• Huit plasticiens dont les démarches artistiques sont pourtant très différentes se réunissent, le temps d'une exposition, pour partager ce qu'ils ont en commun : l'expérience sensible de la montagne. Ils proposent de montrer les dessins qu'ils ont réalisés à partir de leurs randonnées, avec un minimum de moyens, traces fragiles et attentives de rencontres silencieuses et intimes avec la roche, la glace et le vent.
    Une expérience de l'instant qui ne serait pas encore relayée par la pensée, une saisie dans l'urgence de ce qui fait présence, entre deux nuages, avant l'orage, après la pluie, juste le temps d'un éblouissement. Le dessin fait partie de l'aventure, au même titre que la manche ou l'escalade, il est trace que quelque chose a eu lieu là-haut, qui les a un peu rapprochés du ciel.

  • La photographie entretient un rapport complexe et subtil avec la réalité :
    Elle la reproduit de manière fidèle mais ne l'est pas puisqu'elle est soumise au regard subjectif du photographe. Celle que pratique Nathalie Amand emprunte tout autant aux mises en scène et aux poses obscènes des toutdébuts de la photographie pornographique - dès les origines, ces daguerréotypes scandaleux circulaient sous le manteau et à la construction de soi sous le régime des apparences, qui donnera ses quartiers, nobles et vains, à la photographie de studio Second Empire. Claire ou noire, toujours en retard sur la vérité des choses, toujours en avance d'un temps sur leur vanité, la chambre des secrets au carré affûte à votre insu ses ensorcelantes danses du voile...

  • Qu'est-ce qui se cache dans le fouillis de la tête d'Alexandre Christiaens, dans ses tiroirs, derrière son oeil, dans ses photos ? Et surtout qu'est-ce qui s'y montre ? Un savant dosage, précisément - ou plutôt une intense confrontation - d'ordre et de désordre.
    L'objet de l'attention y côtoie souvent l'inconnu, l'indéfinissable ou l'impénétrable. Il s'agit d'isoler certains éléments (constater, certifier ou s'émouvoir), de découper un peu d'ordre dans le désordre, probablement, mais surtout il s'agit d'ouvrir de nouvelles portes, de préserver l'ambiguïté, de creuser la doublure, le revers dans la profondeur des choses, à même l'apparence simple des phénomènes.

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