• Lorient-Keroman, 2016.

    Je marche sous la pluie. Une odeur de poissons envahit mes narines.
    Des docks, des entrepôts, des marins, des navires.
    La pluie souvent fouette le bassin, le Slipway où l'on répare et repeint les bateaux. Dans les Dom-bunkers, immenses cathédrales allemandes de la Seconde Guerre mondiale, les soudeurs travaillent le métal.
    Au fil de deux années, je vais réaliser un travail lent, réfléchi qui mêle portraits et lieux, objets et paysages. Je cherche à capter la poésie qui se dégage de ce vaste théâtre industriel, dans lequel l'homme se mesure à l'océan. J'utilise une chambre photographique, qui fonctionne avec des plan-films de 4x5 inch, pour suspendre le temps, pour conserver la mémoire du quartier de Keroman. Je compose chaque image sur mon dépoli, m'abritant sous mon voile noir, positionnant mon appareil lourd, monté sur pied, enregistrant le monde dans son épaisseur.

  • August sander, un photographe d'allemagne Nouv.

  • "Il y a toujours plusieurs villes dans une ville. Il y a la ville des urbanistes, des architectes, des paysagistes ; celle des habitants. Il y a aussi celle des marcheurs, des arpenteurs, des voyageurs.Mais on voyage peu vers Cesson-Sévigné.
    Notre vie quotidienne est faite de cette cécité à l'ordinaire. Pour ouvrir notre regard, il nous faut succomber à l'exotisme. Ce n'est pourtant pas le rôle de la photographie de ne produire que des cartes postales. Elle est plus passionnante quand elle regarde le monde avec lucidité, sans fard. J'ai donc arpenté Cesson-Sévigné, pendant quelques mois : suivant des lignes, des sentiers de traverse, marchant jusqu'aux lisières, dans cette zone intermédiaire entre ville et campagne : frange mobile.
    J'ai traqué les métamorphoses de la ville, entre lotissements et jardins, zones d'activité et parcs de loisirs.
    Ces images sont un journal de bord de ces paysages et de leurs métamorphoses. Elles procèdent par notations dans le cadre rigoureux du viseur carré et sont des repérages pour penser le monde périurbain et ses transformations." Daniel Challe

  • Fuga

    Daniel Challe

    Fuga est le livre des réminiscences, hommage à la beauté de l'éphémère et de l'instantané photographique. Dans un nouveau chapitre de son Journal photographique, Daniel Challe explore les paysages mémoriels de l'enfance et de l'adolescence, et nous entraîne vers les contrées du « lâcher-prise » et de la dépossession : la Méditerranée, Naples, Bombay puis l'Inde du Sud.
    Road-movie intimiste, voyage aux confins du rêve et de la réalité, Fuga est un long poème photographique. Dans une chorégraphie mouvante et colorée, le livre mélange sensations, gestes, corps, lieux traversés, fragments lumineux du hasard et des rencontres avec la physique du monde dont le photographe nous donne quelques éclats dans un texte qui accompagne les images.
    Proche de la poésie, cette nouvelle série Fuga, prolonge ce Journal sous la forme des fragments lumineux et imparfaits d'un Voyage, mêlant intimité et exploration du monde, dans un battement des images proches du rêve.

  • Baby box

    Daniel Challe

    "Georges Eastman Kodak commercialise sa première Brownie Camera en 1900. Destinée aux amateurs et aux enfants, elle est une boîte à capturer les rêves. Les Brownies sont aussi ces petits démons, décrits par Robert Louis Stevenson dans son Chapitre sur les rêves qui préfigure les découvertes de Sigmund Freud et de la psychanalyse.
    Dans cet essai, Daniel Challe revisite son journal photographique à partir de cette coïncidence : la découverte de l'Inconscient et l'invention des appareils photographiques d'amateur. Il pose la question d'une possible relecture de l'histoire de la photographie par d'autres chemins que celui du Réalisme, en questionnant la photographie dans sa dimension onirique... à cet endroit où elle conjugue le regard de l'amateur et celui de l'enfant."

  • Nous avons voulu revisiter le pays de Courbet, en retrouver les ressemblances et réfléchir les différences qui désormais nous en séparent. L'instrument de mesure est une chambre photographique. Pendant que l'un photographiait avec cette « chambre », l'autre écrivait et l'accompagnait, le guidait en Franche-Comté dans une région qui est sa région natale. Dix neuf photographies donc, qui riment avec la naissance de Courbet en 1819, rythment durant quatre saisons notre périple. En arpentant les paysages de la vallée de la Loue dans les environs d'Ornans que la peinture de Courbet éclaire « comme la lumière », nous avons voulu également revisiter l'esprit qui animait le réalisme, essayer de le traduire à partir de notre propre inquiétude, tant du point de vue de la photographie que de celui l'écriture. En fait, presque un manifeste.

empty