• Il y a 500 ans, Léonard de Vinci mourait à Amboise dans le manoir offert par François Ier pour qu'il vienne se mettre à son service. Léonard était arrivé en France trois ans plus tôt, accompagné de ses assistants et surtout avec la Joconde, qu'il vendit au roi. C'est le début d'un mythe dont 500 ans n'ont pas diminué la force, comme en témoignent les célébrations de 2019 et les visiteurs qui se pressent aujourd'hui devant les oeuvres, avant les foules qui vont se précipiter à la grande exposition qui ouvrira au Louvre au mois d'octobre.
    Adieu Léonard ! est à la fois un essai et un récit, celui d'un homme, un personnage, un amateur de peinture que la perspective du cinq-centenaire pousse un jour à revoir les oeuvres de Léonard. On le suit depuis sa première visite au Louvre, dans un cheminement répété à travers le musée pour s'interroger sur le sens du phénomène Vinci, dans sa vie imprégnée d'une culture façonnée par l'école et l'Histoire de France. Pour s'interroger sur l'oeuvre aussi, en regard de celles de ses contemporains, sur la place qu'on aurait pu lui accorder avec mesure dans la peinture de la Renaissance, si un détournement mythologique n'avait pas empêché de le faire.
    Un essai par la méditation intérieure du personnage et un récit de voyage sur les lieux où il va s'interroger, du Louvre au Clos Lucé, de Paris en Amboise, puis à Florence et Vinci, là où Léonard est né, s'est formé et a terminé sa vie. Un voyage dans ce que l'artiste a vu, les paysages réels et leurs représentations par les uns et les autres, campagnes et jardins, villes et villages, églises et châteaux..., une anamnèse, un retour aux sources, celles de Léonard et tout autant celles d'un amateur d'art, héritier d'une histoire nationale qu'on a voulue illustrée par la Joconde.

  • Revoir Paris

    Claude Eveno

    Composé de quinze voyages à travers la ville, Revoir Paris entremêle la marche et l'écriture, chaque journée de marche entraînant son écriture et celle-ci entraînant la marche suivante. Alternant descriptions architecturales détaillées et remarques plus subjectives - notamment politiques -, Claude Eveno remet sa vie dans le contexte de la ville qu'il habite, mêlant habilement complexité et proximité. Les nombreuses références picturales, cinématographiques, littéraires ou encore musicales, qui font l'objet d'un index, ancrent le récit dans une réalité toute personnelle et guident le lecteur, sans aucune prétention, à travers Paris. L'humour qui imprègne le texte, en plus d'atténuer l'intensité du changement, de la disparition, de la destruction, inhérents à l'évolution de toute grande ville aujourd'hui, crée une complicité avec le lecteur. De cette façon, Revoir Paris peut être aussi considéré comme un guide de la ville. Celui-ci traduit les sensibilités de son auteur et il donne à celui qui le lit l'envie de déambuler dans les rues de Paris. Ainsi, de la place Vendôme aux Halles, du funiculaire de Montmartre à la place des Abbesses, l'auteur dresse, à travers ce livre, le portrait d'une ville et d'une époque, le portrait d'une espèce d'atmosphère qui fut non seulement celle de la vie de Claude Eveno à Paris mais celle de sa génération dans une ville qui leur a offert la révolte, l'art subversif et l'action politique, l'enthousiasme et la perte des illusions.

  • Voyages incrédules

    Claude Eveno

    Un récit de voyages, en Extrême-Orient et en Amérique centrale. Mais aussi une méditation sur les religions découvertes au cours de ces voyages, le plus souvent lors de la réalisation de films documentaires en Inde, au Ladakh, en Indonésie, au Vietnam.
    Cinéaste, urbaniste et écrivain, l'auteur est issu d'une famille bretonne catholique pratiquante et après un éloignement radical de la religion dans les années soixante, typique de sa génération, le souvenir des rencontres postérieures avec d'autres croyances déclenche chez lui une réflexion apaisée sur les manières de croire, sans perdre son incrédulité.
    Voyage d'une vie avec et sans la foi, et voyage aussi dans la culture d'images du christianisme, revisitée ici par des collages, une pratique artistique parallèle à l'écriture, chez l'auteur.

  • Rêveries, souvenirs, pensées..., tout est là dans la promenade, cette expérience émotionnelle de l'espace qui brasse continûment la mémoire personnelle et l'histoire collective. Ici, une longue promenade sur quatre saisons, d'un été au printemps suivant, à travers des jardins proches, à Paris et en Île-de-France, mêlés à la réminiscence des paysages lointains, l'Italie et le Japon, la Bretagne et l'Himalaya. En mélangeant les jardins et leurs époques, la promenade surprend sans cesse par le côtoiement de l'héritage et de l'inclassable, et offre la possibilité de penser notre époque en pensant ce qu'on a sous les yeux.

  • C'est une histoire d'amour, une histoire de quelques-uns qui ont cru possible de construire leurs vies dans une liberté de moeurs inédite, naïfs au point de tout risquer. Des gens qui s'aiment à tour de rôle, faisant et défaisant entre eux des couples fragiles, emportés par le désir de vivre vite et autrement. Certains en meurent, lassés d'échouer, décidant d'en finir comme on baisse les bras, d'autres continuent la vie sans conviction, lassés aussi, mais réfugiés dans un quelconque arrangement, une existence bricolée, sans les saveurs du passé ni celles d'un présent qu'ils ne savent ou ne veulent pas apprécier.
    Ils sont là sans être là et vont bientôt disparaître sans qu'on s'en aperçoive. Le scénario est simple. Trois hommes et une femme s'écrivent et se parlent à la suite du décès d'un de leurs proches. Ils ont traversé la deuxième moitié du XXe siècle, avec des différences d'âge, mais ils en sont tous définitivement marqués. Ce sont des gens d'autrefois, dont l'existence est dominée par la révolte contre l'ordre et les conventions, des gens frappés de mélancolie par la perte des illusions, rappelant Gianni, Nicola et Antonio, les personnages de Nous nous sommes tant aimés, d'Ettore Scola.
    Aujourd'hui des solitaires, qui se retrouvent chaque fois que l'un d'entre eux disparaît, occasions qui les emmènent dans une remémoration où se mêlent ce qu'ils rêvaient d'être et ce qu'ils furent. Ils font ainsi le bilan de leur vie et tout autant celui de leur temps, capables encore d'en faire une critique radicale et parfois hargneuse, comme si la révolte n'avait pu s'éteindre malgré l'échec de l'idée qui les portait vers l'avenir, l'idée révolutionnaire.
    On peut voir dans ce livre une sorte d'hommage par la fiction à ceux qui héritèrent du XXe siècle avec la volonté d'en sortir, agissant contre l'héritage mais restant encore formés par lui, par le souvenir de ses guerres et de ses luttes politiques. Un hommage à leur innocence savante et au passage éphémère d'un espoir à la fin des années 60, qui faisait écrire sur les murs " Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ! " avec une joie et une jeunesse aujourd'hui perdues.
    Le livre contient cinq photos : une d'Ed van der Elsken (qui a fait l'objet d'une exposition au Musée du Jeu de Paume de Paris de juin à septembre 2017), de Gilles Caron, d'Edouard Boubat et deux de photographes anonymes.

  • Ni collectionneur ni historien, c'est en amateur d'art que Claude Eveno a conçu cet ouvrage. Enfant de l'école républicaine qui proposait une sélection d'images de peintures participant et illustrant, entre autres, l'histoire de France, il a recherché et entretenu cette culture de l'image au fil des ans. Au-delà des images imprimées et reproduites, cette encyclopédie artistique personnelle qui l'a accompagné et constitué en tant qu'individu reposait principalement sur sa mémoire. Appartenant à une génération pour laquelle l'art était avant tout politique, se présentant comme une voie parmi d'autres pour trouver comment changer le monde, Claude Eveno s'est ainsi avant tout passionné pour l'art du XXe siècle et les possibilités de rupture (de la figure, de la représentation, de la perspective) qu'il offrait. Ceci sans dénigrer ni occulter l'art antérieur, porteur d'un héritage et de références incontournables, un temps écarté pour son manque de radicalité apparent, puis recherché pour sa dimension matricielle. C'est cette nostalgie des oeuvres de l'histoire de l'art mondial qui l'a conduit à se mettre en quête des images fondatrices. Une entreprise d'abord menée au travers de nombreuses visites de musées et de lectures de livres de et sur l'art. Mais l'apparition du numérique et de l'Internet a décuplé l'ampleur de ce projet qui a pris une dimension inattendue : constituer une collection virtuelle en cherchant pendant des années des peintures sur internet. Pendant une dizaine d'années, il a ainsi sélectionné plus de 80 000 images dans son ordinateur, pour le simple plaisir de les contempler régulièrement. Puis, l'idée a germé d'en faire quelque chose, un livre.

  • Martine Bedin dessine des vases. Jeannette Montgomery Barron photographie des natures mortes. Toutes deux se retrouvent à Sèvres, autour d un projet inédit présenté dans ce « Cahier » où, À petit pas, leurs réflexions les mènent à une réalisation commune, singulière mêlant leur langage plastique propre : la photographie est peinte à la main sur une des faces du vase. « Depuis longtemps le thème du vase m'obsède (...). Mais le vase est l'écrin précieux de l'agonie des fleurs. Le combat deviendrait-il presque égal ? De la fleur ou du vase, lequel se brisera en premier? Inclure la photo d'une fleur au c ur de l'objet, c'est comme citer le souvenir d'une dignité disparue. La dignité de l'objet, c'est de remplir sa mission, explique Martine Bedin. La photographie donne à l'objet son sens, son usage et sa fonction première. Martine Bedin a créé six nouveaux vases en porcelaine tendre (Bottle, Ivy, Poppies, Tulip, Wisteria et Vase&vase), tous constitués d'une matrice centrale, d'une sorte " d'archétype de vase" . Pour cinq d'entre eux, la matrice est surmontée d un col reprenant en miniature des formes emblématiques de Sèvres. Chacune de ces pièces reçoit un décor différent peint à la main résultant de la reproduction de photographies prises spécialement par Jeannette Montgomery Barron, tandis que le sixième vase est constitué à partir d'une forme créée par Martine Bedin. Jeannette Montgomery Barron s'est immiscée au coeur des ateliers de Sèvres Cité de la céramique pour apprécier les différentes étapes de la création des vases en s'attachant à mettre en lumière le travail des artisans de la manufacture par ses portraits photographiques. une lithographie originale signée et numérotée accompagne l'édition limitée.

  • Carnet de villes

    Claude Eveno

    • Verdier
    • 1 Octobre 1994
  • Sur la lande

    Claude Eveno

    «Il prit l'habitude de s'allonger sur la lande, sentant qu'il pourrait approcher ainsi l'échelle de perception du jeune corps qui s'était formé sur les buttes, au contact. La saison était maintenant silencieuse, débarrassée de l'agitation vacancière. La lande lui appartenait à nouveau avant que le mauvais temps n'en limite l'usage. Et c'était encore une fois ce grand moment de clémence qui suivait l'été dans le paysage, le seul moment qui lui procurait une parenthèse de calme relatif dans la longue fébrilité rageuse qui dominait le cours des années. Son corps lui semblait se dénouer peu à peu pendant qu'il se concentrait, les yeux clos pour ne pas se disperser dans l'appel du ciel, sur le toucher de la terre que lui apportait chaque parcelle de son être posée sur le sol. Il parvenait à sentir le poids d'un bras, d'une épaule, de morceaux du corps séparés par la différence des résistances qu'offraient les matières de la lande. Ces séjours horizontaux déchiraient à la fois son corps et sa mémoire, et c'était pour lui comme une technique de l'oubli pour effacer ce qui s'était accumulé dans l'une et dans l'autre et tenter de revenir à cet état natif qui avait précédé pendant un temps l'abîme de l'existence.»

  • Histoires d'espaces

    Claude Eveno

    L'espace est une chose abstraite, impalpable et pourtant si réelle, si chargée d'expérience émotionnelle...
    Catégorie a priori de la connaissance, fût-elle historique (le temps passé) ou physique (espace-temps), qui se retrouve surtout dans l'expérience de l'homme, dans l'inscription d'une mémoire sensorielle, dans le corps et l'esprit par le souvenir de traversées de lieux découverts aux détours de lectures ou de voyages.

  • Du récit au discours, de l'exercice de mémoire à l'aventure des images, le livre revêt une forme autobiographique explorant les origines d'un goût constant pour l'architecture.
    Histoire d'un chemin qui conduit l'amateur vers son point de vue pour tenir une parole critique, dans la Ville devenue destin, horizon dominant. Tel est le projet d'un ouvrage qui rassemble des chroniques, écrites pour la revue L'Architecture d'Aujourd'hui, et des textes rédigés depuis pour en tracer la perspective, une ligne de fuite qui se dessine aussi à partir de collages réalisés en parallèle, autre, manière d'explorer encore un monde urbain.

  • Chaque année, 22 millions de tonnes de terre sont excavées pour la construction de la métropole et l'extension des limites de Paris. Notre imaginaire collectif est imprégné de l'image imposante des terrils du Nord-Pas-de-Calais pour visualiser ce que représente le concept de « terres excavées », comprendre à quelle prégnance visuelle, à quel enjeu environnemental on est possiblement confronté. Mais, ici, ce ne sont pas ici des terres noires extraites des mines de charbon, mais les terres diverses et colorées des soubassements des multiples travaux publics grands-parisiens, particulièrement celles provenant du percement des tunnels du Grand Paris Express. L'enjeu est triple. Tracer, trier, analyser toutes ces terres en mouvement ; rendre fertiles celles qui peuvent l'être ; enfin leur donner une destination en concertation avec les collectivités : parcs, bois, terrains de sport, terres agricoles en ville ou zones de libre développement et de biodiversité dans les champs.
    Anne-Marie Filaire a choisi de photographier le moment de la réception des terres, en parcourant les huit sites actuellement en gestation dans le Grand Paris. Les instants particuliers où les terres sont déversées et réparties, et où s'esquissent, avec les ingénieurs, les profils paysagers. Elle offre un regard documenté en replaçant les sites dans le cadre du grand paysage, naviguant entre les centaines de camions et les engins de chantier, repassant plusieurs fois pour rendre compte de la vie sur place les jours de boue, de brouillard ou de sécheresse. C'est un travail photographique précieux, qui s'attache à montrer un entre-deux du paysage, avant qu'il n'advienne à nouveau. C'est, dit-elle, « un travail sur l'avenir ». Ses photographies racontent la beauté intrinsèque des sites, la beauté de leur matière brute, lais révèlent aussi leur morphologie.
    Au-delà des enjeux purement techniques, la somme des terres amassées est aussi, pour un artiste, un objet possiblement poétique, hors du temps, un univers temporaire qui s'effacera pour laisser place à un nouveau paysage. De ce point de vue, c'est aussi un livre d'artiste, qui révèle les nombreuses connexions avec l'art contemporain, en particulier le Land Art.

  • En 1984-1985, Robert Doisneau (1912-1994) participe à l'aventure mythique de la Mission photographique de la Datar. En utilisant une chambre au format 6 x 7 et en travaillant pour la première fois en couleur, le photographe bouleverse ses habitudes pour arpenter une nouvelle fois la banlieue parisienne, son territoire d'élection. Restées jusqu'alors inédites, ces images surprennent par le regard plasticien, teinté d'ironie et de désenchantement, que le photographe porte sur les débordements urbains des années 1980.

  • « Pourquoi ne peut-on plus ouvrir complètement les fenêtres arrière des voitures et rouler les cheveux au vent sous un soleil de plomb ?
    Pourquoi les objets intelligents nous parlent-ils comme si on était des idiots ? Pourquoi le design estil maintenant élémentaire ? Pourquoi les designers ne refusent-ils jamais un projet de design industriel ? » M.B.

    « Qu'y avait-il, qu'il n'y a plus, au tout début des années 1980 ? Un sentiment de liberté, une fantaisie constante, le bonheur inscrit à l'ordre du jour en s'appuyant sur un désordre domestique, un lampadaire à roulettes qui file sur le parquet, des étagères qui se couchent au pied d'un mur... la vie heureuse des choses pour la vie heureuse des gens. » C.E.

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