• En 1888, le jeune Sérusier séjourne à Pont-Aven où il côtoie Gauguin, qui l'initie à sa nouvelle conception de la peinture. C'est à cette époque qu'il réalise un tableau resté fameux : le Talisman. Ses images de Bretagne, qui couvrent 49 années de créativité, témoignent avec force de son profond attachement à cette région.

  • Alors que ses oeuvres tahitiennes ont été largement inventoriées et analysées au cours du siècle écoulé, les dernières années de Paul Gauguin à Atuona, sur l'île d'Hiva Oa, n'ont que peu retenu l'attention. Les écrits comme les oeuvres de l'artiste datant de cette période révèlent pourtant un engagement profond dans des problématiques liées aux croyances traditionnelles marquisiennes, à l'autorité coloniale ou ecclésiastique, et aux définitions fluctuantes de l'« exotisme ».
    Paul Gauguin et les Marquises : Paradis trouvé ? met en lumière et en images (l'ouvrage est doté d'un riche appareil iconographique) les défis que dut relever Gauguin pour inventer et interagir avec ce contexte complexe et souvent conflictuel, voire pour l'interpréter ou même l'ignorer à mesure qu'il développait un puissant corpus artistique.
    Caroline Boyle-Turner se nourrit d'une étude approfondie des écrits et des oeuvres de Gauguin lui-même, et cite de larges extraits de ses lettres ainsi que de son livre Avant et après. Néanmoins, et parce que Gauguin s'efforça de créer son propre mythe - parfois trompeur - de poète et de sauvage, l'auteur en débrouille quelques écheveaux, en puisant dans les archives coloniales, qu'elles soient en France ou à Papeete (Musée de Tahiti et des Îles et publications de la Société des Études Océaniennes), mais aussi en exploitant les ressources du musée du quai Branly, du centre de documentation du musée d'Orsay, de la Bibliothèque nationale et du Service protestant de mission-Défap, à Paris. Les entretiens de l'auteur avec des descendants de Gauguin, des archéologues, des anthropologues, des botanistes et des historiens spécialistes du Pacifique Sud élargissent la compréhension de son environnement, réel ou imaginé.

  • While the work Gauguin produced in Tahiti has been extensively catalogued and analyzed over the past century, his last years in Atuona on the island of Hiva Oa in the Marquesas have received only glancing attention. The art and writing from this period nonetheless show a deep engagement with questions of traditional Marquesan beliefs, colonial and church authority and changing definitions of «exotic». Caroline Boyle-Turner focuses on the challenges Gauguin faced to intercede, invent, interpret or even ignore these complicated and often conflicting issues as he developed a powerful and poetic body of art.
    Paul Gauguin and the Marquesas: Paradise Found? is based on detailed research that focuses on the writings and the works of Gauguin himself. His letters and especially his book Avant et après are quoted extensively - what better voice is there to understand his art than his own words? Yet Gauguin worked hard to create a not always accurate myth of himself as both a poet and a savage. The author of this book untangles some of these myths by burrowing into colonial records in France, the Musée de Tahiti et des îles and the Société des Études Océaniennes (both in Papeete) as well as the resources of the Musée du quai Branly, Musée d'Orsay Documentation Center, the Bibliothèque Nationale and the Service Protestant de Mission DEFAP in Paris. The author's discussions with Gauguin's Marquesan descendants, archeologists, anthropologists, botanists and historians who specialize in South Pacific studies broaden the understanding of Gauguin's surroundings, both real and imagined.

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