• «?Je joue depuis quarante ans, me suis appelée de beaucoup de noms, me suis retrouvée dans la peau d'une mystique, d'une tortue, d'une vieille femme, d'amoureuses, d'un tyran...
    Pendant toutes les années où j'ai joué et regardé les autres faire, je ne pouvais pas m'empêcher de me demander ce qu'on faisait vivre à nos cerveaux. C'étaient des partenaires fantastiques pour s'échapper de nous-mêmes, mais je me demandais ce qu'ils vivaient quand ils sautaient comme des pop-corn dans la vie des autres.
    Alors j'ai questionné des comédiens pour savoir ce qui se passe dans leur tête et leur corps quand ils jouent, et je suis allée à la rencontre de scientifiques pour leur demander de m'aider à comprendre ce qui se passe dans nos cerveaux quand on devient un autre. Au Palais de la science, j'ai poussé mon caddie.
    J'ai compris qu'il était impossible de comprendre ce qui se passe dans un cerveau qui joue sans comprendre comment fonctionne le cerveau à l'état normal. Rien n'est comme on croit dans la vie. Le cerveau est si cocasse. J'ai compris tant de nos bizarreries humaines, que j'ai eu envie de partager ce trésor, qui finalement nous rassemble.?» A. G.

  • Anouk Grinberg compose un recueil de textes d'art brut. Les mots de ceux considérés comme fous ou idiots et malmenés par la société sont libres, emplis de joies pures, de rage, de couleurs, de désirs. L'enfance est partout, le réel n'est pas si réel, ils dialoguent avec les esprits et parlent couramment la langue du chaos. Il s'agit bien de littérature alors qu'aucun d'eux n'était cultivé, et ne prétendait faire de l'art.
    Presque tous ces auteurs ont écrit pour qu'on les libère, presque tous l'ont fait pour rien et pour personne, car leurs lettres n'ont pas été lues, pas transmises aux destinataires. Les familles avaient le dégout de leur fou, et les médecins rangeaient dans des tiroirs ces missives qui dérangeaient. Ils ont eu la pulsion d'écrire, comme on a la pulsion de la vie. Ils se fichaient d'écrire « comme il faut » ; ils obéissaient à d'autres lois, inventaient des langues pour se tenir au plus près d'eux-mêmes.
    Avec les écrits bruts, on est à la source de pourquoi l'écriture vient, pour faire monter la vie, pour s'ébrouer du malheur et en faire des feux de camps, pour faire vivre l'esprit.
    Ces êtres à fleur de peau parlent de nous, et parlent dans des langues qui méritent une vraie place dans la littérature, pas seulement celle des fous. Ils ont inspiré les surréalistes et bien d'autres encore dont quelques poèmes parsèment ce livre.

  • L'orphelin

    Anouk Grinberg

    Sans père ni mère, un enfant se retrouve délaissé par les habitants du village qui l'ont vu naître. A force de se voir chassé puis malmené par tous, il s'en remet au ciel qu'il supplie de lui venir en aide. Le "génie" du ciel l'entends. Il offre à l'enfant la force et la confiance de grandir et les armes de la patience : qu'il guette, son jour viendra. L'Ophelin attends alors patiemment un signe... Le jour venu, il saura porter secours à ceux qui l'ont mis de côté, et prendre le chemin d'une destinée qui s'ouvre à la lumière.

  • Mon coeur Nouv.

  • Tout à la fois livre de photographies et livre documentaire sur la figure de Joseph Wresinski et la naissance d'ATD quart-monde, il se compose de nombreux clichés pris pendant les longues heures d'attente sur le tournage du film.
    Il raconte la rencontre improbable entre deux mondes : celui du cinéma et puis l'autre, celui des figurants, des hommes et des femmes (souvent d'ATD Quart Monde) qui ont une vie difficile. Qui est qui ? Acteurs ou figurants ? Professionnels ou non ? Qui apprend à qui ? Fiction ou réalité ?
    Des extraits d'interviews de figurants viennent appuyer, ici et là, la force des images, le partage des expériences, la fierté d'avoir joué et lutté ensemble. Anouk Grinberg et Jacques Weber y content aussi, avec une sincérité émouvante, ce qu'a représenté pour eux ce mois de partage exceptionnel.
    Enfin, on y apprend la vie et les combats de Joseph Wresinski, fondateur du mouvement ATD quart-monde, qui accompagna toute sa vie les indigents, notamment dans le camp de Noisy le Grand, lieu de l'action du film.

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