• Bernard Pruvost fréquente le département de littérature de l'université de Lyon; il rédige un mémoire de maîtrise sur Raymond Roussel, Marcel Duchamp, John Cage, réunissant ainsi ses engouements de toujours : littérature, peinture, musique.
    Il définit le projet de Un copularium de stryges comme la recherche d'un dialogue entre l'écrivain et le peintre que fondent l'encre de l'écrit et celle du dessin.

  • Villégiatures & cie

    Bernard Pruvost

    Cette lettre, bien sûr, si j'en avais l'immédiat tempérament, pourrait faire l'objet de notre quatrième de couverture, mais je dois réfréner ma fièvre, mon exaltation, sinon que vont en penser les lecteurs assoupis dans leur hamac, recevant de plein fouet ce bon vieil Harmattan qui est à l'image de votre langue, petite musique jamais entendue hors vos pages, petite musique égrenée par vos sentinelles de peintures et papiers puisque vous avez cette grâce d'accorder vos violons à celui des couleurs, des notes et des mots.
    Exemple suffisamment rarissime au sein de l'hexagone pour qu'il me soit permis de le souligner à quatre mains. Que vous dire encore et toujours : surtout, ne cessez jamais vos déambulations, continuez vos prouesses de funambule sur ce, ma foi, déroutant fil à plomb qu'est la vie, fil que nous remontons à l'envers, grâce à nos doigts de pied pour finir, vous savez comment, plus froid qu'un linge. Je n'ai jamais su, en effet, si l'on prenait naissance sur la terre ou au ciel.
    Pour ma part, et parce que vous avancez dans le monde, les deux pieds collés aux nuages, je sous sais gré, pour l'éternité et au-delà, de m'offrir en cadeau ces petits écrins déambulatoires, que je n'ai jamais vus ailleurs que chez Albert Londres. À la seule différence qu'il fut, si je ne m'abuse, Grand Reporter des petits événements, alors que vous n'avez que la modeste prétention de n'être rien du tout.
    C'est l'art le plus difficile, croyez-moi, que de celui de ressembler aux papillons, aux libellules. Voilà, chez Bernard, vos butinages d'Afrique et d'ici atteignent les sommets. Que je suis touché de gravir un peu avec vous, en nous serrant tout simplement les mains.
    (Joël Vernet)

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