• Catalogue de l'exposition « Ex Africa » qui vise à montrer et à faire comprendre les relations qui existent aujourd'hui et depuis la fin du XXe siècle entre les arts contemporains et les arts africains anciens. Il s'agit d'en finir avec la notion de primitivisme telle qu'elle était énoncée en 1984 dans l'exposition « Primitivism » au MoMA et de montrer que les idées et les formes propres à ces arts sont aujourd'hui plus vivantes que jamais.

  • Primitivismes, une invention moderne cherchait à montrer comment et pourquoi l'Europe, à la fin du XIXe siècle, fait du primitif une idée essentielle : au temps de l'expansion coloniale et de la naissance de l'anthropologie, ce primitif s'incarne dans les « sauvages », les fous, les préhistoriques et les enfants. Primitivismes II, une guerre moderne continue l'étude des fondements et des usages de la notion jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Trois thèmes s'y tressent.
    Les arts d'Afrique, d'abord : ceux-ci, après avoir brièvement participé à l'histoire des avant- gardes avec Apollinaire et Picasso, sont captés dans l'entre-deux-guerres par la mode nègre qui se développe en accord avec le discours colonialiste et raciste. Elle les réduit à l'état d'objets décoratifs, sinon publicitaires. Le refus de cette appropriation, ensuite : par ses écrits, ses revues et ses actes, le surréalisme oppose l'Océanie telle qu'il la rêve à ce trop bel art nègre. Dans le même mouvement, il construit une autre histoire et une autre géographie de la création. Celles-ci donnent aux cultures amérindiennes, du Nouveau-Mexique à l'Alaska, à la préhistoire et aux peuples « barbares » anciens, la place qui leur était refusée. Cette contre- culture s'oppose au récit habituel qui veut que la Grèce soit le berceau de la civilisation. Le néo- classicisme s'imposant comme le style des totalitarismes soviétique et nazi, l'affrontement est donc idéologique et politique autant que culturel. Ainsi apparaît la notion de guerre, qui donne son sous-titre au présent volume. Quand Dada fait scandale par le grotesque et le rudimentaire, il se déclare l'adversaire des sociétés occidentales si développées, coupables des carnages de la Première Guerre mondiale. Le surréalisme, à sa suite, attaque l'ordre du monde occidental - rationnel, standardisé, obsédé par le progrès et le profit - et veut susciter ou ressusciter le temps de la poésie, de la magie et de la liberté naturelles.

  • Pourquoi une histoire générale de l'art aujourd'hui ? Parce que chaque époque a ses raisons de regarder les oeuvres, parce qu'elle pose à l'art les questions qu'elle pose au monde, la présente histoire veut prendre en compte les interrogations qui sont nôtres.
    Pourquoi une histoire de l'art " pour tous " ? C'est une histoire qui se veut destinée à tous : elle est à la fois exigeante et pédagogique, mais elle refuse tout élitisme. Une histoire qui se pose la question de savoir quel plaisir et quel bénéfice les hommes et les femmes d'aujourd'hui peuvent trouver à la rencontre avec des oeuvres créées il y a des millénaires ou à l'autre bout de la Terre ou aujourd'hui.
    À la recherche du sens : apprendre à lire les formes. A l'âge d'internet, vouloir réunir une immense collection d'images ou délivrer un savoir prétendument exhaustif n'a pas de sens. Chercher à retrouver la signification des formes, mettre en évidence les simultanéités, les parentés, les causes ou les effets, cela paraît en revanche légitime. Ce livre se revendique comme une synthèse. Il invite le lecteur à découvrir à la fois les grandes fonctions de l'art, mais aussi la diversité des formes possibles de la création et les corrélations qui peuvent les unir.
    Enrichir le regard : un dispositif concerté permet des allers et retours entre le texte, les commentaires et les images, tout au long de l'ouvrage. Découvrant, sur des millénaires, les échanges et les redécouvertes, d'une civilisation à l'autre, d'un continent à l'autre, le lecteur apprendra à confronter, ne serait-ce que pour mieux les différencier, des productions d'époques ou de lieux qu'il n'aurait pas songé à rapprocher.

  • Billet, pièce de monnaie, lettre de change, carte de crédit, action boursière, lingot peints, en marbre, porcelaine, bois doré, acier ou encore flottants dans un aquarium : la représentation de l'argent est omniprésente dans les oeuvres d'art. Le présent ouvrage l'étudie dans le long terme, depuis la résurgence de la monnaie métallique à la fin du Moyen Âge jusqu'à l'époque actuelle, en envisageant l'Occident, l'Europe tout d'abord, puis l'Amérique quand celle-ci, conquise et modernisée, se convertit au numéraire.
    Durant ces siècles, la situation démographique, économique, sociale, technologique, fiduciaire change : la peinture se modifie au gré des styles et sa place même dans la création n'est plus la même : elle n'est plus aujourd'hui le medium dominant et dès lors sont examinées les installations, la photographie et l'image mouvante - le cinéma ou la vidéo - ainsi que le point de vue des artistes femmes.

  • Si la vieillesse est aujourd'hui un âge qui dure, elle regroupe des expériences différentes. Ce qui amène à réfléchir aux vieillesses plutôt qu'à la vieillesse. Les travaux sur la ou les vieillesse(s) sont nombreux en médecine ou en sociologie, mais la réflexion sur le grand âge de l'artiste reste balbutiante. Qu'est-ce que l'âge fait à la création?? Celle-ci est-elle soumise à une continuité biographique comme le relatent les vies d'artiste?? Les créations ultimes sont-elles marquées par le déclin physique??
    Ce volume tente de répondre à ces questions en croisant les disciplines et les champs, de l'histoire de l'art à la sociologie, de la neurologie à la psychanalyse, et en se donnant une ample périodisation, de la Renaissance à nos jours. L'ouvrage s'ouvre sur les modes critiques généraux d'appréhension des oeuvres tardives. Suit une analyse des conditions de la création et de ses difficultés chez un certain nombre d'artistes âgés. Des formes spécifiques de l'autoportrait (Rembrandt, Ingres, Dix), l'insistance sur les transformations du corps chez des artistes femmes (ORLAN, Cindy Sherman), la répétition ou le retour à des motifs antérieurs (Le Greco, Delacroix), ou encore des jeux avec la mort (Duchamp) illustrent la diversité des attitudes et des démarches. Complément à cette approche, la réception de ces oeuvres tardives est étudiée dans la qualification des «?errements?», qu'il s'agisse du tremblement de la main de Poussin ou de la «?peinture aux doigts?» du Titien et, tout simplement, de la qualité. Le volume s'ouvre, dans la dernière partie, à l'âge en scène et à l'écran.

  • Dans un moment où l'histoire des cultures est en cours de réécriture et ne peut plus être réduite à la chronique des avant-gardes occidentales, et alors que les études postcoloniales ont plusieurs décennies d'ancienneté, une notion est demeurée jusqu'ici à l'abri de toute révision critique : primitivisme. Le mot est d'usage courant dans la langue de l'histoire de l'art autant que dans celle de la critique et du marché de l'art actuel. La notion dont il est dérivé, primitif, ne saurait plus être employée. Mais primitivisme résiste, fort de l'autorité qu'acheva de lui conférer une exposition célèbre du MoMA de New-York en 1984 et les noms de ses plus fameux artistes - Gauguin, Matisse, Picasso, Kirchner, Nolde, Kandinsky, Klee, Miró, Giacometti, etc. - et de ses plus illustres écrivains - Jarry, Apollinaire, Cendrars, Tzara, Breton, Éluard, etc.
    Aussi est-il nécessaire de mettre à nu tout ce qu'il contient de sous-entendus et de stéréotypes depuis que primitif, dans le dernier tiers du XIXe siècle, est une notion centrale de la pensée occidentale. Premier constat flagrant : le colonialisme des puissances européennes, avec ce qu'il suppose de racisme et de conquêtes, est la condition nécessaire du développement de l'ethnologie, de l'anthropologie et des musées. Sans colonies, pas de collections africaines et océaniennes à Berlin, Londres et Paris ; ni de « village canaque » ou « du Congo » dans les Expositions Universelles. Moins attendu : par primitif, cette époque entend évidemment les « sauvages », mais aussi les enfants, les fous et les préhistoriques. Qu'ont-ils en commun ? De n'être ni civilisés, ni rationnels au sens où l'époque veut l'être : ces primitifs sont le contraire des hommes modernes, urbains, savants, industrialisés et surpuissants. En un mot, le primitif est l'envers du moderne, son opposé, sa négation, ce qui résiste au mouvement général qu'on nomme progrès. Freud est l'un de ceux qui l'a écrit le plus tôt.
    Ph. D.

  • Le XXe siècle constitue la période artistique la plus déconcertante et la plus innovante de l'histoire de l'art.
    Tout concourt à son foisonnement : les innovations techniques, l'expansion géographique, les nouveaux totalitarismes et les accidents de l'histoire.
    La première des deux parties de l'ouvrage explore dans quelles proportions le XXe siècle a bouleversé la notion d'art : l'unicité de l'oeuvre, son statut et son identité « nationale ». La seconde partie constitue le récit historique à proprement parler. Depuis l'avènement du fauvisme en 1905 jusqu'à aujourd'hui, Philippe Dagen examine sans classification, sans hiérarchie, les objets et les activités qui se sont réclamés de l'art, que ce soit pour le faire prospérer ou le nier, que ce soit au nom de l'art ou de l'anti-art. Pour brosser un tel panorama, « seule une méthode vaut, écrit Philippe Dagen, celle du doute. Pas plus que l'on ne sait d'où vient "l'art", on ne sait ce qu'il est, ce que c'est que "l'art en soi", ni ce qu'il devrait être. C'est, au siècle de Duchamp, la moindre des prudences ».

  • Artiste protéiforme, Barthélémy Toguo s'exprime aussi bien par la performance, que grâce aux installations, mais il recourt avec virtuosité au dessin, à la sculpture, à la peinture ou à l'aquarelle selon le message de l'oeuvre et le médium qui lui semble le plus adapté.

    Artiste international, il vit et travaille aujourd'hui entre Paris et Bandjoun au Cameroun et ses expositions parcourent le monde. Ses créations sont intimement liées à sa vie, elle s'inspirent de son expérience, de ses voyages et rencontres.

    Son travail possède aussi une forte dimension politique contre toute forme d'inégalité. Il s'intéresse notamment aux flux, de marchandises mais aussi d'êtres humains entre l'Occident et l'Afrique. On retrouve souvent dans ses oeuvres les motifs de la migration, du colonialisme, de la race, ou de l'exil.

    Mais l'engagement personnel de Barthélémy Toguo se situe aujourd'hui surtout autour de la question de la promotion de l'art en Afrique et plus spécifiquement dans son pays natal, le Cameroun. En 2008, il inaugure Bandjoun Station, un lieu dédié à l'art dans toutes ses disciplines, où ont lieu des expositions, des rencontres, des ateliers et résidences d'artistes. L'accent y est également mis sur la formation scolaire et son fonctionnement économique propre est celui d'une exploitation agricole visant à l'autonomie de ce lieu unique.

  • Tout visiteur d'exposition, tout étudiant, tout spectateur attentif de la peinture, se trouve confronté aux mêmes questions quand il regarde un tableau : à quelle époque a-t-il été peint ? Par qui ? Que raconte-t-il ? Quels moyens le peintre a-t-il utilisés pour susciter le plaisir, l'émotion ?
    LIRE LA PEINTURE, DANS L'INTIMITÉ DES OEUVRES, répond à ces questions et propose au lecteur une manière d'approcher les oeuvres, de les sonder. Cette grille de lecture est organisée en six grandes étapes : la carte d'identité, le sujet, la composition, le dessin et la couleur, la figure humaine, les styles. L'iconographie et son commentaire jouent un rôle fondamental dans cet ouvrage. Des gros plans soulignent l'importance de certains détails et des tracés révèlent les principes de construction des oeuvres.
    LIRE LA PEINTURE, DANS L'INTIMITÉ DES OEUVRES, distingué pour ses qualités pédagogiques, est un ouvrage indispensable aussi bien pour les amateurs que pour les enseignants et étudiants en arts plastiques ou en histoire de l'art.

  • « Écrire l'histoire des arts de la Restauration aux premières décennies du XXIe siècle, c'est écrire l'histoire d'une révolution sans fin », écrit Philippe Dagen. En moins de deux siècles, métamorphoses et ruptures, réminiscences et résurrections, innovations et créations, loin de se succéder selon un ordre chronologique linéaire, s'entrechoquent, se superposent, s'affrontent et se brisent.
    Du romantisme à la scène internationale du XXIe siècle, en passant par l'impressionnisme, les avant-gardes, le minimalisme, le pop art et les formes d'art apparues dans les dernières décennies du XXe siècle, cet ouvrage propose :
    - Une introduction revue par Philippe Dagen qui explore la diversité des approches méthodologiques propres à l'étude de la période.
    - Une approche chronologique par grand ensemble avec introduction détaillée exposant le contexte.
    - Une thématique développée par double-page constituée d'un texte courant, d'illustrations et d'encadrés.
    - Un appareil scientifique très précis qui rassemble cartes, plans d'architecture, chronologie, glossaire, index.
    Cette nouvelle édition, augmentée de plusieurs études sur l'architecture, le design, la performance et l'émergence de la scène internationale offre un panorama complet de la période.

  • Rubens

    Laneyrie-Dagen N.

    • Hazan
    • 4 Octobre 2017

    Rubens (1577-1640) est le plus grand peintre européen de la première moitié du XVIIe siècle. Né en Allemagne, formé en Flandre, puis durablement en Italie, il a travaillé non seulement pour les Pays-Bas du Sud, mais pour l'Allemagne, la France, l'Espagne, l'Angleterre. Son oeuvre immense n'aurait pu se concevoir sans l'existence d'un vaste atelier, et son talent fut de gérer cet atelier de sorte que chaque tableau pût apparaître comme un chef-d'oeuvre unique.
    Appuyé sur les péripéties d'une vie riche et complexe - l'une des plus passionnantes de son temps -, ce livre veut montrer l'oeuvre de Rubens dans sa diversité, depuis les esquisses et les dessins qui révèlent l'esprit de sa création, jusqu'aux gravures et aux tapisseries. S'y trouve soulignée l'exceptionnelle variété d'un travail dont la pièce maîtresse réside dans les retables et les cycles profanes, d'histoire ou de mythologie, et où le portrait, la scène de genre et le paysage occupent une place de choix.

  • Refus des élégances et des traditions académiques, découvertes et fréquentations d'oeuvres issues de cultures considérées comme " barbares " ou " archaïques " par l'Occident, le primitivisme est l'une des données centrales de l'histoire des avant-gardes artistiques à partir de la fin du XIXe siècle.
    Le dessein de cet ouvrage est de proposer une histoire non seulement artistique, mais encore culturelle du phénomène, de prendre toute la mesure de cette nostalgie d'une création vierge du pastiche et des règles machinalement appliquées. Peinture et sculpture y tiennent un rôle central, mais poésie, littérature, critique et travaux savants y ont aussi leur part. La préhistoire, les miniatures médiévales, les primitifs italiens, l'Egypte, Byzance : les références sont nombreuses et hétérogènes dès l'époque de Gauguin, qui est aussi celle de Huysmans et des Nabis.
    Avec Matisse, Derain, Picasso et Braque interviennent les " fétiches " africains ou océaniens dont on a fait l'origine trop exclusive du fauvisme et du cubisme, oubliant que leur révélation s'inscrit dans un processus largement antérieur, épisode après d'autres, dans la recherche du renouvellement des formes et de leur exaltation.

  • Entre septembre et novembre 2014, Bettina Rheims, encouragée par Robert Badinter, photographie des femmes incarcérées au sein de quatre établissements pénitentiaires français. Cette série intitulée «Détenues» rassemble plus d'une soixantaine de portraits, reproduits dans cet ouvrage.
    Ce travail photographique s'inscrit pleinement dans le cadre des recherches que mène Bettina Rheims depuis plus de trente-cinq ans en explorant de multiples angles et territoires, en questionnant les conventions et les a priori pour interroger la construction et la représentation de la féminité. Après avoir photographié ses modèles, célèbres ou inconnues, dans des lieux fermés, souvent exigus, Bettina Rheims a souhaité aller à la rencontre de femmes contraintes à vivre dans ces lieux de privation de liberté pour essayer de comprendre leur quotidien, de quelle manière elles imaginaient leur féminité loin des leurs, dans des conditions matérielles difficiles. Pour les séances de pose, chaque établissement a mis à disposition une pièce qui est devenue le temps du projet un studio improvisé. Chacune des modèles avec l'autorisation préalable de l'administration pénitentiaire et celle du juge d'application des peines, s'est présentée au studio. Pour se faire coiffer et maquiller si elle le désirait. Retrouvant ainsi un peu de cette estime de soi, bien souvent égarée dans ces lieux de détention où rien n'est fait pour elles. Le texte «Fragments» est une fiction construite à partir de souvenirs de ces rencontres. Le récit d'une attention davantage portée sur les émotions suscitées par ces femmes que sur des propos qui auraient été entendus.

  • Invité en France par François Ier, Léonard de Vinci, âgé, malade, traverse les Alpes à l'automne 1516. Durant le voyage, la caisse contenant la Sainte Anne (aujourd'hui conservée au Louvre) est égarée. Le tableau, qui est une commande royale, doit absolument être retrouvé. Arrivé à Amboise, Léonard, qui n'a plus la force de peindre une telle oeuvre, envoie un de ses disciples à sa recherche. En parallèle, il supervise une nouvelle version, réalisée de mémoire par un autre membre de son atelier, au cas où l'original serait définitivement perdu. Quelques mois après la mort de Léonard, une troisième version va apparaître...

  • Picasso

    Philippe Dagen

    Ce livre sur Picasso se veut différent de la littérature existante. Son propos n'est pas purement biographique : certes, tout n'a pas encore été écrit sur la vie du créateur le plus célèbre de son temps, mais elle est si connue que l'on peut se demander s'il est un artiste dont l'existence ait été aussi publique. Le propos, ici, s'énonce plutôt sous forme de questions. Que signifie être artiste au XXe siècle ? Que signifie être artiste au temps des journaux et des musées, au temps d'un marché élargi aux dimensions du monde occidental et d'une histoire étendue à toutes les civilisations humaines ? Peut-on espérer l'être comme aux époques précédentes ? La civilisation moderne est-elle si différente qu'elle incite l'artiste à des attitudes nouvelles et à redéfinir autant son rôle politique que ses rapports avec le public et le marché, et, naturellement, à inventer de nouvelles pratiques artistiques ? Cette dernière hypothèse est la plus probable. Picasso est donc considéré ici en fonction de sa situation en son temps, au sens le plus large du mot, bien au-delà des amitiés et des rivalités artistiques du milieu parisien. Lui-même, par nombre de ses prises de position, n'a-t-il pas affirmé qu'il refusait de s'enfermer dans l'atelier et se réservait le droit d'intervenir dans les affaires du monde - d'y réagir et de leur répondre ? C'est d'un Picasso résolument moderne parce que constamment et consciemment confronté à la modernité du monde qu'il s'agit : de montrer comment il laisse cette modernité pénétrer dans ses travaux - matériaux, images, techniques, inventions - et comment, en réaction contre elle, il donne forme picturale ou sculpturale à des archétypes - à des passions, à des pulsions - dont, à ses yeux en tout cas, la permanence témoigne de l'intemporalité. D'un mouvement d'acceptation et d'un mouvement de refus : d'une confrontation sans trêve qui est, peut-être, l'explication la plus satisfaisante que l'on puisse avancer de la volonté de changement qui l'a animé au point de laisser l'oeuvre la plus polymorphe et la plus diverse de toute l'histoire de l'art.

  • La représentation de l'enfance accompagne l'histoire de la peinture depuis le Moyen Âge. Des tableaux d'église aux tableaux de Salon, les artistes ont brossé tous les visages de l'enfance : enfants divins de la peinture religieuse ou mythologique, petits princes de l'art de cour, anges du foyer de la peinture de genre, enfant modèle du portrait de famille, sans compter tous les irréguliers de l'enfance qui n'ont pas moins intéressé les artistes, petits gueux et petits bâtards, enfants surnaturels ou démoniaques, cancres et révoltés. Cette place dévolue à l'enfance conduit à s'interroger sur les fonctions mêmes de la peinture, sur son évolution du sacré au profane et du profane à l'intime, sur son implication dans la formation des identités sexuelles et dans les pratiques éducatives, sur sa quête de naïveté primitive. Figure incontournable de la peinture, l'enfant est une grande question pour l'histoire de l'art. À travers plus de 130 artistes, du XIVe siècle à nos jours, une étude sans précédent sur le sujet.

  • L'exposition sera accompagnée d'un livre d'artiste édité en français et anglais. Cet ouvrage sera le résultat d'une forme hybride entre un livre d'artiste et un catalogue d'exposition. Trois textes viennent approfondir l'oeuvre d'Éric Manigaud - rapprochant l'ouvrage des catalogues d'expositions traditionnellement conçus - tandis que le cahier d'images inclura un travail graphique et une présentation inédite des oeuvres de Manigaud - le rapprochant ainsi d'un livre d'artiste. Né en 1971 à Paris Vit et travaille à Saint-Etienne.

  • Cet ouvrage reprend la plupart des entretiens que Philippe Dagen a menés avec des artistes d'aujourd'hui pour Le Monde. Comme explique l'auteur, être critique d'art du principal quotidien français lui a permis de rencontrer plus aisément de nombreux artistes en France, aux États- Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne ou en Espagne. Philippe Dagen les a choisis « hors de toute considération d'actualité immédiate », mais en cherchant à aller voir dans toutes les générations et toutes les directions. C'est donc sa curiosité d'historien et de critique qui donne le ton de cet itinéraire au fil duquel apparaissent plus de soixante interlocuteurs. Certains ont disparu depuis lors, comme Bacon, Balthus, Louise Bourgeois ou Lichtenstein, mais la plupart sont vivants - et pour beaucoup très largement reconnus, de Christian Boltanski à Yoko Ono, d'Annette Messager à Gerhard Richter, de David Hockney à Bettina Rheims. Ne manquent à l'appel aucune des « stars » de l'époque, Jeff Koons, Maurizio Cattelan ou Ai Weiwei. Mais des créatrices et créateurs plus jeunes, moins connus - et tout aussi intéressants que les plus célèbres - sont là aussi.
    Philippe Dagen les a, chaque fois que cela a été possible, rencontrés chez eux, dans leur atelier, qu'il décrit tout en rapportant leurs conversations, souvent impromptues. Ils parlent d'eux, de leurs trajectoires, de l'actualité, de leur art - et de l'art en général. L'auteur, qui est parvenu à faire parler des artistes parfois réticents, a réuni ainsi une galerie de portraits qui est aussi un paysage instantané de l'art contemporain La réunion de ces entretiens est un document passionnant sur ce monde peu accessible.

  • Hodler Monet Munch

    Philippe Dagen

    • Hazan
    • 14 Septembre 2016

    Pourquoi réunir le temps d'une exposition Ferdinand Hodler, Claude Monet et Edvard Munch ? Parce que ce sont des peintres essentiels de la modernité européenne, entre impressionnisme, post-impressionnisme et symbolisme. Parce que leurs oeuvres s'avancent dans le xxe siècle - jusqu'en 1918 pour Hodler, 1926 pour Monet et 1944 pour Munch - et qu'elles ont exercé une influence déterminante dans l'histoire de l'art.Mais, plus encore, parce qu'ils ont, tous les trois, affronté des questions de peinture en apparence insurmontables, avec la même constance et au risque d'être incompris. Comment peindre de face l'éclat éblouissant du soleil, avec de simples couleurs sur une simple toile ? Comment peindre la neige ? Comment suggérer les mouvements et les variations de la lumière sur l'eau ou sur le tronc d'un arbre, malgré l'immobilité de la peinture ?« J'ai repris encore des choses impossibles à faire : de l'eau avec de l'herbe qui ondule dans le fond... c'est admirable à voir, mais c'est à rendre fou de vouloir faire ça. » Ces mots sont de Monet, mais ils pourraient être ceux du peintre qui, jusqu'à sa mort, s'obstine à étudier l'horizon des Alpes depuis sa terrasse, de l'aube au crépuscule - Hodler. Ou de celui qui revient inlassablement - jusqu'à la dépression - sur les mêmes motifs colorés, une maison rouge, des marins dans la neige, le couchant - Munch. Tous trois ont mis la peinture à l'épreuve de l'impossible.

  • Le sujet de ce livre n'est pas la peinture animalière. Il s'agit d'un essai illustré sur la place, la fonction et la symbolique de la représentation de l'animal dans le champ pictural, de la Renaissance au XIXe siècle. Comprendre pourquoi un animal est présent dans une oeuvre où nulle habitude ne l'impose à priori. Dans la lignée de Daniel Arasse, Nadeije Laneyrie-Dagen vise ici à approfondir la compréhension des oeuvres à travers une observation du détail, une "microhistoire" de l'art dans laquelle se confronte le voir et les savoirs (histoire, esthétique, technique ...).
    Dans une langue alerte et aussi précise que l'impose son approche, elle offre au lecteur une sensibilisation du regard et des clés de compréhension sur un motif important de la peinture occidentale.


  • Autant qu'une invention, c'est une conquête, lente, désordonnée, puis décisive qui est racontée : la découverte et la représentation du corps dans les arts. Car, à chaque instant, à chaque époque, apparaissent toutes sortes d'enjeux du point de vue des codes sociaux ou hygiéniques, mais aussi du point de vue spirituel et philosophique.


  • étudiants mais aussi des amateurs d'histoire de l'art, Le métier d'artiste - dans l'intimité des ateliers place le lecteur au coeur du quotidien des artistes et de la création, pour le faire accéder à une contemplation encore plus intime et à une meilleure compréhension des oeuvres.
    Une gradation chronologique lui permet de visiter successivement l'atelier médiéval (celui de la création collective), d'entrer dans l'intimité des artistes de la Renaissance (premier moment d'une création solitaire), de partager les préoccupations, les aspirations des peintres au temps des académies, puis leurs révoltes au XIXe siècle, et enfin de traverser l'aventure toujours périlleuse des avant-gardes, durant le XXe siècle.
    Ouvrage pédagogique essentiel pour tout visiteur d'exposition, tout étudiant ou amateur de beaux-arts, Le métier d'artiste - dans l'intimité des ateliers est abondamment illustré et émaillé d'anecdotes et de citations, qui offrent un panorama vivant et savoureux de l'histoire de l'art.

  • Que fut la Première Guerre mondiale pour les peintres ? Ce que l'on imagine : l'interruption des relations artistiques en Europe, l'éclatement des groupes, la paralysie des mouvements avant-gardistes qui prospéraient depuis le début du siècle.
    Pour la plupart des peintres d'entre vingt et quarante ans, ce fut surtout la mobilisation, quatre années de danger, les combats, les tranchées et, pour plusieurs, la mort. Mais ce fut aussi l'expérience des limites de la peinture. Pour la première fois, un événement capital a, pour l'essentiel, échappé à l'art des peintres. Peu d'oeuvres en sont nées et des questions se sont posées bientôt : que peut le dessinateur ou le peintre face à une réalité trop dissimulée, trop raide, trop moderne pour lui ? Que peut il en comparaison du photographe, sinon du cinéaste, hommes de l'instantané et du document sur le vif ? Doit-il renoncer à peindre l'histoire de son temps, parce que celle-ci lui échappe ou, à l'inverse, doit il chercher des formules nouvelles dans le cubisme et le futurisme ? Celles-ci peuvent elles affronter l'horreur du champ de bataille et l'immensité de la souffrance ? On voit quelles seraient les conséquences si le peintre, décidemment, devait renoncer dans cette épreuve.
    Tel est le propos de l'ouvrage, dont les principaux « héros » se nomment Leger ou Dix, Derain ou Severini, Vallotton ou Kokoschka, Beckmann ou Picasso.

empty