme inspiré de l'imagerie moyenâgeuse.
    Est l'une des plus prolifiques élu siècle. en France. où il intervient sur des édifices majeurs de l'art gothique. mais aussi en Allemagne. aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil. Après avoir exploité les jeux de la lumière naturelle. son interrogation se porte sur le luminaire. Faisant du verre la matière même de la lumière, il dessine des lampes et des appliques incandescentes. dalles polies et abrasée. blocs de pâte de verre taillée au burin.
    Lue démarche qui conduit ce tenant du classicisme français au design où son nom s'inscrit aux côtés (le ceux de Serge Mouille et de Gin() Sarfatti. Certains de ses luminaires sont. cinquante ans après leur création. devenus des classiques. comme la lampe de table en opaline blanche de 1951. Durant treize ans. il assure la direction artistique de Fontana Arte créée par l'architecte Gio Ponti. Fondateur de la société Verre Lumière à la fin de sa vie, il favorise l'émergence (l'une nouvelle génération de designers et expérimente les technologies les plus avancées en matière d'éclairage qu'il mettra au service du verre industriel chez Saint-Cubain et surtout d'une architecture qu'il veut transparente.
    Cet ouvrage de l'historien d'art Pierre-Emmanuel Martin-Vivier révèle, à travers documents d'archives et photographies contemporaines réunis par la galerie Jacques Lacoste, la richesse et la diversité d'une ouvre que le cloisonnement des disciplines artistiques. les querelles entre tenants de la tradition et de la modernité ont jusque-là empêché de considérer dans son intégralité.

  • Jean-Michel Frank

    Collectif

    • Norma
    • 13 Octobre 2009

    Jean-Michel Frank (1895-1941) et une figure mythique des arts décoratifs.
    Cousin d'Anne Frank, auteur du célèbre journal, ce décorateur est un personnage de roman noir, d'une guerre mondiale à l'autre, du suicide de son père à Paris au sien à New York en 1941. Son style qualifié de " Mixe pauvre " est tout aussi paradoxal que sa vie qui s'est déroulée dans une apparente futilité et un certain mystère, entre fêtes et solitude, avec des amitiés fidèles pour des poètes comme René Crevel, des artistes comme Giacometti, Dali ou Bérard, mais aussi des clients, gens du monde, de la mode ou intellectuels.
    Contraignant ses commanditaires à se défaire de leurs meubles et tableaux, Frank a inventé pour eux des lieux propices à la méditation et au rêve. Dans ces décors irréels, le mobilier n'a plus de place assignée. D'une simplicité parfaite, il présente des affinités avec le néoclassicisme du XVIIIe siècle, le mobilier Ming ou encore les arts premiers. Des analogies qu'il réinterprète avec subtilité et mélange avec des matières sophistiquées, du cuir de chez Hermès, du parchemin ou du galuchat, du chêne qu'il sable ou arrache à la gouge et qu'il n'hésite pas à mêler à du plâtre, de la paille ou de la toile à sac.
    Indifférent aux grands débats de la première moitié d'un XXe siècle, déchiré entre les aspirations sociales du mouvement moderne et les tenants de la tradition, Jean-Michel Frank n'a cherché ni à construire un nouveau monde ni à s'accrocher à un passé nostalgique. Avec élégance, il a cassé les conventions, nettoyé les lieux de leur histoire. Peut-être est-ce ce mélange de légèreté et de rigueur, de rêve et de poésie, ce détournement très actuel des objets et des matériaux qui ont amené tant de décorateurs et de designers à se réclamer de lui, sans comprendre souvent qu'une telle oeuvre est indissociable de l'être.
    Publié à l'occasion d'une exposition organisée par la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent où seront rassemblées les oeuvres les plus significatives du décorateur et des artistes ayant travaillé avec lui, ce catalogue retrace le parcours de l'artiste, évoque ses liens avec les surréalistes, ses amitiés avec Louis Aragon, René Crevel, Drieu La Rochelle ou François Mauriac, le rôle que jouèrent pour lui les Noailles dont le fumoir, décoré en 1925, s'impose comme l'un des symboles esthétiques du Paris de l'entre-deux-guerres.
    Ce catalogue et aussi l'occasion de confronter le style minimalisfe du décorateur aux grands débats artistiques suscités par le mouvement moderne, d'appréhender la dimension surréaliste de ses décors au regard de ses collaborations avec Salvador Dali, Emilio Terry, Christian Bérard et surtout Alberto Giacometti avec qui il travailla pendant près de dix ans.

  • Albert Diato

    Marie-Pascale Suhard

    • Norma
    • 1 Mai 2013

    Artiste protéiforme qui manie avec brio pinceau, stylo ou argile, Albert Diato naît à Monaco en 1927, où il passe son bac en 1945. À Paris, pendant la période euphorique de l'après-guerre, il se frotte à tous les courants artistiques de l'époque : abstraction, surréalisme et lettrisme principalement. Ses poèmes et nouvelles révèlent un univers onirique et « underground » original.
    Découvrant le plaisir du travail de la terre grâce à Picasso qui l'invite à Vallauris et qui explore la céramique à l'atelier Madoura, Albert Diato crée, en 1948, avec Francine Del Pierre et Gilbert Portanier, l'atelier du Triptyque, qui contribue à la révolution esthétique de la céramique des années 1950. À partir de 1952, il ouvre différents ateliers à Paris, Londres, Faenza, etc. Ses pièces sont exposées dans les grandes galeries et acquises par de nombreux musées en France et à l'étranger (Saint-Étienne, Victoria and Albert Museum, etc.). Ses céramiques sont fortes et puissantes, et leurs dessins préparatoires créatifs et vigoureux.
    En 1959, Diato obtient la médaille d'or à l'Exposition internationale de la céramique d'Ostende. Cette même année, le prince Pierre de Monaco remarque ce céramiste doué et lui demande d'effectuer le décor de la Bibliothèque Princesse Caroline à Monaco, inaugurée par la toute jeune princesse. En 1960, il le charge de réaliser un grand panneau mural en céramique et un plafond en stuc pour la salle des délégués à l'Unesco à Paris.
    Mais le talent du céramiste ne doit pas éclipser celui du peintre. Sa peinture est tout à fait unique et originale, et très tôt apparaissent gouaches, huiles, gravures ou lithographies. Stylisée et acérée, elle est d'abord figurative, avant que Diato ne se lance à corps perdu, vers 1957, dans une belle abstraction poétique. En 1962, influencé par Yves Klein et ses monochromes dorés, il introduit la feuille d'or dans ses créations. Son oeuvre, d'où se dégagent mysticisme et sérénité, a été exposée par les plus grandes galeries internationales.
    En 1967, à la demande du roi Zaher Shah d'Afghanistan, et grâce à ses grandes connaissances en matière d'émaux et de cuisson, Albert Diato est nommé expert par le Bureau International du Travail (BIT) de Genève afin de relancer la poterie afghane. Il exécute pour l'ambassade de France à Kaboul un grand panneau mural, puis deux autres pour la villa du roi à Naghlu.
    Ce n'est que peu de temps avant sa mort prématurée qu'Albert Diato revient à Monaco, laissant le souvenir d'une personnalité chaleureuse et poétique hors du commun.
    L'exposition rétrospective de l'été 2013, organisée par la Direction des Affaires Culturelles de Monaco et les commissaires d'exposition Adriano Ribolzi et Marie-Pascale Suhard, permettra de redonner à Albert Diato la place qui lui revient dans le coeur des Monégasques et celle de grand créateur dans le contexte artistique du XXe siècle qu'il occupait de son vivant.

  • Dès l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes de 1937 s'ébauche un style plein de fantaisie et de panache qui échappe délibérément à l'Art déco et au Modernisme pour se préciser au début des années cinquante. Exclus des encyclopédies du Mouvement moderne, ignorés des spécialistes mais très recherchés par les collectionneurs, une pléiade de décorateurs, de dessinateurs de meubles, de créateurs de luminaires, de ferronneries, etc. renouvellent les arts décoratifs.
    Les années de guerre et de pénurie confirment un mouvement de retour à la tradition classique et au beau métier. L'après-guerre libère l'invention dans les domaines les plus variés. C'est l'époque des expérimentations avant le développement du design industriel qui triomphera à la fin des années soixante.
    De Jacques Adnet à Maxime Old, d'André Arbus à Jean Royère, de Marc du Plantier à Serge Roche, de Dominique à Jean Pascaud, de Raymond Subes à Jean Royère, de Paul Dupré-Lafon et Jean-Charles Moreux à Gilbert Poillerat et Jacques Adnet., une vingtaine de décorateurs nous permet de découvrir l'exubérance et la variété d'une création qui inspire aujourd'hui les designers de la nouvelle génération.
    Initallement paru en 1998 à l'occasion d'une exposition organisée par le Centre culturel de Boulogne- Billancourt cet ouvrage épuisé est devenu un classique sur la décoration et les ensembliers des années 40.
    Une iconographie renouvelée vient enrichir cette nouvelle édition, ainsi qu'une maquette refondue et une nouvelle jaquette.

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