• Etude de la stratégie identitaire de l'Israël antique pour construire un Etat, expliquer sa disparition quelques siècles plus tard, puis assurer, malgré la perte de son territoire historique et sa dispersion, la pérennité du Judaïsme naissant. L'étude de cette stratégie permet de mettre en évidence un processus d'ethnicisation largement original.

  • Longtemps perçu comme un livre ardu et considéré comme l'antithèse du Nouveau Testament, le livre du Lévitique fait aujourd'hui l'objet d'une redécouverte, grâce aux progrès de la recherche exégétique qui place cet ouvrage dans les perspectives universalistes du rédacteur sacerdotal P, dont on a bien identifié désormais la vocation universaliste et humaniste. Alors que l'on tenait les prescriptions rituelles de ce livre pour un catalogue renforçant la phobie de l'impureté ou le respect tyrannique et littéral des commandements, sa vocation est bien plus révolutionnaire, comme le montre ce commentaire scientifique des chapitres 17 à 27.
    Cette deuxième partie du Lévitique est plus éthique que les chapitres qui la précèdent. Elle regroupe toute une série de directives adressées par le Dieu unique à Moïse, particulièrement orientées vers des auditeurs et lecteurs appartenant à la caste des prêtres, aux chefs de familles et aux propriétaires terriens. Si les prescriptions restrictives relatives aux relations sexuelles prennent une part importante, elles n'affaiblissent pas pour autant le projet global de cet écrit beaucoup moins disparate que ce qu'une première lecture peut laisser penser. L'attention aux plus faibles, le respect de l'équité et des biens y sont fortement mis en évidence. L'auteur du Lévitique développe un projet utopique restaurant une création attachée au respect des plus vulnérables. L'amour du prochain y est souligné ainsi que l'attention au règne animal et à la nature, avec notamment la prescription de consacrer des années sabbatiques où les champs sont laissés en pâture aux animaux.

  • Les sacrifices dans la Bible suscitent souvent le malaise chez les lecteurs.
    Comment comprendre par exemple ces mises en scène sanglantes ou encore l'ordre divin donné à Abraham de sacrifier son fils unique ? Le présent travail propose de faire le point sur le sacrifice dans la Bible et de faire place à un certain nombre de préjugés lourds de conséquences pour l'image du Dieu de l'Ancien et du Nouveau Testament. Cet ouvrage veut ainsi apporter une contribution à la théologie biblique en traitant une question difficile.
    La première partie, centrée sur l'Ancien Testament, étudie les éléments constitutifs du sacrifice en insistant sur sa finalité. Il est ce lieu où Dieu vient à la rencontre des siens en vue de les bénir, les sacrifices "expiatoires", "réparateurs", n'ayant d'autre fonction que d'ôter les obstacles à cette communion. Dans la seconde partie, l'invitation, adressée à tous, sans préalable ni rite, à s'associer au festin des noces (Marc 2,19) ouvre à la compréhension de la prédication, par Jésus, de l'avènement du Royaume.
    L'offre gracieuse de la communion s'accompagne du don de la réparation ; désormais, les deux pôles du culte sacrificiel s'y trouvent à la fois assumés et subvertis. Quant aux sacrements, ils viennent, après l'enlèvement de l'Epoux, signifier aux croyants qu'ils ont le privilège insigne de participer, par delà l'octroi de la réparation, au " déjà " d'une communion promise à s'épanouir encore dans la plénitude du Royaume.

empty