• Jürgen Habermas s'est tout au long de son oeuvre efforcé de préserver les contenus normatifs de la modernité, les situant à l'origine dans l'espace public et dans la culture. De quelle teneur sont les promesses de la modernité? En quoi sont-elles d'ordre éthique, en quoi sont-elles d'ordre politique? Que signifie le silence qui entoure depuis quelques années dans son oeuvre le thème de la culture?
    Estelle Ferrarese montre comment, oubliant progressivement la culture, Habermas se concentre sur l'espace public, lieu de résistance auquel il donne une connotation strictement politique, lui prêtant une indétermination fondamentale et une capacité à produire son propre être-ensemble.

  • Il semble impossible, dans les théories contemporaines comme dans les discours politiques, de parler de reconnaissance sans parler de lutte. Que signifie alors précisément lutter pour la reconnaissance ?
    Quelles sont les conditions de possibilité de l'affrontement ? Qu'est-ce qui permet de l'identifier, puisqu'il existe des résistances qui restent invisibles ? Pourquoi apparaît-il comme une condition nécessaire de la reconnaissance ?
    Ce livre dégage autant une théorie du conflit qu'un diagnostic sur ce qui le contraint dans les démocraties capitalistes contemporaines. Il observe une grammaire répandue de la contestation, la reconnaissance, tout en éclairant la manière dont elle est prise entre idéologie et réification. Il offre ainsi une réflexion sur les conditions d'un antagonisme réellement émancipateur.

  • Sociologue allemand profondément original et difficilement classable, Niklas Luhmann (1927-1998) a élaboré une théorie ambitieuse et cohérente qui décrit la société moderne comme un système. Constitué non pas d'hommes, mais de communication, il est différencié en sous-systèmes fonctionnels clos sur eux-mêmes au moyen de codes spécialisés : les systèmes politique, économique, religieuse, artistique, juridique, etc.
    Empruntant à des domaines et des auteurs très différents - la biologie de la connaissance, la cybernétique, la théorie de la logique, la linguistique, la théorie de la communication, la phénoménologie, la philosophie de la déconstruction - Niklas Luhmann a construit l'une des oeuvres les plus fécondes et les plus singulières du XXe siècle.

  • La notion de « formes de vie » a émergé il y a une dizaine d'années et circule dans des domaines variés, de la biologie à la philosophie en passant par la sociologie, la science politique et l'anthropologie.
    Mais qu'entendre par « formes de vie » ? Un ensemble de pratiques, d'usages de nature variée, qui donnent à la vie commune des caractères propres, pour ainsi dire diffus, explicitement ou implicitement présents dans les croyances, la langue, les institutions, les modes d'action, les valeurs. Une forme de vie est toujours, en ce sens, particulière, c'est pourquoi il existe des formes de vie, plus qu'une forme de vie.
    De l'étude de ses divers sens chez des auteurs aussi différents qu'Adorno et Wittgenstein à sa portée critique et politique et à ses incidences éthiques, cet ouvrage déploie toutes les dimensions de cette nouvelle approche. En particulier, la porosité entre les sphères privée, sociale, économique et politique, et la nouvelle articulation du social et du biologique.

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