• S'il n'est pas le plus ancien des musées de Marseille, le musée Grobet-Labadié est celui qui au fil des décennies, depuis près d'un siècle, est resté au plus proche de ses origines : on peut le découvrir aujourd'hui dans son lieu de fondation, dans le périmètre de son fonds initial et dans l'esprit muséographique alors défini.
    Ainsi présenté, le contenu de l'hôtel particulier construit par Alexandre Labadié face au Palais Longchamp et transformé en musée par la volonté de sa fille Marie Grobet au sortir de la Première Guerre mondiale, reste en cohérence avec les intentions clairement formulées de sa fondatrice.
    De fait, elle légua à la Ville de Marseille une construction matérielle, intellectuelle et esthétique qu'est une demeure de collectionneurs marseillais de la fin du xixe siècle. C'est un objet « en soi », à valeur désormais historique, qui garde toute l'originalité de son propos.
    Dans la perspective de sa réouverture - retrouvailles pour les uns, découverte pour d'autres - la direction des musées de Marseille a souhaité proposer une nouvelle publication, dédiée à ce fonds, occasion de faire le point des connaissances sur le lieu et ses fondateurs et sur les nouvelles avancées quant à l'analyse de la collection.
    « À la découverte du Musée Grobet-Labadié » se propose donc de répondre à cet objectif sous la forme d'une étude en deux volumes, dont voici celui dédié à Marie Grobet et sa pratique de collectionneuse. L'autre volume sera consacré à la présentation et l'analyse de la collection proprement dite.


  • Ce sont les héritiers du raskol, le schisme de l'Eglise orthodoxe russe de 1666 qui vit les partisans du patriarche Nikon s'affronter à ceux de l'archiprêtre Avvakum. Ancrés dans leur foi et leurs certitudes, coupés du monde, les vieux-croyants vivent en communauté fermée, refusent tout progrès et attendent la fin des temps. Certains ont accepté d'être photographiés dans leur vie quotidienne.


  • La construction à Marseille, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, d'un château par les frères Louis-Joseph-Denis et Honoré Borely, n'est pas une foucade improvisée de riches négociants fraîchement anoblis qu'ils étaient. Ce geste architectural est au contraire à considérer dans la perspective d'un long terme, aboutissement d'une démarche où plusieurs générations contribuèrent progressivement à l'assise économique et sociale de la famille.
    Cette demeure reconnue exceptionnelle dès l'époque - au point, pour la désigner, de substituer la dénomination de « château » à celle, traditionnelle, de « bastide » - et les biens qu'elle renferme viennent, à quinze ans de la Révolution à peine, parachever symboliquement, selon les codes de l'Ancien Régime, une ascension collective de près de deux siècles.
    /> Traiter de l'histoire du château Borely de Marseille, c'est donc en amont de son édification approcher la vie de ce groupe familial, s'attacher à la constitution du domaine sur lequel il fut érigé, détailler son chantier même. C'est ensuite étudier jusqu'à nos jours le devenir culturel des lieux entre les mains des héritiers, puis de la Ville de Marseille.
    De l'achat d'une ferme suburbaine par un négociant à la fin du XVIIe siècle à l'ouverture d'un musée consacré aux Arts décoratifs et à la Mode en 2013, est ici proposée l'histoire d'un lieu et des ambitions qui s'y exprimèrent jusqu'à nos jours.

  • Henry Révoil (1822-1900) est un architecte connu à la fin du 19e siècle, particulièrement dans le Sud-Est de la France où il exerça son activité de bâtisseur et de restaurateur pendant près de cinquante ans. Sa fonction d'architecte attaché à la Commission des monuments historiques où siégeaient Mérimée et Viollet-le-Duc, les chantiers de construction qu'il mena, le placèrent au sein des débats sur l'histoire de l'architecture et son devenir.
    Le musée des Beaux-Arts de Marseille dispose d'un fonds de dessins de près de 2000 pièces, qui recouvre l'ensemble de la carrière de l'architecte. Les récents travaux d'inventaire dont celui-ci a fait l'objet, permettent aujourd'hui d'en proposer une première «mise en lumière».
    Approcher l'intimité intellectuelle de notre personnage à travers ses dessins et par l'analyse de son milieu familial, dresser une chronologie de son activité professionnelle c'est, appelant à de futurs travaux sur un de ses acteurs oublié, signaler des pistes de réflexion sur un 19e siècle déjà plus lointain que nous le croyons...

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