• Le personnage de légende qu'est devenu Toulouse-Lautrec (1864-1901) - forgé autour de ses origines aristocratiques, de son infirmité congénitale et d'une vie aussi brève que nourrie d'excès - a longtemps masqué l'originalité profonde de son travail d'artiste. Sans négliger les incidences d'une biographie romanesque, il est nécessaire de reconsidérer l'oeuvre : plus de 700 peintures, quelque 5000 dessins et près de 400 lithographies et affiches.
    Replacé dans le contexte socio-culturel foisonnant de la fin de siècle, sa carrière se déploye sur une douzaine d'années, le conduisant à varier les techniques, à enrichir les matières, riches et brillantes, à jouer subtilement des couleurs vives, claires, rehaussées de noir, avec un goût indéfectible pour le portrait, non sans puiser aux sources de l'art japonais.
    Lautrec est l'un des rares artistes internationalement reconnus dont la faveur exceptionnelle tient pour partie à des sujets équivoques, dont la prostitution. À une époque de grand conformisme, c'est la singularité qui l'inspire, le menant à créer sa propre voie, hors des conventions sociales, morales et artistiques, passant du milieu fermé de la noblesse à la bohème de Montmartre, du château des comtes aux cercles de l'avant-garde.

  • Le Grand Palais consacre une grande rétrospective à Henri de Toulouse-Lautrec du 9 octobre 2019 au 27 janvier 2020. Anne Roquebert propose un ouvrage sur le regard de Toulouse-Lautrec sur les femmes.

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