• Gaston Fébus

    Claudine Pailhès

    Issu d'une grande famille compromise dans le catharisme, Gaston Fébus (1331-1391), comte de Foix et vicomte de Béarn, fascina ses contemporains. II mena entre le roi de France et le roi d'Angleterre un jeu diplomatique qui lui permit de préserver ses Etats des ravages de la guerre de Cent Ans. Mécène célébré par les poètes, les musiciens et les chroniqueurs de son temps, ce fin lettré a laissé "Le Livre de la chasse" et "Le Livre des oraisons", qui révèlent une âme tourmentée. Entre l'homme public, le prince éclairé et le père et mari hanté par ses démons, Claudine Pailhès nous invite à comprendre la personnalité complexe de ce seigneur médiéval à la destinée hors du commun.

  • L'Ariège du XIXe siècle est diverse et pleine de contrastes : pays de plaine et de montagne, d'agriculture de survie et d'industries, de vallées enclavées et d'un grand axe transpyrénéen. La vie quotidienne des Ariégeois est donc autant celle du paysan de la montagne « remontant » sans cesse la terre de ses terrasses et transportant fumier ou moisson à dos d'homme, du berger transhumant passant l'été dans les orrys d'altitude, que du métayer de la plaine ouvert aux progrès techniques, celle du mineur et du forgeur des hautes vallées comme celle de l'ouvrier des usines de Pamiers ou des tisserands du pays d'Olmes, celle du marchand urbain autant que celle du colporteur et du montreur d'ours... C'est aussi la vie d'un peuple de la frontière, familier du passage d'outre monts et de la rencontre de ceux qui viennent d'ailleurs, du bandit redouté comme du réfugié accueilli. La vie des hommes, ce n'est pas seulement le geste du travail, c'est aussi l'environnement mental, un ensemble de mythes, de croyances, de comportements venu du fonds des âges, qui fait l'identité d'une communauté humaine. Les Ariégeois se singularisent par leur affirmation identitaire, par une forte cohésion vis-à-vis de l'extérieur, même si on se dispute entre soi, par une obstruction systématique à toute « agression » de l'État : conscription, règlements forestiers, impôt, douanes, qui prend plus souvent la forme de la contestation moqueuse que de la révolte... L'univers multiséculaire qui avait assuré la survie d'une population nombreuse s'effondre au milieu du XIXe siècle. Suppression des droits d'usage, maladie de la pomme de terre, ruine des forges à la catalane incapables de faire évoluer leur technologie archaïque provoquent la misère des plus pauvres. Il en résulte des migrations temporaires puis une émigration définitive vers l'Amérique du sud et l'Algérie, puis vers l'Amérique du nord et le Sénégal et surtout vers les grandes villes du midi et vers Paris. Depuis 1846, c'est l'hémorragie démographique. Tandis que l'Ariège traditionnelle voit ses équilibres s'effondrer, le monde extérieur arrive à sa porte. Le chemin de fer venu de Toulouse atteint Ax-les-Thermes en 1888; le tourisme et le thermalisme se développent...L'école obligatoire et laïque, ouvre des horizons nouveaux, fait disparaître « patois » et croyances anciennes, et inculque les principes de la République.

  • Le département de l'Ariège a été formé à la Révolution par le regroupement du Comté de Foix, fondé au Xe siècle et rattaché au royaume de France en 1607, et du Couserans, dont la capitale, Saint-Lizier, a été le siège d'un important évêché jusqu'en 1801. Son histoire plonge ainsi ses racines dans l'histoire politique et religieuse de la France. Département pyrénéen, frontalier avec l'Andorre et l'Espagne, l'Ariège est également riche d'une culture et d'une économie fondées sur l'exploitation minière, le pastoralisme et le thermalisme. Ce livre rassemble un choix des plus remarquables archives conservées aux Archives départementales de l'Ariège. Claudine Pailhès, directrice des Archives départementales a effectué le choix des documents et rédigé les articles qui les accompagnent.

  • Créée de toutes pièces à l'époque révolutionnaire, l'Ariège du XIXe siècle est diverse et pleine de contrastes : pays de plaine et de montagne, d'agriculture de survie et d'industries, de vallées enclavées et d'un grand axe transpyrénéen.
    La vie quotidienne des Ariégeois est donc autant celle du paysan de la montagne « remontant » sans cesse la terre de ses terrasses et transportant fumier ou moisson à dos d'homme, du berger transhumant passant l'été dans les orrys d'altitude, que du métayer de la plaine ouvert aux progrès techniques, celle du mineur et du forgeur des hautes vallées comme celle de l'ouvrier des usines de Pamiers ou des tisserands du pays d'Olmes, celle du marchand urbain autant que celle du colporteur et du montreur d'ours. C'est aussi la vie d'un peuple de la frontière, familier du passage d'outre monts et de la rencontre de ceux qui viennent d'ailleurs, du bandit redouté comme du réfugié accueilli.
    La vie des hommes, ce n'est pas seulement le geste du travail, c'est aussi l'environnement mental, un ensemble de mythes, de croyances, de comportements venu du fonds des âges, qui fait l'identité d'une communauté humaine. Les Ariégeois se singularisent par leur affirmation identitaire, par une forte cohésion vis-à-vis de l'extérieur, même si on se dispute entre soi, par une obstruction systématique à toute « agression » de l'État :
    Conscription, règlements forestiers, impôt, douanes, qui prend plus souvent la forme de la contestation moqueuse que de la révolte.
    L'univers multiséculaire qui avait assuré la survie d'une population nombreuse s'effondre au milieu du XIXe siècle. Suppression des droits d'usage, maladie de la pomme de terre, ruine des forges à la catalane incapables de faire évoluer leur technologie archaïque provoquent la misère des plus pauvres. Il en résulte des migrations temporaires puis une émigration définitive vers l'Amérique du sud et l'Algérie, puis vers l'Amérique du nord et le Sénégal et surtout vers les grandes villes du midi et vers Paris. Depuis 1846, c'est l'hémorragie démographique.

  • jamais, si l'on en croit le chroniqueur jean froissart, on n'avait vu dans aucune cour d'europe un homme aussi beau et aussi noble.
    gaston fébus (1331-1391), comte de foix et vicomte de béarn, fascinait ses contemporains. fébus éblouissait ! son nom marqua son époque, puis il traversa les siècles.

    administrant son pays comme un prince, fébus avait le goût du pouvoir. extrêmement habile, il mena entre le roi de france et le roi d'angleterre un jeu diplomatique qui lui permit, chose exceptionnelle, de tenir ses etats hors des ravages de la guerre de cent ans.
    grand lettré et amateur de sciences, de musique, mécène généreux, fébus aimait écrire et composer des poésies. le livre de chasse et le livre des oraisons, écrits en français afin d'être lus dans toute l'europe, révèlent autant sa passion de chasseur que les angoisses d'une âme tourmentée par le péché.
    car ce personnage brillant à qui tout semblait réussir avait une face noire : après avoir chassé brutalement sa femme, proche parente du roi de france, il tua son propre fils.
    entre l'homme public, le prince éclairé et l'intraitable père et mari hanté par ses démons, l'historienne claudine pailhès nous invite à comprendre une personnalité complexe, contradictoire, en suivant la destinée hors du commun de ce souverain régional.

  • le comté de foix possède une histoire hors du commun et, pour bien des raisons, il fait partie intégrante de l'histoire de france.
    ainsi, ce petit "pays" pyrénéen a constitué à lui seul, par sa forte identité, une province de la france d'ancien régime. son histoire médiévale, très connue dans ses aspects religieux et hérétiques, l'est nettement moins, en revanche, dans ses aspects institutionnels, sociaux et humains : ce sont donc ces derniers que l'on évoquera dans ce livre. coutumes, bastides, châteaux, luttes de pouvoir, existence à la terre et à la ville, la vie des hommes, nobles et humbles, est étudiée en ses détails les plus inattendus, les plus riches d'enseignements.
    en outre, le comté de foix a bénéficié du rayonnement d'une dynastie comtale exceptionnelle : à sa tête se succédèrent des hommes à la personnalité puissante qui surent tenir tête aux rois de france, d'aragon, d'angleterre, au point que cette lignée prestigieuse en arriva, avec un certain henri de navarre, surtout connu sous le nom d'henri iv jusqu'à monter sur le trône de france. ce livre ne raconte donc pas seulement l'histoire d'une province il raconte aussi une histoire de france dans laquelle les humbles ne sont pas oubliés.

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