Littérature générale

  • Le personnage du pirate est aujourd'hui désincarné, en passe de devenir une illusion à l'usage des enfants et des romantiques. Il est temps de retourner voir ce que cachent la légende et les interprétations anarcho-poétiques, à la découverte des hommes et des faits.
    Dominique Le Brun a réuni six récits -témoignages vécus ou enquêtes - qui restituent la réalité nue. Il propose ainsi une expérience troublante : voyager en compagnie des criminels de la mer à travers le temps et l'espace. L'exaltation de la chasse, le face à face entre victime et bourreau, l'or, le sang et la peur... cette violence extrême qui court à travers les textes fait que le livre n'est pas à mettre dans les rayons jeunesse. Mais on y trouve encore et toujours, au-delà du pillage et du meurtre, le vent de l'aventure absolue, celle que portent les océans.

    Témoignage d'un captif des Barbaresques (XVIe siècle) - Portraits de flibustiers, par un homme qui les a connus, OExmelin (XVIIe siècle) - Histoire de Jean Lafitte, par Georges Blond (début XIXe siècle) - La piraterie dans le Pacifique (enquête sur affaire de la Papeete, fin XIXe siècle) - Mémoires du "dernier corsaire", Lückner (1914-1918) - L'affaire du Ponant, témoignage du skipper du bateau (2008). L'anthologie est composée d'extraits d'ouvrages.

  • Pierre, Louis, René, Guillaume... ils n'étaient pas des pêcheurs comme les autres. Ils n'avaient aps quinze ans quand ils se sont embarqués, et ont labouré vingt années durant les eaux glacées qui vont de l'Islande à Terre-Neuve. Ils racontent l'excitation du poisson qui mord et l'orgueil du retour les cales pleines, mais aussi, surtout, les mers démontées, les tempêtes de neige, la mort tapie dans la brume. On les appelait les "bagnards de l'océan" ou les "galériens des brumes" . Pourtant leurs souvenirs laissent une large place à la gaieté, à l'émotion, et même à la nostalgie. On comprend pourquoi, à écouter leurs voix d'hommes simples et dignes. D'anecdotes en portraits, ils décrivent une aventure comme il n'en existera plus jamais.

  • Moby Dick, de Herman Melville, est plus qu'un chef-d'oeuvre, c'est un mythe. Depuis sa création en 1851, le cachalot blanc du capitaine Achab n'a jamais quitté l'imaginaire occidental. Géant paisible capable de se muer en démon justicier, il a longtemps incarné l'ambivalence de l'âme humaine acharnée à détruire un mal qui est, en fait, caché en lui-même. Il est aussi, à présent, une image de la nature, qui se retourne avec violence contre celui qui la blesse -- c'est à ce titre qu'il inspire de nouveaux films, de nouveaux dessins animés, de nouveaux livres. Il est d'autant plus fascinant de découvrir que Moby Dick avait un modèle, ou plutôt des modèles, auquel Melville emprunta beaucoup, jusque dans les moindres détails. Dans les récits authentiques réunis dans Le Mystère de la baleine blanche ["baleine" était alors un nom générique] court le frisson du mystère qui fait la beauté éternelle de Moby Dick, le mystère de l'animal dont l'intelligence apparaît soudain à l'égal de celle de l'homme.
    Au sommaire, les témoignages des survivants du naufrage de l' Essex, navire baleinier coulé par un cachalot ; le témoignage de l'homme qui se vantait avoir tué le véritable Moby Dick ; la traduction des chapitres du livre de Melville dont les détails sont empruntés à ces témoignages.

  • Jeunesse (nouvelle) - Le Miroir de la mer (recueil de 14 récits) - Le Nègre du "Narcisse" (roman) - Lord Jim (roman) - Le Frère-de-la Côte (roman) « Comment un adolescent, né dans les plaines d'Ukraine à quatre cents kilomètres de la mer Noire et huit cents de la Baltique, peut-il décréter un jour qu'il sera marin alors qu'il n'a jamais vu ni l'océan ni un navire et pas même rencontré le moindre navigateur ? Pourquoi, lorsqu'il se décide à écrire, Joseph Conrad ne choisit-il pas le polonais qui est sa langue maternelle ou le français qu'il maîtrise à la perfection, mais l'anglais qu'il a laborieusement appris en embarquant sur des navires marchands britanniques ? Ce sont là deux des interrogations qui ajoutent un parfum de mystère à une oeuvre romanesque immense et fascinante. » De tous les écrivains de la mer, Joseph Conrad est celui qui a restitué avec le plus d'authenticité la vie à bord d'un navire au temps où les grands-voiliers croisaient la route des premiers vapeurs. Cette anthologie regroupe les oeuvres maritimes les plus remarquables d'un monstre sacré de la littérature anglaise dans des traductions révisées, dont Le Frère-de-la-Côte, son roman ultime et méconnu.

  • Les contributions rassemblées dans le présent volume s'intéressent toutes, à travers des oeuvres différentes appartenant à des genres divers - romans, arthuriens ou non, chansons de geste, poésie lyrique, théâtre, mais aussi compilation historique ou traduction -, à la même question, à savoir la façon dont la littérature française de la fin du Moyen Âge a reçu, relu, réécrit les textes médiévaux antérieurs, et spécialement ceux du Moyen Âge central. Se dévoilent ainsi des postérités plus (Chrétien de Troyes, toujours lui) ou moins attendues (qui se souvient de la mise en prose de Guillaume de Palerne par Pierre Duran ?) ; des phénomènes subtils ou massifs de rajeunissement linguistique, de réécriture - entre le vers et la prose, la " prose en dévers " - ou d'échos, évidemment lyriques ; d'autres de croisement et d'hybridation des matières, des genres, théâtre et allégorie, compilation historique et roman arthurien - sans oublier la légende de Barlaam et Josaphat, qui traverse plus d'un genre. De tous ces textes nouveaux greffés sur d'anciens textes, il peut ainsi ressortir l'image d'une littérature qui ne se construit pas tant dans le recul ou la distanciation vis-à-vis d'elle-même que dans " un toujours jeune recommencement ".

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