• Depuis bientôt quarante ans, l'oeuvre de Christian Bonnefoi occupe une place extrêmement singulière dans le champ de la peinture et, plus généralement, dans l'histoire de l'art contemporain. Il développe, un langage pictural à part, entre peinture, dessin, collage et montage, mêlant les formes et troublant les repères.
    Son travail se caractérise par une pratique singulière du collage dont l'assemblage produit une surface qui devient l'objet même de l'oeuvre sans aucune figuration, suggestion ou narration : une manière d'insister sur l'importance de la démarche, du travail de composition sur le résultat final. L'artiste situe l'origine de sa démarche artistique lors de la découverte des « Dos » de Matisse présentés en 1970 à Paris au Grand Palais lors de l'exposition « Henri Matisse, l'exposition du centenaire » d'où sortiront ses premiers Dos quatre ans plus tard. Ce thème ponctue son oeuvre depuis lors.
    L'édition limitée est accompagnée d'une sérigraphie originale spécialement réalisée pour ce catalogue par Christian Bonnefoi, éditée à 50 exemplaires signés et numérotés.

  • Artiste et théoricien, il a présenté de nombreuses expositions personnelles, depuis 1977, à Paris, Cologne, New York, Berlin... (Galerie Regards, Galerie Ricke, Gal. Jean Fournier, Gal. Wewerka, Centre d'Art contemporain d'Orléans, Annandale Gallery, Musée des Beaux-Arts de Tourcoing, Musée d'Evreux...). Présent dans les collections publiques (Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, CNAC, Musée des Sables d'Olonne, Fondation BNP...), il a fait l'objet de plusieurs monographies écrites dont une de Yves-Alain Bois.

    Le livre accueille les Ecrits sur l'art, textes indispensables et désormais introuvables que Christian Bonnefoi a écrit entre 1974 et 1984.

    L'oeuvre théorique de Christian Bonnefoi a largement contribué à repenser l'ensemble de l'art de ce siècle depuis le cubisme et Mondrian jusqu'au minimalisme, l'enjeu n'étant rien moins que la définition même de la peinture et du tableau.

    Ces écrits restent parmi les plus innovateurs des travaux sur l'art de ces dernières décennies.

    Les écrits publiés dans la revue Macula se trouvent réunis ici, ainsi que ceux publiés dans d'autres revues et en préface à des catalogues. L'ensemble recueilli permet de saisir l'étendue, la progression et l'originalité d'une pensée à laquelle beaucoup sont aujourd'hui redevables.

  • L'exposition présentée au Centre d'Art Contemporain de la Matmut propose trois ensembles de travaux s'appuyant chacun sur des techniques et des modalités d'exposition différentes.

    D'abord des tableaux au sens presque classique du terme : de la peinture sur toile tendue sur châssis ; mais presque, puisque ceux-ci laissent apparaître par intermittence des zones vides que le regard traverse pour butter sur le mur qui fait fond ou sur la structure de bois des montants du châssis. La transparence apparaît alors comme l'élément formel déterminant, comme le médium qui prend en charge aussi bien la peinture proprement dite que les lignes et les formes.

    Cette préoccupation est particulièrement évidente dans un tableau intitulé Bi-face : celui-ci est posé dans l'espace et le spectateur peut en voir le recto et le verso en tournant autour de lui comme s'il s'agissait d'une sculpture.

    Puis des collages de papiers peints et découpés, qui n'ont pas de formes régulières et qui s'assemblent sur le mur, maintenus par des épingles, à la façon d'un puzzle, pour former une Composition. À la différence des tableaux, ils présentent une certaine tendance à la figuration dans certains de leurs éléments, les autres, intermédiaires, assurant une fonction de liaison, à la manière de la ponctuation dans l'écriture.

    Enfin, cette exposition sera accompagnée de dessins et collages qui sont l'ordinaire d'un travail quotidien où la recherche et les expérimentations voisinent la réalisation des ouvres proprement dites. Un pavement en céramique sera installé dans la gloriette : il s'agit d'un vieux rêve de l'artiste que de transférer les papiers découpés dans la matière solide de l'émail et de la terre cuite pour retrouver la sensation des pavements médiévaux, mais aussi renaissants, de la technique de l'intarsia : des blocs de marbre ou de terre peinte assemblés à la manière d'un puzzle ou des éléments des Compositions.



    Christian BONNEFOI Né en 1948 à Salindre (Gard).
    Vit et travaille à Paris.

    Christian Bonnefoi se situe en dehors des modes, son ouvre en marge développe un espace pictural propre, une écriture abstraite fortement séduisante. Après l'Ecole Pratique des Hautes Études en Sciences Sociales, un doctorat d'histoire de l'art à la Sorbonne et de nombreuses publications, textes, entretiens, études érudites en histoire de l'art, il met en place une démarche conceptuelle, qui s'appuie sur la théorie et la technique, afin de repenser l'apparition du tableau par une réflexion à partir de la surface. C'est une interrogation sur les constructivistes russes et les collages cubistes qui est à l'origine de son approche théorique car il considère que tout commence par le collage. C'est un théoricien avant d'être un peintre et sa peinture entretient aussi sa réflexion.

  • Arabesques, pelotonnements, entrelacements, volutes, tournoiements, hachures... Claudie Laks, en une série de gestes vifs, couvre ses toiles, le plus souvent de grand format, de traces colorées virevoltantes. Un fouillis subtil qui offre à voir au specta- teur des champs d'herbes et de fl eurs folles, des partitions ou peut-être des lettres manuscrites. Il y a du Cy Twombly, de l'écriture automatique et beaucoup de lyrisme dans son abstraction. Ça fourmille, ça danse, ça vit. C'est empreint de liberté, de primitivisme aussi.
    Sous une apparence pulsionnelle, le trait est maîtrisé. Un chaos ordonné ou un ordre chaotique, en somme. L'artiste construit par la biffure, par strates successives, en raclant la couleur, en la modelant. La couleur-matière, qu'elle soit fl uide ou épaisse, opaque ou transparente, sale ou vive, se réalise dans sa confrontation aux autres couleurs. Elle est comme « lâchée là » et délivrée par le geste, jouant de son dynamisme avec l'espace et la lumière. La spirale colorée, dans un geste d'éternel recom- mencement, donne naissance à l'oeuvre.

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