Arts et spectacles

  • Charles-Henri Favrod a participé directement à l'histoire de la photographie du XXe siècle, en étant journaliste, éditeur, collectionneur, critique et commissaire de grandes expositions et d'événements liés au monde de la photographie. Sa collection photographique est d'une importance considérable et offre toujours des découvertes surprenantes. Animé par la conviction selon laquelle "l'histoire de la photographie est la photographie de l'histoire», il a une prédilection pour le photojournalisme et les images qui expriment l'extraordinaire sens de l'histoire.
    Sa collection, présente au Musée de l'histoire de la photographie Fratelli Alinari à Florence, présente une importante quantité de clichés pris par les plus grands noms de la photo européenne et mondiale.
    Grâce à sa relation directe et personnels avec eux et à son jugement critique, il propose ici une sélection d'une centaine de photographes de notre temps. Il écrit: «Sur cent photographes présentés, presque tous sont des amis. Au fil du temps, j'ai fait leur connaissance, parfois même j'ai eu le privilège d'entrer dans leurs studios, du plus petit espace où Mario Giacomelli travaillait à Senigallia, à l'immense studio newyorkais d'Ernst Haas dans lequel, des années après sa mort, subsiste une forte odeur des produits chimiques qu'il utilisait. De plus, j'ai eu le plaisir d'accompagner bon nombre d'entre eux dans leurs voyages à travers la ville et la campagne. Je pense à Robert Doisneau, Willy Ronis, Marc Riboud, René Burri, Henri Cartier-Bresson, Robert Frank, autant de fabuleuses promenades à travers leurs yeux constamment vigilants. Je pense encore à John Phillips, qui avaient arrêté de prendre des photos et que j'ai remis au travail, tant en Italie qu'aux Etats-Unis. "

  • Peu de peintres ont incarné l'américanité de façon aussi évidente qu'Edward Hopper. Charles-Henri Rocquet raconte son enfance modeste dans l'État de New York, ses années de formation à Paris, sa découverte des maîtres européens, sa rencontre avec Atget, le choc de la peinture de Manet et Caillebotte, son indifférence pour le cubisme, son travail d'illustrateur publicitaire et de dessinateur de presse, qui marquera son style. Avec la première rétrospective de son oeuvre, en 1933 au MoMA, commencent enfin les années de reconnaissance.
    L'auteur souligne les sous-entendus de sa peinture, nourrie de psychanalyse, sa dimension littéraire et cinématographique, mais aussi philosophique, portant sur le monde un regard désenchanté.
    Par son réalisme, son classicisme, mais aussi sa conception personnelle de l'abstraction, la peinture de Hopper, précurseur du pop art et de l'hyperréalisme, nous invite à une autre approche de la modernité picturale.

  • Tout ça

    Charles-Henri Favrod

    Charles-Henri Favrod est une figure importante du XXe siècle, tant dans sa région natale de Suisse romande que sur les cinq continents où il s'est aventuré.
    Journaliste d'abord, il fréquente Malraux, Sartre, Vian, Ponge, Ella Maillart, Nicolas Bouvier et tant d'autres.
    Ami des peuples, il contribue à la libération de l'Algérie en facilitant les préparatifs des accords d'Évian au début des années soixante.
    Grand vulgarisateur, il a écrit de nombreux livres présentant le monde en pleine mutation, aux Éditions du Seuil, Plon et Rencontre, entre autres.
    Humaniste au large horizon, il participe notamment à la création du Théatre de Vidy, siège au Conseil de Fondation de Pro Helvetia, à la Commission franco-suisse du Cinéma, au Fonds national d'art contemporain (Paris) et bien sûr à la création du Musée de l'Elysée.
    Passionné de Photographie, il a valorisé les oeuvres de Robert Doisneau, René Burri, Sebastiao Salgado et de milliers d'autres qui ont croisé sa route et bénéficié de ses talents de rédacteur de préface, de critique, d'éditos, de chroniques.
    Bien vivant, il est aujourd'hui toujours en vadrouille d'une salle de conférence à un vernissage, et il est notamment vice-président de la Fondation Alinari pour la Photographie.
    Il organise des expositions à Florence au Museo Nazionale della Fotografia, en particulier en montrant des images de sa collection déposée aux Archives Alinari.
    Il a publié en 2005 Le Temps de la Photographie aux éditions Le temps qu'il fait, à Cognac, France. À signaler aussi la même année, son ouvrage Le Temps des colonies chez Favre, à Lausanne.

  • Dans quelles conditions la photographie est-elle née et quels en sont les
    acteurs principaux? Qu'est-ce qui a changé dans nos regards depuis que François
    Arago l'a officiellement offerte au monde, le 19 août 1839 ? Quels sont les
    rapports qu'entretient la photographie avec la littérature ou la peinture, et
    comment la violence du monde apparaît-elle désormais à travers son prisme ? La
    photographie est-elle un art ? A-t-elle une temporalité propre ? Ce sont
    quelques-unes des questions qui sont abordées au fil des huit chapitres
    thématiques de ce livre. Chapitres en forme d'entretiens entre Charles-Henri
    Favrod, grand connaisseur et défenseur de la photographie, et le journaliste
    Christophe Fovanna. Sur un ton plus léger que celui du traité scientifique -
     mais néanmoins sans concessions à la précision des choses dites - faits
    historiques, réflexions et anecdotes s'unissent ici pour nous faire découvrir
    la saga de l'une des plus incroyables, et des plus révolutionnaires inventions
    de l'homme. Les entretiens proprement dits sont suivis de « notices
    biographiques » qui constituent un véritable dictionnaire historique des
    photographes. SOMMAIRE : CHAPITRE I Photographies d'enfance et enfance de la
    photographie CHAPITRE II Photographie et peinture: un antagonisme pour discuter
    du statut artistique de la photographie CHAPITRE III Jeux de lumière et de
    plume (photographie et littérature) CHAPITRE IV Temporalité de la photographie
    CHAPITRE V Quand la photographie s'en va-t-en guerre CHAPITRE VI Un art de la
    provocation CHAPITRE VII Un homme, des photographes, deux musées CHAPITRE VIII
    Pêle-mêle et cætera Notices biographiques AUTEURS : Né en 1927, Charles-Henri
    Favrod est journaliste et écrivain, témoin très attentif de son temps. Il a
    dirigé les Editions Rencontre pour lesquelles il crée la collection de l'Atlas
    des voyages et la révolutionnaire Encyclopédie du monde actuel publiée sous
    forme de fiches. Il est également responsable, à La Guilde du livre de
    l'éditeur Albert Mermoud, de la célèbre série des albums photographiques. Il
    est à l'origine, en 1974, de la Fondation suisse pour la photographie. Puis, en
    1985, on lui confie le Musée de l'Élysée à Lausanne, dont il fait la première
    institution de ce genre, en Europe, à être entièrement consacrée à la
    photographie, et à laquelle il donne une envergure internationale. Il le dirige
    jusqu'en 1996, année où Alinari le charge de créer un Musée de la photographie
    à Florence. Ce dernier a été inauguré en 2006. Charles-Henri Favrod est
    l'auteur de nombreux livres touchant autant à l'Histoire qu'à la photographie.
    Né en 1958, Christophe Fovanna a été journaliste pour plusieurs magazines et
    journaux de Suisse romande, tels L'Illustré, 24 Heures, le Journal de Genève et
    Gazette de Lausanne et Le Matin, dont il a dirigé la rubrique culturelle. Il
    est cofondateur, en 1990, de l'agence de photographes Strates, à Lausanne. Il
    est actuellement journaliste indépendant.

  • Extraire la beauté du mal, transfigurer par le travail poétique l'expérience douloureuse de l'âme humaine en proie aux malheurs de l'existence. Oeuvre d'un poète partagé entre ses propres contradictions, s'inspirant autant de la réalité que d'un idéal abstrait, Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire furent l'objet lors de leur publication d'un procès pour délit d'outrage à la morale publique. En 1944, Henri Matisse illustre cette oeuvre de 34 dessins de visages.

  • Charles-Henri Favrod analyse ici comment la photographie - à laquelle il a consacré une grande partie de sa vie - a changé notre manière de voir et de communiquer, ce qu'elle a induit pour les autres formes artistiques comme la peinture. Vient ensuite une série de chroniques sur une trentaine de photographes de Felice Beato (1850) à Jeanne Chevalier en passant par Henri Cartier-Bresson, Man Ray ou Alvarez Bravo.

    " Dès l'origine, personne ne conteste à la photographie le changement fondamental qu'elle apporte dans la manière de juger des apparences. Désormais, on ne va plus comparer les images à la réalité, mais voir dans quelle mesure celle-ci se montre conforme aux photographies qu'on fait d'elle. En 1901, Émile Zola va même jusqu'à dire : "On ne peut prétendre avoir vu réellement quelque chose avant de l'avoir photographié". Et, un demi-siècle plus tard, la jeune photographie américaine va affirmer que les choses prennent un aspect différent quand elles sont photographiées. Susan Sontag aura cette conclusion catégorique : "Photographier quelque chose, c'est lui conférer de l'importance". Humboldt, premier spectateur, le dit déjà en fait, en décembre 1838. {...}
    {...} Il ne s'agit pas du tout de faire ici l'histoire du nouveau procédé, mais bien de montrer qu'au moment où s'opère la grande mutation des temps modernes, ses auteurs sont tous conscients des possibilités qu'offre la photographie, si ce n'est des conséquences qu'elle va entraîner. Peut-être pressentent-ils déjà que le monde ne sera plus jamais le même, tandis que commence sa duplication systématique, son décryptage. La photographie noue les civilisations entre elles comme elle relie le futur au passé. Elle fait de nous les hommes d'une même planète et nous vaut un destin commun, en même temps qu'elle nous dote d'un langage partagé et aussitôt intelligible. Tout de suite, on s'éloigne de l'écriture, qui a constitué jusqu'alors le seul système d'enregistrement de l'information. La photographie devient le premier langage universellement compris depuis la tentative avortée de Babel. "

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