• Dans cet ouvrage, les deux écrivains et universitaires Bertrand Tillier et Christian Salmon apportent un regard critique et distancié sur le traitement médiatique de l'incendie survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 15 avril 2019. Christian Salmon est notamment l'auteur en 2007 de Storytelling, la machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits, tandis que Bertrand Tillier est historien de l'art, spécialisé dans l'histoire de l'image de presse et de la caricature. Tous deux apportent donc un éclairage sur le traitement et l'usage des images dans la presse à des fins politiques et émotionnelles au moment de l'incendie. Ils montrent comment l'immédiateté de l'image aujourd'hui, le fait que le grand public puisse désormais s'en emparer et la produire autant que la presse, en fait un événement médiatique unique, et illustrent leurs propos de couvertures et d'images de presse.

  • Cet essai abondamment illustré offre de pénétrer dans ce lieu opaque et mystérieux qu'est l'atelier de l'artiste -peintre, sculpteur ou graveur -qui, dès la Renaissance et jusqu'à l'époque contemporaine, n'a cessé d'exercer une forme de fascination. Dès lors que l'artiste s'est distingué de l'artisan, établissant son autonomie et son pouvoir, cet espace de l'invention et de la fabrication de l'art a cristallisé toutes les curiosités. La multitude des tableaux, gravures et photographies montrant l'atelier l'atteste, tout comme les témoignages écrits des journalistes ou les pages qu'il inspire aux romanciers. Si l'atelier est un lieu physique et utilitaire, inscrit dans le monde social et la géographie urbaine, son image représente bien autre chose que sa stricte teneur documentaire. Elle est censée, au-delà du lieu même, brosser une sorte de portrait de l'artiste, distiller des indices sur sa condition, son oeuvre, l'esthétique qu'il défend ou promeut.
    De Giorgio Vasari à Jeff Koons, l'auteur livre ainsi une série de réflexions sur les sensibilités et les imaginaires sociaux à travers la figure de l'artiste en ses murs.

  • Rêver la société pour la changer en cité idéale et participer à l'avènement d'un monde nouveau. Ce fut le désir de nombreux artistes, qui ne furent pas tous des figures d'avant-garde. Cette ambition a parcouru tout le XIXe siècle, mais elle occupa une place singulière et méconnue sous la IIIe République, entre le souvenir de la Commune de Paris et l'Union sacrée de la Grande Guerre. Portrait collectif d'une génération de peintres et sculpteurs du Paris fin-de-siècle, le livre examine le rôle et la fonction d'artistes tels Rodin, Luce, Pissarro, Gallé, Gérôme, Toulouse-Lautrec, Signac, Prouvé ou Guitry. Convaincus de la performativité de leurs oeuvres, ils s'érigèrent en bâtisseurs d'art et réinventeurs de l'histoire, en fondateurs d'un art social et combattants de la vérité.

  • Dérégler l'art moderne : de la caricature au caricatural Nouv.

    Tout au long d'un XIXe siècle attaché aux normes, genres et hiérarchies, le champ artistique fut confronté à la multiplication des images, à leur reproductibilité technique et à la densification de leur circulation par le biais de la gravure industrielle et du journal illustré, qui modifièrent les statuts et déplacèrent les rapports au sein du système des beaux-arts. Parmi ces bouleversements, la caricature - image grimaçante et expressive par excellence - connut une expansion inédite qui fut d'abord perçue comme une menace pour l'art et plus particulièrement pour la peinture, d'autant que des peintres s'y adonnaient (Goya, David, Delacroix, Daumier, André Gill...).Progressivement, cet objet partisan et utilitaire, doté d'une faible légitimité artistique et culturelle, considéré comme ingrat et régressif, quand il ne passait pour vulgaire, fut pourtant disjoint de ses intentions initiales - le comique, la polémique et la critique -, pour devenir un langage formel. De la sorte, les procédés usuels de l'image satirique - la déformation, l'exagération, l'altération, la mutilation ou la condensation - furent institués en moyens plastiques, selon un double processus de translation et de déterritorialisation qui caractérise plus largement la modernité du xixe siècle.Cet essai analyse comment, dans l'historiographie de la caricature, dans la critique d'art et dans la pratique même des artistes, la caricature et son arsenal de dérèglements sont progressivement devenus l'espace d'invention du caricatural, dont la peinture de Courbet, Cézanne, Degas, Ensor, Rouault ou Picasso est le lieu.

  • Aucune révolution naura entretenu de relations aussi compliquées avec ses images, ses représentations et ses artistes, que la Commune de Paris dès 1871 et jusquà la veille de la Grande Guerre. Quil sagisse de peintures et de sculptures, de photographies et de gravures de presse ou encore de caricatures, étudiées dans cet ouvrage, limage produite en regard de la Commune paraît en permanence échouer à représenter les événements du printemps 1871, sur le vif comme à retardement, au plus fort de lévénement comme dans sa mémoire. La Commune semble toujours parvenir à se soustraire à sa représentation, tant chez les artistes favorables à sa cause le sculpteur Jules Dalou et les peintres Gustave Courbet, Édouard Manet ou Maximilien Luce que chez ceux qui en furent des ennemis déclarés les peintres Ernest Meissonier, Jean-Paul Laurens ou Jean-Baptiste Carpeaux.
    Les tentatives des artistes furent souvent vaines et restèrent lettre morte. Dans les oeuvres consacrées en petit nombre à la Commune de Paris, les dispositifs et les visions portent la marque de cet échec, successivement frappés par les interdits de la censure institutionnelle, les tabous de lautocensure que simposèrent les artistes et loubli posé comme condition nécessaire à lamnistie de 1881, assourdissante et aveuglante.
    Rejetées de lart, par le statut des représentations considérées comme inabouties ou triviales et par le sort infligé à la plupart des artistes condamnés, inquiétés ou censurés, tout autant que durablement expulsées de la mémoire de la France républicaine, les images de la Commune furent marginalisées dans les milieux militants anarchistes, socialistes révolutionnaires et communistes. Entre histoire politique, histoire culturelle et histoire de lart, cet ouvrage explique les raisons de cette entreprise doccultation.

  • Voici un petit ouvrage bien documenté sur cette période dramatique de l'histoire de France. Depuis un court résumé sur le Second Empire de Napoléon III qui brosse l'état de la France avant la guerre de 1870, jusqu'à la déportation des « Communards » vers la Nouvelle-Calédonie en 1872.
    Le corps principal de l'ouvrage retrace les événements bouleversants de façon bien synthétique à partir de l'armistice jusqu'à la fin du siège de la capitale en 1871.
    L'auteur nous explique les déroulements politiques et administratifs du gouvernement de Paris assiégé ainsi que l'état d'esprit de la population. Les nombreuses gravures en couleur qui agrémentent le texte montrent le talent expressif sans concession des critiques de l'époque. Nous sommes ainsi plongés dans cette tourmente et comprenons, par les explications faciles et simples de l'auteur, la tragédie franco-française qui s'est déroulée à Paris sous les regards impassibles de l'occupant prussien et qui a pris fin par l'assaut de la capitale par les troupes du gouvernement provisoire de Versailles dirigé par Thiers.
    Une chronologie complète et bien utile termine l'ouvrage.

  • Si dès le XVIIe siècle, l'acte de caricaturer est nommé (caricatura, du latin populaire caricare, charger, exagérer), c'est avec la Révolution française et son inflation de gravures satiriques que la caricature s'émancipe de la pratique des artistes pour devenir un langage de critique sociale et politique à part entière. Les tragiques événements de janvier 2015 nous rappellent avec force la portée symbolique que peuvent avoir ces images.À travers une sélection soigneusement choisie, et en alternant approches historique et thématique, Bertrand Tillier retrace l'art de la caricature en France, de la Révolution à nos jours. Il nous entraîne de Louis XVI, cible privilégiée des caricaturistes de la fin du XVIIe siècle, aux Guignols de l'info, en passant par les pamphlets anti-dreyfusards et les si polémiques « caricatures du Prophète » publiées par Charlie Hebdo. Au-delà de l'extrême diversité matérielle (estampes, gravures, sculptures, pamphlets, affiches, dessins de presse...), il souligne les permanences inhérentes au genre satirique quelle que soit l'époque. Un voyage dans le temps résolument placé sous le signe du rire débridé, de l'humour noir et de la contestation.

  • De la fin du XIXe siècle aux Années folles, peintres, photographes et écrivains, Aragon, Breton, Céline, Magritte, Man Ray, Nabokov, Rilke, ont été fascinés par le masque de l'Inconnue de la Seine, qu'on disait moulé à la Morgue sur le cadavre d'une jeune noyée, belle et énigmatique. Ce faux masque mortuaire, vendu dans toute l'Europe, a progressivement pris une dimension mythique. Le présent ouvrage est une enquête où l'auteur interroge les conditions d'apparition de cette "Joconde du suicide ". Il éclaire le goût des artistes pour ce masque de plâtre, en regard de leur imaginaire de la rencontre, de la ville, du rêve et de la mort.

  • Ni fakir ni birman - s inventer une celebrite dans les annees 1930 Nouv.

  • Fenosa sculpteur

    Bertrand Tillier

    • Seguier
    • 24 Janvier 2001

    Une étude du parcours artistique de ce sculpteur d'origine catalane (1899-1988). Formé à Barcelone, il quitte la Catalogne pour venir à Paris où il se lie avec Picasso. L'univers de Fenosa est traversé par la poésie et la littérature, l'errance et l'histoire. Son oeuvre la plus connue est sans doute la statue - qui fit scandale à l'époque - commémorant le massacre d'Oradour-sur-Glane.

  • Ce quarante-huitième titre de la collection "L'Art et les Grandes Civilisations" revisite plus d'un siècle de création (1789-1914), en Europe-pays scandinaves et Europe de l'Est compris - et en Amérique du Nord.
    Rompant avec le découpage classique "peinture/sculpture/architecture/arts décoratifs/photographie", le volume envisage une approche transversale élargie. Le XIXe siècle est, en effet, le moment où se développe une réflexion théorique et où s'amorce une véritable démocratisation de l'art, des oeuvres, du patrimoine. La formation des artistes, les réformes du Salon, l'émergence du marché de l'art, l'inflation de la critique, la naissance du musée, la conception de l'architecture et de l'urbanisme, la sculpture publique, le développement de la photographie ... sont autant de dimensions où est impliqué le public auquel les oeuvres sont destinées.

    Sous la direction de Bertrand TILLIER, professeur d'histoire de l'art contemporain à l'Université de Bourgogne et directeur du Centre Georges Chevrier, le présent volume réunit les contributions de Laurent BARIDON, FRANCK CLAUSTRAT, Sébastien CLERBOIS, Rossella FROISSART, Laurent HOUSSAIS, France NERLICH, Dominique POULOT, Julie RAMOS, Paul-Louis ROUBERT et Pierre WAT.

  • L'explosion iconographique contemporaine est désormais établie. Alors que l'histoire de l'art ne cherche plus à résister à l'essor des visual studies, et que les études iconographiques ont été investies par toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, quels usages fait-on des images ? Ce renchérissement de l'intérêt pour les images et leur histoire s'est-il accompagné d'une évolution significative dans les médiations essentielles que sont les pratiques éditoriales, tous supports confondus ? La polémique suscitée en 2018 par la parution du livre Sexe, race et colonies, fut éclairante quant à la portée heuristique, l'usage documentaire et la fonction éditoriale des images comme sources historiques. Au-delà d'un rapport « illustratif » à l'iconographie, les usages éditoriaux des images permettent-ils d'analyser intrinsèquement leurs conditions de production, de diffusion et de réception ? Leur format de reproduction lui-même et les légendes descriptives qui les accompagnent permettent-ils de les regarder et les comprendre dans leur polysémie ? Force est de constater qu'au-delà des louables intentions de décryptage la fonction décorative des images n'a guère changé et qu'elle a peut-être même tendance à empirer.

  • Plus qu'une histoire de l'impressionnisme, ce sont des histoires qui sont ici racontées par deux spécialistes.
    Documentés de façon très précise, mais dans un style romancé, ces trente récits de journées bien réelles retracent l'évolution d'un mouvement qui a révolutionné la peinture. Du scandale d'Impression, soleil levant exposé chez Nadar en 1874, au don par Claude Monet de ses Nymphéas à l'État français en 1918, l'ouvrage nous fait revivre les disputes d'Edgar Degas et Gustave Caillebotte au café Guerbois, le mariage d'Eugène Manet avec Berthe Morisot, le conflit qui oppose Pierre-Auguste Renoir à Camille Pissarro, l'installation du docteur Gachet à Auvers-sur-Oise ou la faillite du marchand Paul Durand-Ruel.
    En revenant sur les hauts lieux et les grandes dates de l'impressionnisme, ce « roman vrai » permet de comprendre l'histoire de ce groupe d'artistes qui, en quittant l'atelier pour peindre sur le motif, allaient, par leur travail sur la touche et la lumière, bouleverser le regard.

  • L'affaire Dreyfus a favorisé l'avènement de la figure de l'intellectuel et de ses modes d'intervention dans la vie politique. Assimilés à cette catégorie, les peintres, sculpteurs, graveurs et autres producteurs d'images ont joué un rôle décisif dans le cours de l'Affaire, où leur magistère a été symétriquement revendiqué par les dreyfusards et les antidreyfusards.
    Ce livre propose d'interroger les rapports spécifiques de la communauté des artistes et de leur oeuvre avec cette crise politique et morale majeure, qui avait jusqu'alors peu retenu l'attention de l'historiographie. Les calculs de Rodin, la frilosité de Maurice Denis, l'antisémitisme de Degas, la fébrilité d'Henry de Groux, le militantisme du dreyfusard Émile Gallé ou l'activisme du sculpteur nationaliste Jean Baffier sont quelques-uns des parcours d'artistes documentés et étudiés par l'auteur. Mais, au fils des pages, se dessinent aussi des portraits de Caran d'Ache, Forain, Monet, Carrière, Vallotton, Pissarro, Vuillard, Vlaminck ou Cézanne qui furent des acteurs importants de l'Affaire.

  • André Claudot, un artiste engagé dans son siècle Nouv.

    Exposition présentée au musée des Beaux-Arts de Dijon, du 16 novembre 2020 au 15 février 2021.

    Peintre « militant bourguignon pour le bonheur et la fraternité des hommes », antimilitariste en 1914, dessinateur politique dans la presse libertaire anticlérical des années 1920, professeur à l'Institut National des Arts de Pékin, témoin du Front populaire, socialiste, résistant, anti-colonialiste, André Claudot est un artiste engagé dans son siècle.
    Nommé professeur à l'École des Beaux-Arts de Dijon entre 1933 et 1940, révoqué par le régime de Vichy en septembre 1941, comme franc-maçon, il participe à la Résistance dans le Front national. Par la suite, il dénonce avec vigueur le franquisme et la guerre du Vietnam.
    En 1956, il crée rue Musette à Dijon où il habite9, une école de peinture, L'Atelier et il est honoré d'expositions.
    À 85 ans, toujours révolté et véhément, il raconte son itinéraire à l'historien du mouvement ouvrier Jean Maitron, dans un documentaire.
    Le catalogue de l'exposition suit la chronologie de la vie de l'artiste et reviendra vers des moments charnières tels que ses dessins pacifistes pendant la 1ère guerre mondiale, sa notoriété croissante dans les années vingt et trente ainsi que son voyage en Chine et son enseignement aux jeunes peintres chinois et ses oeuvres communistes durant la guerre froide.
    Les musées de Dijon conservent un nombre important d'oeuvres d'André Claudot qui reste aujourd'hui une personnalité importante dans I'histoire de Dijon

  • Cet ouvrage collectif et transdisciplinaire, constitué d'entrées thématiques et notionnelles présentées dans l'ordre alphabétique, réunit les contributions de 29 chercheurs et spécialistes qui décryptent les enjeux de débats anciens et contemporains et historicisent la masse des informations aujourd'hui disponibles. II entend croiser les approches et les corpus, les notions et les périodes, pour définir les conditions et les opérations de création, de diffusion et de réception, qui légitiment l'oeuvre d'art plastique en tant que telle. L'approche diachronique qui le fonde entend rendre compte de l'étendue des mutations successives qui, aux XIXe et XXe siècles, affectent l'oeuvre d'art, l'inscrivent dans des débats et des hiérarchies, la situent et la pérennisent. Chacun des 77 articles propose une étude étayée par des cas précis, choisis pour leur exemplarité ou, au contraire, pour leur singularité signifiante. Enfin, chaque notice est augmentée d'indications bibliographiques et de corrélats susceptibles d'enrichir la réflexion du lecteur.

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