• Alliant la tradition et l'innovation, le cosmopolitisme et l'intimité, l'élégance et la sobriété, voici une sélection d'habitations privées réalisées à Berlin ces dernières années. Ce fl orilège de maisons «d'auteur» conçues et signées par des architectes et des designers sensibles aux nouveaux styles de vie, dessine un paysage citadin à la fois intimiste et créatif.

  • Cet ouvrage analyse une série de discours de type populiste qui trouvent dans l'esthétique leur outil principal, le populisme se présentant comme une forme d'esthétisation du politique.
    Partant de l'analyse de trois exemples historiques et de l'analyse d'une série de débats, l'ouvrage avance l'hypothèse que le dispositif du « populisme esthétique » offre une clé pour comprendre la condition postmoderne. L'hétérogénéité esthétique n'est pas démocratique, comme le prétendent ses défenseurs, mais relève d'une logique de rationalisation. Le populisme esthétique est de nature « surmoderne » plutôt que postmoderne, et porte à leurs conséquences extrêmes une série de caractéristiques de l'idée classique de Modernité.

    Federico Ferrari, architecte, est Docteur de recherche en Urbanisme et enseigne «l'Histoire de la Ville» à l'Université Polytechnique de Milan. Il a contribué à différentes publications sur l'histoire urbaine et l'architecture contemporaine.
    Auteur, avec d'autres contributeurs, de La casa modernissima tra sperimentazione e divulgazione. Ses contributions ont été publiées dans les revues Domus, Il Giornale dell'Architettura et Urbanisme.

    Traduit de l'Italien.

  • La société néolibérale a complètement vidé de son sens la notion de style, en faisant de toute esthétique un simple outil de marketing.
    L'architecture ne pouvait pas échapper à ce bouleversement, qui a brisé le lien indissoluble que la modernité avait espéré établir entre projet esthétique et projet social. Parmi les différentes mises en récit dont le projet architectural et urbain est devenu à la fois l'outil et la victime, cet ouvrage entend en aborder la déclinaison « paysagère » : la nature constitue désormais l'élément décisif assurant le succès d'un projet, le seul « grand récit » aujourd'hui existant. Nous pouvons observer à l'oeuvre, tant à l'intérieur du milieu spécialisé que dans le cadre du débat public, une série de rhétoriques productrices d'un « paysage réactionnaire ». Une grande partie du marketing structurant le discours architectural se sert d'images nostalgiques à haut potentiel de séduction : une acception « contemplative » du paysage, qui renvoie à la nostalgie d'une « belle intégralité perdue ». Il s'agit d'un phénomène de longue durée dans le domaine de l'architecture et de l'urbanisme, qui a néanmoins connu, à partir des années quatre-vingt, une forte impulsion grâce à l'affirmation de la pensée écologiste. La même décennie voit l'affirmation de l'hégémonie culturelle néolibérale. Il ne s'agit vraisemblablement pas d'un hasard : la « réification » du paysage et sa transformation en une image à deux dimensions - le paysage comme un tableau - détermine son intégration dans la dynamique de valorisation et de consommation typique de toute marchandise.
    L'ouvrage s'appuie sur une série de cas d'étude paradigmatiques, en Île-de-France et en Italie : l'éco-quartier du Sycomore à Bussy-Saint-Georges et le quartier de Milano San Felice et de Milano 2. Il s'agit de micro-histoires emblématiques de la fin de la « ville réformiste ». Le fait que ces quartiers présentent également une configuration sociale d'auto-ségrégation des classes moyennes est un autre élément qui en fait des cas emblématiques de l'urbanisme « défensif » si typique de la société néolibérale. En vertu de leur « distance chronologique », ils prouvent en outre la longue durée d'un thème centrale pour cet ouvrage : l'existence d'un récit polémique à l'égard de de la ville des « Trente glorieuses ». La Modernité reconnaissait en effet le caractère anti-organique de la ville industrielle. Ce qui a souvent permis de réfléchir à la relation entre éléments naturels et éléments urbains, nature et raison. Au contraire, le régime d'esthétique réactionnaire que nous analysons ici repose sur le refus idéologique de cette opposition. L'objet de notre réflexion consiste donc à critiquer ce refoulement. Il s'agit d'un premier cadre conceptuel, qui dérive de l'analyse de certains choix linguistiques et de conception, et d'une brève reconstruction historico-théorique. Cette dernière porte sur l'identification de noeuds problématiques au coeur de la relation entre architecture et nature, et sur les contradictions du grand récit du naturalisme nostalgique.

  • Deux philosophes, Jean-Luc Nancy et Federico Ferrari abordent la question de la fin dans un texte en trois actes où la pensée interroge son continuel sentiment d'achèvement. D'une part nous sommes depuis longtemps dans un climat de "fin de... l'art, la philosophie, la politique, le monde..." D'autre part, ce motif qui a tant marqué une génération - en très gros 1970-1990 - se trouve lui-même mis en cause par une génération plus jeune qui lui demande : en avez-vous fini avec vos fins ? "Peut-être n'y a-t-il aucun commencement ni aucune fin, et toujours un entre-deux, toujours un passage, un milieu qui n'est pas un lieu mais un élément où ça flotte entre un début et une fin qui n'ont jamais lieu.
    Le commencement et la fin sont au milieu de tout, invisibles, rapides comme un double éclair obscur. Ni commencement ni fin n'existent. Ce sont chaque fois des artefacts, des projections d'un besoin de fixer des bornes, de tenir des points fixes. En réalité tout a toujours déjà commencé et tout continue toujours à finir."

  • « La notion d'«auteur» a été et est encore souvent traitée avec suspicion, voire condamnée ou rejetée en tant qu'elle soumet l'oeuvre ou le texte (car c'est surtout de l'auteur littéraire qu'il s'agit) à la domination d'une supposée puissance créatrice, géniale ou démiurgique. De fait, Montaigne savait que son livre le faisait autant sinon plus que lui ne faisait son livre. Il ne s'agit pas de céder ni de régresser à cet égard. Reste que l'«auteur» se fait avec l'oeuvre, et qu'il signale de celle-ci le caractère singulier, irréductible à une plate autoproduction du texte.
    Que signifie donc le portrait d'auteur (l'image, la photo de celle ou de celui qui signe l'oeuvre) ? Comment l'envisager autrement que comme un leurre ou bien, au mieux, comme une aimable décoration ? C'est ce que cet essai explore - sans pour autant prétendre fournir, loin de là, un traité de la question. » F. F., J.-L. N.

  • Le sujet nu, le sujet du nu : cette espèce de présence tout à la fois comblée et dépouillée d'elle-même, cette retenue en soi d'une exposition complète, pudeur et audace mêlées dans un paraître qui assume ou qui consume l'être.
    Non l'être, en effet, mais l'éclat, non la permanence, mais l'instantané de ce qui ne saurait s'installer, et non un sens à déchiffrer derrière des signes et des traits, mais une vérité à même la peau.

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