• Au mois d'août 2017, l'oeil du collectionneur Guillaume Saint-Clair s'arrête sur les dessins réalisés « in vivo » dans les rues de Lecce par les artistes Alessandra Chiffi et Giancarlo Mustich. Revenu à Paris, il partage son enthousiasme avec le galeriste Georges Franck qui, à son tour, l'expose à l'historienne et historienne de l'Art, Agnès Callu. Le présent ouvrage rapporte les forces pro- fondes de multi-rencontres triangulaires qui mettent au jour la « pensée-dessin » du couple d'artistes italiens aux «sentiers de la création» inédits.
    Configuré dans l'imaginaire de chacun, le geste graphique surgit, bondissant, privilégiant, chez elle, des bouquets de figures implo- rantes sous une ligne cubiste aux prologues hugoliens ; faisant danser, chez lui, dans la verticalité d'escaliers d'inspiration palla- dienne, des formes usinées de voltigeurs futuristes ; montrant au « Masculin Féminin », une oeuvre duelle où les traits de chacun s'enlacent unis par une Cosa mentale aux registres esthétiques partagés.

  • A l'écart des commémorations du cinquantenaire de Mai 1968 et, en oxymore, en son centre, l'ouvrage rouvre un dossier entamé dix ans plus tôt. La démarche, à l'intersection du témoignage et du storytelling, offrait alors, un rendu des travaux d'une équipe de recherche, dirigée par Agnès Callu et soutenue par l'Institut d'histoire du temps présent (IHTP/CNRS) travaillant, pendant trois ans, sur la perception autant que l'analyse d'une génération d'historiens - ceux nés entre 1923 et 1940, soit la classe d'âge précédant celle des Baby Boomers - de "leur Mai". Privilégiant le dialogue "d'entre soi" car les entretiens étaient ceux d'historiens majeurs fabriqués par de jeunes historiens, l'objectif consistait à faire surgir le "retour d'expériences" d'experts, témoins oculaires ou auriculaires, d'un évènement basculant les habitus sociaux sur le temps court, réinventant à l'échelle du temps moyen, les pratiques et les usages de l'histoire. La nouvelle convocation, celle de 2018, entreprend une réactualisation critique de l'ouvrage livré à l'issue du colloque-bilan tenu au Collège de France en 2008 en même temps qu'il se demande s'il faut commémorer 68 et si oui, de quelles manières et dans quelles perspectives.

    Contributions de :

    Patrick Boucheron.
    Agnès Callu.
    Valérie Carpentier.
    Myriam Chermette.
    Benoît Corvez.
    Alain Dubois.
    Cécile Formaglio.
    Anne-Sophie Lechevallier.
    Jean-François Moufflet.
    Julie Pagis.
    Damien Richard.
    Jacques Revel.
    Daniel Roche.
    Violette Rouchy-Lévy.
    Gabriel Séjournant.
    Michel Zink.
    Témoignages sonores du "moment 68" de :

    Jean Delumeau.
    Claude Nicolet.
    Michel Pastoureau.
    René Rémond.
    Des extraits de ces témoignages sont téléchargeables sur le site des Presses universitaires du Septentrion sur la fiche du livre.

  • Directeur général des Arts et Lettres auprès d'André Malraux de 1959 à 1966, Gaëtan Picon ne cesse jamais d'être un critique des écrivains et des artistes. Alors que son Ministre veut partout, par les Maisons de la Culture, diffuser l'héritage total des productions du passé, il privilégie, en philosophe inspiré par Nietzsche, l'élan créateur de la génération des René Char ou Jean D ubuffet. Inventeur d'une théorisation de la Culture contemporaine, il préconise un Musée d'Art moderne, renouvelé dans ses postulats intellectuels autant que dans ses structures. Hors du temps politique et à l'écart des recherches structuralistes, il se passionne pour l'interprétation de la genèse des oeuvres issue des ateliers de leurs auteurs. Dès lors, il configure les règles d'u ne critique "consciente", poétique et philosophique qui, par la densité d'un style à la fois sensualiste et abstrait, l'a cependant marginalisé dans les imaginaires sociaux.

    1 autre édition :

  • Observer en grand angle le musée du XXe siècle comme objet historique compose une démarche inédite. Elle suppose d'apprécier les enjeux politiques, sociaux, culturels et économiques qu'il suscite, à l'échelle de l'État comme des collectivités territoriales, dans des perspectives hexagonales comme transnationales. Car le musée évolue aujourd'hui dans une société ouverte à la novation esthétique et patrimoniale en même temps qu'il adopte l'acculturation des codes hiérarchiques et les évolutions entrepreneuriales ou technologiques. Partagé en deux parties (« Figures » et « Territoires »), cet ouvrage aborde des situations aux registres et répertoires différenciés. Les textes réunis ici questionnent, en longue durée, le musée et ses représentations, entre élitisme social, promotion de la culture pour tous, merchandising, aussi, des biens culturels pour chacun. Sont ouvertes ou creusées - souvent en diachronie par le témoignage d'anciens et nouveaux acteurs - plusieurs pistes amenant à discuter la place du musée dans les imaginaires collectifs, le capital symbolique d'un geste ou d'un espace architectural, le trilogue entre l'oeuvre, l'artiste et celles et ceux, qui désormais pluriels et parfois concurrents, participent à sa « vie » au musée.

  • Publié à l'occasion d'une grande exposition réunissant pour la première fois les collections du musée des Arts décoratifs de Paris et de la Fondation Dubuffet, cet ouvrage de référence porte son regard sur une figure majeure et singulière de l'art au 20e siècle, Jean Dubuffet.
    Autour d'images d'archives et de reproductions d'oeuvres, il offre une découverte inédite du grand oeuvre de Jean Dubuffet.
    Organisé en quatre sections (L'Homme du commun, Célébration de la matière, L'Hourloupe, Les dernières années), il apporte un éclairage sur des oeuvres majeures ou des périodes phares des deux collections.
    Chaque section est introduite par un texte de Jean Dubuffet, suivie d'un récit de sa vie relatif à la période concernée et illustré de documents.

  • Cet ouvrage obéit tout ensemble aux pratiques des sciences sociales et à l?exercice biographique. Il mixe l?aléatoire d?un parcours singulier et les jalons d?une trajectoire académique exemplaire, et prend le parti de la micro histoire pour tendre à la démonstration de problématiques générales, sous la forme d?une « conversation d?entre soi ».
    Libre, elliptique, à l?écart des censures, spontané dans le flux ou le silence, adroit pour arpenter les champs personnels sans rien dévoiler d?une vie privée, l?opus s?engage dans un récit à deux voix où le témoignage cède devant une analyse historique et historiographique « grand angle » de l?Histoire de l?art. Conduit au c?ur du bureau devenu atelier mais multiscallaire lorsque le JE fait valeur pour cette pratique spécifique de l?histoire, ce dialogue propose les lignes et les courbes d?une vie intellectuelle qui traverse un second XXe siècle autant qu?elle le modèle et s?en saisit pour l?étude.

  • Enque^ter sur la Culture en France, entre 1947 et 1989, ne´cessite d'analyser ses syste`mes de gouvernement et les modes de fabrication politiques et ide´ologiques mis en oeuvre par les acteurs de la puissance publique a` l'e´chelle locale. Il s'agit de comprendre « la Culture vue d'en bas », telle que porte´e, de´veloppe´e et transforme´e par ses e´lites locales. L'enjeu revient donc a` de´signer les implantations territoriales (me´tamorphose´es ?) d'un mode`le conceptuel invente´ a` Paris. Pour re´pondre a` cette spe´cificite´, Agne`s Callu a mis en place un double dispositif de travail : un se´minaire de recherche objective des hypothe`ses «grand angle» et une enque^te de´partementale administre la preuve empirique diversifie´e. Retenant le mode`le prosopographique, inte´grant l'inte´re^t multiplicatif de l'exemple microhistorique en vue de la synthe`se macrohistorique, l'analyse - toujours dans la longue dure´e et le dialogue compare´ avec les situations europe´ennes - se concentre sur des e´lites culturelles au travail dans des organisations, a` la carte et aux sche´mas fortement recompose´s depuis la de´cennie 1960. Sur cette base, ce livre dessine le portrait d'un second xxe sie`cle culturel - de´marre´ autour de la « clef e´purative » et courant jusqu'aux novatrices anne´es 1980 -, qui compose un « terrain » hexagonal au seuil de repre´sentativite´ valide pour interpre´ter les marqueurs socio-politiques d'une «exception a` la franc¸aise». En sorte que l'ouvrage propose un diagramme historique du comportement de cohortes ge´ne´rationnelles (se´dentaires, mobiles, politise´es, «genre´es», dynastiques, suivistes, prescriptrices, traditionnelles, etc.), « entre´es en Culture » (sic), selon leur place dans la socie´te´ culturelle (l'espace public) et leur repre´sentation dans la sensibilite´ culturelle (l'orbe prive´). Pre´face de Jean-Louis Fabiani, sociologue, directeur d'e´tudes a` l'EHESS et professeur de Sociologie et d'Anthropologie sociale a` l'Universite´ de Budapest. Les auteurs : Panagiota Anagnostou; Se´bastien Beuchet; Agne`s Callu; Christophe Charle; He´le`ne Chaubin; Lucie Choupaut; Mireille Conia; Claire Danie´lou; Christian Delage; Xavier Desbrosse; Franc¸ois Dosse; Gil Emprin; Emmanuel Ethis; Jean-Louis Fabiani; Laurent Fleury; Didier Francfort; Patrick Garcia; Bertrand Hamelin; Jean-Louis Jeannelle; Herve´ Joly; Claudine Keller; Jean-Claude Lahaxe; Franc¸ois-Xavier Laithier; Jean-Michel Leniaud; Fre´de´ric Leriche; Guillaume Louet; Laurent Martin; Anne Pasques; Christophe Prochasson; Alain Rajot; Serge Reneau; Ge´rard Re´gnier; William Richier; Modesta Sua´rez; Franc¸oise Taliano- des-Garets; Federico Tarragoni; Margaret Teboul; Charles Tordjman; Alain Trogneux; Loi¨c Vadelorge.

  • L'histoire s'est longtemps confondue, presque exclusivement, avec l'écrit et la pierre. Le temps présent ne pourra s'observer, s'analyser et se comprendre, sans avoir recours aux sources sonores et audiovisuelles, nouveau patrimoine pour la connaissance. Ainsi pour la première fois, en sept volumes, une description des fonds et collections sonores et audiovisuels français, véritables sources du temps présent, est proposée aux chercheurs en sciences sociales, comme à tout homme curieux de mieux connaître le XXe siècle Les auteurs, Agnès Callu et Hervé Lemoine, proposent une cartographie raisonnée des archives d'époque et des documents et témoignages rétrospectifs, tels qu'ils se découvrent sur l'ensemble du territoire français. Les quatre volumes, qui recensent les collections, sont précédés d'une étude sur l'apport des matériaux « audiovisuels » à la compréhension de l'histoire contemporaine et suivis par le récit d'une aventure technologique sans équivalent, celle qui permit au son et à l'image de parcourir l'espace et le temps, transformant ainsi à tout jamais la perception du passé. Le septième volume témoigne des richesses des quelque 850 organisations qui figurent dans cette somme. Elles sont interrogeables au moyen d'un index interactif sur cédérom. Elles sont illustrées par deux créations originales autour d'archives parlées et d'images animées qui restituent, dans un DVD de plus de deux heures, quelques fragments inédits et singuliers de l'histoire du XXe siècle.

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