Sciences humaines & sociales

  • Rêver la société pour la changer en cité idéale et participer à l'avènement d'un monde nouveau. Ce fut le désir de nombreux artistes, qui ne furent pas tous des figures d'avant-garde. Cette ambition a parcouru tout le XIXe siècle, mais elle occupa une place singulière et méconnue sous la IIIe République, entre le souvenir de la Commune de Paris et l'Union sacrée de la Grande Guerre. Portrait collectif d'une génération de peintres et sculpteurs du Paris fin-de-siècle, le livre examine le rôle et la fonction d'artistes tels Rodin, Luce, Pissarro, Gallé, Gérôme, Toulouse-Lautrec, Signac, Prouvé ou Guitry. Convaincus de la performativité de leurs oeuvres, ils s'érigèrent en bâtisseurs d'art et réinventeurs de l'histoire, en fondateurs d'un art social et combattants de la vérité.

  • Aucune révolution naura entretenu de relations aussi compliquées avec ses images, ses représentations et ses artistes, que la Commune de Paris dès 1871 et jusquà la veille de la Grande Guerre. Quil sagisse de peintures et de sculptures, de photographies et de gravures de presse ou encore de caricatures, étudiées dans cet ouvrage, limage produite en regard de la Commune paraît en permanence échouer à représenter les événements du printemps 1871, sur le vif comme à retardement, au plus fort de lévénement comme dans sa mémoire. La Commune semble toujours parvenir à se soustraire à sa représentation, tant chez les artistes favorables à sa cause le sculpteur Jules Dalou et les peintres Gustave Courbet, Édouard Manet ou Maximilien Luce que chez ceux qui en furent des ennemis déclarés les peintres Ernest Meissonier, Jean-Paul Laurens ou Jean-Baptiste Carpeaux.
    Les tentatives des artistes furent souvent vaines et restèrent lettre morte. Dans les oeuvres consacrées en petit nombre à la Commune de Paris, les dispositifs et les visions portent la marque de cet échec, successivement frappés par les interdits de la censure institutionnelle, les tabous de lautocensure que simposèrent les artistes et loubli posé comme condition nécessaire à lamnistie de 1881, assourdissante et aveuglante.
    Rejetées de lart, par le statut des représentations considérées comme inabouties ou triviales et par le sort infligé à la plupart des artistes condamnés, inquiétés ou censurés, tout autant que durablement expulsées de la mémoire de la France républicaine, les images de la Commune furent marginalisées dans les milieux militants anarchistes, socialistes révolutionnaires et communistes. Entre histoire politique, histoire culturelle et histoire de lart, cet ouvrage explique les raisons de cette entreprise doccultation.

  • Cartes postales illustrees en grande guerre (1914-1918) Nouv.

  • Ni fakir ni birman - s inventer une celebrite dans les annees 1930 Nouv.

  • L'explosion iconographique contemporaine est désormais établie. Alors que l'histoire de l'art ne cherche plus à résister à l'essor des visual studies, et que les études iconographiques ont été investies par toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, quels usages fait-on des images ? Ce renchérissement de l'intérêt pour les images et leur histoire s'est-il accompagné d'une évolution significative dans les médiations essentielles que sont les pratiques éditoriales, tous supports confondus ? La polémique suscitée en 2018 par la parution du livre Sexe, race et colonies, fut éclairante quant à la portée heuristique, l'usage documentaire et la fonction éditoriale des images comme sources historiques. Au-delà d'un rapport « illustratif » à l'iconographie, les usages éditoriaux des images permettent-ils d'analyser intrinsèquement leurs conditions de production, de diffusion et de réception ? Leur format de reproduction lui-même et les légendes descriptives qui les accompagnent permettent-ils de les regarder et les comprendre dans leur polysémie ? Force est de constater qu'au-delà des louables intentions de décryptage la fonction décorative des images n'a guère changé et qu'elle a peut-être même tendance à empirer.

  • L'affaire Dreyfus a favorisé l'avènement de la figure de l'intellectuel et de ses modes d'intervention dans la vie politique. Assimilés à cette catégorie, les peintres, sculpteurs, graveurs et autres producteurs d'images ont joué un rôle décisif dans le cours de l'Affaire, où leur magistère a été symétriquement revendiqué par les dreyfusards et les antidreyfusards.
    Ce livre propose d'interroger les rapports spécifiques de la communauté des artistes et de leur oeuvre avec cette crise politique et morale majeure, qui avait jusqu'alors peu retenu l'attention de l'historiographie. Les calculs de Rodin, la frilosité de Maurice Denis, l'antisémitisme de Degas, la fébrilité d'Henry de Groux, le militantisme du dreyfusard Émile Gallé ou l'activisme du sculpteur nationaliste Jean Baffier sont quelques-uns des parcours d'artistes documentés et étudiés par l'auteur. Mais, au fils des pages, se dessinent aussi des portraits de Caran d'Ache, Forain, Monet, Carrière, Vallotton, Pissarro, Vuillard, Vlaminck ou Cézanne qui furent des acteurs importants de l'Affaire.

  • Voici un petit ouvrage bien documenté sur cette période dramatique de l'histoire de France. Depuis un court résumé sur le Second Empire de Napoléon III qui brosse l'état de la France avant la guerre de 1870, jusqu'à la déportation des « Communards » vers la Nouvelle-Calédonie en 1872.
    Le corps principal de l'ouvrage retrace les événements bouleversants de façon bien synthétique à partir de l'armistice jusqu'à la fin du siège de la capitale en 1871.
    L'auteur nous explique les déroulements politiques et administratifs du gouvernement de Paris assiégé ainsi que l'état d'esprit de la population. Les nombreuses gravures en couleur qui agrémentent le texte montrent le talent expressif sans concession des critiques de l'époque. Nous sommes ainsi plongés dans cette tourmente et comprenons, par les explications faciles et simples de l'auteur, la tragédie franco-française qui s'est déroulée à Paris sous les regards impassibles de l'occupant prussien et qui a pris fin par l'assaut de la capitale par les troupes du gouvernement provisoire de Versailles dirigé par Thiers.
    Une chronologie complète et bien utile termine l'ouvrage.

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