• D'un surréalisme peut-être le plus pur, les visions oniriques de ce «peintre-poète» que fut Miré ont déconcerté ses amis surréalistes - elles furent davantage comprises par les dissidents du mouvement, Bataille, Leiris, Einstein. La liberté de son art, résolument moderne, façonné dans le refuge catalan de Mont-roig et dans ses ateliers parisiens, le place en réalité en position d'écart radical au sein des avant-gardes du XXesiècle, tant il fait retentir une vibration personnelle, entre exigence permanente d'intériorité et désir d'universalité. Avec une obstination de stratège, Miró voulut aller «au-delà» de la peinture. Les défis qu'il s'est lancés - redonner à l'art le pouvoir originel perdu, la mission de revivifier par grands signes archétypaux les mythes immémoriels - l'ont conduit à explorer toutes les pratiques, qu'il n'a cessé de subvertir, avec un jeu d'humour et d'invention toujours en éveil.

  • Premier grand ouvrage consacré à la collection d'art graphique du centre pompidou, ce livre est le complément naturel des deux publications dédiées à la collection historique et à la collection contemporaine : après les peintures et les sculptures, voici les oeuvres sur papier - grands fonds d'études, chefs-d'oeuvre isolés - qui forment une collection à tous égards exceptionnelle.
    Plutôt que l'approche monographique habituelle, privilégiant la biographie des artistes, c'est un axe purement chronologique qui est ici retenu : les quelque 800 chefs-d'oeuvre choisis parmi le corpus des 18000 pièces de la collection apparaissent à leur date d'exécution, en suivant le déroulement des années, de 1902 à nos jours. le lecteur est ainsi invité à parcourir un " journal du siècle ", à se saisir de la création à l'instant de son émergence et au plus près de ses inventions, qui sont advenues bien souvent sur le papier : ces inventions, qui sont advenues bien souvent sur le papier : ces inventions - collages, assemblages, gouaches découpées, empreintes, déchirures, etc.
    - ont bouleversé les pratiques picturales ou plastiques de ce siècle. l'axe chronologique permet aux spécialistes ici sollicités - universitaires et conservateurs - d'analyser les oeuvres graphiques d'un point de vue formel, historique et contextuel, et de les éclairer par la simple juxtaposition de celles qui leur sont contemporaines : des affinités s'établissent, mais aussi des dialogues inattendus, des filiations secrètes ; apparaissent enfin des singularités irréductibles.
    Réseaux et ruptures tissent la complexité de ce siècle oú, à côté de l'exercice traditionnel du dessin, qui reste vivace, se sont croisées procédures et expérimentations les plus diverses.

  • En juin 1767, Voltaire répand une lettre au public et un Mémoire où il dénonce La Beaumelle comme prédicant et criminel de lèse-majesté. David et Gaubert Lavaysse s'efforcent d'obtenir de lui une rétractation. La Beaumelle décide d'imprimer une édition des oeuvres de Voltaire avec des notes où il repoussera ces calomnies, projet dont La Henriade doit être le premier volume.

  • Intellectuel majeur du XXe siècle, Michel Leiris (1901-1990) fut tout à la fois poète, écrivain autobiographe, ethnographe de métier et ami intime des plus grands artistes et écrivains de son temps.À travers près de 350 oeuvres, dont de nombreux chefs-d'oeuvre des artistes qui lui furent proches (Miró, Masson, Giacometti, Picasso, Bacon.), des objets et oeuvres d'art africains et antillais, ainsi qu'une riche documentation (manuscrits, livres, films et musique), l'exposition rend compte des multiples facettes de la figure de Leiris et souligne le caractère novateur de son oeuvre et la pertinence de sa pensée qui constituent, dans le contexte de la mondialisation et des études postcoloniales, une référence contemporaine essentielle.Influencé dès l'enfance par Raymond Roussel et se situant en marge du surréalisme, Leiris s'éloigne du mouvement pour rejoindre la revue dissidente Documents autour de Bataille. La quête de sa propre identité s'associe à une soif de dépaysements et d'altérité. Il s'initie aux méthodes de la recherche ethnographique en participant à la « Mission Dakar-Djibouti » (1931-1933), au cours de laquelle il écrit L'Afrique fantôme. Après la guerre, il se rend aux Antilles où il découvre les rites vaudou. Aficionado à la corrida, il est tout autant passionné de jazz, d'opéra et de spectacles qui sont pour lui des « terrains de vérité ». Devenu ethnographe professionnel, africaniste au musée de l'Homme, il est à l'initiative du premier ouvrage sur la création plastique de l'Afrique noire. Il est, par ailleurs, l'auteur de livres autobiographiques majeurs qui en révolutionnent le genre, parmi lesquels L'Âge d'homme ou La Règle du Jeu.L'exposition pluridisciplinaire et son catalogue offrent une lecture de l'histoire artistique et intellectuelle du XXe siècle, allant de Raymond Roussel à Pablo Picasso, en passant par l'Afrique, les Antilles, l'Espagne, Cuba et la Chine.Sous la direction de Denis Hollier, Agnès de La Beaumelle et Marie-Laure Bernadac

  • Héritière, dans les années 1970, des minimalismes les plus radicaux, l'oeuvre de Christian Bonnefoi, qui a largement contribué à définir depuis trente ans la singularité de la scène française, se définit comme résolument picturale et abstraite - non figurative, non fictionnelle, non subjective. Elle s'est fondée sur un propos de désarticulation et de réinvestissement des constituants de la peinture : surface, plan, cadre, châssis, geste, couleur, dessin. Il s'agit pour Bonnefoi de reformuler la question du « tableau », pour en faire advenir l'énigme. Méditée à partir des papiers collés cubistes, des montages constructivistes et autres avancées modernistes, sa démarche se veut expérimentale, au profit d'une relance de la tradition classique de la peinture.

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