Seuil

  • Bouddha : histoire d'un homme, rencontre d'un présence

    Fabrice Midal

    • Seuil
    • 28 Octobre 2021

    Pour mieux comprendre le Bouddha, sa vie et son enseignement, Fabrice Midal nous propose de contempler avec lui les plus belles oeuvres d'art qui, d'un bout à l'autre de l'Asie, se sont mises durant des siècles au service de sa spiritualité. Bouddha a vécu il y a plus de 2500 ans, mais les oeuvres d'art qu'il a inspirées témoignent encore de sa présence, de sa sérénité, de son expérience. Une histoire tout à la fois vivante, héroïque et mythique d'un homme qui a renoncé au pouvoir matériel autant que temporel se déroule sous nos yeux.

  • C'est fin 2017 que des chercheurs de l'observatoire Haleakala, dans les îles d'Hawaï, détectent un étrange objet qui traverse notre système solaire à une vitesse si élevée qu'il ne peut provenir que d'une distante étoile. L'objet, baptisé 'Oumuamua, ne dégage aucune traînée de gaz ou de poussières lorsqu'il passe à proximité du Soleil. Pour l'astrophysicien Avi Loeb, en raison de sa forme et de sa trajectoire insolites, la seule explication logique est qu'il s'agit d'un engin artificiel construit par une civilisation extraterrestre.
    Cette hypothèse d'Avi Loeb fait couler beaucoup d'encre, et les implications qui en découlent pour l'avenir de la science, des religions et de l'espèce humaine sont considérables. Extraterrestre est un livre aussi généreux que vertigineux, au croisement de la science et de la philosophie, qui nous enjoint à remettre en question nos idées reçues et à porter un regard critique sur l'univers qui nous entoure et les objets qu'il recèle, aussi étranges soient-ils...

  • Vous tenez en main le plus improbable des dialogues.

    Kelly, Bartosz, Peterson... et tant d'autres vivent dans la pauvreté, la rue, la galère. Eux à qui on ne donne jamais la parole et qu'on n'entend jamais, entrent ici en discussion avec le pape François, qui « rêve d'une Église pauvre pour les pauvres ».

    Ils se sont parlé longtemps : eux qui ont soif de relation, de proximité, de justice, et lui qui ouvre pour l'Église un chemin « de fraternité, d'amour et de confiance ».

    Les questions sont venues du monde entier. Elles sont de celles qu'on n'avait posées à aucun pape : son salaire, ses amours, ses défauts, ses doutes, ses angoisses, son confesseur... Elles bousculent aussi François sur l'argent, l'injustice, la guerre, le mal ou le désespoir.

    Les réponses de celui-ci sont sincères, provocantes ou graves, toujours sans détour. Elles sont de celles qu'on n'avait jamais lues ailleurs.

    Un échange d'égal à égal, unique et inspirant.

    L'association Lazare, qui anime des colocations solidaires entre jeunes actifs et personnes de la rue, est à l'origine de ce dialogue. Avec l'aide de nombreuses associations partenaires, elle a recueilli des questions des pauvres du monde entier, puis a accompagné certains d'entre eux à Rome, pour les poser directement au pape. Avec l'accord de ce dernier, l'intégralité des droits d'auteur du livre sera reversée à ces associations engagées sur les cinq continents.

  • Une rabbin et un intellectuel musulman s'entretiennent ici autour de l'essentiel : comment être juif ou musulman ? Quel rapport - semblable, différent, complémentaire... - à l'histoire, à la loi, aux rites et aux coutumes, à la laïcité, à la filiation, à la vérité ? Où en sont les femmes dans le judaïsme et l'islam d'aujourd'hui, quelle est leur place publique et privée ? Quelle relation entretiennent musulmans et juifs avec Dieu ?

    La révélation dont les textes gardent la trace n'a de sens que dans des interprétations renouvelées au fil des générations : telle est la conviction qui rapproche, au-delà des différences, Delphine Horvilleur et Rachid Benzine, dans un dialogue à la fois vif et profond. La rabbin affirme que lire la Torah, c'est toujours se battre avec un texte complexe ; pour l'islamologue, se réclamer du Coran, c'est d'abord écouter une parole pour être « bien guidé ». La responsabilité religieuse consiste aujourd'hui à sortir de l'idéologie identitaire, du sacré intemporel qui fige la tradition dans le passé, à poursuivre avec les autres - tous les autres - un dialogue à la fois amical et franc, qui refuse les remparts du fondamentalisme religieux et laisse l'avenir ouvert.

    Un livre d'une grande liberté de ton, particulièrement bienvenu en ces temps où il faut lutter contre les murs, symboliques ou concrets, que certains érigent comme s'ils étaient devenus l'unique salut possible.

    Delphine Horvilleur est rabbin. Elle a publié En tenue d'Eve et Comment les rabbins font des enfants (Grasset, 2013 et 2015).

    Rachid Benzine est islamologue. Il a publié Les Nouveaux Penseurs de l'islam (Albin Michel, 2004), Le Coran expliqué aux jeunes (Seuil, 2013) et Nour, pourquoi n'ai-je rien vu venir ? (Seuil, 2016, adaptée au théâtre sous le titre Lettres à Nour).

  • « Nul n'est prophète en son pays », « Semer la zizanie », « L'homme ne vit pas que de pain », « Porter au pinacle », « Rendre à César », etc. : comme monsieur Jourdain faisait de la prose, nous citons les Évangiles sans le savoir. En presque 2 000 ans d'histoire du christianisme, ces textes ont imprégné notre culture : on y trouve de multiples aphorismes et sentences qui sont devenus des expressions courantes. Ces paroles vives, voire provocatrices, qu'on attribue pour la plupart à Jésus, se sont banalisées, et leur sens religieux est aujourd'hui imperceptible.
    En honnête homme amoureux des textes bibliques, Denis Moreau a choisi une centaine de ces locutions et leur redonne leur saveur première. Restituant le contexte où elles ont été prononcées selon un ordre qui rend compte du récit évangélique, il explique leur sens et leur portée, et retrace, non sans humour, les multiples échos qu'elles ont trouvés au cours des siècles.
    Une façon à la fois distrayante et profonde de redécouvrir les Évangiles sous un jour inattendu, ou de s'y initier.

  • Deuils, dépressions, naufrages éthiques, ruptures amoureuses, krachs existentiels... : parfois la vie se fait dure, voire terrible. Nul n'échappe à ces chutes qui nous placent face à la seule question qui vaille alors : saurons-nous traverser ces nuits et nous relever - autrement dit : ressusciter ?
    Un solide équipement métaphysique peut nous aider à sortir de ces épisodes dramatiques de l'existence, à les commuer en situations résurrectionnelles. C'est d'une telle métaphysique, chrétienne, qu'il est question dans ce livre à la fois marqué par le tragique de la condition humaine et rempli d'espérance. Denis Moreau y entremêle réflexions philosophiques et témoignages personnels pour examiner quelques-unes des catastrophes que la vie nous réserve et décrire la façon chrétienne de tenter de les traverser, à la lumière de la foi en la résurrection du Christ. Parce que les petites résurrections dans nos vies sont comme des rejetons de la grande. Et que, ainsi que l'écrit Hemingway : « L'homme n'est pas fait pour être vaincu. L'homme peut être détruit, mais pas vaincu. »

  • Avec ses rituels anciens, ses symboles complexes et ses décors déconcertants, la franc-maçonnerie n'a cessé de nous fasciner depuis près de trois siècles. Le mystère qui plane autour de cette société secrète a engendré des mythes et souvent des malentendus. Puisant au sein de plusieurs collections majeures d'art maçonnique et présentant de nombreux objets, cet ouvrage trace un tableau exceptionnel, passionnant et détaillé de cette organisation. Il couvre les origines et l'histoire de l'ordre, la philosophie qui inspire les rituels de ses degrés, les rapports en perpétuelle mutation de la franc-maçonnerie et de la société (notamment la place faite aux femmes et l'antimaçonnisme) et les énigmes et mystères qui s'attachent aux francs-maçons, avant d'évoquer certains de ses frères les plus célèbres. Cet ample panorama s'accompagne d'une étude approfondie des hauts degrés et grades et des organisations affiliées présentes dans le monde entier, notamment du Holy Royal Arch, de la Mark Masonry, des Knights Templar et des rites d'York et écossais.

  • L'invention de dieu

    Thomas Römer

    • Seuil
    • 27 Mars 2014

    Dans le paysage religieux de l'humanité, le judaïsme est considéré comme la plus ancienne religion monothéiste, confessant qu'il n'existe qu'un seul dieu, qui est à la fois le dieu spécifique du peuple d'Israël et le dieu de tout l'univers. Cette idée d'un dieu unique s'est ensuite propagée à travers le christianisme et l'islam.
    Le dieu auquel se réfèrent, de manières différentes, les trois religions monothéistes, semble régner seul de toute éternité sur le ciel et la terre. À y regarder de plus près, on trouve cependant dans les différents textes bibliques des indices qui attestent que les anciens Israélites vénéraient d'autres dieux à côté de Yahvé. De fait, contrairement à ce que certains théologiens continuent d'affirmer, il ne fait pas de doute que le dieu de la Bible n'a pas été « unique » depuis toujours.
    En analysant les textes bibliques comme n'importe quel document de l'Antiquité et en confrontant les méthodes exégétiques aux plus récentes découvertes de l'archéologie et de l'épigraphie, cette enquête passionnante retrace l'histoire de ce dieu de l'orage et de la guerre depuis ses origines jusqu'à sa « victoire » sur les autres dieux et déesses, son installation comme dieu national en Israël et en Juda et, enfin, l'affirmation de son unicité et de sa transcendance.

  • Le Coran expliqué aux jeunes

    Rachid Benzine

    • Seuil
    • 10 Mars 2016

    Nouvelle édition, augmentée d'un chapitre inédit sur la violence dans le Coran, suite aux événements tragiques de Paris en janvier et novembre 2015. La révélation du Coran : comment est-elle survenue, où, dans quel monde et quelle culture (aspects historiques et géographiques) ? Le prophète Muhammad : quel homme était-il ? Comment a-t-il reçu la révélation ? Quelle est la place d'Abraham, de Moïse et de Jésus par rapport à lui ? Comment la révélation orale est-elle devenue écrite, et comment est-on arrivé au " Livre " appelé " Coran " ? Que faut-il savoir de la langue et du style coranique et comment lire le Coran aujourd'hui ? Que dit le Coran de la violence, des liens avec autrui, de la guerre et de la paix ?

  • Lire la Torah

    Catherine Chalier

    • Seuil
    • 9 Octobre 2014

    La lecture fondamentaliste des textes sacrés les fige dans une vérité immuable. L'approche historico-critique, elle, écarte la question de la vérité du texte au profit d'un savoir sur lui. Mais elle neutralise alors les questions de sens, et par là ne peut, malgré ses prétentions, être un rempart contre le fondamentalisme. Au-delà de cette opposition, ce livre propose une lecture spirituelle de la Torah, qui ne laisse pas gagner le désarroi et se montre aussi sérieuse que la science.
    Cette lecture se déploie comme un dialogue : le lecteur pose aux versets des questions morales, politiques ou métaphysiques, qui mettent en jeu son existence ; et pour approcher la vérité que recèle le texte, il tente d'y déchiffrer l'énigme de sa propre vie. Les versets deviennent des paroles qui lui sont adressées, ici et maintenant. La Torah est donc éternelle parce que son sens est sans cesse renouvelé, non parce qu'il est fixé à jamais. De même, son étude ne consiste pas en une appropriation affective et fantaisiste, ni en un envol oublieux du réel.
    Lire la Torah est un travail d'interprétation exigeant autant qu'une sortie de soi. Et il s'agit de s'élever autant que d'élever le monde, donc de dépasser l'inaction à laquelle nous condamnerait une lecture seulement symbolique ou littérale : la Torah parle bien de notre présent, et ne donne pas de solutions.

  • Pour chaque moment de la vie

    Chögyam Trungpa

    • Seuil
    • 21 Octobre 2021

    Premier maître tibétain à être venu en Occident, premier à avoir transmis la méditation hors du cadre bouddhiste, Chögyam Trungpa (1939-1987) présente une approche de la vie, de la spiritualité, de l'amour qui ne ressemble à aucune autre et qui est profondément géniale. Il surprend par la puissance poétique qui l'habite et par l'intelligence qu'il a de notre situation historique, qui le conduisent à proposer des chemins nouveaux et déculpabilisants.

    Fabrice Midal, qui depuis vingt ans transmet son enseignement en France, propose ici un parcours dans cette oeuvre immense, afin de permettre à chacun de s'abreuver à cette source pure à même de nous combler.

    Nouvelle édition avec une préface inédite.

  • Alors que le Coran fait l'objet, dans les courants salafistes et dhjihadistes, d'une interprétation atemporelle et anhistorique, cet ouvrage passionnant a l'ambition de donner à comprendre ce que le discours coranique de Mahomet, qui était alors loin d'être fixé par écrit, a pu signifier pour ceux qui l'ont entendu, dans la société sans livre qu'était l'Arabie du début du viie siècle.

    L'originalité de cette approche consiste ainsi à déchiffrer le Coran à la lumière d'un contexte historique et anthropologique précis, celui de tribus vivant selon des rapports de solidarité et d'alliance pour faire face à l'environnement éprouvant du désert. Jacqueline Chabbi montre avec brio, et une connaissance approfondie de la langue coranique, que les trois caractéristiques principales du divin correspondent aux trois piliers de la société tribale : l'alliance, la guidance et le don. Pour ce groupe humain patriarcal du désert, Dieu est représenté avant tout comme celui dont l'alliance, la guidance et le don répondent aux nécessités vitales imposées par l'environnement.

    Outre que cet éclairage permet d'élucider un nombre considérable de notions et de distinguer celles qui sont d'origine biblique, il renouvelle totalement le sens de celles qui ont été figées par une certaine doctrine musulmane (djihâd, charia notamment). Car il ne s'agit pas, en découvrant des significations en relation avec un terrain chronologiquement premier, de figer les mots dans leur sens d'origine mais au contraire de faire apparaître combien ils ont pu évoluer au fil du temps et des transformations sociales.

  • Les « monothéistes » - juifs, chrétiens et musulmans - croient en un Dieu unique, révélé dans la Bible et le Coran. Les croyants de bonne volonté parmi eux insistent à bon droit sur ce qui les unit. Il existe pourtant de grandes différences entre ces religions, en particulier à propos des origines de ce Dieu. Comme le montrent Thomas Römer et Jacqueline Chabbi, la « naissance » de Yahvé et celle d'Allah ont eu lieu dans des contextes anthropologiques et sociopolitiques très contrastés, presque opposés. Quoi de commun en effet entre les petites royautés-États d'Israël et de Juda entre le viiie et le vie siècle avant notre ère, confrontés à de puissants empires comme l'Égypte, l'Assyrie, la Babylonie, la Perse, et une petite tribu de l'Ouest arabique au viie siècle de notre ère, à l'écart des routes caravanières, en dépendance vitale de l'eau ?
    Ces conditions historiques ont forcément marqué l'identité et le devenir du Dieu de chaque tradition. Un dialogue en vérité entre le judaïsme, le christianisme et l'islam ne saurait masquer ces différences. Celui de ce livre, entre Thomas Römer et Jacqueline Chabbi, bouscule aussi les certitudes de tous les fanatiques d'une lecture littérale de la Bible et du Coran.

  • Au moment où les sociétés sont assaillies par une crise sanitaire extrêmement déstabilisante, ces mots du pape François appellent à nouveau au combat spirituel autant que politique.
    Cinq ans après l'encyclique Laudate si', le pape prolonge ici avec Carlo Petrini, fondateur du mouvement Slow Food, son exhortation à protéger notre « maison commune » des dégradations humaines et écologiques causées par notre système. Les deux hommes dénoncent ces autres virus que nous avons développés, une économie de marché sauvage, une injustice sociale violente. Mais ils entreprennent aussi, avec vigueur et profondeur, de dessiner les voies d'une écologie qui cesse d'être un slogan pour devenir un choix. Biodiversité, économie, migration, éducation, communautés : ces notions font l'objet d'une réflexion particulière, constructive et optimiste.
    Réunis par une même confiance dans un changement possible, le pape et le militant appellent toutes les compétences et les bonnes volontés à s'unir pour transformer notre vie et s'engager dans la défense d'une biodiversité indissociablement humaine et écologique. À ce titre, l'expérience des ethnies qui vivent en relation étroite avec la nature est essentielle à considérer : elles « ressentent nos propres ombres » que nous ne voyons pas nous-mêmes. Et les murs que nous construisons, à abattre.

  • Jésus selon Mahomet

    ,

    • Seuil
    • 12 Novembre 2015

    Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente, supérieure à celle qu'occupe Mahomet lui-même.
    C'est de cette surprise que Prieur et Mordillat sont partis. Bien que le Livre sacré de l'islam soit un texte difficile à appréhender pour les non-musulmans, il existe des points de contacts qui permettent notre lecture : une lecture critique à la fois littéraire et historique, une lecture non religieuse comme celle entreprise précédemment avec le Nouveau Testament.
    La sourate IV qui raconte de manière très particulière la crucifixion de Jésus est le point de départ. À partir de ces quelques versets, les auteurs ont cherché à reconstituer ce qu'ils pouvaient savoir de la prédication de Mahomet et pourquoi elle s'est développée dans une région de réputation païenne, tout en étant très marquée par les références bibliques et l'influence des églises syriaques.
    Une religion ne naît jamais de rien. L'islam s'est voulu l'ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois la continuité et l'adversaire.
    C'est au carrefour des trois formes du monothéisme, dans l'héritage du judaïsme de Moïse et du judéo-christianisme de Jésus, que les auteurs ont voulu comprendre les origines de l'islam. Pourquoi et comment le juif de Galilée mué en Christ fondateur du christianisme est devenu, dans la péninsule arabique au VIIème siècle de notre ère, « le messie Jésus, fils de Marie, envoyé d'Allah' », l'ultime prophète avant le Prophète.

  • La pensée européenne des religions

    Philippe Borgeaud

    • Seuil
    • 4 Février 2021

    Dieu, Kyrios, Deus, Notre Père, Iahvé, Elohim, Adonaï, Jésus ou Allah ont indéniablement un « air de famille ». Cela ne veut pas dire qu'on puisse les traduire les uns dans les autres sans précaution ni qu'ils soient identiques comme le laissent entendre un peu vite ceux qui prônent la notion de « religions abrahamiques ». Il n'en demeure pas moins que ces trois religions se réfèrent à des Révélations. Elles nous recommandent de croire que Dieu s'est révélé lui-même, de diverses manières selon qu'on soit juif, chrétien ou musulman.
    Philippe Borgeaud insiste sur un point névralgique : pour l'historien ou l'anthropologue, l'islam, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, l'animisme ou l'hindouisme n'existent pas en tant que tels, pas plus que les dieux auxquels on les associe. Il n'y a de religion que dans les paroles, les sentiments et les actes de ceux qui s'en proclament les acteurs ou les adversaires. Pour saisir cette divergence fondamentale, entre le sens commun et l'observation des sciences humaines, comparer les croyances entre elles est indispensable.
    Tout en interrogeant notre présent, posant la question de savoir si on peut encore « afficher de l'incroyance », Borgeaud analyse les systèmes de pensée religieuse. Dans ce livre, il nous propose de repenser les mythes et les récits fondateurs qui ont contribué à transformer des pratiques et des croyances ancestrales en « religions » modernes.

  • La subversion du christianisme

    Jacques Ellul

    • Seuil
    • 10 Janvier 1995

    « La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément. Elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Église ait donné naissance à une civilisation, à une culture en tout inverse de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul [...]. Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la Chrétienté et l'Église. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce est dit. Or il n'y pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, dont véritable subversion. »J. E.

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