• Pourquoi elle ?
    Pourquoi une biographie de Jacqueline de Ribes ?
    Je ne m'étais intéressée jusque-là qu'à des vies dont l'art était le coeur battant. Des vies dont l'essentiel fut de peindre, écrire ou sculpter.
    C'est sa propre vie qui est l'oeuvre de Jacqueline de Ribes. Une vie qu'elle a magnifiée, sublimée, mais qui garde à mes yeux sa part de mystère.
    Quelle femme et quels secrets se cachent derrière la légende de papier glacé ?
    Figure de la jet-set des années soixante. L'un des « Cygnes » préférés de Truman Capote et de Richard Avedon. Amie d'Yves Saint Laurent et de Luchino Visconti. Elle est devenue une icône du style et un symbole de l'élégance française. Une reconnaissance mondiale illustrée, en 2015, par une magistrale exposition au Metropolitan Museum de New York. Son visage a été projeté en pleine lumière sur l'Empire State Building.
    Ce destin, qui voit s'achever l'ancien monde et apparaître de nouveaux codes, des innovations stupéfiantes, j'ai tenté d'en déchiffrer l'énigme.
    D. B.

  • Mes vies secrètes

    Dominique Bona

    Dans un récit intime en forme de confession, Dominique Bona retrace sa vie d'écrivain, à la fois romancière et biographe. Elle dévoile ses émotions, ses sentiments et les rencontres qui ont construit sa propre identité. Car si ses romans ont remporté successivement les prix Interallié et Renaudot, elle s'est depuis intéressée aux vies des autres, qui ne sont pas toujours les plus connus - ainsi les soeurs Heredia, Berthe Morisot, Gala Dalí, Clara Malraux, la famille Rouart, mais aussi Romain Gary, Stefan Zweig, Camille Claudel et Colette. Dominique Bona défie aussi l'interdit en dévoilant les amours secrètes d'André Maurois et de Paul Valéry.
    Dans ce récit enlevé, plein d'humour sans être dénué de nostalgie, elle raconte la part cachée de ses livres, les enquêtes pleines de risques et d'embûches, les coups de foudre, les hasards et les désillusions qui ont fait de chacun d'eux une histoire personnelle. Elle convoque avec tendresse et humour les personnages de sa famille imaginaire mais, sous le masque que le biographe s'impose toujours pour raconter d'autres vies que la sienne, c'est elle que l'on découvre, dans cette autobiographie d'une vibrante sincérité.

  • Août 1914. Dans un joli chalet du 16e arrondissement, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Il y a Marguerite Moreno, la comédienne  ; Annie de Pène, la chroniqueuse et « presque soeur »  ; Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma. Ces quatre femmes libres qui portent les cheveux courts et délaissent le corset, n'oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Elles vont vers l'être aimé, quel qu'il soit. Au coeur de l'histoire, sanglante et sauvage, elles affirment leur personnalité, leur amitié et leur insoumission.
      Un récit sensible, nuancé. Des mondes enfouis surgissent. C'est fascinant. Marie-Françoise Leclère, Le Point.

    Portraits vivants, sens des destinées, refus de l'exhaustivité. Une biographie non conventionnelle, à l'image de ses héroïnes. Marie-Laure Delorme, Le JDD.

    La biographe semble être une envoyée spéciale revenue d'un reportage.  Bernard Morlino, Le Magazine littéraire. 

  • Dominique Bona Berthe Morisot Cette jeune femme en noir, au bouquet de violettes, aux yeux profonds, que peint Manet dans les années 1870, c'est Berthe Morisot. Elle garde sur son visage altier comme un secret. Un modèle parmi d'autres ? Non : la seule femme du groupe des Impressionnistes. Berthe Morisot, née dans la province française en 1841, fille de préfet, peint et expose parmi ce clan d'hommes, ceux qui sont encore des réprouvés sans public, des réfractaires à l'art officiel : Manet, Degas, Monet, Renoir. Ardente mais ténébreuse, douce mais passionnée, aimant la vie de famille mais modèle et amie - et qui sait ? peut-être davantage - d'Edouard Manet dont elle épouse le frère : il y a une énigme dans les silences et les ombres de Berthe Morisot.
    Dominique Bona, puisant aux archives inédites, fait tournoyer la fresque de l'Impressionnisme : de Giverny aux plages normandes, de Mallarmé rédigeant des billets doux pour Méry Laurent ou Nina de Callias aux lavandières qui posent pour Renoir, de la sanglante Commune de Paris au règne de la bourgeoisie corsetée, des salles du Louvre aux ateliers de la bohème.
    Dominique Bona peint ici le portrait subtil d'une artiste qui inventa sa liberté.

  • Romain gary

    Dominique Bona

    Cette première grande biographie de romain gary éclaire les mille facettes de celui qui fut l'auteur d'une des plus belles mystifications littéraires de tous les temps : emile ajar.
    Il y eut l'enfant juif, pauvre, né à moscou en 1914, l'adolescent ambitieux qui se fit connaître de kessel et de malraux, le soldat de de gaulle, aviateur dans les forces françaises libres, le diplomate qui sillonna l'europe avant de conquérir l'amérique, le consul général de france à los angeles, le mari de jean seberg.
    Gary, deux fois prix goncourt, resta toujours obsédé par la recherche lancinante du dépassement de soi-même.
    Il fut un homme de vastes ambitions et de grandes passions, un artiste dans son siècle et un magicien du rêve.

  • Fièvre, passion, génie. c'est sous les signes de feu de la création et de la destruction qu'ont vécu les claudel: camille le sculpteur, paul le poète.
    Cette biographie évoque, pour la première fois, leurs rapportsfusionnels. camille, intransigeante, affronte les incertitudes de l'art et de la vie de bohème ; paul trompe son mal de vivre dans les voyages et l'exotisme, en chine, au brésil, au japon. ces destins, séparésen apparence, se sont nourris l'unde l'autre. la soeur et le frère vont connaître les mêmes amours funestes. paul s'éprend de rosalie vetch, une femme mariée qui l'abandonnera ; camille subit l'envoûtement de rodin jusqu'à la folie.
    Dominique bona retrace les épisodes de leurs vies tourmentées. elle révèle les liens profonds entre ces deux artistes lumineux et déchirés : unis, au-delà de l'adversité, par une fraternité indestructible.

    Grand prix littéraire des lectrices de elle 2007.

  • Le mystère Zweig, personnalité multiple, percée à jour par une femme intuitive, écrivain et biographe comme lui. Un livre saisissant.
    Comment un écrivain aussi discret que Stefan Zweig (1881-1942) est-il parvenu à allumer un feu chez ses créatures romanesques, principalement féminines,et à le faire partager à ses lecteurs ? Sensibilité à vif sous son élégance Mitteleuropa de juif autrichien, cet artiste attire la foudre. Choyé par les élites, ilaurait pu demeurer l'archétype d'une civilisation disparue, broyée par les guerres et les totalitarismes. Or, bien plus que certains de ses contemporains naguère illustres, il n'a pas cessé de séduire. Ses biographies de Fouché et de Marie-Antoinette conservent un charme et une profondeur inégalés. La Confusion des sentiments continue de troubler. Peut-être les lueurs sombres, les fumées délétères de son oeuvre correspondent-elles à nos tourments contemporains.
    « Tenter de rendre vivant cet homme de passion à travers une biographie passionnée », telle était l'ambition de Dominique Bona : défi relevé, et avec quel talent !

  • Tout le monde connaît Yvonne et Christine Lerolle. Elles ont été immortalisées par Renoir dans son tableau : Yvonne et Christine Lerolle au piano (1897). Leur père Henri était peintre et collectionneur. Il comptait parmi ses familiers des artistes, des écrivains, des musiciens : Renoir, Degas, Debussy, Chausson, Mallarmé, Gide, Claudel... Elles avaient tout pour être heureuses, quand Degas, qui aimait jouer les entremetteurs, eut l'idée de les marier à deux des fils d'un autre collectionneur de ses amis, Henri Rouart. Les soeurs Lerolle, devenues les soeurs Rouart, en avaient fini avec le bonheur et l'insouciance.

  • Gala

    Dominique Bona

    Femme éprise d'aventure dont le destin doit tout à la passion : Gala est une compagne dont la séduction exceptionnelle reste un mystère. Pour ses amants au coeur d'enfants, pour ses maris, elle est une mère et une amante : en elle, Paul Eluard, Max Ernst comme Salvador Dali puiseront une sorte d'air vital, puissant, sans lequel ils ne seraient peut-être pas devenus les artistes que nous connaissons.
    Pourtant Philippe Soupault la surnomme «la Gale», Peggy Guggenheim la décrit comme «la plus antipathique des femmes»... C'est que Gala toise son monde avec arrogance. Elle n'a pas d'amis et ne souhaite pas en avoir. Elle est solitaire, fermée sur son univers intérieur qu'elle garde farouchement secret. Aussi quelques légendes lui collent-elles à la peau. Femme fatale aux terribles appétits, Gala serait cupide, arriviste, nymphomane et cynique..., mais capable pourtant de fasciner amoureusement trois des plus grands artistes de ce siècle.
    Cette biographie n'idolâtre pas Gala. Elle cherche les clés d'une personnalité méconnue, accoucheuse de grands talents. Elle nous présente l'aventure surréaliste sous un jour nouveau ; c'est l'autre côté du miroir où les poètes, les peintres les plus célèbres, Eluard, Dali et leurs amis, leurs amours compliquées, forces et faiblesses mises au jour, sont à redécouvrir.

  • 1938. À soixante-six ans, écrivain et poète légendaire, professeur au Collège de France, père de famille et mari aimant, Paul Valéry est le grand personnage de la Troisième République. Pourtant, c'est un homme sans défense qui s'engage dans une bataille qu'il s'était juré de ne plus livrer : celle du coeur. Il est amoureux, et Jeanne Voilier, trente-cinq ans, est la plus terrible des guerrières.
    Avocate, éditrice, divorcée et libre de moeurs, courtisée par les plus grands, elle a pris sa revanche sur ses origines lorsqu'elle rencontre Paul Valéry. Lui aussi a connu d'autres femmes, mais jamais il n'a laissé l'amour briser la forteresse de son esprit ou nuire à sa famille et à son écriture. Le corps sculptural de Jeanne, son sourire, son charme mystérieux auront raison de lui. C'est l'histoire d'un couple hors du commun, talentueux, tendre, cruel, traversé par la littérature et par la grande histoire.
      Un récit magistral.  Bruno Corty, Le Figaro littéraire.

  • Malraux, ce n'est pas seulement André. C'est aussi Clara : sans elle, sa vie, sa légende auraient sans doute été différentes. Entre eux a existé un lien fait de complicité et de passion. Ils se sont aimés, déchirés, trompés. Ils ont tout connu ensemble, sauf l'ennui. Vivant éperdument et en communion les fêtes des années vingt, à la confluence des débats intellectuels, politiques et artistiques, ils ont trouvé dans les voyages l'exotisme, la révolution chinoise, la drogue qui convenait à leurs tempéraments survoltés. [.] Destin magnifique et cruel. Ce livre montre comment une femme moderne, libre, tente d'exister à l'ombre d'un grand homme. Non pas par lui mais avec lui. Et même, sans lui. D. B. La biographie de Dominique Bona se lit comme un roman. Roman de guerre, roman politique, roman d'amour. Bernard Pivot, Le Journal du dimanche. Passionnant et bouleversant de la première à la dernière page. Version Femina.

  • Argentina

    Dominique Bona

    Argentina, terre de rêve et d'espérance, planète imaginaire pour tous les Européens qui, au début du siècle, vont chercher fortune en Amérique du Sud.
    Jean Flamant a vingt ans. Pauvre mais ambitieux, il quitte le Nord de la France, brisé par la guerre. En mai 1920, il s'embarque à bord d'un somptueux paquebot avec la foule des émigrants de troisième classe en direction de La Plata. Argentina raconte la saga d'un homme façonné à travers de multiples rencontres et de multiples lieux. De Buenos Aires à la Terre de Feu, s'écrit une aventure aussi passionnée que la terre qui l'a inspirée.

  • Il existe des familles de peintres. La famille Rouart appartient à cette catégorie. Henri Rouart, grand collectionneur, inventeur, et peintre lui-même à la fin de sa vie, créa autour de lui un réseau familial et amical où l'on retrouvera, entre autre, Edgar Degas, Edouard Manet et Berthe Morisot. Son rôle de collectionneur a par ailleurs fait date dans l'histoire de l'impressionnisme. Son fils Ernest, époux de Julie Manet - fille de Berthe Morisot - était quant à lui artiste-peintre, aquarelliste, pastelliste, graveur, et collectionneur français.
    Enfin, son petit-fils Augustin, proche de Maurice Denis, fut un "moderne des années 30" C'est l'histoire de cette famille que nous présenterons dans ce beau-livre, à travers plus de quatre-vingt oeuvres - peintures, aquarelles et dessins.

  • Une vie de Gala

    Dominique Bona

    Qui était Elena Diakonova, plus connue sous le nom de Gala, la mystérieuse et inséparable épouse de Paul Eluard puis de Salvador Dalí ?
    Solitaire, fermée sur un monde intérieur dont elle garde farouchement le secret, Gala fascine et joue de ses multiples sortilèges. En elle, ces deux grands artistes du XXe siècle ont puisé une énergie vitale, puissante. Elle fut une part de leur génie.
    Cette biographie, enfin illustrée et riche d'archives inédites, nous présente l'aventure surréaliste sous un jour nouveau.

  • «  Berthe Morisot est au coeur sinon le coeur de la grande aventure impressionniste. Ni grâce ni muse, mais peintre à part entière dans un univers d'hommes qui admirent son pinceau, sa palette autant que ses yeux noirs , elle figure parmi les artistes les plus audacieux de son époque.
      Degas, Monet, Renoir furent ses amis et la tenaient en haute estime. Manet l'a peinte inlassablement, elle porte son nom pour l'état-civil. Provocation...  ? C'est un monde sans sexe et sans violence que j'ai choisi de peindre à travers ce portrait d'une femme résolument pudique, secrète, étrangère à toute forme d'exhibitionnisme, et pourtant passionnée, ardente, dont toute la vie est habitée par les démons du désir et du rêve.  »D. B.

  • Malika

    Dominique Bona

    Près de Saint-Tropez, dans une luxueuse maison qui domine la mer, David et Marie-Hélène Paul-Martin passent leur été, comme chaque année. Il y a leurs enfants, leurs amis avec qui ils forment une société artistique et mondaine ; il y le ciel bleu, le soleil, tout pour être heureux. Il y a enfin et surtout Malika. Jeune, très belle, venue du Maroc, elle a été engagée pour s'occuper des enfants et de quelques travaux domestiques.
    Personne ne pouvait se douter, cet été-là, que la seule présence de Malika allait bouleverser l'ordre des vacances, du bien-être, mais aussi l'ordre souterrain des passions, des pulsions du corps et des sentiments. Malika est-elle une créature ensorcelante, diabolique ? Est-elle l'héroïne d'une ambition secrète, d'une revanche redoutable ? Ou bien, tout simplement, une jeune fille innocente, inoffensive, sur qui chacun projetterait ses fantasmes, ses mensonges ou ses perversités ? Construit à la manière d'une enquête, ce roman cherche à comprendre, cerner et percer une vie, dont l'étonnante complexité finit bientôt par nous envoûter.
    Malika, à la fois insaisissable et si présente, offre au lecteur un personnage de femme qu'il n'oubliera jamais.

  • Trois femmes superbes et capricieuses face à un écrivain célèbre. Trois destins dont il reste une correspondance totalement inédite, ici dévoilée, qui court sur un demi-siècle, un paquet de lettres et de notes où elles ont jeté en vrac leurs espoirs et leurs promesses, leurs mensonges et leurs attraits. L'homme, c'est Emile Herzog, plus connu sous le nom d'André Maurois (1885-1967), qui fut une gloire en France et à l'étranger, et dont on découvre sous l'habit d'académicien le visage caché du séducteur, de l'amant qui souffre, qui fait souffrir, qui s'enflamme, et puise non sans perversité la matière de ses livres dans cette acrobatie amoureuse. Et les femmes ? Les voici :
    C'est à Genève, en 1909, que l'héritier d'une usine de textiles, élevé avec rigueur, rencontre Janine de Szymkiewicz, tout son contraire. Elle a 17 ans, c'est la fille aux cheveux blonds d'un comte polonais mort de phtisie, et d'une mère bohème et volage, catholique et coûteuse. Il faut beaucoup de patience à Emile, bourgeois et juif laïc, pour convaincre les deux familles de consentir au mariage. Ce visage d'ange, ce corps qui réclame les soins et les fourrures les plus chères, cette épouse slave, il l'aimera follement. La preuve ? Ces lettres tendres, mutines, protectrices. Il les envoie de partout, des usines d'Elbeuf à la ligne de front de la première guerre, parmi les blessés, lui dissimulant une boucherie qu'elle peine à imaginer, et brimant gentiment ses demandes d'argent, de fleurs, de chapeaux. « Quand serai-je sage ? » dit-elle, dansant à Deauville, et peut-être davantage, dans les bras de dandys américains. Ils auront trois enfants, dont deux garçons qui ne sont peut-être pas de lui... Neurasthénique, elle meurt à l'âge de 31 ans, des suites d'un avortement. Emile est devenu André Maurois après avoir publié Les Silences du colonel Bramble. Inconsolable ? Pour combien de temps ?
    Paris, 1924. Issue d'un milieu proustien, petite-fille de la muse d'Anatole France et fille du dramaturge Gaston de Caillavet, snob et anorexique, brune élancée, Simone de Caillavet sera « l'infirmière du coeur » d'André Maurois. C'est bientôt un couple à la mode, de toutes les fêtes. Elle est la dactylographe dans l'ombre, la confidente, la conseillère, parfois la victime. Ses liens avec l'Académie faciliteront l'élection de l'ambitieux Maurois en 1936, grâce à l'appui d'un certain Maréchal Pétain ! Ce que les gaullistes n'oublieront pas. Simone écrit beaucoup, lettres et poèmes. Elle se sait moins aimée, adulée, que ne le fut Janine. Jusqu'à leur exil aux Etats-Unis, pendant qu'en France on craint pour la survie de la famille Maurois, elle ne cesse de se battre contre les « sirènes ».
    Lima, 1947. C'est à « la voix même de l'Amour », au corps sensuel et troublant d'une admiratrice, qu'André Maurois va s'abandonner, s'affichant avec elle lors d'une tournée de conférences en Amérique du Sud. 20 jours et 54 lettres : cela suffit à l'entêtante présence de Maria de Las Dolorès Garcia, la péruvienne, pour captiver un homme qu'affole sa beauté, et qu'il chante dans des lettres et poèmes presque naïfs. Simone veille, souffre, et dompte ce Don Juanisme. Elle retournera cet embrasement final à son profit - alors qu'André Maurois en fera encore un autre livre. Maurois a-t-il été fidèle à une seule femme ? Ou à une image idéale ? N'y aurait-il qu'un seul amour ?

  • Les yeux noirs, ce sont ceux de trois soeurs, Hélène, Marie et Louise, les filles du poète José-Maria de Heredia.
    D'origine cubaine, légères, impertinentes et volupteuses, elles promènent leur charme sur la fin du XIXe et la moitié du XXè siècle, au milieu d'une société étonnament brillante d'écrivains et de poètes, de Marcel Proust à Pierre Louÿs, d'Henry de Régnier à Paul Valérie.


    La grande affaire de leur vie, c'est l'amour. Leur beauté rend fous les hommes célèbres qui les entourent. Elles n'aiment pas beaucoup le monde réel et sa banalité mais possèdent des dons très grands pour le rêve et les voyages en chambre. De fantaisies érotiques en scandales mondains, elles agissent derrière le paravent des usages avec une liberté surprenante pour leur époque. Avec entêtement, chacune à sa manière cherche son épanouissement entre les exigences d'une société austère et guindée et un goût frénétique pour le bonheur.


    Cette biographie de trois soeurs est un tableau de moeurs artistiques et littéraires. C'est aussi un authentique roman d'amour.


    Dominique Bona, agrégée de lettres, écrivain et critique littéraire, a publié notamment : Romain Gary (Grand Prix de la biographie de l'Académie française, 1987) et Le Manuscrit de Port-Ebène (Prix Renaudot, 1998).

  • « Du balcon, elle regardait le palmier et au loin, l'ombre violette des dunes. Tout autour, invisible dans la nuit, s'étendait la ville morte. Pas un bruit ne montait vers elle, pas un frisson de vent. »
    Sarah, une femme désormais sans attaches sentimentales, parvenue à un tournant de sa vie, se calfeutre dans une villa de la Belle Epoque, sur les hauteurs d'Arcachon. Décor mauresque, moiteur de serre, jardin tropical. Sarah aimerait connaître les passions et les fièvres que le présent ne lui a pas toujours offertes. Elle flotte dans ce paysage délavé de gris sans savoir à quoi s'employer. La maison, musée et boudoir, la fascine peu à peu. Quel mystère hante encore la villa Teresa ? D'où sortent les fantômes d'une présence féminine toujours palpable ? Qui était le baron Ifla Horus à qui appartenait la villa ? Dans « cet univers à la fois arrogant, désuet et secret » d'une ville balnéaire où les malades de la tuberculose venaient jadis chercher une guérison impossible, la belle oisive va basculer dans le passé. En effet, c'est à la faveur d'une rencontre avec un étrange notable, pharmacien mais bibliophile à ses heures, qu'elle croise la biographie de Gabriele d'Annunzio, jouisseur tout autant que poète, mais aussi une femme russe, dont chacun autour d'elle semble porter le deuil. Du présent où l'attend peut-être un dernier amour et du passé où les maîtresses de d'Annunzio réclament leur plaisir, qui va triompher ?
    Dominique Bona a écrit ici un voyage vers le jadis, s'inspirant des touffeurs et des charmes d'une Ville d'Hiver, encerclée par la maladie comme par les fantômes, plus vivants que les promeneurs d'aujourd'hui.

  • Saint-Domingue, au dix-huitième siècle, la plus belle colonie du Roi de France. La jeune femme d'un planteur de canne à sucre, d'abord effrayée par l'île opulente, se laisse peu à peu envoûter : les chevauchées à cru sur la plage, les peaux noires et nues, le tambour de la nuit africaine qui monte avec les ombres. Une nuit tropicale et dangereuse, une nuit vaudoue. La dame de Saint-Domingue va risquer sa vie et l'honneur des siens, alors que l'île s'affranchit de l'esclavage, dans la passion. Elle laisse en héritage le manuscrit de Port-Ebène.De nos jours, au mas de Maguelonne, l'éditeur Jean Camus lit dans la hâte le récit de la dame d'autrefois. De sa voix si claire, cette femme possédée révèle ses amours interdites. Le sang qui baigna l'île, alors, fut-il seulement celui de la Révolution française ? Le manuscrit retrouvé est-il exorcisme ou confession ?Dominique Bona a écrit un roman voluptueux et magique où passe comme en rêve toute histoire de Saint-Domingue, Haïti aujourd'hui : planteurs despotes, esclaves en fureur, docteurs-feuille jeteurs de sort, métis préparant le renversement de la colonie, traîtresses et innocents. Une fresque noir ébène et rouge sang d'où se détache le visage d'une femme libre d'aimer. Dominique Bona a publié plusieurs romans et biographies parmi lesquels les Yeux noirs (1989), Malika (Prix Interallié 1992) et, dernièrement, Stefan Zweig, l'ami blessé (1996).

  • "C'est un atelier de l'île Saint-Louis, au fond d'une cour. La Seine a beau couler tout près, le long du quai de Bourbon, ses eaux miroitantes sont invisibles depuis ce rez-de-chaussée, fermé sur l'intérieur. Un décor misérable, crépusculaire. Le jour n'y pénètre plus depuis que l'occupante des lieux a cloué des planches sur ses volets pour obturer les fenêtres. Nul ne pénètre que par exception dans cet antre de sorcière, prison volontaire où Camille Claudel, après sa rupture avec Rodin, s'est emmurée vivante".

  • Lorsque Clara Goldschmidt, née en 1897 à Paris, rencontre André Malraux, elle a 24 ans, une enfance heureuse à Auteuil, de l'argent, une famille juive-allemande cultivée, cosmopolite. Lui a 19 ans, une famille dont il ne dit rien, une allure de « petit rapace hérissé à l'oeil magnifique » selon Mauriac, il a tout lu et peu vécu.
    Le nouveau livre de Dominique Bona raconte la vie passionnée et tumultueuse d'une femme, dans le miroir d'une grande histoire d'amour. Quand Clara dit longtemps « Nous », André Malraux lui répond surtout « Je ». Ils furent deux, en effet, au Cambodge et à Angkor lorsque le futur auteur de La voie royale, mué en voleur de statues khmères, écope de trois mois de prison ferme et que Clara bataille à ses côtés pour obtenir sa libération. Deux en Afghanistan, en Iran, au Cachemire, au Japon, à New York, partout où ce couple indissociable dirige ses pas ; puis trois à la naissance de Florence Malraux, juste avant le prix Goncourt obtenu en 1933 pour La Condition humaine. Deux aussi dans les engagements politiques de l'avant-guerre, en URSS, en Espagne où Clara aide Malraux à relever le magnifique défi de l'escadrille Espana. Viennent les dissensions et la solitude, et la souffrance pour une femme courageuse qui pourrait confesser, telle l'héroïne de son roman Grisélidis : « Vous n'avez pas le droit de m'abandonner puisque vous êtes irremplaçable ».
    En 1937, Malraux et Clara divergent politiquement, et au privé l'écrivain tombe amoureux de la belle Josette Clotis. Résistante dès 1941, fidèle d'un cercle d'intellectuels parmi lesquels Edgar Morin ou François Fejtö, Clara traverse difficilement la guerre en juive clandestine, sa fille au plus près d'elle, alors que Malraux observe les choses à distance, avant de faire sa métamorphose sous les traits gaullistes du colonel Berger. Le couple divorce en 1947.
    Elle, révoltée, généreuse, militante, prête à tous les combats, dont celui de la guerre d'Algérie. Lui, ministre de De Gaulle, chargé des affaires culturelles en 1958, inquiétante figure repliée dans les songes de grandeur, écoutant Les Voix du silence plutôt que les cris des torturés d'Alger. Clara, découvrant la civilisation du Kibboutz, retrouve ses racines en Israël. André, crépusculaire, chez Louise de Vilmorin, devient le seigneur de ces Chênes qu'on abat. Il meurt en 1976, elle en 1982, sans avoir jamais cessé de porter le nom de l'homme qu'elle a aimé « contre vents et marées ».

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