• Ces mémoires commencent à l'enfance de l'auteur, qui est aussi l'héroïne de cette histoire exemplaire. Une très jeune fille, venue en 1965 de Nîmes à Paris, commence à travailler à la librairie-galerie de La Hune, un des hauts lieux du Saint-Germain-des-Prés mythique de l'époque où, dans une petite salle, on présentait alors des expositions d'art. Elle y rencontre le photographe Jean-Philippe Charbonnier qui «l'enlève», selon ses propres termes. Suivant son mari dans ses voyages, elle apprend et s'intéresse de plus en plus à la photographie. En 1968, elle décide de faire des cartes postales qu'elle appelle «Les chefs-d'oeuvre de la photographie», avec des images signées des plus grands : Boubat, Cartier-Bresson, Doisneau, Man Ray, et bien d'autres, à une époque où tout le monde ignorait qu'il y avait des chefs-d'oeuvre en photographie, et pas seulement en peinture ou en sculpture. Elle arrive malgré tout à imposer cette collection qui se répand dans plusieurs pays. En 1975, Agathe Raillard ouvre sa galerie de photographie à Paris, rue du Pont-Louis-Philippe, où elle se trouve encore. Elle est la première en France à vouloir ne montrer que des photographies, et à démontrer que les photographes sont des artistes.
    Pendant trente-huit ans, sa galerie a organisé près de 250 expositions, couvrant tout l'éventail de cet art. Sont restées célèbres celles qu'elle consacra, entre autres, à André Kertész, Manuel Álvarez Bravo, Ralph Gibson, Bernard Faucon ou Hervé Guibert.
    Agathe Gaillard raconte, avec naturel et verve, les transformations qui ont radicalement changé ce monde avec la reconnaissance des musées et du marché de l'art, qui se sont intéressés à la photo dans les années 1980 et ont fait considérablement monter la cote de ce que l'on considère dorénavant comme une oeuvre d'art susceptible d'atteindre de très hauts prix.
    Mais ces mémoires montrent surtout l'aventure extraordinaire d'une femme qui a entièrement lié sa vie à ce médium, a participé à sa reconnaissance et en est ainsi l'un des témoins les plus exemplaires.

  • Réalisées entre 2016 et 2019, les photographies en noir et blanc qui composent le projet Quest de Mortemart dépeignent des humains submergés par la routine quotidienne, perdus dans l'anonymat des grandes villes, face à l'incertain et à la recherche d'eux-mêmes.En quête de réponses existentielles, ils errent dans un monde en évolution rapide, animés par un sentiment de solitude et d'anxiété. Dans une époque de plus en plus caractérisée par l'incertitude et la fracture sociale, les hommes et les femmes représentés dans Quest questionnent leur identité dans un monde parfois difficile à saisir.

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